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"Barrez-vous", qu’ils disaient : le parcours du combattant de ces Français de retour au pays après être allés vivre à l’étranger

Les donneurs de leçon de mondialisation heureuse ne sont pas les payeurs : quitter la France est à la mode, mais revenir est compliqué. Le témoignage d'une jeune expat' revenue en France provoque beaucoup de réactions, et pose des questions.

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"Barrez-vous", qu’ils disaient : le parcours du combattant de ces Français de retour au pays après être allés vivre à l’étranger

"Barrez-vous !" est l'injonction à la mode, mais les problèmes de visas, les parcours professionnels, et le ressentiment anti-France n'étant pas tous également partagés, on en oublie qu'environ 270 000 personnes (estimation) reviennent en France chaque année.

Après quelques années passées au Canada, Anne-Laure Fréant est revenue en France. De deux ans de marécage administratif et dépressif dûs à une réacclimatation difficile, elle a tiré un livre de conseils aux "impatriés" et même un guide au retour, demandé par le gouvernement enfin sensibilisé à cette population mal connue.

Le succès de son post récent sur Médium, "Revenir en France : la galère silencieuse des expatriés" fait toucher du doigt que les "impatriations" sont des activités à hauts risques. Déjà, un autre de ses articles, "le choc culturel inversé, le tablou des expatriés" avait fait mouche sur les réseaux. Une communauté s'est formée autour d'elle, celle des "incompris du retour", des jeunes étudiants ou employés qui accumulent par goût, obligatio ou idéalisme, différentes expériences à l'étranger.

Globalement, on vous ment. Partir est génial, très bien accepté désormais. Mais la France n'aime pas tant que ça ceux qui reviennent. Surtout, elle ne les comprend pas. Hormis les cas de retour en famille "Ricorée", le retour est très dur, d'abord face aux proches. Côté famille, Ninon raconte : ''De mon expérience, les montagnes russes émotionnelles sont souvent provoquées par l'accueil qui nous est réservé : "alors cette fois tu vas peut-être enfin te poser ?" "Qu'est-ce que tu vas encore nous trouver comme prochaine destination ?" "La prochaine fois choisis au moins un pays qui fait envie / moins cher / plus proche / etc." On n'est pas encore rentré et on nous reproche souvent d'être parti par le passé, de potentiellement repartir dans le futur, et on n'est pas ancré dans le présent." David :  Je ne peux que plussoyer...après 3 ans au Japon, le retour (temporaire, je repars bientot) en France a été une horreur...pour dire, pendant les trois premiers mois de mon retour, je n'ai eu droit à aboslument rien, moins d'aide qu'un sans papier, je n'aurai pas eu mes parents, je me serais retrouvé à la rue. Pas le droit de prendre un logement car moins de trois mois sur le territoire, idem pour la secu, idem pour un boulot, bref, une belle galère...sans parler de la mentalité française, ou l'encouragemetn est surtout pour te tirer vers le bas plutôt que vers le haut'. 

Une expérience à l'étranger est valorisante professionnellement ? Pas toujours. Les employeurs optent pour le simple et stable.  Pour les indépendants, bien entendu, l'accueil de l'URSAFF, des propriétaires d'appartements et des impôts vous rappellent que Balzac est français. Elizabeth confirme que les 'revenants' sont incompris même dans les entreprises.  'Bien souvent (la vie d'expatrié) est perçue par la société comme une vie dorée sous les cocotiers... Or les risques auxquels sont exposés ces salariés existent bel et bien. Les entreprises prennent le plus souvent en compte les risques physiques, moins les risques psychosociaux dûs à l'éloignement, les nouvelles organisations du travail...et le choc culturel inversé au moment du retour en fait grandement partie!." Clément acquiesce: "… 2 ans que je suis rentré du Canada, la première pensée qui me viens au réveil est d’y retourner.. gros décalage, limite t’arrives plus à te réintégrer dans ton propre pays".

