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537 000 chômeurs supplémentaires contre 497 000 : qui de Hollande ou de Sarkozy a le pire bilan à mi-mandat ?

Tant de beaux sujets cette semaine, de totems et autres tabous ! Discours européens pontificaux, climatique présidentiel, antiracistes sur Ferguson, d’avant et d’après élection à la présidence de l’UMP : bref, l’embarras du choix ! Et pourtant, c’est plus modestement la hausse du chômage en France au mois d’octobre qui retient notre attention. Car si tout a été essayé, l'essentiel a peut être été occulté !

Totem et tabou

Publié le
537 000 chômeurs supplémentaires contre 497 000 : qui de Hollande ou de Sarkozy a le pire bilan à mi-mandat ?

A mi-chemin de son mandat, François Hollande vient de « battre » Nicolas Sarkozy à mi-chemin du sien sur la question du chômage. Crédit Reuters

«Quoi, encore le chômage ? » J’entends déjà la protestation de l’internaute blasé : on y a déjà eu droit, et en boucle, sur tous les médias et puis chaque mois c’est pareil, depuis tant d’années, et même qu’on a tout essayé ! »

Mais justement, ce discours-là est-il pertinent ? Est-ce vraiment « pareil » ? Est-ce à ce point une « fatalité » ? A- t-on vraiment « tout essayé » ?

Et tout d’abord les médias en ont-ils vraiment parlé ? Oui, sans doute, sur toutes les radios et télévisions, mais en passant, entre caprices funestes de la météo et faits divers, autrement dit, dans la rubrique « fatalités »!

Quant à la presse nationale, rien en première page sauf sur le Figaro (opposition oblige) et sur les Echos (spécialité oblige). Libération avait ce jour-là autre chose à faire : dénoncer sur une pleine page « Sarkozy, le bonimenteur » ; Le Parisien/ Aujourd’hui en France accordait, certes, longuement son attention au sujet, mais en page 9. Le Monde abordait lui, gravement et justement d’autres enjeux en « une », journal de référence oblige, et renvoyait dans un bref article (en page 5 de son supplément « Eco & Entreprises ») la triste, mais finalement bien secondaire, nouvelle.

Il y avait pourtant, d’un strict point de vue journalistique, de quoi mettre davantage en relief le chiffre du chômage français pour le mois d’octobre : + 28 400 soit près de 1000 chômeurs supplémentaires par jour. En premier lieu, parce qu’il s’agit du plus mauvais chiffre depuis février dernier et qu’il renoue avec les pires mois du quinquennat. En second – fait passé inaperçu, sauf erreur - parce qu’en ce mois d’octobre 2014, à mi-chemin de son mandat, François Hollande vient de « battre » Nicolas Sarkozy à mi-chemin du sien : 537 000 chômeurs supplémentaires entre mai 2012 et octobre 2014 contre 497 000 de plus entre mai 2007 et octobre 2009 (source DARES) La différence est mince, dira-ton aussitôt : à ceci près que faire pire que son prédécesseur dans un contexte bien moins mauvais (l’Europe est aujourd’hui en stagnation et non en forte récession comme en 2008-2009) est pour le moins ennuyeux. Et voir son chômage continuer de croître quand celui de la zone euro baisse (547 000 chômeurs de moins en un an !) « interpelle » tout de même davantage que voir son chômage augmenter en même temps que celui des autres (époque Sarkozy).Surtout quand son propre résultat plombe par définition ladite moyenne de la zone euro…

Mais le plus frappant dans ce traitement médiatique est, au-delà de l’espace consacré à la nouvelle, le traitement qualitatif de l’enjeu : ton résigné et approche exclusivement politique (quelles conséquences pour une candidature Hollande en 2017 ? » Et surtout « quelle aubaine pour le Front national » !) comme si, sur le plan strictement économique, la messe était dite.

Le refrain mitterrandien du « on a tout essayé » est désormais la petite musique que l’on entend partout. « Fatalité », puisqu’on vous le dit ! Avec le correctif qui fait désormais son chemin : « sauf Marine le Pen »...

