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Erdogan, le nouveau sultan qui menace l’Europe et se rêve en Atätürk à l’envers, artisan d’une Turquie "nationale-islamiste"

Le 7 mars 2017, nombre de démocrates et progressistes européens, partisans sincères de l’intégration future de la Turquie dans l’Union européenne, ont été surpris et choqués des déclarations d'Erdogan.

Empire ottoman

Publié le - Mis à jour le 24 Mars 2017
Erdogan, le nouveau sultan qui menace l’Europe et se rêve en Atätürk à l’envers, artisan d’une Turquie "nationale-islamiste"

Lorsque le président turc Recep Taiyyp Erdogan, l’homme fort de l’AKP (parti de la Justice et du développement, de tendance islamiste-nationaliste) au pouvoir depuis 2002, a violemment accusé l’Allemagne d’Angela Merkel (pourtant plus que conciliante envers lui depuis l’accord sur les réfugiés syriens de 2016) de se comporter comme les « nazis » après que les autorités allemandes aient refusé la tenue de meetings politiques au sein de la communauté turque d’Allemagne dans le cadre de la campagne menée par l’AKP en faveur du référendum constitutionnel destiné à donner les pleins pouvoirs au président turc.

De même, lorsque le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, a été interdit de discours aux Pays-Bas puis reconduit à la frontière de ce pays, le 13 mars 2017 alors qu’il venait plaider au sein de la diaspora turque en faveur du "oui" pour le référendum du 16 avril sur l'adoption de la révision constitutionnelle, Erdogan a répondu avec la même violence sur fond de propos anti-occidentaux et ultra-nationalistes en accusant La Hollande d’avoir des « pratiques nazies », « racistes et « islamophobes » et d’être la « capitale du fascisme, ajoutant que les Hollandais "allaient en payer le prix"… De son côté, pour avoir osé s’être montrée solidaire de la Hollande, Angela Merkel s’est vue à nouveau interpellée, accusée de « soutenir les terroristes » (sous-entendu du PKK). On se rappelle qu’en 2012, Erdogan avait accusé Nicolas Sarkozy d’être un « raciste anti-turc » et d’être le fils d’un « tortionnaire légionnaire complice du génocide algérien »… 

En habile adepte de la guerre psychologique et fin connaisseur des points faibles de la vieille Europe culpabilisée postcoloniale et post-totalitaire, le président turc Erdogan manie régulièrement - mais de façon toujours plus violente depuis 2012 - l’arme du « point Godwin » ou reductio ad hitlerum, qui consiste à nazifier-fasciser son adversaire pour le disqualifier et le désarmer dans le cadre d’un renversement des rôles plus qu’évident. Les accusations de fascisme et nazisme ressemblent pourtant à une accusation miroir de la part de celui qui a scellé depuis 2016 une nouvelle alliance « islamo-fasciste » avec non seulement la droite nationale-conservatrice mais surtout avec le parti d’extrême-droite  MHP, branche politique des Loups Gris connus pour leurs idées radicalement antisémites, xénophobes, christianophobes, antikurdes, anti-arméniennes et anti-occidentales. 

Genèse de la dérive autoritaire et national-islamiste d’Erdogan

Ceux qui parmi les dirigeants politiques européens ont souhaité jusqu’à peu l’entrée de cette inquiétante Turquie d’Erdogan dans l’Union européenne et feignent de découvrir que le néo-Sultan irascible turc n’est pas le doux « islamo-conservateur-démocrate » que l’on disait mais un dictateur islamo-fasciste en puissance, adepte de la synthèse radicale islamiste-nationaliste et populiste passé maître en dérapages verbaux, ne peuvent invoquer l’effet de surprise. Déjà, en juin 2013, lorsque les violents affrontements opposèrent les forces de l’ordre aux manifestants laïcs et de gauche qui dénonçaient un projet de réaménagement urbain d’Istanbul visant à détruire le beau parc Gezi de la place Taksim pour y construire à la place la copie d’une ancienne « caserne ottomane », l’opposition laïque et progressiste ,cible de près de 2000 arrestations, dénonçait la dérive autoritaire du néo-Sultan Erdogan, de plus en plus incapable de supporter la moindre critique et suspecté de poursuivre son « agenda caché islamiste ». Atteint non seulement d’autoritarisme mais aussi de la folie des grandeurs, Erdogan avait inauguré, en octobre 2014, son palais présidentiel impérial sur mesure de 200.000 mètres carrés et 1150 pièces en marbre blanc de style «néo-seljoukide» qui couta 500 millions d'euros. A ce palais démesuré, s'ajoutent d’autres projets néo-impériaux démesurés voulus par Erdogan : la construction d’un troisième aéroport à Istanbul – qui devait s’appeler à terme Recep Tayyip Erdogan (une université et un stade de football portent déjà son nom), puis l’édification de deux nouvelles super-Mosquées à Istanbul, place Taksim et depuis la colline de Camlica - donc visible depuis tout point de la ville - et où Erdogan a annoncé vouloir être enterrée comme jadis les Sultans…

