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Manger mieux

Radioscopie des pièges qui font nous tromper si souvent dans l’estimation des calories que nous ingérons

Apprenez à vous méfier des apparences.

Béatrice  de Reynal

Béatrice de Reynal

Béatrice de Reynal est nutritionniste Très gourmande, elle ne jette l'opprobre sur aucun aliment et tente de faire partager ses idées de nutrition inspirante. Elle est par ailleurs l'auteur du blog "MiamMiam".

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Les gens mangent souvent plus que d'habitude pendant les vacances - et cette année plus que la plupart, car la pandémie incite beaucoup à manger du stress.

Ce sera une période de fêtes très particulière cette année 2020. En plus des pièges habituels des réveillons et excès chocolatés, les stress que nous avons subis, consciemment ou non, risquent fatalement d’obérer notre perception de satiété lors des repas festifs.

Nous partons déjà un peu perdant car nous devons résister à deux élans d’enthousiasme : celui du à l’envie de voir les gens que nous aimons – nous en étions privés depuis si longtemps ! et la gestion des stress et angoisses de ces presque 11 mois de menaces, de risques et d’incertitudes. Autant de motifs pour tomber dans la marmite succulente, comme Obélix.

Je vous invite donc à prendre les devants de nos faiblesses et points faibles (ce n’est pas la même chose) : la plupart des Français ont pris 2,5 kg (en moyenne) durant le premier confinement. Pas le moment de craquer. Aussi, je vous suggère de faire fonctionner votre intelligence et votre bon sens pour passer de bons moments, vous régaler et ne pas prendre de poids.

Premier conseil Anti stress : commencez par manger des crudités ou des fruits… si c’est vous qui invitez, c’est aisé : carottes, concombres, quartiers d’orange, smoothies… plus compliqué quand on est invité et que les toasts de foie gras ou de magrets fumés vous tentent. Alors vous pensez pouvoir compter les calories ?

 

Une étude publiée dans le Journal of Consumer Research montre qu’il est très complexe de pouvoir évaluer les contenus caloriques des aliments.

Dans une première étude, des images ont été montrées à plusieurs centaines d'étudiants : une image d'assiette de 20 grammes d'amandes enrobées de chocolat et assiette avec 33 grammes d'amandes grillées nature - sans indiquer le poids.

On a demandé à la moitié d'entre eux de deviner le nombre de calories de chaque assiette sur une échelle allant de «très peu» à «beaucoup». Aux autres,  on a demandé d’évaluer le nombre de calories. Ensuite, on a montré aux participants les images et on leur a demandé de choisir quelle était l’option la moins calorique, et on les a laissé manger ensuite.

Les participants pensaient que les amandes contenaient moins de calories que celles enrobées de chocolat. Et lors du choix d'une collation hypocalorique, la plupart des élèves ont choisi les amandes ordinaires. En revanche, la plupart des élèves qui ont fait des suppositions numériques ont correctement choisi les amandes enrobées de chocolat comme l'option la moins calorique. En moyenne, ils ont estimé que les amandes enrobées de chocolat contenaient environ 111 calories, contre 117 pour les amandes ordinaires.

Mais même ce groupe a grandement sous-estimé le nombre de calories que contenait la plus grande partie des amandes ordinaires: 200, soit le double du nombre de calories dans celles recouvertes de chocolat.

Tout se passe comme si ceux qui ont évalué leurs estimations sur une échelle se sont trompés, c'est parce qu'ils réfléchissaient de manière qualitative plutôt que quantitative. Une échelle allant de «très peu» à «beaucoup» ressemble à «très sain» à «très malsain». Les participants se sont tellement concentrés sur l'idée que les amandes grillées nature sont bonnes pour la santé qu'ils en oublient la quantité alors que c’est un facteur important dans l'estimation des calories. L'effort mental d'essayer de trouver un chiffre réel oblige à considérer à la fois la santé et la quantité.

 

Dindes et hamburgers

Ces chercheurs ont testé les participants sur leur capacité à estimer le nombre de calories brûlées dans diverses activités physique : entre les entraînements de faible et de haute intensité.

Pour cette étude, à 277 personnes clientes de Subway et McDonald's l'année précédente, on a demandé d'estimer les calories dans un Subway sandwich à la dinde et un cheeseburger. Les chercheurs demandaient d’abord d’indiquer sur une échelle « peu calorique à très calorique », et de faire des estimations numériques.

Sur l’échelle, les gens se sont trompés alors qu’ils ont correctement deviné que le Subway sandwich avait en fait plus de calories - en fait, 510 contre seulement 300 pour le hamburger.

Pour voir si nous pouvons trouver un moyen de corriger cette erreur les chercheurs ont mis en place le test des amandes, mais en demandant d'abord à certains participants de regarder 12 photos d'assiettes de différentes tailles et de juger la taille des portions sur une échelle mobile. Du très petit au très grand.

Et là, tout s’éclaire. On attire l’attention sur la quantité et sur la qualité : les estimations sont correctes.

Tout ceci ressemble à la mode des allégés : sous le prétexte que c’était peu calorique, les patients avouaient consommer 2, 3 ou 4 yaourts 0% quand ils auraient dû se délecter d’un seul « vrai » yaourt.

Tout ceci pour vous dire qu’il y a deux éléments importants à prendre en compte pour estimer ce qu’il est raisonnable de manger. La qualité des aliments, et notamment, la densité énergétique, la quantité de gras de l’aliment. Mais aussi le poids de l’aliment. Une assiette de chips pèse seulement 20 ou 30 g quand le même volume de pommes de terre pèserait 100 g.

Je vois trop de personnes de servir outrageusement d’aliments réputés « régime », pensant bien faire …. Pour finalement consommer bien plus de calories qu’un sujet « conventionnel » qui se sert de façon « banale ».

Gardez cela à l’esprit lors du prochain festin.

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