Anne-Laure en veut aux spécialistes de l'expatriation des entreprises, souvent aveugles. ''Il est malheureux de voir les professionnels du monde de l’expatriation parler "d’ addiction à l’international ": si les personnes qui repartent sont si nombreuses, ce n’est pas parce qu’elles sont « droguées » et qu’elles ont besoin d’une bonne cure de désintox pour rentrer dans le moule. (...) C’est au contraire parce que les personnes avec une intelligence culturelle (et émotionnelle) développées n’ont pas la possibilité de s’exprimer une fois rentrées en France. On leur demande de désapprendre au plus vite tout ce qu’elles sont devenues depuis plusi"eurs années pour les forcer à rentrer dans des cases qui de toutes façons ne les intéressent pas. La société française, très fermée sur elle-même, très conventionnelle, très hiérarchique, ne laisse pas beaucoup de place aux compétences relationnelles, à l’intuition, aux personnes dont l’identité s’est enrichie des nouvelles perspectives dont nous manquons pourtant cruellement.'

Elle insiste, et les commentateurs approuvent, que les risques psychologiques sont importants, et non pris en compte, d' 'une situation très inconfortable et difficile à gérer sur le plan psychologique: c’est comme retourner vivre chez ses parents à l’âge adulte alors qu’on mène une vie indépendante depuis plusieurs années " L'acculturation, la sensation de double vie très inconfortable, très souvent des dépressions, sont partagés par tous, et semblent faire partie de nouveaux effets collatéraux, encore mal compris de l'éparpillement des vies et des familles. Pierre trouve néanmoins que 'écrire un article sur la difficile réinsertion des expatriés français dans leur propre pays est limite 'obscène' par les temps qui courrent''. Et pour ces nouvelles générations très fournies d'expatriés,  Gaelle in Los Angeles, qui n'est pas encore rentrée, aimerait qu'on pense  à la précarité de son visa et de ses revenus, avant de la voir en princesse expatriée.  "Tous ceux qui disent “tu vis là bas ne te plains pas c’est génial qu’est ce qui pourrait être pire”, demandez-vous deux secondes si vous seriez prêt à partir seul à l’autre bout du monde sans aucun avenir certain. Pour beaucoup la réponse serait non !"

 
Commentaires

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  • Par charlier benedicte - 10/05/2016 - 10:01 - Signaler un abus expatriation

    oui je suispartie aux USA Durant 8 ans a 53 ans sans un mot d'anglais et sans connaitre personne, e suis actuellement au Portugal après les USA c'etait l'allemagne sans connaitre un mot , ni personne La france c'est l;enfer et je suis heureuse de l'avoir quitte depuis 13 ans, et jamais e n'y retournerais

  • Par zouk - 10/05/2016 - 10:26 - Signaler un abus Expatriation

    Par expérience (10 ans au Royaume Uni), tout cela est très difficile; 1. un étranger reste toujours un étranger, même après une vie entière passée au RU et marié avec un/une britannique 2. au retour en France, le sentiment d'étouffement de toute liberté d'entreprendre est insurmontable. Et je ne parle pas d'incompréhensions familiales en plus.

  • Par Olivier62 - 10/05/2016 - 10:27 - Signaler un abus Le piège de l'expatriation

    Beaucoup de gens envoyés à l'étranger par leur entreprise se trouvent au moment de revenir en France dans une situation difficle, car le poste qu'ils occupaient a été donné à d'autres, ils n'ont plus de réseau relationnel, les responsables qui leur avaient fait de belles promesses ne sont plus en poste, et souvent il n'y a plus de place pour eux. Après avoir traîné 6 mois au siège ils finissent à la porte... Tout à fait d'accord lorsque vous dites sur "La société française, très fermée sur elle-même, très conventionnelle, très hiérarchique," C'est surtout vrai en entreprise, où même après 35 ans de carrière on vous juge exclusivement sur le diplôme ou le "profil"; les résultats professionnels n'entrent absolument pas en ligne de compte.

  • Par Ex abrupto - 10/05/2016 - 11:53 - Signaler un abus Ces rapatriés

    .. n'en ont-ils pas fait un peu trop dans leur détestation de la France quand ils sont partis et du coup se trouvent avec une rentrée dans l'atmosphère un peu compliquée. Sommes nous tenus de leur lécher les bottes? Après tout, s'ils ont eu tant de courage pour partir, pourquoi ne l'ont-ils pas utilisé pour participer au redressement du pays?? L'analogie avec les soit disant réfugiés me vient hélas à l'esprit....

