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Et la plus grande menace météorologique pour la planète à l’heure du dérèglement climatique est… (indice : pas les ouragans !)

Les inondations pourraient devenir la catastrophe naturelle la plus coûteuse, tant en termes de vie humaines perdues que d'économie, d'ici à 2040 selon le "Potsdam institute for climate impact research".

Atlantico Green

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Et la plus grande menace météorologique pour la planète à l’heure du dérèglement climatique est… (indice : pas les ouragans !)

Atlantico : Les inondations pourraient devenir la catastrophe naturelle la plus coûteuse, tant en termes de vie humaines perdues que d'économie, d'ici à 2040 selon le "Potsdam institute for climate impact research". Comment expliquer ce résultat et quels pays seraient les plus concernés ? 

Emmanuel Garnier : D’emblée, il faut insister sur le fait que les résultats présentés dans l’article reposent sur une démarche essentiellement fondée sur la modélisation et non sur une étude exhaustive, et inscrite dans la durée (au moins 200 ans), de « vrais » aléas inondations répertoriés et estimés en termes de sévérité et de dommages. Déclarer que ce type d’extrême est la 1ère catastrophe à l’aune des coûts qu’elle engendre n’est pas en soi, un scoop scientifique. L’historien sait pertinemment qu’il s’agit d’un facteur de permanence historique.

Plus simplement, depuis au moins le XVIe siècle, les archives démontrent que l’inondation était déjà LE désastre naturel engendrant les dégâts les plus sévère et, par conséquent, le plus coûteux. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de l’inondation de l’hiver 1784 qui toucha l’ensemble de l’Europe en raison d’un redoux brutal à l’origine de la fonte soudaine du manteau neigeux.

Or l’étude récemment publiée par l’institut de Potsdam, et la modélisation qui en découle, repose sur des séries d’événements très courtes, comprises entre 1971 et 2004, autrement dit, le début de l’essor de la couverture assurantielle à l’origine d’un enregistrement plus systématique des inondations. Par conséquent, le jeu de données est très court chronologiquement, ce qui biaise forcément les résultats et les enseignements que l’on peut en tirer. Ainsi, au lendemain des inondations de la Seine de juin 2016, beaucoup affirmèrent, sans autre forme de procès, que ce type d’inondation en période estivale était totalement inédit et, en conséquence, ils y voyaient une preuve supplémentaire du changement climatique. Or, depuis, une étude historique en cours conduite pour l’Etablissement Public Territorial de Bassin Seine Grands Lacs prouve que ce type d’événement a été beaucoup plus fréquent que l’on ne le pense. Il devrait donc contribuer à modifier considérablement son caractère « inédit » à l’échelle du bassin de la Seine et raccourcir les périodes de retour calculées par les modèles. En revanche, l’approche historique révèle qu’il n’y avait plus eu d’inondations entre mai et septembre depuis les années 1950. Cette perte de mémoire explique donc très vraisemblablement l’effet de surprise de juin 2016.

En pratique, plus que le changement climatique, c’est bien davantage la vulnérabilité qui est en cause. Autrement dit, que l’on se situe dans les pays développés ou des pays pauvres, tous ont en commun d’avoir oublié le principe de précaution élémentaire de leurs devanciers consistant à ne pas bâtir dans les lits d’inondation des cours d’eau. De facto, pour des raisons diverses, et parfois légitimes, comme la démographie galopante ou plus triviaux, comme la spéculation immobilière, les sociétés ont développé une urbanisation au plus près de l’eau qui, forcément a augmenté l’exposition au risque des biens et des personnes. Dans ces conditions, il est évident que le coût des inondations ne peut qu’augmenter, même si, ce qui ne sera pas le cas d’après les climatologues, le climat et les extrêmes restaient constants. En la matière, il est évident que les Etats ne sont pas égaux face à l’aléa. Plus précisément, les plus riches pourront certainement plus facilement investir dans des mesures d’adaptation que les pays contraints par une paupérisation importante, une natalité soutenue et des structures étatiques défaillantes.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 21/01/2018 - 18:08 - Signaler un abus oui

