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Comment faire hurler les bobos

Toutes les semaines, le journal Service Littéraire vous éclaire sur l'actualité romanesque. Aujourd'hui, retour sur "La Nuit étoilée" de Denis Tillinac.

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Comment faire hurler les bobos

"La nuit étoilée" de Denis Tillinac réussit à faire enrager les bien-pensants.  Crédit Reuters

Nous sommes tous d’accord, je crois : il n’y a d’intéressant que les livres qui font enrager les bien-pensants. “La nuit étoilée” de Denis y réussit parfaitement. Les dévots de l’humanisme progressiste et « républicain » ne vont pas aimer du tout les trois personnages principaux de ce roman : Marcile Kalf, écrivain, Victor, son éditeur et Claire, son esclave, tous trois réunis par la détestation de la nuit moderne privée d’étoiles, d’absolu, de transcendance et qui se sentent de plus en plus exilés de ce « meilleur des mondes (qui) se rapproche » à toute vitesse.

À une époque où les abrutis proclament à tout bout de champ le mythe de la transparence, disent qu’il faut tout dire, ne rien cacher, ces trois-là cultivent le secret, la pudeur. Et ils respectent la parole donnée ! Scandale suprême : Claire, qui a tout pour plaire, belle, sportive, aristocrate, fortunée, intelligente, cultivée, professeur d’histoire de l’art à Cambridge et à Aix, belle, très belle, refuse de porter le maillot deux-pièces, reste vierge jusqu’à trente-cinq ans et trouve tout son bonheur et sa liberté, eh oui sa liberté ! à n’être pas une femme « libérée », à devenir l’esclave totale, inconditionnelle, totalement soumise – tête et corps – de Marcile.

L’histoire est racontée deux fois : une première par Victor, qui est un être un peu sombre et tourmenté, et une deuxième par Claire. Cette technique, si j’ose l’expression qui va venir, éclaire Claire, la dévoile, la rend lumineuse, mais n’ôte pas tous ses mystères à Marcile et donne de la poésie et du tragique. Les vingt dernières pages des deux récits sont particulièrement magnifiques. Ah, que j’aime le hurlement du bobo, le soir, au fond des villes !   

A lire : La Nuit étoilée, Denis Tillinac, Plon, 265 p., 17 €.

Source : Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Eric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc. Pour vous abonner, cliquez sur ce lien.

 
Commentaires

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  • Par lsga - 18/09/2013 - 13:28 - Signaler un abus Un roman sans intérêt, un de plus

    le niveau de médiocrité atteint par le système éditorial français est incommensurable. Vous direz, c'est également vrai à échelle mondiale.   Vivement que le Roman crève. Cette forme passéiste de l'oeuvre littéraire a fait son temps. Aujourd'hui, le roman n'est plus qu'une pâle caricature de ce qui se faisait à son âge d'or. Les romans contemporains sont au roman classique ce que l'opérette est à l'opéra : une caricature vide de sens, un anachronisme, un manque de créativité.   Heureusement, Internet, les hyper-textes, les inter-textes et l'auto-publication devraient remettre un peu de créativité artistique au milieu de tout ce crétinisme.   Quand Amazon, Apple et Google auront bouffé la marché éditorial mondial, que toutes les petites maisons d'éditions semi-artisanales se seront faites dévorer par le grand Capital, alors, le Roman pourra enfin mourir de sa belle mort.   D'ici là, les critiques-romanciers et romanciers-critiques, et les éditeurs-épiciers continueront de nous gaver avec leurs fausses polémiques, et continueront de nous faire croire qu'ils peuvent "choquer" avec quelque chose d'aussi banal qu'un Roman.

  • Par De France et de plus loin - 18/09/2013 - 13:36 - Signaler un abus C'est beaucoup plus drôle et

    C'est beaucoup plus drôle et facile de faire hurler les réacs que les bobos. Le mariage pour tous l'a démontré.

  • Par prochain - 18/09/2013 - 16:01 - Signaler un abus Essayez leur rappeler le prix unique du caviar

    Parce que dans une démocratie socialiste le prix du caviar est le même pour tout le monde. Il suffit d'attendre la fin du mois. Demandez de plus loin aux isgas...

  • Par gliocyte - 18/09/2013 - 16:08 - Signaler un abus Interessant

    "Comment faire hurler les bobos" dans la revue littéraire. Le même jour Verhaeghe dénonce les bobos qui tiendraient l'INSEE en laisse si on en juge par ses écrits, Rayski avoue aimer le bleu indigo...Et La veille Guyot s'évade de la tourmente en évoquant le tour du monde à la voile, sans gadget. Hum, hum, le vent tourne...Avis de tempête dans les médias, reclassement en vue.. Le bobo n'a plus la cote....