  • Par Deneziere - 10/05/2016 - 13:16 - Signaler un abus En fait, ce n'est pas si dur que ça.

    Quand on revient, il faut faire comme si la France était un pays étranger dans lequel on s'expatriait. Et qu'on quittera peut-être à nouveau un jour. Avec cet état d'esprit, on relativise assez bien les problèmes de "rentrée dans l'atmosphère compliquée".

  • Par charlier benedicte - 10/05/2016 - 13:48 - Signaler un abus re

    participer au redressement du pays pour quoi faire? alors que toutes les differentes taxes et impots sapent toute votre bonne volonte ce n'est pas difficile de partir, car quand on aime plus la France, c'est mon cas on la quitte definitivement, d'autres pays sont tellement interessants, et surtout beaucoup p;lus de liberte ailleurs, et bien plus d'ordre et de discipline, quant on voit ce qui se passé en France actuellement, c'est d'une tristesse incommensurable

  • Par Ludohk - 10/05/2016 - 14:54 - Signaler un abus Participer au redressement de la France...si seulement..

    c était possible. Je suis parti 10 ans à HK, puis 1 en Chine avant, puis USA encore avant, revenu en Suisse il y a 5 ans je vis maintenant en France et je suis content de contribuer avec mes impôts au fonctionnement de ma patrie...mais il n'y pas un jour ou je ne me pose pas la question de quitter ce pays que j'aime tant ! Impôts et taxes, impossible d'entreprendre librement et facilement, le jugements de mes compatriotes sur l'expatriation, le capitalisme, le droit d'entreprendre, les impôts, le job en Suisse, c est vraiment indécent. Trop souvent les gens, les politiques, les managers jamais expatries, oublient que nous sommes ou pouvons être une ressource : financière, culturelle, source de changement et d'evolution positive. Personne ne demande de nous lecher les bottes, mais plutôt de s'ouvrir un peu l'esprit pour nous utiliser a bon escient, mais la l'étroitesse d'esprit gauloise très fortement teintée de jalousie et de comparaison malsaine, nous rappelle toujours que la France ou plutôt les Français (dont je fais partie) ne sont pas prêt de changer. Alors oui on pense à repartir du pays que nous chérissons, mais qui ne veut évoluer.

  • Par Mandataire - 10/05/2016 - 16:55 - Signaler un abus Après plusieurs année à HONG KONG, le retour en RANCE…

    a ressemblé à aborder à pleine vitesse une portion de patinoire copieusement… ensablée par toutes les Buraucratures, à commencer par celles des mentalités! Radical…

  • Par Deudeuche - 10/05/2016 - 18:41 - Signaler un abus 7 ans au Royaume uni, et 4 ans en Allemagne

    je confirme, dur le retour! et encore plus pour les enfants, un peu comme des soviétiques qui après un temps à l'Ouest rentraient dans la mère patrie du socialisme; ....l'enfer!

  • Par legall - 10/05/2016 - 18:47 - Signaler un abus Arrêtez le délire

    Le "french bashing" bat son plein avec un zeste de réalité et le reste puisé dans le délire de la presse anglo-saxonne.

  • Par kaprate - 10/05/2016 - 18:48 - Signaler un abus Difficile de revenir au Pays?

    D'après cet article, ce n'est pas tant le comportement d'incompréhension ou de rejet par certains qui est problématique (votre famille et vos vrais amis vous aiment ici ou ailleurs et l'on peut subir ce genre de comportement en n'étant jamais parti...) mais c'est plutôt la difficulté d'adaptation à leur retour de ceux qui s'étaient expatriés. Ce problème est-il lié à eux qui sont ou apparaissent si "différents", (que ce soit pour leur esprit d'entreprendre, leur soif d'aventure, leur égoïsme... selon les interprétations de chacun), ou est-ce notre Pays qui est, pour le commun des mortels et non seulement pour le poète ou le philosophe, par ses particularités, sa mentalité, ses rouages administratifs, ses héritages à la fois napoléoniens et communistes, un environnement où la liberté n'est pas aussi Reine que sur le fronton des monuments publics? La grenouille meurt peu à peu sans bouger lorsque immergée, vous faites monter la température peu à peu jusqu'à l'ébullition. La grenouille qui arrive d'ailleurs et constate l'eau bouillante, sait que le bain est mortel. En dépit de la valeur de notre pays, il y a des dysfonctionnements que ceux qui arrivent d'ailleurs voient bien mieux.

