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La mutation spectaculaire de douze Transformersautour d’une table ronde de haute chevalerie…
La mutation spectaculaire de douze Transformersautour d’une table ronde de haute chevalerie…
©DR

Atlantic-tac

Quand les copains d’Arthur jouent les Transformers et quand les méduses nous médusent : c’est l’actualité des montres pour cette fin d’avril

Mais aussi le destin tragique des « radium girls » et des dégâts à réparer, le gant russe d’un rendez-vous interstellaire, un record de souscription, les tentacules de la tentation sous les mers et les heures solaires d’une icône indestructible...

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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ROGER DUBUIS : Les douze lames du grand mythe arthurien…

Tout le monde connaît les preux chevaliers de la Table ronde : en décembre 2012, Atlantic-tac vous avait déjà raconté comment la manufacture genevoise Roger Dubuis avait imaginé une montre dont les douze index horaires étaient les épées de ces chevaliersregroupés autour d’un cadran rond. Cette montre Excalibur était d’autant plus impressionnante que ces chevaliers étaient micro-sculptés en trois dimensions dans un bloc d’or. Les paladins de la Table ronde sont de retour en 2018, mais dans une version contemporaine plus proche des Transformers que des héros de Chrétien de Troyes : ils ont été sculptés en low poly, une technique graphique qui évoque une pixellisation polygonale, avec un « maillage » triangulaire des formes [technique qui évoque les sculptures de l’artiste français Richard Orlinski, actuelle star de l’art marchand]. Les épées sont classiques, mais la table ronde de la légende arthurienne est ici nappée d’émaux grand feu dans un magnifique dégradé de bleu vitrifié. Attention, ne confondez low poly et low cost : ce chef-d’œuvre de la nano-décoration horlogère est tout de même facturé dans les 250 000 euros. Entre techniques d’imagerie informatique, culture de l’animation cinématographique et rétro-nostalgie des grandes légendes arthuriennes, cette Excalibur est un jouet de garçon pour néo-milliardaires anxieux de plonger leurs racines dans l’inconscient collectif des grands mythes européens…

Lien Atlantic-tac : http://www.atlantico.fr/decryptage/diablesses-ont-feu-aux-fesses-et-montre-qui-sera-precise-jusqu-au-28-fevrier-2100-gregory-pons-569695.html

CASIO : Une G-Shock ultra-tendance encore plus indestructible…

On peut raisonnablement admettre que la Casio G-Shock est la plus solide de toutes les icônes horlogères. Lancée voici un peu plus de trente ans, cette G-Shock a été inlassablement « déclinée » dans tous les matériaux : développée en partenariat avec la marque japonaise Porter, la nouvelle GMW-B5000 [les Japonais ont le chic pour trouver des noms très sexy à leurs montres !] reprend le style industriel des premières G-Shock, mais en acier, avec quelques secretsde fabrication qui la rendent encore plus indestructible. Très bien : elle est mise à l’heure automatiquement, à la fraction de seconde près, par les signaux radio-pilotes. Mieux : elle est connectée au smartphone de son porteur (Bluetooth). Mieux que mieux : elle est alimentée par l’énergie solaire. Prix public pour mettre à son poignet cette somme de hautes technologies : 1 200 euros. Succès garanti auprès des nouvelles générations milléniales…

LOUIS MOINET : À l’heure des grandes nébuleuses interstellaires…

Le premier rendez-vous spatial de l’histoire de l’humanité remonte au 17 juillet 1975, vers 19 h 20 : ce jour-là, en dépit de la « guerre froide » qui polarise le monde autour des intérêts de l’URSS et des Etats-Unis, le cosmonaute russe Alexeï Leonov déverrouille le panneau qui ferme l’écoutille d’accès de son Soyouz 19, arrimé à la capsule spatiale américaine Apollo. Poignée de main avec l’astronaute américain Thomas Stafford. C’est la première fois que deux Terriens se rencontrent dans l’espace extra-terrestre. La montre Skylink de Louis Moinet célèbre ce rendez-vous en évoquant sur son cadran la grand nuit cosmique (celle des nébuleuses de gaz et de poussières interstellaires), avec un souvenir émouvant : à trois heures, on remarque une sorte de microcapsule qui emprisonne un fragment de la toile qui a protégé la capsule Apollo lors de son retour sur Terre, mêlé aux fibres d’un gant du scaphandre russe Sokol K, qui est toujours employé aujourd’hui. L’horlogerie s’est élancée vers l’espace : elle n’est pas à la veille d’en redescendre…

