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Benoît Hamon, liquidateur de la "gauche de gouvernement"

Benoît Hamon cherche davantage à transformer le PS en MJS pour vieux qu’à s’installer à l’Élysée. C’est que gouverner pour de bon, c’est compliqué, c’est sale, et il faut se prendre la tête avec les frondeurs à chaque revirement pragmatique de mi-mandat.

Au secours, le surmoi marxiste revient !

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Benoît Hamon, liquidateur de la "gauche de gouvernement"

J’ai regardé Hamon dans « l’Émission politique » de France 2 l’autre soir pour voir où il en était depuis la primaire, et mes craintes d’ancien membre du PS (j’avais adhéré cinq minutes en 2007 pour booster Ségolène et parce qu’il y avait un gros discount sur les cotisations) se sont révélées fondées. Le type est en train, benoîtement si j’ose dire, de faire faire un tel retour en arrière à la gauche dite « de gouvernement » qu’on la voit mal y retourner un jour, au gouvernement...

 

Ce n’est pas qu’il ne me soit pas sympathique, bien au contraire, et son projet de distribution générale de cadeaux tous azimuts est même très attrayant pour qui aime ouvrir des paquets colorés sous un sapin, mais il sonne tellement à côté de la plaque qu’on se demande ce qu’est vraiment son objectif : devenir président ou transformer le parti en MJS pour vieux.

 

La caricature standard de l’opposition droite-gauche, c’est une bande de gentils progressistes qui ne pensent qu’à dépenser luttant contre un gang de méchants conservateurs qui ne pensent qu’à serrer des ceintures. Et Hamon et Fillon, pour le coup (pour le coût ?), se sont vraiment bien trouvés.

 

Car que veut faire notre camarade candidat, globalement, si on l’écoute avec attention : recruter davantage de fonctionnaires parce que la France en manque passablement ; accueillir tous les réfugiés économiques qui en feront la demande et leur donner l’autorisation de travailler même s’il pense qu’il n’y a plus de boulot pour personne de toute manière ; imposer davantage les entreprises et les classes moyennes ; décourager l’investissement industriel en taxant la technologie ; continuer de faire la manche auprès des fonds de pension étrangers qui financent nos déficits tout en les prévenant qu’il pourrait ne pas les rembourser ; supprimer l’état d’urgence parce que c’est anxiogène ; ne pas trop ennuyer les religieux fondamentalistes parce que ça les braque…

 

Enfin, comme c’est un gars intelligent qui a lu des livres, voyagé et géré des ministères, on suppose qu’il ne veut pas vraiment faire tout ça pour de bon parce que ça serait presque aussi catastrophique que la mise en œuvre du programme de Marine Le Pen, mais plutôt qu’il prétend vouloir faire tout ça parce qu’il présume que c’est ce que demande le vrai peuple de gauche parti rejoindre l’hologramme de la France insoumise.

 

Son plan (pas si) secret serait donc de corbyniser le PS au maximum, foutre à la porte Cambadélis pour lui piquer son bureau de Solferino, nommer Jérôme Guedj comme adjoint, et se remettre dans une confortable posture d’opposant pour émettre des communiqués indignés sur le retour aux heures les plus sombres de notre histoire et les dérives du néo-libéralisme à chaque fois que le président Macron prendra une décision.

 

On pourrait penser que c’est dommage, le PS ayant eu tant de mal, à force de tournants pragmatiques de mi-mandat, à exorciser son fameux surmoi marxiste, mais on peut aussi se dire que c’est juste que ce parti a dépassé sa date de péremption comme moteur du réformisme en France, sa marginalisation, sinon sa disparition, n’ayant plus vraiment d’importance.

 

D’ailleurs, le seul reproche que je puisse avoir à lui faire, battu pour battu, c’est de jouer les « raisonnables » sur le seul point de son programme qui amenait effectivement de la nouveauté conceptuelle au débat français, son « revenu universel » ayant tellement été vidé de sa substance qu’il est progressivement devenu le clone du « salaire étudiant » inventé par l’UNEF.  Mais bon, voter l'Hamon pour nous protéger de Laval, c'est râpé.

