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Quand les saucisses donnent l’heure pour le bien des prostates et quand les papillons butinent les algues : c’est l’actualité des montres en pleine canicule

Mais aussi le génie horloger d’un nouveau designer français, l’art de lire les heures en les séparant des minutes et le talent marketing d’une équipe horlogère française…

Atlantic-Tac

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Quand les saucisses donnent l’heure pour le bien des prostates et quand les papillons butinent les algues : c’est l’actualité des montres en pleine canicule

Une envie de grande randonnée, avec une baroudeuse au grand cœur pour explorer les sentiers du temps…

CHARLIE PARIS : Sur les sentiers de grande randonnée…

 
Comme son nom l’indique partiellement, la maison Charlie est française. L’équipe est jeune, sympathique et plutôt créative, sans pour autant prétendre à révolutionner l’horlogerie : les fondateurs ont pour philosophie personnelle de mettre sur le marché des montres qu’ils aimeraient eux-mêmes porter ! C’est simple et très générationnel, ce qui ne les empêche pas d’arpenter, dans leur style, les chemins de grande randonnée de la tradition horlogère, comme la route qui mène aux montres d’usage quotidien en mode tout-terrain – en clair, le « style Explorer » à la Rolex.
Voici donc la « GR » (pour « grande randonnée », ces sentiers dont on retrouve les pictogrammes indicateurs gravés au dos de la montre) : une montre à l’épreuve du temps et de la nature, étanche à 100 m, accessible en prix (à peine plus de 200 euros) et riche de cadrans aux couleurs très mode (bleu océan, vert militaire, ivoire et noir, avec des bracelets en nylon (genre Nato) ou en cuir assortis. La taille du boîtier (39 mm) conviendra à tous les poignets. Les aiguilles sont luminescentes, comme sur toute baroudeuse qui se respecte et le style esthétique assez vintage pour jouer les sportives urbaines au grand cœur. Le tout conçu, dessiné et assemblé en France : puisqu’on vous dit que la jeune garde horlogère française est bourrée de talents !
 
 

SLD (SYLVAIN LACROIX DESIGN) : Nom de code N-Core 001…

Voici la première montre d’un designer français particulièrement prometteur : il vient de connaître un succès étonnant sur Kickstarter, où sa campagne de sociofinancement lui a permis d’engranger plus de 23 000 euros de souscriptions [il n’en demandait que 10 000 pour lancer sa montre]. Belle performance pour un designer horloger inconnu, qui vit entre l’Europe et Hong Kong et qui a déjà séduit, pour d’autres créations, des marques comme Habitat, Philips ou Alcatel. Proposée à 150 euros et travaillée dans un esprit tridimensionnel tenté par le biodesign, sa N-Core 001 fait preuve d’une appréciable maturité esthétique, par la fluidité de ses lignes, par le choix des matériaux et des couleurs (sept options possibles) et par l’originalité de son style : l’expression du temps affiché par cette N-Core 001 sait rester singulière tout en demeurant classique. Question de couleur du boîtier ou question de choix pour le bracelet : c’est un accessoire signifiant (pour ce qu’il montre du porteur) plutôt qu’une « montre » qui donne l’heure. S’il en fallait une preuve supplémentaire, c’est bien la démonstration que les jeunes créateurs de l’horlogerie française ont du génie !
 
 

ARTYA : Une promenade créative dans les fonds sous-marins…

Tiens, puisque c’est l’été et pour rafraîchir l’atmosphère en pleine canicule, jetons un coup d’œil sur la collection Artya « Son of Sea » dédiée à Capri et à la Méditerranée. Chaque montre est unique et son cadran reproduit, avec des ailes de papillon, des écailles de poisson ou des brins d’algue, non sans quelques fragments de feuilles d’or et quelques touches de pigments colorés, des décors oniriques inspirés par les fonds marins. C’est du Swiss Made ultra-créatif et original ! Chacune de ces montres « artistiques » [dans Artya, il y a « art »] est unique, donc d’autant plus précieuse : on peut les commander avec les diamants de son choix, mais elles auront toutes un mouvement automatique « manufacture », à des prix relativement accessibles pour la qualité perçue de ces montres qui ciblent ceux qui ont tout, mais qui ne veulent rien comme les autres.  
 
 

LAURENT FERRIER : Les amateurs vont se pâmer…

Or rose pour le boîtier « coussin » (41 mm) d’une rare élégance, cadran noir « opalisé » pour la grande classe et la délicatesse du contraste avec l’or rose, affiche « régulateur » pour la lisibilité absolue (la lecture des heures en chiffres romains est clairement séparée de celle des minutes et des secondes) dans le goût de « régulateurs de parquet » qui étaient les horloges maîtresses des ateliers d’horlogerie au XIXe siècle : pour cet exercice de style, Laurent Ferrier a puisé dans le patrimoine horloger le meilleur des traditions de la montre mécanique. Chaque menu détail a été pensé pour rendre hommage à ces traditions, à commencer par les finitions superlatives d’un mouvement automatique à micro-rotor qu’on croirait emprunté à une montre de poche du XIXe siècle. Les amateurs vont se pâmer et continuer – non sans d’excellentes raisons – à porter au pinacle le nom de Laurent Ferrier, la plus jeune des marques suisses de haute horlogerie (elle est officiellement née en 2010). À ce niveau de virtuosité, on salue avec respect…
 
 
 

KORVLOVER : L’amour des saucisses fait du bien à la prostate…

Ce n’est pas la montre qui compte, encore qu’elle ne soit pas banale, mais le geste : proposée par la griffe de mode suédoise Post, cette Korvlover tire son nom du « korv » – l’équivalent suédois du hot dog ! Ne serait-ce qu’au style minimaliste de la montre (très typée « Daniel Wellington »), on aurait d’ailleurs compris que la Korvlover étai suédoise. On repère très facilement sur son cadran la baguette dans laquelle on fourre le hot-dog, la saucisse et même le trait de moutarde qu’on ajoute (c’est l’aiguille des secondes). Là où cette histoire de saucisse horlogère devient génialement subliminale, c’est quand on découvre que cette montre est le support d’une campagne de soutien à la lutte contre le cancer de la prostate, une partie du chiffre d’affaires réalisé avec cette Korvlover étant reversé à l’association suédoise qui œuvre pour la béatitude prostatique de ces messieurs. Pas belle, la vie des montres ?
 
 
 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

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Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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