  • Par Oyentin - 10/05/2016 - 19:10 - Signaler un abus C'est au retour

    Que l' on comprend que la France est fichue.

  • Par Deudeuche - 10/05/2016 - 19:14 - Signaler un abus @legall

    Le "délire" c'est la normalité française!

  • Par Liberdom - 10/05/2016 - 19:53 - Signaler un abus Pays de c...

    Grèves des fonctionnaires, Pa Bala de la SNCF, Bison futé, Smic, taxes, Muguet du premier mai, à consommer avec modération, déficit de la sécu, Valeurs républicaines, journaleux à la diction uniformisée de la novlangue, villes pourries par le diesel, usagers, assujettis, contribuables, redevables, etc etc...

  • Par Liberte5 - 10/05/2016 - 20:06 - Signaler un abus Dans toute aventure humaine, il y a des succés et des échecs.

    Ceux qui tentent l'aventure avec un départ définitif, ont beaucoup de mal au début pour se faire une place dans le pays qu'ils ont choisi. D'autant que le mal du pays est fort au début. Mais ceux qui réussissent dans leur projet ont au bout de quelques années construit leur vie et n'envisagent plus de rentrer en France. Sauf pour des vacances.Aux USA, j'ai pu rencontrer et discuter avec des expatriés dont les métiers étaient bien différents. Ils disent qu'ils jouissent d'une plus grande liberté et d'une meilleure qualité de vie.

  • Par Le gorille - 10/05/2016 - 20:08 - Signaler un abus Je ne suis pas expatrié...

    ...mais je comprends les "expatriés". La vision personnelle du monde change si l'on ne réside pas en France hexagonale. Et toutes les personnes qui acceptent de quitter la France ont un je ne sais quoi de différent du "métro". Et petit à petit, l'éloignement forge un nouveau caractère qui ne supporte plus les "codes " ; des codes et surtout un état d'esprit de clocher qui peuvent aller jusqu'à ranger le Français dans une boîte "noire", fort désagréable pour le reste du monde. J'ai eu du mal à perdre de nombreux réflexes "métro"... mais cela vient, à mon grand soulagement ; car cela me rend plus agréable pour mon voisinage "non métro". Quand je reviens ans l'hexagone, il y a un monde entre les "métro" et ceux qui sont allés voir ailleurs : la perception de ces derniers est tellement plus vaste ! Et beaucoup de "codes" ont perdu de leur pertinence à leurs yeux... Mais je suis privilégié : un retour définitif ne me poserait pas les difficultés signalées dans l'article.

  • Par Le gorille - 10/05/2016 - 20:23 - Signaler un abus Égoïsme, sclérose, sécurité

    @kaprate. Je partage votre analyse, où je récuse cependant le mot égoïsme... ou alors je l'appliquerais plutôt à ceux qui ne quittent pas l'Hexagone. J'ajouterais aussi, pour les "statiques", un sentiment de sclérose, dont ils peuvent avoir confusément conscience et qui peut les rendre jaloux envers ceux qui ont "osé" et montré ainsi quelque chose qu'ils ne veulent pas voir en eux-mêmes... Il reste un mot qui n'a pas été prononcé nulle part : "la sécurité". C'est le maître mot. Les uns ont accepté l'insécurité, bien qu'ils ne soient pas fous du tout, les autres en font une obsession. Ces derniers traitent de "fous" ceux "qui ne pensent pas comme eux". Faut-il avoir un "grain" pour quitter l'Hexagone ?