 

 
Commentaires

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  • Par André Pol DIEVERI - 12/03/2017 - 11:33 - Signaler un abus Hamon, c'est l'assassinat de la France puis de l'Europe

    Vouloir un revenu universel sans condition pour tous les jeunes de 18 à 25 ans et en même temps ouvrir les frontières à toute la misère du monde, c'est totalement irresponsable ! Tous les chômeurs de cet âge d'Espagne, du Portugal, d'Italie, de Grèce et des pays Est-européens, vont se précipiter en France pour bénéficier du pactole. Ils seront suivis immédiatement par le déferlement de tous les innombrables jeunes sans travail africains et moyen-orientaux, voire sud-américains et mexicains ne pouvant plus passer le mur construit par Donald Trump ! Puis la France devenue exsangue grâce à cette mesure démagogique, c'est toute l'Europe qu'ils vont envahir et ruiner...

  • Par EB66 - 12/03/2017 - 12:48 - Signaler un abus Non à cette gauche de gouvernement!

    Benoit Hamon veut tuer la gauche de gouvernement.On oppose « gauche de gouvernement » et … Et puis quoi d’ailleurs ? Une vraie gauche socialiste ou devrais-je dire un socialisme vraiment de gauche. Car cette gauche de gouvernement personne n’en veut. Même ces gens qui aujourd’hui vont au Front National car cette gauche là ne leur a apporté aucune solution et ne leur apporte aucun espoir. Quant à ceux qui croient encore à cette gauche de gouvernement. Honte à eux. Ils n’ont plus rien de socialistes. Peut être le cœur à gauche comme on dit. Un cœur qui ne sait plus que compter comme ce Monsieur cramoisi du Petit Prince. « Il n'a jamais rien fait d'autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi: « Je suis un homme sérieux ! Je suis un homme sérieux ! » et ça le fait gonfler d'orgueil. Mais ce n'est pas un homme, c'est un champignon ! ». Oh oui qu’ils sont orgueilleux ces bien-pensants qui nous laissent pourrir au 2e millénaire. Qui vont laisser le monde à une poignée qui saura maitriser et contrôler ce nouveau monde qui approche. Alors non à cette gauche de champignons. Vice le socialisme. Vive la république. Vive la France.

  • Par joseph jean - 12/03/2017 - 14:43 - Signaler un abus Les jeunesses socialistes

    Je trouve que ça lui correspondrait , dans le 93 c'est un bon challenge pour quelqu'un qui se donne comme lui 30 ans de travail minimum chapeau pour le volontaire

  • Par ikaris - 12/03/2017 - 20:22 - Signaler un abus Hamon faussoyeur ou sauveteur du PS ?

    vu que la pulpe du PS est en partance pour chez Micron, ma désignation de Hamon va en fait permettre aux anciens PS de sauver leur peau en prenant pour prétextre son intransigeance. A terme ce qu'il reste du PS va fusionner avec le PG de Merluchon ... ça tombe bien car le PCF n'en veut plus ! M. Serraf on sent que chez vous le gauchisme a encore un peu d'attrait : trouver que le programme de MLP serait plus catastrophique que celui de Hamon vous le décidez selon quels critères ?

  • Par JEANLOUIS91 - 12/03/2017 - 21:35 - Signaler un abus Bien vu

    L'article me parait observer et décrire très bien le candidat Hamon avec une touche d'humour , humour naturel car le personnage prète un peu à sourire comme candidat à la présidentielle.Prend t-il lui même sa candidature tout à fait au sérieux ?

  • Par samsuffit - 12/03/2017 - 23:11 - Signaler un abus Il est pas con

    le Ben Oît Hamon; il sait par avance qu'il ne gagnera jamais l’élection. Son plan, après les législatives, est de se faire élire à la tête du parti, parti qui se renommera,dans un premier temps le PSIF (parti socialiste islamiste Français) puis, en 2022 le PIF (parti islamique Français) avec un candidat salafiste aux élections.

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Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Ses derniers romans : Les heures les plus sombres de notre histoire (L'Aube, 2016) et Comment j'ai perdu ma femme à cause du tai chi (L'Aube, 2015).

 

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