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© MAURO PIMENTEL / AFP
Lutte contre les fake news
Les fausses informations pourront-elles être bientôt éliminées comme un simple virus ?
Publié le 16 novembre 2018
Les fausses informations (les fake news) sont un véritable fléau. Est-il possible d'envisager un "remède" à la désinformation avant même qu’elle commence à se répandre ? Des chercheurs se sont penchés sur la question.
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Les fausses informations (les fake news) sont un véritable fléau. Est-il possible d'envisager un "remède" à la désinformation avant même qu’elle commence à se répandre ? Des chercheurs se sont penchés sur la question.

Pendant des décennies, la médecine a fourni un moyen simple afin prévenir les maladies avec les vaccins. Le corps est alors exposé à des versions affaiblies d’un virus afin de nous aider à construire des anticorps. 
Les vaccins pourraient-ils avoir des applications autres que pour la médecine ?

Selon des informations de la BBC, des chercheurs travaillent sur un type d'approche qui pourrait combattre, comme un vaccin, le nouveau mal du siècle en politique et dans le journalisme, les fausses nouvelles (les "fake news"). C'est notamment le cas de Sander van der Linden, qui dirige le Laboratoire de prise de décision sociale de l'Université de Cambridge. Interrogé par nos confrères de la BBC, il révèle l'influence néfaste et digne d'un virus des fausses informations : "Si vous essayez de la démystifier, la désinformation persiste. Une fois que cela est intégré dans la mémoire à long terme, il devient très difficile de le corriger."

La désinformation se comporte effectivement comme un virus. Les fausses nouvelles se propagent plus rapidement que les histoires véridiques et les faits. Ces "fake news" passent d'un hôte à l'autre grâce à des hashtags sur Twitter, des groupes WhatsApp et des profils Facebook. Les fausses histoires ont tendance à persister avec ténacité. Une étude a révélé que lorsque les gens recevaient un exposé factuel, suivi d'un faux, la désinformation neutralisait complètement les données véridiques. Les humains s'appuient généralement sur des raccourcis mentaux pour penser. Le monde regorge d'informations et notre cerveau dispose de peu de temps et de capacités pour le traiter. Les personnes qui travaillent avec de la désinformation le savent et l’utilisent à leur avantage.

Au lieu d'attendre que de fausses informations se propagent, puis de vérifier péniblement les faits et de les dissiper, les chercheurs ont opté pour une action préventive afin de protéger notre cerveau. Des décennies de recherches suggèrent que cette approche fonctionne.

Une équipe de chercheurs est parvenue au résultat suivant : l'inoculation pourrait nous donner l'avantage sur la désinformation. 

Selon les chercheurs, avant de croire à une nouvelle information, la plupart des gens l'examinent de cinq manières au moins. Nous voulons généralement savoir si d’autres personnes y croient, s’il existe des preuves à l’appui de cette nouvelle information, si cela correspond avec nos connaissances précédentes en la matière ou bien encore si l'argument interne est logique et si la source est suffisamment crédible. Mais parfois, nous nous appuyons trop sur les raccourcis pour répondre à ces cinq questions. 

Les équipes travaillant sur le "vaccin" contre la désinformation croient que leurs travaux permettent une réflexion plus en profondeur. Selon Sander van der Linden, "l'inoculation oblige notre cerveau à ralentir. Il y a un élément d'avertissement." Les chercheurs ont travaillé sur une véritable campagne de désinformation: la prétendue pétition sur l’Oregon , qui affirmait faussement en 2007 que plus de 31 000 scientifiques américains avaient rejeté la thèse selon laquelle les humains étaient à l’origine du changement climatique.


L'équipe a préparé trois différents documents.  Ils ont écrit un "briefing vérité" expliquant que 97% des climatologues sont d’accord pour dire que les humains sont responsables du changement climatique. Ils ont également préparé un "contre-mémoire" révélant les failles de la pétition dans l'Oregon – avec la présence de Charles Darwin et des Spice Girls parmi les 31 000 noms de la pétition, et  dont moins de 1% des signataires sont des climatologues. Ils ont également interrogé 2 000 personnes. Ils leur ont demandé quelle était la taille du consensus scientifique sur le changement climatique - sans regarder aucun des documents. Ensuite, ils les ont divisés en un groupe qui a vu le "résumé de la vérité", un groupe qui a vu la pétition de l'Oregon et ceux qui ont vu le "résumé de la vérité" avant la pétition.

Lorsque les participants ont été interrogés sur le consensus scientifique sur le changement climatique, ils ont calculé qu'il se situait autour de 72% en moyenne. Mais ils ont ensuite modifié leurs estimations en fonction de ce qu’ils lisaient. Lorsque l'équipe de recherche a averti les participants que d'autres personnes pourraient essayer de les tromper, ils n'ont pas pris la désinformation à la lettre.

Cette approche présente une faille importante : il faut beaucoup de temps et d’efforts pour procéder au cas par cas et "inoculer" des personnes face aux fausses informations.

Les chercheurs ont également travaillé sur un processus en ligne avec un faux site intitulé Bad News. En naviguant dans ce jeu en ligne, l'internaute lance un faux site d'actualités, devient rédacteur en chef et achète une armée de robots Twitter. Durant cette expériences, six techniques différentes sont utilisées par de faux magnats de l'actualité : l'usurpation d'identité, l'exploitation émotionnelle, la polarisation, le complot, le discrédit et la fraude. L'idée est que la prochaine fois que quelqu'un essaie d'utiliser la tactique contre nous sur les médias sociaux, nous devrions les reconnaître et pouvoir les éviter. 

Un article académique a présenté les résultats de 20.000 joueurs ayant accepté de partager leurs données pour une étude. Les résultats seraient encourageants.

Dans leur métaphore de l'inoculation, les membres de l'équipe de Cambridge est confiante avec ce jeu en ligne, qui doit maintenant être traduit dans plus de douze langues. Les chercheurs ne savent pas combien de temps les bénéfices de l'inoculation vont durer. En tant que virus, la désinformation se déplace dans un environnement en mutation rapide et s'adapte rapidement aux nouvelles conditions.

Le renforcement des défenses mentales pourrait donc permettre d'obtenir des évolutions majeures dans le cadre de la lutte contre la désinformation et sur les questions du réchauffement climatique ou lors de futures élections. 

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Jardinier
- 19/11/2018 - 17:40
Je trouve les fake news
Moins dangereuses que l'information à sens unique actuelle. Toute opinions déviante, et ici par exemple le scepticisme vis à vis du réchauffement climatique deviendrait vite victime de ce virus. Ce serait en somme, un virus à penser droit.
Gré
- 16/11/2018 - 15:41
lors de futures élections ?
La dernière phrase de l'article fiche vraiment la frousse. Il serait donc "démocratiquement" pensable de manipuler les cerveaux (appelé ici "renforcement des défenses mentales") lors d'élections. Car c'est de cela qu'il s'agit vu qu'en fait, il est bien impossible de dire ce qu'est une "fake news".
Anouman
- 16/11/2018 - 13:22
Fake
"l'exploitation émotionnelle, la polarisation, le complot, le discrédit et la fraude" Voilà bien des méthodes qui sont utilisées avec brio par tous nos gouvernements ou instances supra-nationales et même ONG. Ce serait bien en effet de vacciner le peuple contre tout ça. Mais le système éducatif est calibré pour ne pas développer le sens critique et même pour l'endormir.