  • Par lepaysan - 10/05/2016 - 21:57 - Signaler un abus La société française, très fermée sur elle-même,

    Cet extrait de l'article est la clé. Expatrié 25 ans a HK, Londres, Maroc, ... Un administration délirante, un retour à l'emploi compliqué, une société pleine "d'a priori", sclérosée, jalouse, envieuse, intolérante, matérialiste et ennuyeuse. Ce portrait du français de France n'est pas très flatteur !!! Au retour en France, on se retrouve à l'étranger dans son propre pays

  • Par jlmr - 11/05/2016 - 02:09 - Signaler un abus Il me semble qu'il y a un petit problème

    Le retour dans le pays maternel est forcément difficile, quel que soit le pays. Les émulsifiants sont pour les paysans : —la jalousie, subordonnée à la supposition qu'il y ait eu enrichissement et (ou) beau train de vie, —peur de perdre un statut par quelqu'un de plus avancé et certainement d'autres miasmes humanoïdes ; pour les "impatriés" : regards toisant sur ces paysans qui n'ont pas changé comme eux ont dû le faire parfois avec beaucoup de difficulté et de nombreux problèmes à faire côtoyer aux problèmes familiaux. Tout cela dit, nonobstant le fait qu'il y ait réellement des difficultés propres à chacun, un fonctionnaire muté dans une région qui revient enfin "chez lui" se retrouve sur le même grill… ou aussi le cas que je traverse, d'un changement de municipalité où les mêmes conseillers qui se retrouvent en place suivent le maître à danser quitte à retourner la veste… pour que rien de bouge… je viens de vivre cela, ce que j'avais vécu en Finlande 40 ans auparavant. Quelque soit la langue, la culture ou le lieu, l'âne n'a rien à envier à l'humain

  • Par Gordion - 11/05/2016 - 04:10 - Signaler un abus Je confirme..

    .. Ce qui est décrit par cet exemple, et par les commentaires. Les DRH et dirigeants des sociétés internationales n'ont qu'un objectif en tête. Vous faire revenir en France le plus vite possible, et deviennent soupçonneux quand leur expatrié demande à prolonger son séjour, pire que de demander une autre affectation. Car vouloir sortir du référentiel maison, c'est commencer à vouloir remettre en cause la hiérarchie et le fonctionnement de l'entreprise... L'investissement sur un expatrié n'est pas valorisé comme il le devrait. Les dirigeants des entreprises françaises internationales n'ont pas de vision à long terme, leur carrière professionnelle avant tout. J'ai été frappé d'avoir à accueillir des grands patrons dans mes locaux à l'étranger, qui prétendent passer le moins de temps possible sur place, et sont incapables d'écouter plus de 5 minutes ce que je tentais de leur dire. Le téléphone, les conférences téléphoniques avec le siège, la remise en cause des agendas et rendez-vous, bref une certaine propension à ignorer les codes locaux. Le retour au siège leur aura fait totalement oublier le pays en question, a fortiori si le pays est complexe et donc porteur d'échecs pour eux

  • Par ISABLEUE - 11/05/2016 - 09:40 - Signaler un abus Oh que oui !!!

    expatriée toute ma vie d'enfant et de jeune adolescente, le choc des cultures en rentrant !! Le climat, les gens.. Oui on est supposé rentrer super riche..... Mon pauvre papa, il a du en avaler des couleuvres, il travaillait encore.. Et nous jusqu'à présent, nous sommes attirés par les gens comme nous, les ex-expats.....Un peu déracinés, un peu triste.... Moi ce qui me manque le plus, ce sont les ciels du Sud.......

  • Par Nap4 - 11/05/2016 - 10:06 - Signaler un abus Maigre revanche

    Le plus triste est qu'au bout de quelque temps on finit par penser par devers soi "Mais qu'ils sont bêtes !". Au début, ça fait un peu sourire. Puis peu à peu on s'aperçoit qu'on a tristement raison...

  • Par Paul Emiste - 11/05/2016 - 10:20 - Signaler un abus Pourquoi revenir?

