Un concept alléchant en économie du développement est celui du “leapfrog” : l'idée qu'un pays en développement peut “sauter des étapes” et arriver à un stade de développement plus avancé que les pays riches. L'exemple le plus connu est celui de la téléphonie mobile : dans les pays où il n'y a pas de lignes de téléphone fixe, la téléphonie mobile a été adoptée beaucoup plus vite que dans les pays riches, et a permis la création de services, comme la banque et les paiements mobiles, qui en sont encore à leurs balbutiements ici.
Mais les avancées de la technologie étant ce qu'elles sont, les pays riches comme la France doivent aussi réfléchir à faire leurs propres “leapfrog”. Un domaine qui présente une belle opportunité pour se faire est l'enseignement supérieur.
Presque tout le monde est d'accord pour dire qu'en France l'enseignement supérieur est cassé. Le système est incroyablement complexe, il accentue plutôt que compense les égalités sociales, nos universités ne sont pas reconnues à l'international, etc.
Pour beaucoup de réformateurs, le modèle à adopter est le modèle “international”, qui est vraiment le modèle américain, dont on nous fait la liste des avantages par rapport au modèle français : des grandes universités généralistes à “masse critique”, avec une union entre la recherche et l'enseignement qui permet le rayonnement, des liens forts entre universités, anciens et entreprises qui permettent un meilleur financement et une meilleure insertion dans le marché de l'emploi, et oui, des frais de scolarité qui permettent un meilleur financement et, s'ils sont progressifs, plus d'égalité.
Les établissements d'enseignement supérieurs français (HEC, Sciences Po, Dauphine, Polytechnique...) essayent tous de se transformer en mini-Harvard ou mini-MIT. Les universités créent des alliances et des structures-chapeau (les “PRES”, ou “pôle de recherche et d'enseignement supérieur”) pour atteindre cette fameuse masse critique. L'Etat a vendu des participations pour lever des milliards et créer des “campus” à l'américaine pour nos universités.
Mais le paradoxe est qu'alors même que nos établissements essayent à tout crin de s'américaniser, aux Etats-Unis, ce fameux modèle est plus que jamais remis en question. La demande accrue ainsi que le manque de concurrence ont fait exploser le prix de l'enseignement, et les étudiants reçoivent des dizaines de milliers de dollars de dette en plus de leur diplôme (phénomène qui se répand de plus en plus dans les grandes écoles françaises). L'évolution de l'économie remet en question le modèle de l'enseignement-une-fois-pour-toute-de-18-à-22-ans et exige un modèle plus flexible, tout au long de la vie.
Mais, ce qui remet surtout en question le modèle américain, c'est internet. Aux Etats-Unis, de nombreuses startups se sont lancées qui font un enseignement en ligne adapté. Sebastian Thrun, professeur d'intelligence artificielle renommé à Stanford (il est un pionnier de la robotique), a mis en ligne un cours sur l'intelligence artificielle et, devant son succès, a quitté son prestigieux poste pour la startup Udacity.
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A l'origine le cours magistral se justifiait par le coût des ouvrages. Avec la démocratisation du livre, le cours traditionnel n'a plus de raison d'être. J'aime assez faire cours mais je sens bien que 80% de mon énergie est dépensée en pure perte. Les cours en ligne peuvent permettre de se concentrer sur l'essentiel en groupe restreint ce qui n'est pas nécessairement source d'économie dans certaines filière (dont la mienne : le droit).
le CNED permet de suivre (pas de précéder) un enseignement mais pas en ligne et encore moins interactif, à part le BAC qui reste un examen commun, le reste ...
Je me méfie comme de la peste des programmes qui seront choisit par les uns, les autres n'ayant pas voix au chapitre. Peut-être faudra-t-il annoncer la couleur politique d'une part de ceux qui choisiront les enseignements et d'autre part des professeurs? Ça ce serait une avancée majeure !
Ou alors pour un prof de droite dix profs de gauche ?
Les cours en lignes existent depuis 10 ans. Le problème est la reconnaissance des diplômes par les employeurs et qu'il faut toujours du présentiel. Le prix reste abordable ou pourrait même être pris en charge par le ministère ou dans le cadre des 34 milliards d'euros pour la formation professionnel, via l'économie réalisé sur le foncier.
