En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
Skynet
Plus fort que Siri, et c’est son inventeur qui le dit : Viv, l’assistant électronique qui ne se contente pas de vous renvoyer à Google ou une liste d’adresses mais choisira lui-même le restau que vous voulez réserver
Publié le 11 mai 2016
La start-up à l'origine du nouveau projet Viv et anciennement de Siri, souhaite en faire l'assistant électronique du futur, capable de répondre à des ordres et à des demandes sans avoir à faire de recherche Google ou même à toucher à son téléphone.
Jean-Gabriel Ganascia est professeur à l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il enseigne principalement l'informatique, l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Il poursuit des recherches au sein du LIP6, dans le...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Gabriel Ganascia
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Gabriel Ganascia est professeur à l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il enseigne principalement l'informatique, l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Il poursuit des recherches au sein du LIP6, dans le...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La start-up à l'origine du nouveau projet Viv et anciennement de Siri, souhaite en faire l'assistant électronique du futur, capable de répondre à des ordres et à des demandes sans avoir à faire de recherche Google ou même à toucher à son téléphone.

Atlantico : En quoi consiste cette nouvelle technologie d'assistant virtuel baptisée Viv ?

Jean-Gabriel Ganascia : L’assistant virtuel baptisé Viv permet de dialoguer en langage naturel. Il reconnaît la parole, pose des questions, permet à l’utilisateur de préciser l’objet de sa requête puis se charge de satisfaire ses désirs. En cela, il correspond à que l’on a appelé des "elfes" il y a quelques années, ou des agents intelligents. En d’autres termes, il se présente comme un serviteur zélé, discret, immatériel et infatigable, qui ne vise qu’à nous faciliter la vie.

Du point de vue technique, ces agents se composent de trois modules, la reconnaissance de la parole, le dialogue puis l’action. La reconnaissance de la parole fait appel à des techniques éprouvées depuis quelques années qui reposent, entre autre, sur ce que l’on appelle l’apprentissage profond (Deep Learning), à savoir sur de l’apprentissage supervisé avec des réseaux de neurones formels. Le dialogue semble faire appel à des agents conversationnels, ce que l’on appelle des chatbots, encore que l’on dispose d’assez peu d’information sur les techniques réellement mises en œuvre, et que les chatbots seuls semblent insuffisants. En effet, la difficulté avec les chatbots tient à ce qu’ils se fondent sur des modes d’expression stéréotypés et qu’ils se contentent de donner le change, sans réellement procéder à de la compréhension. Or, pour obtenir un agent satisfaisant, il faut non seulement être en mesure de répondre à des formulations extrêmement variées, souvent elliptiques et relâchées, mais aussi utiliser les informations transmises au cours du dialogue pour les agréger les unes aux autres, voire rechercher celles qui manquent en les suscitant au moyen de nouvelles questions. Enfin, le dernier module devrait permettre à l’agent d’agir dans le monde et pas seulement d’appeler un lien sur un navigateur.

En quoi la technologie Viv diffère-t-elle de l'application d'assistant virtuel Siri ?

L’assistant virtuel Siri fût créé par la même équipe que celle qui réalise Viv aujourd’hui, et qui est dirigée par deux anciens d’Apple, Dag Kittlaus et Adam Cheyer. Viv s’inscrit donc dans la continuité de Siri. Ceci étant, la prouesse technologique réalisée par Siri tenait surtout à la reconnaissance automatique de la parole. Le système de dialogue laissait un peu à désirer. En effet, dès qu’une formulation s’éloignait de stéréotypes, elle n’était pas vraiment prise en considération, encore moins "comprise". Sans doute, avec un chatbot classique qui se contente de dialoguer, ce n’est pas trop gênant. Mais, dans le cas de Viv, l’ambition est beaucoup plus élevée, puisque ses concepteurs souhaitent que l’agent ait une fonction commerciale, par exemple, qu’il passe directement des commandes auprès de marchands. Ainsi, là où un agent à qui vous demandiez de prendre un billet d’avion, vous ouvrait une page web, Viv se propose de prendre directement le billet auprès de la compagnie aérienne, après s’être assuré que toutes les informations nécessaires avaient été données et qu’elles n’étaient pas contradictoires. Bref, nous voyons là que c’est un programme très ambitieux. Réussira-t-il à satisfaire les usagers ? C’est une question ouverte, car cela fait de nombreuses années que l’on essaie de mettre en place de tels agents avec, jusqu’à présent, des succès mitigés.

Quelles seraient les applications possibles de la technologie Viv si elle se démocratise dans la vie de tous les jours (commander une pizza sans lever le petit doigt etc.)?

Les applications seraient innombrables, puisque un agent construit sur la technologie Viv faciliterait la vie de beaucoup de gens qui n’auraient plus à se soucier de chercher dans l’annuaire pour trouver un service, par exemple un restaurant, d’ouvrir une page web ou de téléphoner et ensuite de passer leur commande eux-mêmes. Au-delà de ces commodités, l’enjeu commercial et industriel est central. En effet, de même que Uber a totalement changé l’économie des taxis en faisant perdre leur indépendance aux chauffeurs, de tels agents risquent de transformer l’économie de beaucoup de secteurs commerciaux. Prenons l’exemple des chaînes de livraison de pizzas ou de sushis à domicile. Jusqu’à présent, elles mettaient en place les réseaux téléphoniques ou les sites web qui permettaient de passer commande. Dans le futur, ce seront ces agents qui passeront commande directement… et les commerçants chez qui ils se fourniront deviendront leurs obligés… Ces transformations majeures expliquent que des grandes sociétés comme Google, Apple, Facebook ou Amazon investissent énormément sur ces technologies, car ce sont des pans entiers de l’économie qui risquent de basculer.

Propos recueillis par Thomas Gorriz

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Ce rapport du Conseil national de productivité rédigé par des proches d’Emmanuel Macron préfigure-t-il le vrai tournant du quinquennat ?
02.
1er Mai : les Gilets jaunes se préparent pour l'"acte ultime"
03.
La vraie raison qui pousse Apple à multiplier le nombre d’Iphones qu’ils veulent lancer chaque année
04.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
05.
Les effroyables supplices infligés à Ravaillac, l’assassin du "bon roi" Henri IV
06.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
07.
Ces risques malheureusement ultra prévisibles liés au retour de l’encadrement des loyers à Paris
01.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
02.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
03.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
04.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
05.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
06.
Trêve ou flottement au sommet ? Quoiqu’il en soit, voilà les 5 questions de fond auxquelles Emmanuel Macron devra absolument répondre s’il veut reprendre la main
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
05.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
06.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires