En direct
Best of
Best of 15 au 21 juin
En direct
Interconnexion
Réseaux sociaux : La maladie des temps modernes
Publié le 09 août 2011
La présence de l'Internet dans notre quotidien a profondément changé notre rapport au travail, aux relations sociales, à la connaissance, au temps. Ce besoin d'être toujours lié au réseau entraîne des pathologies d'addiction largement répandues. L'interconnectivité profite-t-elle à l'Homme ? Premier extrait de "l'éloge de la vitesse" de Rafik Smati.
Rafik Smati dirige le groupe Aventers. Il a publié Vers un capitalisme féminin (avril 2010) et Eloge de la vitesse : La revanche de la génération texto (mars 2011) aux éditions Eyrolles. Il est le fondateur du mouvement politique Objectif France. 
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rafik Smati
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rafik Smati dirige le groupe Aventers. Il a publié Vers un capitalisme féminin (avril 2010) et Eloge de la vitesse : La revanche de la génération texto (mars 2011) aux éditions Eyrolles. Il est le fondateur du mouvement politique Objectif France. 
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La présence de l'Internet dans notre quotidien a profondément changé notre rapport au travail, aux relations sociales, à la connaissance, au temps. Ce besoin d'être toujours lié au réseau entraîne des pathologies d'addiction largement répandues. L'interconnectivité profite-t-elle à l'Homme ? Premier extrait de "l'éloge de la vitesse" de Rafik Smati.

Internet est sans doute l’un des mots les plus puissants que le vocabulaire récent ait produit. Sa définition va en effet bien plus loin que l’on pourrait l’imaginer. Son étymologie fait certes à la base référence à un univers technique : Internet est un raccourci de Interconnexion of networks, ce qui signifie en français « Interconnexion des réseaux ». Mais de quels réseaux parle-t-on ? À l’évidence, des réseaux physiques, c’est-à-dire numériques. L’Internet est un maillage de serveurs et de bases de données reliés entre eux par voie de télécommunication, auxquels chacun peut venir se connecter via des terminaux numériques tels que les ordinateurs personnels ou les téléphones mobiles. Nous sommes là dans une approche purement technique du réseau : « un ensemble formé de lignes ou d’éléments qui communiquent ou s’entrecroisent », pour reprendre la définition du Petit Larousse.

L’interconnexion des humains

Pourtant, nous sentons tous que l’interconnexion a largement transcendé les réseaux numériques. Certes, l’Internet continue d’être un réseau de serveurs et de bases de données. Mais n’est-il pas aussi et surtout un formidable outil d’interconnexion des réseaux humains ? Grâce à l’Internet, nous sommes tous reliés à notre réseau familial, amical ou professionnel par un lien permanent. Ce lien s’est renforcé depuis le développement de ce que l’on appelle les réseaux sociaux, à savoir des services tels que Facebook ou Twitter. Ces plateformes communautaires vous permettent, à tout instant, de suivre « l’actualité » de vos amis à partir de votre ordinateur ou de votre téléphone mobile. Il y a dix ans, avoir une actualité était le propre des personnes connues. Aujourd’hui, ce terme s’applique à tous. Dans une société où l’égo est poussé à l’extrême et où la peopolisation fascine, les réseaux sociaux font de chaque personne un média à part entière, et lui donne plus que jamais le sentiment… d’exister.

L’interconnexion des humains va donc bien plus loin que le simple fait d’utiliser des outils de communication. Avec un téléphone, vous établissez un lien ponctuel qui durera le temps de l’appel téléphonique. Dans les réseaux sociaux, ce lien est permanent. Vous pouvez désormais avoir des nouvelles de votre réseau, vous enquérir de « l’actualité » de vos connaissances sans même avoir à établir un lien direct avec eux. Tout porte à croire que l’interconnexion est plus puissante que le concept de communication : temps réel et lien permanent sont les deux nouvelles dimensions de la communication interpersonnelle, deux nouveaux leviers qui, potentiellement, sont source de progrès et d’épanouissement. D’une certaine façon, l’interconnexion des humains que permet l’Internet inaugure un nouveau modèle de civilisation, dans lequel chacun contribue, partage, diffuse de l’information, participant ainsi à l’avènement d’une intelligence collective.

Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Les perspectives réjouissantes que laisse augurer cette interconnexion des humains ne doivent pas occulter les effets corollaires, voire pervers que peut entraîner cette interconnexion. Il est prouvé depuis plusieurs  années que les jeux vidéo en réseau peuvent générer un sentiment de dépendance parfois très aigu, en particulier chez les jeunes générations. Ces jeux, dans lesquels vous évoluez dans un monde virtuel et où vous êtes représenté par un avatar, ont la particularité de se dérouler dans un univers en tout point parallèle au nôtre, qui continue de bouger et d’évoluer par l’action des autres joueurs, alors même que vous ne jouez pas. Les effets de cette addiction sont ravageurs : les accros aux jeux en réseau en arrivent à être dans la négation de leur vie sociale réelle et à se replier sur eux-mêmes. Pire encore, certains en oublient même de s’alimenter ou de dormir, privilégiant l’équilibre de leur avatar au leur. C’est la raison pour laquelle l’addiction aux jeux vidéo est aujourd’hui traitée comme un trouble psychologique qui relève parfois de la psychiatrie. Là où les choses deviennent préoccupantes, c’est que les réseaux sociaux tendent à développer le même sentiment d’addiction que les jeux vidéo en réseau, toutes proportions gardées.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aux États-Unis, par exemple, Facebook représente un quart de l’audience totale des pages Web. Autre chiffre éloquent, chaque utilisateur de Facebook (et il y en a maintenant plus de cinq cents millions dans le monde), passe en moyenne cinquante-cinq minutes par jour à suivre l’actualité de ses « amis » et à faire partager la sienne. J’ai pris la mesure du sentiment d’accoutumance que les réseaux sociaux pouvaient susciter lorsque j’ai entendu certains de mes amis prononcer des phrases telles que « j’ai décidé d’arrêter Facebook » ou « j’ai réussi à ne pas utiliser Facebook pendant mes vacances ». Remplacez, dans ces deux locutions, le mot Facebook par le mot alcool ou cigarette, et vous comprendrez que nous parlons ici d’une authentique dépendance. Sur le réseau social Twitter, qui consiste à faire partager à son réseau des informations lues dans la presse ou glanées au fil d’une navigation Internet, nombre d’utilisateurs commencent leur journée par saluer les membres de leur communauté, et la terminent en leur souhaitant une bonne nuit. Une preuve de plus, s’il en est, que les réseaux sociaux, s’ils vous connectent numériquement à vos communautés, tendent à vous déconnecter du monde réel.

Ce mouvement tend par ailleurs à se prolonger dans la sphère professionnelle : une étude publiée récemment révèle qu’il est impossible pour un Français de rester concentré plus de douze minutes sur son travail sans être interrompu. En cause, les textos et appels personnels, les e-mails, et surtout… les réseaux sociaux.

 

_________________________________________________________

Extrait de "Eloge de la vitesse" de Rafik Smati, Eyrolles mars 2011

Premier extrait de "l'éloge de la vitesse" de Rafik Smati.
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Thématiques :
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
La France mal classée à "l'indice de misère"
01.
Retour des moustiques tigre : voilà comment s'en protéger efficacement cet été
02.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
03.
Vol MH370 : "le pilote se serait envolé à 12 000 mètres pour tuer l'équipage dans la cabine dépressurisée ", selon un nouveau rapport
04.
L'homme qui combat la bien-pensance pour sauver le monde agricole
05.
Dents de la mer : les grands requins blancs remontent vers le Nord aux Etats-Unis, faut il redouter la même chose en Europe ?
06.
Meghan & Harry : all is not well in paradise; Mariage sous couvre-feu pour Laura Smet; Laeticia Hallyday, délaissée ou entourée par ses amis ? Voici & Closer ne sont pas d’accord; Taylor Swift & Katy Perry se câlinent vêtues d’un burger frites de la paix
01.
Amin Maalouf et Boualem Sansal, deux lanceurs d'alerte que personne n'écoute. Est-ce parce qu'ils sont arabes ?
02.
L'Ordre des médecins autorise Jérôme Cahuzac à exercer la médecine générale en Corse
03.
Ce piège dans lequel tombe le gouvernement en introduisant le concept d’islamophobie dans le proposition de loi Avia sur la lutte contre les contenus haineux
04.
Et la banque centrale américaine publia une bombe sur les "méfaits" du capitalisme financier
05.
Acte II : mais comment définir la ligne suivie par le gouvernement en matière de politique économique ?
06.
Cash Investigation : pourquoi le traitement des semences par les multinationales est nettement plus complexe que le tableau dressé par l’émission de France 2
Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
ftlv
- 10/08/2011 - 08:54
les réseaux sociaux ne sont pas une maladie
Critiquer les réseaux sociaux (alors qu'on y participe soi même) n'a guère de pertinence. C'est comme la voiture, la religion ou le téléphone. Tout dépend ce qu'on y fait et comme on s'y prend. Dans une société largement déshumanisée retrouver du sens et des personnes ne peut qu'être positif. Les usages inappropriés nécessitent simplement une éducation au réseau (comme aux médias en général).