    on a bien lu:c'est le "Potsdam institute for climate impact research".son objet n'est donc pas de faire de l'investigation scientifique mais de montrer comment des "vérités " présentées comme scientifiques sont "vraies" !!! Tout comme le GIEC d'ailleurs qui n'est pas la pour s'interroger sur le bien-fondé de l'hypothèse du réchauffement climatique. Au bon temps de Torquemada , la question n'est pas de savoir si le diable existe mais si on a copiné avec le diable!!! On en est la! et tout cela n'est que foutaise sauf pour ceux qui se collent du fric plein les fouilles: Question qui taraude: pourquoi Atlantico se prête -t-il à ce jeu, Se fout il de ses lecteurs ? La véritable question qu'il devrait se poser s'il faisait un travail de journaliste serait: pourquoi la submersion des Maldives annoncée par Al Gore n'a -t-elle toujours pas eu le moindre commencement d'exécution ? Pourrait-on savoir qui est cet Emmanuel Garnier et s'il a, par ailleurs des engagements politiques ?...On n'aura une réponse Mr Ferjou ? Vangode va aboyer et la messe sera dite!, Mr Garnier sera aussi..payé ....aux frais du contribuable!

  • Par Borgowrio - 21/01/2018 - 19:58 - Signaler un abus Bon sens

    Lu un article banal sur un magazine édité par un assureur . Les catastrophes naturelles sont de plus en plus coûteuses parce que les victimes sont plus équipées en appareils ménager et multi média , équipements de confort , décorations de luxe , automobiles . Le coût des remboursements ( Comme celui des primes d'assurances ) augmente mécaniquement

  • Par vangog - 22/01/2018 - 00:50 - Signaler un abus Le climat n’est pas modélisable...point!

    Le GIEC l’a prouvé, par ses erreurs teintées d’ideologie écolo-réactionnaire! Toute prévision est impossible tant les paramètres sont multiples (et encore plus nombreux les biais idéologiques afin d’inciter les hommes à décroître...)!

  • Par Le gorille - 22/01/2018 - 19:48 - Signaler un abus Rappel de bon sens

    Cet article ne fait guère référence au "Postdam..." tous comptes faits. Alors oublions cette référence. Le reste n'est qu'un véritable rappel, dans la léthargie (pour les inondations, s'entend) ambiante... Donc un article parfaitement lisible, pour gens honnêtes, à qui les rappels ne donnent pas d'allergie. Accessoirement... il y a des infos dans l'article ! Non mais !

  • Par Le gorille - 22/01/2018 - 19:51 - Signaler un abus Aboyer...

    Dites-moi, vangog, êtes-vous un chien (vous aboieriez, à ce qu'il s'écrit), un bureau (où les pianoteurs se relairaient), ou un clone d'humain vissé à son ordinateur H24 ?

  • Par Le gorille - 22/01/2018 - 20:08 - Signaler un abus Inondations...

    L'auteur a oublié un petit truc... les embâcles ! On ne peut être exhaustif. Il y a un an, dans mon environnement immédiat, deux embâcles sur deux petits torrents ont donné de sérieux soucis au maire et à une centaine d'habitants, qui ont vu une vague ravager leurs maisons, voire les détruire.... Un magasin a été rasé, il n'y avait plus que la dalle de sol, et un autre a fermé... un bon moment ! J'vous dis pas... en pleine nuit, sous une pluie diluvienne et pas question de rouler en voiture, le pont était noyé, les plaques de bitume de la route en aval soulevées ! Bon, il y a d'autres exemples.... Simple dépression...

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Emmanuel Garnier

Emmanuel Garnier est directeur de recherche au CNRS (Chrono-Environnement/Université de Besançon).

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