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Hausse du pétrole …stop ou encore ?

Après une hausse de 25% depuis le mois de juin, le prix du baril va-t’il poursuivre sa cavalcade ou bien cette hausse va-t’elle s’avérer n’être qu’un feu de paille ?

Atlantico Bourse

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Hausse du pétrole …stop ou encore ?

La question est importante à plus d’un titre : si le prix du pétrole rebaisse cela peut signifier que, finalement, l’économie ne repart pas, à l’inverse un rebond encore plus marqué indiquera assez clairement que l’économie mondiale, Chine en tête, poursuit sa reprise…même, si comme tout est une question d’équilibre, une trop forte hausse finirait par inquiéter. Les investisseurs pourraient commencer à anticiper un rebond de l’inflation et probablement initieraient des ventes sur les marchés obligataires…les industriels, pour leur part verraient leurs marges baisser du fait de la hausse du pétrole…ce qui ne serait pas très bon pour les marchés actions un jour ou l’autre. 

Après un tel rebond, la question de la poursuite du mouvement se pose donc : l’analyse des marchés à terme permet de mesurer l’appétit réel des traders sur le pétrole.

Pour le moment, rien ne laisse présager que les anticipations soient particulièrement haussières. En effet, les échéances plus lointaines sur les marchés à terme, ne sont pas orientées spécifiquement à la hausse par rapport aux échéances les plus proches. 

Si l’on analyse les aspects plus fondamentaux concernant l’offre et la demande, il faut bien évidemment mesurer l’impact de la production américaine sur le marché du pétrole. Avec 9 Millions de barils par jour, les Etats-Unis produisent largement plus qu’en 2016…mais en dessous des niveaux atteints au pic de 2015. Contrairement à ce que beaucoup pensaient il y a quelques mois, la production montre des signes de faiblesses : les coûts de production ont trop progressé et limitent désormais les capacités américaines. 

Les études récentes montrent que la demande excède l’offre depuis quelques mois. La concomitance entre la baisse de la production américaine récente et  la réduction de production mise en œuvre par l’OPEP depuis cet hiver ont finalement réduit de manière significative l’offre sur le marché. 

De plus, les difficultés des producteurs américains, font que, même avec un cours du pétrole en hausse, le pétrole de schiste américain ne devrait plus trop augmenter. De ce fait, tout l’enjeu pour les membres de l’OPEP est de prolonger l’accord conclu l’an passé. A chaque rumeur de prolongation les cours du Brent progressent vivement. L’Arabie Saoudite a réussi depuis plusieurs à préserver cet accord. Son objectif était de revenir vers 50$...à 63,5$ vendredi dernier  le but est largement atteint et certains producteurs, la Russie en particulier, commencent à solliciter ouvertement une souplesse plus grande pour profiter des niveaux élevés atteints par le pétrole. 

Il est probable, à relativement court-terme que les producteurs ouvrent les vannes plus délibérément…Mais…et le mais est de taille, le contexte a largement évolué depuis le week-end dernier.

L’Arabie Saoudite a entrepris une opération « main propre » destinée à lutter contre la corruption. Cela aurait pu rester une problématique « interne » mais cette opération est couplée à un accroissement très net des tensions avec l’Iran. Et dans ce cas, les répercussions sur le cours du pétrole sont immédiates. La semaine dernière les cours du Brent ont progressé de 3-4% dans la foulée de ces problèmes géopolitiques. Il est probable que si ces tensions perdurent le prix du pétrole progresse encore. Un passage prolongé au-dessus de 70$ le baril constituerait probablement un franchissement de seuil mal vécu par les opérateurs des marchés obligataires qui craindraient un retour de l’inflation. Le problème des tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran est qu’elles ne vont pas s’estomper rapidement. Il subsistera longtemps un doute sur le marché pétrolier. 

 
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Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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