 
Commentaires

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  • Par Olivier62 - 17/03/2017 - 10:05 - Signaler un abus La Turquie comme arme contre l'Europe

    La dérive islamiste actuelle de la Turquie était prévisible et affecte tous les pays musulmans, tout simplement parce que c'est dans la logique de ce que dicte le Coran. Mais dans le cadre du "grand remplacement" et de la liquidation ethnique et culturelle des peuples européens, la Turquie se révèle un instrument très utile, par l'immigration Turque proprement dite mais également par celle venue du proche-orient, que la Turquie fait entrer en masse en UE. C'est ce qui explique l'acharnement des autorités de l'UE à faire entrer la Turquie.

  • Par vangog - 17/03/2017 - 12:25 - Signaler un abus Dictature islamiste aux portes de l'Europe!

    Cette dictature s'est développée grâce au consentement actif des europeistes et à l'argent des con-tribuables européens. Vivement Marine Le Pen afin de stopper net toute collaboration avec ce fascisme islamiste et les hordes de barbares déferlant sur l'UE en plein syndrome Munichois!

  • Par Pourquoi-pas31 - 17/03/2017 - 19:48 - Signaler un abus La France

    est "persillée" de cellules islamiques turques aux ordres d'Erdogan. Ils attendent gentiment les ordres en s'infiltrant chaque jour un peu plus. Et nous bonnes poires, nous leur donnons la nationalité française. Stop à la loi du sol !

  • Par langue de pivert - 18/03/2017 - 16:48 - Signaler un abus Que l'opposition éduque "les masses prolétariennes " !

    Où sont les adeptes de l'intégration de la Turquie dans l'Europe ? Allô ? J'entends rien ? Le travail des oppositions (et accessoirement des journalistes :-) est d'en publier encore et encore la liste...afin que les gens sachent pour qui et pour quoi ils vont voter !

  • Par langue de pivert - 18/03/2017 - 16:55 - Signaler un abus FUMIERS : "pas en mon nom" !

    Avoir confié la garde des frontières de l’Europe au sultan-dingo est une trahison et une forfaiture ! Des noms, des dates, des faits, des prix...avant les élections pour les traîtres français ! Pour que les électeurs sachent pour qui et pourquoi ils votent !

  • Par Anouman - 18/03/2017 - 17:22 - Signaler un abus Progressistes

    C'est tout le problème des "progressistes", (qu'est-ce que le progrès? sujet intéressant pour le bac philo) ils croient au père Noël même s'ils ont vu leurs parents emballer les cadeaux. Malheureusement ils sont nombreux et donc dangereux.

  • Par tananarive - 18/03/2017 - 17:43 - Signaler un abus Profiteurs

    La Turquie doit sa richesse économique à l'Europe qui a importé des travailleurs Turcs et a ouvert des usines pour importer vers l'Europe. Que cesse ces importations et l'économie Turque s'effondre. On doit l'invasion de l'Europe par les travailleurs Turcs aux Allemands, qui pendant les deux guerres mondiales étaient alliés avec l'empire Ottoman. Souvenez vous des Dardanelles.

  • Par lemillanh - 19/03/2017 - 23:57 - Signaler un abus Si ils ont été surpris et choqués c'est qu'is ne sont pas

    à leurs places et qu'ils sont incapable de défendre les intérêts de leurs pays et de l’Europe ce qui est très grave car on n' a pas besoin de responsables qui rêvent d'un monde bisounours si ils ont envie d'être canardés ou décapités par l'islam conquérant qu'ils y aillent mais pas nous les peuples d' Europe NOUS AVONS ASSEZ SOUFFERT DANS NOTRE HISTOIRE POUR ACCEPTER N IMPORTE QUOI DE CERTAINS DIRIGEANTS EUROPÉENS QUI RÊVENT DE REPOUSSER LES FRONTIÈRES HISTORIQUE DE L EUROPE OCCIDENTAL EN Y INTÉGRANT MASSIVEMENT UN PEUPLE A MAJORITÉ MUSULMANE

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient pour le groupe Sup de Co La Rochelle et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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