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La trahison GMAIL ? Ces partages de vos données que Google aimerait garder le plus discrets possibles

Si Google a donné des détails sur sa politique pour les applications Gmail tierces elle s'est toutefois abstenue de répondre pleinement aux questions des sénateurs américains concernant les développeurs qui enfreignaient ses règles d'analyse des e-mails.

La minute tech

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La trahison GMAIL ? Ces partages de vos données que Google aimerait garder le plus discrets possibles

Atlantico : Les sénateurs américains vont auditionner les grandes entreprises de la Tech comme Google, Apple, AT&T pour leur poser des questions sur les relations qu'entretiennent ces entreprises avec leurs partenaires. Concrètement qu'est ce qui leur est reproché ?

 
Franck DeCloquement : Dans le cas de Google par exemple, les données des utilisateurs de Gmail restent accessibles aux développeurs tiers qui peuvent ainsi accéder à loisir à ses données… C’est ce que vient d’avouer le géant de Mountain View, interrogé par le Sénat américain autour de sa politique de protection des données personnelles. En d’autres termes, la multinationale américaine continue de permettre aux développeurs d’applications « extérieures », de collecter à leur guise nos données personnelles depuis son service Gmail, bien qu’elle ne le fasse plus depuis l’année dernière, comme le rapporte le Wall Street Journal.
Et cela concerne 1,4 milliard d’utilisateurs dans le monde. Ce qui n’est pas une mince affaire au demeurant. En réalité, Google a cessé de scanner les comptes d’utilisateurs de son service Gmail pour récupérer des mots-clés depuis 2017. Et selon le représentant de l’entreprise, Google ouvre une enquête lorsque le comportement suspect d’un tiers est détecté. De plus, lorsqu’une application est suspendue, la firme avertit ses utilisateurs afin qu’ils interdisent l’accès à leurs données personnelles à cette application… Google demande leur consentement à ses utilisateurs, avant d’installer des extensions tierces pour Gmail. En théorie, les développeurs tiers qui créent ces mêmes extensions sont donc obligés d’informer les utilisateurs sur la façon dont leurs données Gmail seront ainsi collectées et partagées. De fait, tant que les développeurs font preuve d’une forme de « transparence » à ce sujet, ils sont autorisés à partager les données avec des tiers. 
 
Cependant, l’entreprise américaine n’a pas été en mesure de préciser combien de développeurs au juste enfreignaient les règles qui régissent cette pratique. Or, c’est justement ce que veulent savoir les législateurs et régulateurs américains. Et ceci, afin de déterminer si le géant mondial doit faire l’objet d’une sanction à cet égard...
 
Depuis le scandale de l’affaire « Facebook - Cambridge Analytica », survenu en mars 2018, les autorités et les régulateurs américains se penchent assidument sur la façon dont les grandes entreprises technologiques gèrent et protègent les données personnelles  utilisateurs. À ce titre, et comme vous l’évoquiez dans votre question initiale, Google devra répondre le 26 septembre prochain, à une nouvelle série de questions devant les sénateurs américains, dans le cadre d’une audition auprès du « Senate Commerce Committee » – le Comité sénatorial du commerce, des sciences et des transports – à Washington. De leur coté, les autres grandes entreprises de la Tech comme Apple, Amazon, Twitter, Charter et AT&T sont également convoquées. Etrangement, le géant des réseaux sociaux mondiaux Facebook ne figure pas sur cette liste…
 
Si toutefois elles ne sont pas tenues « légalement » de participer à ces réunions, on apprend par le truchement de la presse internationale que le sénateur américain président du Comité sénatorial John Thune, a déclaré que les grandes entreprises de la Tech devraient s’expliquer sur leurs approches en matière de respect de la vie privée. Mais également sur la manière dont elles envisagent de se conformer au RGPD, ainsi qu'à la loi sur la vie privée récemment approuvée dans l’état de Californie. On se souviendra aussi que Google avait ainsi été appelé à répondre aux questions du Comité du renseignement du Sénat au début du mois de septembre 2018, aux côtés de Facebook et Twitter. Mais la multinationale de la recherche avait décliné l’invitation, refusant tout  net de dépêcher l’un de ses dirigeants emblématiques... « Les consommateurs méritent des réponses claires et des standards sur la protection de la confidentialité des données », considère le président John Thune. Le Comité prendra également en considération les suggestions des six entreprises citées sur « ce que le Congrès peut faire pour promouvoir des attentes claires en matière de protection de la vie privée sans nuire à l’innovation. »
 
 
Commentaires

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  • Par zelectron - 24/09/2018 - 10:27 - Signaler un abus Google se comporte comme un tyran

    Tout est dû à Google !

  • Par edac44 - 24/09/2018 - 19:47 - Signaler un abus EXISTE-T-IL VRAIMENT DES MOTEURS DE RECHERCHE ALTERNATIFS À GG ?

    Ben oui mais faut chercher mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, hein !... donc voir ici : ================================================================> http://bit.ly/2xB6g97

  • Par Citoyen-libre - 25/09/2018 - 18:15 - Signaler un abus Gmail

    Quand on sait que Gmail est très utilisé par les professionnels, notamment les avocats et les notaires, on peut facilement imaginer la puissance d'un organisme qui sait à peu près tout de votre vie. Surtout que son objectif est ou sera de vendre ces données à vil prix.

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Franck DeCloquement

Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations internationales et stratégiques) en "Géo-économie et intelligence stratégique". Il enseigne également la "Géopolitique des médias" en Master 2 recherche "Médias et Mondialisation", à l'IFP (Institut français de presse) de l'université de Paris II Panthéon-Assas. 

Franck DeCloquement est aussi spécialiste sur les menaces Cyber-émergentes liées aux actions d'espionnage économique et les déstabilisations de nature informationnelle et humaine. Il est en outre intervenu pour la SCIA (Swiss Competitive Intelligence Association) à Genève, aux assises de la FNCDS (Fédération Nationale des Cadres Dirigeants et Supérieurs), à la FER (Fédération des Entreprises Romandes à Genève) à l’occasion de débats organisés par le CLUSIS - l'association d’experts helvétiques dédiée à la sécurité de l'information - autour des réalités des actions de contre-ingérence économique et des menaces dans la sphère digitale. 

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