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La très bonne nouvelle qui pourrait se cacher derrière les coups de force de MBS, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman

Le tout- puissant prince-héritier saoudien Mohammed Ben Salmane ou « MBS », 32 ans, fils du roi Salmane (81 ans), ne cesse de surprendre depuis qu’il a été désigné par son père - contre toute logique coutumière - Prince-héritier du royaume.

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La très bonne nouvelle qui pourrait se cacher derrière les coups de force de MBS, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman

Après lEgypte dAbdelfattah al-Sissi, qui a repris en main son pays en éradiquant les Frères musulmans et en appelant lUniversité sunnite dAl-Azhar à « réformer radicalement lislam » ; puis après les Emirats arabes unis, entrés en guerre totale contre lislam politique et les Frères musulmans et qui soutiennent le Palestinien modéré Mohammed Dahlane anti-Frères musulmans et le Libyen Haftar, également en guerre contre les islamistes ; cest au tour de lArabie saoudite du prince-héritier MBS de rejoindre apparemment le camp du réformisme face au double défi de lobscurantisme sunnite salafiste-jihadisme et de la menace chiite-révolutionnaire iranienne qui encercle plus que jamais son ennemi héréditaire saoudien-wahhabite.

Tout cela sur fond de spéctaculaire rapprochement entre Israël et ces monarchies du Golfe hostiles aux Frères musulmans et à laxe pro-iranien. Une véritable recomposition du Proche et Moyen-Orient est en cours.

Le tout- puissant prince-héritier saoudien Mohammed Ben Salmane ou « MBS », 32 ans, fils du roi Salmane (81 ans), ne cesse de surprendre depuis qu’il a été désigné par son père - contre toute logique coutumière - Prince-héritier du royaume. Dans le cadre de la « nouvelle Arabie » qu’il appelle de ses vœux et qu’il veut « libérer » de l’islamisme obscurantiste, du clanisme, de la dépendance pétrolière et de la corruption endémique, il a procédé,le 8 novembre dernier, à une deuxième vague de purges à l’encontre d’une partie de l’élite politique et commerciale du royaume (50 personnes), ce qui porte le nombre total de princes, hommes d’affaires et dignitaires arrêtés à plus de deux cent en moins d’une semaine. Il s’agit là de la plus impressionnante vague de répression « anti-corruption » jamais réalisée en Arabie saoudite depuis sa fondation.

Réputé flambeur et va-t-en-guerre autoritaire pour les uns, « despote-éclairé »visionnaire pour les autres, MBS entend ainsi récupérer des "biens mal acquis" par la caste affairiste saoudienne qu’il a mis en résidence surveillée depuis le 4 novembre dernier dans un gigantesque salon du Ritz-Carlton, avant de transférer un certain nombre d’entre eux dans une prison dorée.La plupart est accuséede blanchiment d’argent, de corruption ou d’« exploitation de la fonction publique à des fins personnelles ». Près de 1750 comptes bancaires domestiques (privés) ont été ainsi gelés dans la foulée de la purge. Pour l’heure, les autorités saoudiennes auraient identifié la somme de 100 milliards de dollars détournée par ces dignitaires et hommes d’affaires et qu’elles entendent « récupérer », même si la chose est peu aisée puisque le gros du pactole est placé à l’étranger.

 
Commentaires

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  • Par ISABLEUE - 10/11/2017 - 14:01 - Signaler un abus bien

    bel article et explications. En espérant que ce MbS tienne la route !!

  • Par jerome69 - 10/11/2017 - 14:50 - Signaler un abus Quand les poules auront des dents

    Quelque chose de bon viendra de ces pays quan dle poules auronty des dents, l'espoir fait vivre avec les les mutations génétiques de laboratoire... quoiqu'il fasse les millers de mosqueé slafiste islamiste construite à travers le monde continuear à répandre le cancer et de plus comme le dit l auteur à la fin toute modernisation ressemble à une mission impossible. L'islma étant tellement incompatible avec toute evolution, des qu'on leur donne un droit de vote démocratique ils s'empressent de voter pour une dictature islamiste.

