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Pourquoi les GIF plaisent-ils autant à la génération Y ?

Giphy, le site de référence pour les images animées sur Internet, est désormais valorisé à plus de 300 millions de dollars tandis que Twitter, Facebook et Tinder permettent désormais l'envoi de GIF animés entre utilisateurs. Retour sur l'explosion d'un nouveau moyen de communication.

La minute tech

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Pourquoi les GIF plaisent-ils autant à la génération Y ?

Le gif est tombé dans le domaine public, chacun peut l’utiliser librement. Ainsi, il est devenu populaire, d’autant plus avec la démocratisation des réseaux sociaux (Facebook, Twitter….) et autres plateformes de partage dédiées à l’image (snapchat, etc.)

Atlantico : Alors que ce nouveau mode de communication explose sur la toile, comment expliquer l'engouement des GIF chez la génération Y?

Pauline Gauquié : La culture gif est née avec la génération Y, dite aussi la "net génération", qui a grandi dans un monde où l’écran est omniprésent (ordinateur, jeu vidéo, télévision, internet).

Cette génération a été plus à l'aise que les précédentes avec les technologies de l'information et de l’Internet en particulier. Elle a développé une culture communautaire et de partage par les réseaux sociaux. Le GIFest donc au départ un phénomène générationnel cantonné à une communauté plutôt geek.

Cette génération Y est entrée seulement à l’adolescence dans les NTIC. Elle a pu bricoler de nouvelles images grâce aux progrès constants réalisés par l'industrie numérique dont les GIF font partie. Mais cette génération consomme plus qu'elle ne développe.

Le gif a trouvé son essor et sa démocratisation avec la génération Z qui désigne cette génération née après 1995, qui succède à la génération Y, et qui n’a jamais connu de monde sans réseaux. Plus qu’un outil, Internet est leur univers, leur Dieu de vie, de construction identitaire, d’échanges quotidiens et d’expérimentations. En ce sens, ils sont la "génération C" : "Communication, Collaboration, Connexion et Créativité", celle des écrans. Ils "imagent" leur vie comme ils respirent : un arc en ciel qui interpelle, un ami que je suis content de voir, un plat que j’aime manger, et hop ! le cliché est pris et posté. Parfois transformé en GIF.

Pour les Z, l’image condense ce qui échappe aux mots. Et le GIF est un condensé extrêmement efficace et ludique à partager. Il est fluide. C’est pour cela qu’il alimente sans interruption leurs comptes Facebook, Instagram, Snapchat, etc.

Alors que le premier GIF est apparu en 1987, comment expliquer une si longue période avant son explosion populaire?

Le GIF arrive en effet avec les balbutiements d’internet. C’est un format discret au départ qui apparait en 1987 dans les studios de Compuserve. Il repose sur un principe d’animation qui procède de la boucle par la répétition à l’infini d’une même image. Il convoque donc l’imaginaire des premières images animées, pauvre sémantiquement qui frappaient de stupeur au delà de toute autre expression.

La fascination constante des hommes pour les représentations animées a conduit de nombreux savants de l’époque moderne à concevoir des appareils permettant de projeter une succession d’images fixes. Ainsi, au XVIIIe siècle, les « optiques », qu’on appelle aussi des montreurs d’images ambulants, proposaient des caisses à travers lesquelles le spectateur pouvait apercevoir des scènes lumineuses édifiantes. Ces caisses connurent un franc succès. Ce n’est cependant qu’à la fin du XIXe siècle que les essais de figuration du mouvement aboutirent avec le fameux cinématographe des frères Louis et Auguste Lumière (1895). Déjà célèbre pour leurs recherches photographiques, ces savants se sont appuyés en particulier sur les travaux d’Emile Reynaud, Etienne Marey et Thomas Edison, les inventeurs respectifs du praxinoscope (1877), du fusil chronophotographique (1882) et du kinetoscope (1891) pour parvenir à projeter des images photographiques animées sur un écran.

 
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Pauline Escande-Gauquié

Pauline Escande-Gauquié est sémiologue, auteur de "Tous Selfie!",  publié aux éditions François Bourin.

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