  • Par Monk - 18/09/2013 - 16:47 - Signaler un abus lsga

    Toujours aussi peremptoire dans vos pseudos analyses à l'emporte piéces. Ainsi vous prétendez connaitre toute la littérature mondiale et décrétez que les romanciers actuels sont nuls. Quelle prétention ! Un conseil lisez " La route " de Cormac Mac Carthy un chef d'oeuvre tout ce qu'il y a de contemporain et pendant que vous lirez vous nous épargnerais vos commentaires d'ado attardé ça nous fera des vacances.

  • Par vangog - 18/09/2013 - 17:15 - Signaler un abus Ah putain: Vierge jusqu'à 35 ans!

    ...c'est pas un peu exagéré, quand même?

  • Par Ravidelacreche - 18/09/2013 - 17:26 - Signaler un abus Comment faire hurler les bobos

    Pour les bonobos je sais !

  • Par charlesingalls64 - 18/09/2013 - 19:01 - Signaler un abus Faire hurler les bobos ? Rien de plus facile....

    - Aimer la corrida . - Chier sur la couche d'ozone et les voitures hybrides. - Trouver le vélo et le TRAM totalement ringards. - Manger un cheeseburger avec une fourchette et un couteau. - Danser la Country. - Aimer un film avec Stallone. - Dire du bien de Nadine Morano. - Détester les tatouages, les piercings...... - Affirmer que Pierre Bergé est hétéro. - Prétendre que le Graf n'est pas un art pictural. - Se torcher avec Libération et ne pas croire Mediapart. - Avoir raté le concert de Yannick Noah ou de Cali. - S'être servi du prix Goncourt pour caler une porte. - Prétendre aimer la guerre et la famine. - Faire croire que les noirs ont inventé l'esclavage. - Ne pas aborder la lutte des classes avant le dessert. - Raconter que l'écologie est une maladie. - Trouver le Nutella plus utile que le printemps arabe. - Trouver la Mini super moche. - Prétendre que l'argent fait le bonheur. Inépuisable ! Lol :-)

  • Par gliocyte - 18/09/2013 - 19:41 - Signaler un abus @charlesingalls64

    Belle tentative....Sujet inépuisable. Le snobisme est un puits sans fond...Ajouter peut-être: Proposer d'échanger leurs habitations avec celles de ceux qu'ils défendent avec tant de conviction?

  • Par TG - 18/09/2013 - 21:08 - Signaler un abus @CharlesIngalls64 & Gliocyte

    On pourrais aussi et surtout rajouter : - Ecrire un article sur ce livre. - Ecrire un article positif sur Mr Turk - Ecrire un article negatif sur Taubira - Ecrire un article negatif sur les Roms - Ecrire un article negatif sur Hollande - Ecrire un article negatif sur le SM - Ecrire un article sur la mauvaive gestion actuelle de la France - Ecrire un article negatif sur la guerre en Syrie Etc, etc, etc. En bref et en clair, parler concret, parler de la realité, sortir des reves enfantins de gogos qui se revent encore au siecle des Lumieres et qui s'imaginent dans la peau d'un romantique revolutionnaire boutonneux du 19°.

  • Par gueux et preux - 19/09/2013 - 01:30 - Signaler un abus Fabrice Eboué

    quand on lui demande dans télérama ce qu'il voudrait voir disparaître de Paris,répond les bobos qui se vantent d'habiter la Goutte d'Or mais envoient leurs gamins dans le privé pour éviter blacks et beurs. On ne sait si le journaliste a regardé un ange passer lors de cette question.

  • Par MauvaiseFoi - 19/09/2013 - 08:14 - Signaler un abus Amen

    Les 2 rigolos de service ont encore frappé avec des arguments massue. Qu'ils reposent en paix.

  • Par Kulashaker - 19/09/2013 - 11:35 - Signaler un abus @ Isga

    Merci pour ce point de vue. Je n'assumais pas ma détestation du petit, minable et mal écrit roman contemporain et vous me décomplexez d'un coup. Cependant, je pense que le roman a encore un avenir surtout, le roman d'analyse, le roman-essai (comme Moravia l'entendait) surtout.

  • Par Kulashaker - 19/09/2013 - 11:36 - Signaler un abus @ Isga

    Merci pour ce point de vue. Je n'assumais pas ma détestation du petit, minable et mal écrit roman contemporain et vous me décomplexez d'un coup. Cependant, je pense que le roman a encore un avenir surtout, le roman d'analyse, le roman-essai (comme Moravia l'entendait) surtout.

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Bernard Leconte

Bernard Leconte est écrivain, universitaire et journaliste pour le journal mensuel Service Littéraire. Dernier ouvrage paru : “Qu’allons-nous faire de grand-mère” chez l’Éditeur.

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