Dans trois jours s’ouvrent les premiers Jeux olympiques hyper-connectés et on ignore comment cela va finir. Ceux de Pékin en 2008 se déroulaient en Chine, peu favorable à la chose. De plus, Twitter balbutiait, et Facebook n’était qu’un club de jeunes pour les jeunes. Comment le comité olympique et les sponsors vont-ils gérer les réseaux sociaux ? Question couverture officielle, tout est prêt, et en surabondance : les sites officiels, les comptes Facebook et Twitter en plusieurs langues, la chaine youtube officielle, la retransmission en stream sur olympic.org . Reste l’inconnu, l’ingérable, provoqué par des Jeux vraiment inédits, qui concentrent toutes les tensions géopolitiques et tombent de plus en plein Ramadan.
On tweete ou on tweete pas ?
Depuis mai, les rumeurs d’interdiction d’utilisation des réseaux sociaux par les athlètes, personnels des Jeux et bénévoles sèment la confusion. Le blog des JO du journal belge Le Soir a publié une clarification : Officiellement, donc, le CIO « soutient et encourage activement les athlètes et autres accrédités rejoindre les réseaux sociaux ». Dans les faits, les interdits sont nombreux, recensés dans un guide à destination des accrédités, et peuvent valoir en cas d’infraction, une exclusion pure et simple comme pour les cas de dopage ou de paris sur les compétitions.
« Les participants aux Jeux ne peuvent twitter, blogger ou communiquer sur Facebook qu’à la première personne, sous forme de journal, mais sans tenir 'le rôle du journaliste'. » En gros, un athlète pourra raconter qu’il a mangé des céréales au petit-déjeuner, mais pas qu’il a vu Usain Bolt se gaver de Big macs à la veille du 100m. De même, si les photos pour légender les journaux intimes sont bienvenues, les vidéos, elles, sont proscrites, histoire de ne pas concurrencer les droits vendus à prix d’or par le CIO , tout comme l’utilisation des anneaux olympiques ou la mention par les athlètes du nom de leur sponsor.
Pour repérer les dérapages, le CIO a mis en place un site Internet de délation. Pour les éviter, de nombreux comités nationaux olympiques ont créé leur propre compte Facebook et Twitter et invitent leurs athlètes à communiquer par ce biais, afin de mieux les contrôler. Les Belges ont donc le droit d’utiliser les réseaux sociaux mais les athlètes italiens ne le peuvent pas, et doivent respecter un « silence olympique » sous peine d’amende lourde.
Voile et ramadan, les JO en perte de neutralité

Illustration tirée du blog de Ami Aldeeb
Deux athlètes voilées d’Arabie saoudite et un ramadan ont déjà déclenché une polémique pré-Jeux sur twitter. L’autorisation accordée par le CIO de concourir voilée n’est pourtant pas la première, le précédent remonte à 1976, lors des Jeux olympiques d’Atlanta, et avait été accordée à une Iranienne, mais on sent bien cette année, aux réactions des associations féministes, que la longue hésitation du Comité, qui a également été celle de la FIFA, devant les femmes voilées, vient de s’achever et que pour certains, c’est une coupable dérive de la Charte et de l’esprit olympique, qui devrait interdire toute démonstration politiques ou religieuse. Pour le CIO, le choix était peu confortable : des délégations sans femmes ou des délégations avec femmes voilées. Il a choisi.
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Qui est ce "Jo" de Londres ? Est-ce un frère de Joe, Jack et Averel ?