  • Par Marie-E - 10/11/2017 - 15:39 - Signaler un abus j'aime bien l'article

    mais il manque un acteur du Proche Orient : Israël qui se rapproche des pays sunnites (bien obligé avec ces idiots d'ayatollahs qui appellent quasi quotidiennement à la destruction d'Israël) et qui connaît bien le pèlerinage de La Mecque ou plutôt sa sécurité.. Hier un beau reportage sur "Blue Flag 2017" manoeuvres de coopération aérienne) avec des pays comme la France (qui n'avait pas mis ses avions les Mirage depuis 1956) , la Grande Bretagne, l'Allemagne (la Luftwaffe au dessus du Neguev), les USA, la Pologne, la Grèce, l'Italie, l'Inde ....et un non nommé (mais il s'agit d'un pays du Proche Orient qui a signé la paix avec Israël ....je penche pour la Jordanie). Mahmoud Abbas est allé aussi voir le roi d'Arabie Saoudite. Samir Geagea annonce qu'il comprend Hariri.... cela bouge d'une façon que personne n'attendait il y a quelques temps. J'espère seulement que Macron va essayer de comprendre avant de vouloir donner des leçons... pourvu qu'il ne demande rien au Quai d'Orsay.

  • Par tapio - 10/11/2017 - 18:46 - Signaler un abus Dites-moi, tous ces gens que vous citez :

    al-Sissi, les EAU, Dahlane, Haftar, MIZ, MBS, ... Ils ne seraient pas un peu islamophobes sur les bords ?

  • Par Deneziere - 10/11/2017 - 20:08 - Signaler un abus Je ne mise pas un dirham sur lui !

    Je suis de ceux qui pensent que le modèle Emirien n'est pas transposable en Saoudia, laquelle est trop vérolée par le Wahhabisme, et depuis trop longtemps. Le vieux cheikh Zayed qui a uni les EAU avait la passion de la diplomatie et du consensus. Son fils Khalifa perpétue la tradition (erreur d’inattention de Del Valle en page 5, 3e paragraphe). Mohamed bin Zayed semble dans la même voie. Quant à MBS, ses méthodes sont plus que douteuses. Il est en train d'humilier des vieilles familles pleines aux as et qui ont encore énormément d'appuis, sans garantie que la population va majoritairement le suivre. On ne sait pas trop qui sont ses alliés internes. Je ne connais pas d'exemple historique de leaders arabes qui ont construit un pouvoir durable de cette manière. Il est parti pour réveiller des tensions familiales tribales qui sont sous-jacentes dans tous les pays du golfe. Quand à Mohamed bin Zayed, je ne sais pas ce qu'il a à gagner à créer de l'hubris chez son voisin. Peut-être qu'il n'avait pas le choix. En tout cas il y a du spectacle et ce n'est pas fini.

  • Par Deneziere - 10/11/2017 - 20:17 - Signaler un abus Pour modérer mon propos

    Peut-être que MBS est meilleur tacticien que ce qu'on soupçonne. Il y a à peu près trois semaines, il a lancé un chantier de réforme de l'interprétation des hadiths. Et ça, en Saoudia, c'est vraiment couillu. Et apparemment rien n'a bougé. Il faut dire que rien n'a été réformé non plus. Il en a peut-être déduit qu'il avait les coudées franches. Au final, j’espère comme Marie-E, qu'un autre jeune couillon, Micron pour ne pas le nommer, ne va pas aller péter plus haut que son cul. Pour l'instant, il est au bon endroit au bon moment. A suivre.

  • Par Piwai - 11/11/2017 - 07:46 - Signaler un abus le XXI siecle sera celui du chant du coq de l'islam

    L'islam et ces valeurs obscurentistes dans l'etat actuel ne survivra pas au XXI ieme siecle, soit cette religion ce "modernise" et finira par devenir acceptable dans les pays a mixité religieuse, soit il s' eteindra de lui-même par la progression des connaissances scientifiques qui permettront a une part de plus en plus importante des musulmans de reflechir par eux-même a l'aberration de cette religion.

  • Par vauban - 11/11/2017 - 23:23 - Signaler un abus Il reste que,Le,probleme principal avec l'islam

    C'est les musulmans

  • Par Marie-E - 12/11/2017 - 10:42 - Signaler un abus Vauban

    en peu de mots vous avez très bien décrit le problème malheureusement insoluble.

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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