    Plus de 40 années à l´étranger, dans 7 pays et sur deux continents,ce qui n´a pas toujours été facile, maintenant dans le pays de mon épouse depuis 15 ans, et strictement aucune envie de revenir quand on voit le bordel ambiant en socialie française. Quand on voit, par exemple, ce qu´un syndicat (sic!!!) comme la CGT peut faire pratiquement sans être inquiété outre mesure, syndicat (sic!!!) financé par nos impôts (je paye mes impôts en France), on a des difficultés à expliquer cela aux gens autour de nous. Quand on voit qu´un groupuscule gauchiste comme les écolos (Devinez quoi? sic!!!") avec 2% peuvent avoir un vice président (obsédé sexuel de surcroit) de l´assemblée nationale, quand un autre parti à 20% n´est pratiquement pas représenté (non non je ne vote pas pour eux, mais question de principe démocratique), on a là encore beaucoup de difficultés à l´expliquer autour de nous. Comment expliquer à mes voisins, quand la RATP locale n´a jamais fait gréve, et la SNCF locale 1 semaine en au moins 15 ans, ce qui ne les empêche pas de très bien fonctionner, comment expliquer disais-je qu´en France c´est gréves sur gréves pour un service somme toute très médiocre? Revenir? Non merci!

  • Par Alain Proviste - 11/05/2016 - 10:23 - Signaler un abus PAS BESOIN DE S'EXPATRIER...

    pour devoir se frotter les yeux. Il suffit de bosser avec des contacts internationaux pour se rendre compte à quel point on est à côté de la plaque : les grèves de transport reviennent souvent dans les conversations... Les cheminots, pilotes d'Air France et employés RATP n'ont pas idée du mal qu'ils font à notre image (dont ils se cognent d'ailleurs). La détestation générale du travail (35 heures + retraites précoces) + notre égalitarisme hypocrite et notre collectivisme forcené nous font passer au mieux pour des martiens, au pire pour des abrutis. D'ailleurs beaucoup des mes connaissances proches ne sont pas disposées à entendre cela ni surtout à en tirer les conséquences.

  • Par Bragance - 11/05/2016 - 10:58 - Signaler un abus Encore un chapitre dans l'article...

    ... et j'allais me mettre à pleurer. C'est à se demander ce que les expats attendaient en partant au loin. Quand à revenir sans perspective, avec papa-maman pour assurer le quotidien, franchement on se demande... Je connais quelques personnes qui sont parties travailler à l'étranger, personne ne regrette les années passées au loin et toutes se réadaptent très facilement au retour, quand elles reviennent ! Décidément, quel manque de maturité chez certains.

  • Par ISABLEUE - 11/05/2016 - 11:15 - Signaler un abus Bragance

    Oui c'est exactement ce dont nous parlons;. La jalousie la bêtise crasse de certains et SURTOUT les opinions toutes faites et les a priori.

  • Par Leucate - 11/05/2016 - 16:29 - Signaler un abus @Bragance

    J'ai travaillé plusieurs années en Afrique dans ce que l'on appelle "les services extérieurs de l'Etat" c'est à dire parmi les détachés de pas mal d'administrations aux Affaires Etrangères. Partir et s'adapter à un autre pays avec des interlocuteurs qui ne fonctionnent pas comme nous est une expérience enrichissante qui laisse de bons souvenirs. Le problème est bien celui du retour. Dans l'administration, même si vous êtes sur de retrouver une place, vous arrivez comme les cheveux sur la soupe. On vous a oublié, vous gênez parce que vous arrivez avec votre ancienneté et on vous a attribué un poste que d'autres plus jeunes espéraient. Professionnellement, vous êtes un peu décalé, des évolutions se sont faites sans que vous y soyez, et vous avez pris d'autres manières de travailler, adaptées à celle de vos interlocuteurs du pays où vous résidiez. Il y a également une remise à niveau à consentir car il y a de nouveaux textes et règlements et vous pouvez avoir le sentiment d'être un dinosaure datant de l'époque d'un ancien Big Chief qui dirigeait le service. J'ai connu des collègues qui ont éprouvé ce sentiment. J'ai fait en sorte que la fin de mes séjours coïncide avec ma retraite :-)

  • Par Leucate - 11/05/2016 - 16:42 - Signaler un abus (suite)