Que 20 rapports depuis 20 ans (c’est à peu près le rythme), tous enterrés dès que sortis, comme le déjà mort-né rapport franco-allemand de la semaine, répètent inlassablement les mêmes préconisations : (vraie) réforme du marché du travail, (vrai) allègement des charges des entreprises, (vraie) simplification administrative, (vraie) réduction des dépenses publique etc… Peu importe ! Comme peu importent les expériences étrangères qui ont appliqué les recettes en question et qui, toutes - je dis bien toutes- du Canada à la Grande-Bretagne, en passant par la Suède et l’Allemagne, ont abouti à un succès spectaculaire en matière d’emploi. L’Espagne, elle-même, (eh oui !) voit son chômage diminuer sensiblement.

 
Commentaires

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  • Par Neurohr Alain - 30/11/2014 - 09:34 - Signaler un abus Sauf le libéralisme

    On a tout essayé en France, sauf le libéralisme, qui marche partout où il existe.

  • Par langue de pivert - 30/11/2014 - 11:05 - Signaler un abus égoïste ? moi ? OUI ! ☺

    Les Français ont eu le choix entre la migraine sarkozyste et et la peste hollandaise. Ils ont choisi librement la peste ! Ils l'ont ! Qu'ils en bouffent ! Pour moi ça va merci ! Dans ma vie j'ai fait des boulots que refuserait aujourd’hui un sans-papier guinéen. Et si ça tourne vraiment mal je connais deux pays qui seraient contents de me voir venir dépenser mon fric chez eux !

  • Par jmpbea - 30/11/2014 - 18:42 - Signaler un abus La litanie socialiste du " on a hérité de la catastrophe"

    c'est fini! La crise des sub-primes est passée.avec douleur...la crise des sous-.doués est en cours....avec honte et mépris...mais un chômeur est toujours un chômeur....qu'elle tristesse que ces gens nous rabâchent a longueur d'interview des mesures qu'ils ne prennent pas....

  • Par vangog - 01/12/2014 - 09:54 - Signaler un abus Libération et encouragement des PME et des TPE!

    Le congrès de Lyon n'a cessé de le vanter! Seules les grandes entreprises profitent de la politique laxiste et gauchiste qui prévaut depuis quarante ans. Les politiques UMPS ne cessent de décourager les jeunes d'entreprendre, de décourager les entrepreneurs de croître et de progresser, de freiner la croissance par l'écologie et les normes gauchistes. Sans croissance, sans entreprise, sans envie d'être meilleur, Sarko-le-tricheur et Flamby-le-menteur ont quasiment le même bilan à mi-mandat, un bilan pitoyable camouflé par les chaînes de la propagande et mis sur le compte de la fatalité française par cette même propagande gauchiste...elle porte une lourde responsabilité dans cette dégradation et l'enfumage idéologique du cerveau libéral des Français!

  • Par myc11 - 04/12/2014 - 10:40 - Signaler un abus Comme langue de pivert, dans ma jeunesse j'ai pris des petits

    boulots que les jeunes d'aujourd'hui refusent. Pourtant je ne me plaignait pas, mais cela m'a obligée à mettre tous les atouts de mon côté quand j'ai su ce que je voulais faire à l'âge de 32 ans. Il m'est difficile de me sentir solidaire de l'extrême effort qu'on arrête pas de nous demander, je dis" on a donné" quand bien même l'effort auquel je consens c'est d' aider mon fils pour qu'il trouve son chemin, comme j'ai trouvé le mien. On veut nous dépouiller pour maintenir en mode artificiel des structures vieillissantes et bientôt inopératoires.

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Christophe de Voogd

Christophe de Voogd est normalien et docteur en histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques qu’il enseigne à Sciences Po et à Bruxelles. Dernier ouvrage paru : « Réformer : quel discours pour convaincre ? » (Fondapol, 2017).

Spécialiste des Pays-Bas, il est l'auteur de Histoire des Pays-Bas des origines à nos jours, chez Fayard. Il est aussi l'un des auteurs de l'ouvrage collectif, 50 matinales pour réveiller la France.

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