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Airgas mangé par Air Liquide : les recettes du succès constant du leader mondial des gaz, technologies et services pour l'industrie et la santé

L'entreprise Air Liquide a annoncé une opération importante mardi 17 novembre : l’acquisition de son concurrent américain Airgas pour 12,5 milliards d’euros. L’opération est stratégique à plus d’un titre.

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Air Liquide représente pour de nombreux investisseurs une sorte de 'livret A" de la bourse. Depuis des années le parcours de l’entreprise et du titre est exemplaire. Il n’y a pas tant de valeurs qui aient comme Air Liquide, traversé les crises économiques, les krachs boursiers, les périodes d’euphorie, les effets de mode sans perdre leur crédibilité ou la confiance des investisseurs et finalement un jour ou l’autre subir une sanction sévère de son cours de bourse.

Air Liquide a annoncé mardi une opération importante : l’acquisition de son concurrent américain Airgas pour 12.5 milliards d’euros.

L’opération est stratégique à plus d’un titre :

  • Elle permet de se diversifier géographiquement avec en cible 30% du chiffre d’affaires aux Etats-Unis.
  • Elle accroît la taille du groupe et permet de véritables économies d’échelle.
  • Air Liquide va pouvoir se rapprocher de la clientèle finale et à terme augmenter sa marge. En effet Airgas réalise une partie croissante de son Chiffres d’Affaires via internet et distribue des bouteilles de gaz via ce canal !

 

Tout ceci paraît prometteur, pourtant la bourse a mal réagi. Cela peut paraître déconcertant. En fait plusieurs raisons expliquent le recul de 8% du titre dans la foulée de l’annonce. Air Liquide se traitait proche de ses plus hauts historiques au moment de l’annonce…des prises de bénéfices logiques ont eu lieu. De plus de nombreux analystes ont estimé qu’Air Liquide paye trop cher l’acquisition de son concurrent américain. Autre point à ne pas négliger : l’acquisition va être longue et assez complexe. Bien qu’elle soit amicale, le patron d’Airgas souhaitant passer la main, la fusion va prendre au minimum 7 à 8 mois. Le financement de l’opération va se faire à crédit et augmentation de capital. Ces derniers aspects ne plaisent pas au marché.

De nombreux opérateurs raisonnent uniquement à court-terme et ajustent immédiatement leurs positions en fonction des informations disponibles…Pour ceux qui ont uniquement une vue de très court-terme difficile de donner totalement tort au marché !

Si l’on prend un peu de recul, cela ne nous paraît pas totalement pertinent dans une optique d’investissement en entreprise que nous prônons depuis toujours lorsque l’on parle de gestion de portefeuille boursier.

A court-terme, pour faire monter un titre en bourse, il est toujours plus simple d’afficher d’importantes réductions de coûts et de procéder à des rachats de ses propres titres et ainsi augmenter le sacro-saint "retour à l’actionnaire".

Air Liquide a une gestion long-terme qui nous plaît plus et qui est plus porteuse en fait.

Dans le cas du rachat d’Airgas, nous ne négligeons bien sûr pas la difficulté d’intégration d’une acquisition de cette taille et donc les risques d’exécution, mais les éléments cités en préambule nous semblent convaincants.

 
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Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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