Mais nooooon avec le mariage en ligne pour tous il y a bien un segment à approfondir et des client à tondre.
Bravo!
L'Education Nationale française ne souffre pas des orientations abusives qui pourraient lui être données par des politiciens irresponsables, trop laxistes ou trop sélectives...
Non, elle souffre du manque de pluralisme d'un corps enseignant qui n'est plus attiré par la beauté du métier, mais par les avantages corporatistes avec lesquels les ont attirés certains politiciens clientelistes initiés avec Mitterrand!
Ceci a contribué à tuer le métier d'enseignant qui n'attire plus car ces avantages n'ont pas étés réévalués par rapport aux contraintes nouvelles nées de l'immigrationnisme sauvage...
Pour la télé-conférence, ne dites pas simplement que vous y songez, faites-là et rattrapez les 15 ans de retard que vous avez déjà sur les Scandinaves...
le mythe permanent . mais dites donc la droite n'a pas acces aux chairs ou serait ce un choix parce que pas assez payé (pour faire dans le meme cliche) ?
bruno gollnisch est bien enseignant en fac ..... et apparemment c'est pas de gauchisme qu'on le soupconne.
si la sclerose etait , il faudrait s'interroger sur le fluide droitier qui serait parti voir ailleurs ....
si c'etait le cas ... parce que des listes d'enseignants du superieur de droite comme de gauche il en est dans toutes les facs.
les usa ont deja leurs nombreuses boites de cours en ligne avec des diplomes a prix d'or sans veritable valeur ajoutée sur le marché du travail ..... car on parle bien de cela
Pour des frais sortis du secondaire ? unesolution au logement aussi ? il est vrai que l'enseignement en ligne comme developpement des reseaux sociaux a coup de tweet cela va encore civiliser davantage les temperaments individualistes.
les cours en ligne pour les formations en cours de vie professionnelle ? pourquoi pas .
le campus c'est aussi un espace de developpement personnel .
A vous lire, ici et ailleurs, nous serions sous Staline...
L'Université française souffre justement de son manque de "socialisme", au sens universel du mot : elle est duale (université+grandes écoles). Elle est très sélective quand elle devrait au contraire être "laxiste" (premières années) et trop laxiste quand elle devrait dégager l'excellence (fin d'études).
Quand aux cours par téléconférence, on y songe, et depuis longtemps (depuis l'invention de la radio, en fait !).
Internet ne risque-t-il pas d'aggraver les inégalités sociales, en privilégiant ceux qui disposent et ceux qui sont à l'aise avec les outils ? Je pose juste la question.
Monsieur Gobry est loin d'être aussi sot que cet "article" plutôt bâclé le laisserait penser au naïf lecteur.. Il connaît assez bien les EU pour savoir qu'Internet est avant tout un moyen commode pour se faire des c... en or en peu de temps et avec un minimum d'efforts.. En France en plus, cette arnaque serait financée.. devinez par qui...le contribuable... Son entreprise de "recherche de marché" (c'est lui qui le dit..!) serait-elle en train de se positionner..?
Car ce mouvement libertaire au début a été totalement phagocyté par les Trotskystes-Léninistes qui ont canalisé une jeunesse facile a manipuler vers la mise en place de structures dogmatiquement gauchistes dans l'Education Nationale: mécanisme gauchiste de sélection des professeurs, enseignement orienté, passant sous silence les échecs du Socialisme, cooptation des membres des mêmes partis politiques, syndicalisme de chantage, lutte pour des privilèges de classe au détriment du bien publique.
On demande maintenant à ce système sclérosé de s'adapter à la globalisation et d'absorber en souplesse le meilleur de ce qui émerge des autres pays: c'est comme demander à un vieillard de faire du trapèze volant!
A part ce constat, les vœux pieux de Gobry sont excellents!
Je rajouterai l'expérience Suédoise qui associe télé-conférence et internet, afin de permettre à une communauté très ubiquitaire de s'éduquer en voyageant et en s'adonnant à sa passion.
L'éducation française est sclérosée par le dogmatisme gauchiste et ne pourra s'adapter à cette nouvelle donne globalisée qu'en remettant en question le dogme et les privilèges de classe, ce cadeau empoisonné syndical, qui la paralysent.