MB&F : L’Aquapod qui ne ressemble à rien de connu…

Il y a les montres de plongée « classiques », soit 99,9 % des pièces qu’on trouve en vitrine (voir ci-dessous). Le 0,1 % restant adu mérite pour exister et plonger hors des balises du subaquatiquement correct. Un des plus spectaculaires exemples de ce non-conformisme sous la ligne de flottaison reste l’Aquapod, « Horological Machine » n° 7 du laboratoire créatif indépendant MB&F (la quintessence des jeunes marques de la nouvelle génération suisse). La montre a tout d’une montre de plongée, et elle peut même descendre à 50 m de profondeur, sauf qu’elle ne ressemble à aucune autre montre de plongée, et même à aucune autre montre tout court : non seulement c’est une mécanique de haute horlogerie très complexe (architecture verticale et concentrique, avec un « tourbillon » pour couronner le tout), mais elle est dessinée comme une sorte de « méduse » cerclée d’un anneau vert (lunette tournante pour décompter les paliers de décompression) qui permettrait de lire l’heure sur deux disques concentriques placés sous le dôme du « boîtier » (repère vertical vert). Une « plongeuse » très très spéciale, qu’on dirait tout droit remontée des abysses…

OCTOPUS : Les tentacules de la tentation horlogère…

On prend les paris ? Vous n’avez sans doute jamais vu un poulpe faire son choix dans une « boutique » horlogère – d’autant que cette « boutique » est située à quelques dizaines de mètres sous la surface et que le poulpe doit gigoter du tentacule pour y pénétrer ! C’est en tout cas le sujet de cette excellente vidéo proposée par la jeune marque indépendante française Octopus ; Précision utile : les montres sont au moins aussi intéressantes que le film, ne serait-ce qu’en raison de leur exceptionnel rapport qualité-prix (moins de 1 300 euros pour des « plongeuses » de 43 mm dignes des plus grandes marques). À vous de vérifier quelle montre a choisi le poulpe pour décompter les temps de la mer...

Lien vidéo embedded brèves : <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/GUI_NKfhQBM" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>

BRÈVES DE REMONTOIR : Pas belle, la vie des montres ?

••• ALPINA : un record de souscription pour une montre suisse proposée sur le site de sociofinancement Kickstarter ! La montre AlpinerX lancée par la manufacture genevoise Alpina vient de convaincre 2 800 amateurs de souscrire à hauteur d’un million et demi d’euros pour la première montre connectée suisse de plein air, étanche à 100 m, résistante et dotée d’une autonomie de deux ans en plus de proposer des fonctions très étendues (des classiques notifications d’appels téléphoniques ou de messages à l’indice d’exposition aux UV). Une preuve supplémentaire de la forte demande pour ces montres connectées auxquelles l’industrie horlogère suisse persiste à ne pas croire, alors qu’elles sont en train d’éliminer du marché les montres électroniques Swiss Made••• RADIUM GIRLS : souvenir lancinant et un peu honteux de l’histoire horlogère suisse, les « Radium Girls » sont ces ouvrières des manufactures de montres qui peignaient les aiguilles et les index des cadrans horlogers avec une substance luminescente à base de radium – matériel radioactif s’il en est et générateur de maladies terribles, notamment au niveau de la mâchoire, puisque les « Radium Girls » effilaient leurs pinceaux en les suçant. Les derniers ateliers spécialisés dans ces applications de radium ont fermé dans les années 1950, mais la Confédération suisse vient de recenser près de 1 000 sites potentiellement contaminés qu’il faudrait à présent dé-radioactiver. Ce qui est très coûteux : non seulement il faut retraiter les matériaux radioactifs (meubles, outillages, etc.), mais il faut parfois enlever jusqu’à terre des jardins de ces anciens ateliers. Les marques horlogères contemporains gardent un silence prudent sur leurs responsabilités passées dans ce domaine et sur leur éventuelle solidarité avec ces malheureuses « Radium Girls », victimes d’une avancée technologique qui avait permis aux marques d’affirmer leur suprématie à travers le monde. Qui va payer pour les dégâts industriels d’hier ?

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

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