    "Partir et s'adapter à un autre pays" - cela peut être un gros problème pour quelques uns heureusement rares, mais j'en ai connu qui n'avaient pas compris que c'est à nous à nous adapter au pays et pas à nos interlocuteurs à s'adapter à nous. J'en ai connu qui n'ont pas su le faire et qui, dépressifs, ont été au clash et ont été incités à s'en aller ou même qui ont "pété les plombs" et ont du être évacués sanitaires (Evasan dans notre jargon). Par contre, une fois qu'on s'est bien adapté et qu'on a été accepté par les interlocuteurs, cela devient très valorisant et le séjour devient très agréable. Ce qui ne signifie pas passer son temps à la plage sous les cocotiers (ce qui est d'ailleurs risqué et dangereux); il y a du boulot, mais avec l'ambiance, la solidarité entre collègues expatriés, tout paraît très facile même si comme ne métropole, il y a des coups de bourre et parfois des coups de tabac quand le pays où on est est un peu instable.

  • Par kaprate - 11/05/2016 - 22:42 - Signaler un abus Les lecteurs d'Atlantico

    Je constate à la lecture des posts que la mobilité et même l'expatriation sont des évènements de vie et un état d'esprit que nombre de lecteurs et contributeurs d'Atlantico partagent. Cela explique aussi en partie pourquoi nous semblons parfois si loin de la norme et si critiques à l'égard du système français!

  • Par Deudeuche - 12/05/2016 - 08:48 - Signaler un abus @kaprate

    en effet! Des expériences variées souvent loin de la bulle "centre ville occidentale" qui elle, reproduit les même types de comportement. Une expérience pour Parisiens seulement qui retrouvent dans d'autres capitales leurs paramètres habituels si ce n'est pas une infrastructure française subventionnée par les suspects habituels (EN, AE etc...)

  • Par Babaswami - 12/05/2016 - 23:06 - Signaler un abus Expérience

    Je peux dire par expérience que quelqu'un qui a vécu plus de 3 ans dans un pays anglo saxon et qui y aura raisonnablement réussi ne pourra jamais s'adapter à un retour en France,(sauf en cas d'échec professionnel parce qu'ici il sera beaucoup mieux protégé..

  • Par ISABLEUE - 13/05/2016 - 12:15 - Signaler un abus Kaprate oui

    expériences variées : aller chercher de l'eau dans un puits à 20 km, coupures d'eau ou d'électricité..... orages où oueds débordent etc.. bref l'Afrique et sa nature. DEUDEUCHE : oui maintenant, tous les djeunes vont faire quelques mois de stage en général dans des capitales européennes, pour faire joli sur leurs CV, et pour vivre de la même façon qu'ici , en coloc, etc..

  • Par superliberal - 13/05/2016 - 14:22 - Signaler un abus Retour en Souffrance...

    Pour un libéral vivant dans un pays libéral revenir en France c'est comme passer à l'Est avant la chute du mur...même les Français de droite sont socialistes...on devrait supprimer "Liberté" du fronton des mairies et la remplacé par "CGT, Egalité, Fraternité"...

  • Par Solaros - 17/05/2016 - 18:27 - Signaler un abus Rentrer demande le même effort d'acclimatation que partir

    C'est difficile de rentrer. La fonction publique le sait, qui depuis plusieurs années, a mis en place une cellule spéciale pour le retour des expatriés. Quand on rentre, il faut se dire qu'on est dans la même situation que quand on part : on est nouveau en France, il faut donc faire profil bas, ne pas trop parler de ce qu'on a vécu à l'étranger (ce ne sera pas compris de toute façon, et on passera pour un frimeur), observer, essayer de comprendre les gens que l'on a autour de soi, car on a oublié leur fonctionnement. C'est vrai qu'on se sent plus ouvert et riche d'autres cultures, mais il ne faut pas le montrer. On doit aussi considérer qu'on doit s'enrichir des Français qu'on fréquente à nouveau. C'est vrai qu'on les trouve fermés et nombrilistes. Mais quoi, c'est un peu partout pareil. On le supporte moins bien parce que ce sont nos compatriotes. Il faut comprendre qu'après une expatriation, on est certes citoyen du monde, mais toujours un peu apatride. C'est une expérience définitive. On devient un individu peu assimilable aux autres. Et ça fait un peu peur, à soi et aux autres.

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Claire Ulrich

Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et partagent la chose humaine pour s'apercevoir qu'ils ne sont pas si différents et qu'il y a donc un moyen de s'entendre.

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