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Quand les diamants giclent en rafales et quand les montres jouent les sacs à main : c’est l’actualité des montres en mode vendémiaire

Mais aussi les rebelles qui ont la grosse tête, les Parisiennes qui réchauffent le noir, le chaînon manquant déniché en Méditerranée et la rétro-nostalgie de l’âge d’or des mécaniques suisses…

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Quand les diamants giclent en rafales et quand les montres jouent les sacs à main : c’est l’actualité des montres en mode vendémiaire

ANTICYTHÈRE : Le mystère ne fait que s’épaissir…

La maison suisse Hublot a bien fait d’insister en apportant son soutien aux opérations de restauration de la fameuse « Machine d’Anticythère », mais aussi aux campagnes de fouilles archéologiques sur le lieu du naufrage d’un bateau qui transportait autant de trésors, voici 2 200 ans. Devenue un des « trésors nationaux » de la Grèce, la « Machine » est aujourd’hui exposée au Musée national d’archéologie d’Athènes : on sait à présent que c’est le premier « calculateur mécanique » de l’histoire de l’humanité en même temps que le premier témoin du génie technologique pionnier des Européens.
La campagne 2017 des fouilles menées par cent mètres de fond au large de l’île grecque d’Anticythère ont livré de nouveaux trésors et assez d’indices pour laisser penser qu’il y a encore sous le sable, les rochers et les sédiments accumulés sur le fond au moins six ou sept statues (on vient ainsi de retrouver un bras en bronze), mais, surtout, une pièce en bronze (ci-dessous) qui pourrait être un des éléments capables de compléter la « Machine d’Anticythère », dont il nous manque toujours quelques rouages – si tant est qu’il n’y ait pas eu… deux machines dans le naufrage ! Les archéologues nous diront vite s’ils ont mis la main sur un nouveau fragment de la « Machine » ou si ce n’est qu’une pièce décorative d’un des chefs-d’œuvre engloutis. Rendez-vous l’année prochaine pour la prochaine campagne de fouilles : maintenant qu’on sait qu’il y a encore tant de merveilles historiques à remonter à la surface, la saison 2018 s’annonce décisive… 
 

CHANEL : Les codes qui ouvrent et qui verrouillent le temps…

Ne le répétez pas, parce qu’il n’y en aura pas pour tout le monde, mais Chanel vient sans doute d’inventer la plus belle montre féminine de 2017 ! Et peut-être même des deux ou trois années précédentes… Son nom ? Code Coco – parce que la montre est très « coco » (Chanel) et parce qu’elle est très codée Chanel. On y retrouve le motif décoratif « matelassé » des sacs et des vêtements de la marque : il est ici évoqué par le bracelet dont la souplesse est assurée par un flot de maillons articulés. Le « fermoir » de ce bracelet évoque les sacs à main de la marque : il permet de refermer le bracelet par-dessus, et non par-dessous. Même le bruit de la fermeture de ce verrou ressemble à celui du sac à main 2.55. Les aiguilles sont Chanel, tout comme le diamant carré de taille princesse qui occupe en solitaire le haut du cadran. Fermer et refermer le temps, jouer avec ses secrets, coder et décoder l’élégance, un diamant sinon rien : tout un programme !On se demande juste pourquoi le « Swiss » de ce cadran a été rendu aussi visible, limite vulgaire : cette montre à mouvement électronique (réglable sans couronne, par le fond du boîtier en acier) est infiniment plus parisienne que suisse ! Certes, c’est coûteux (4 850 euros pour le modèle en acier), mais so chanel que ça ne posera de problèmes à aucune fashionista. Les dames qui ont la chance de connaître un oligarque ou un narco-trafiquant pourront toujours se faire offrir la version la plus précieuse, entièrement pavée et sertie de diamants baguette qui pèsent plusieurs dizaines de carats, mais la facture s’élèvera alors à 990 000 euros ! Retenez simplement le nom, toutes vos copines en parleront bientôt : Code Coco…
 

BOMBERG : Les rebelles qui prennent des risques…

Même s’il n’est pas obligatoire de rouler en Harley-Davidson pour porter une telle montre Skull Rider, c’est tout de même recommandé. En revanche, elle ne s’impose pas en réunion avec le conseil d’administration d’un respectable établissement bancaire : question de code ! Comme ceux d’une poupée d’autrefois, les yeux bougent au rythme des mouvements du poignet : c’est émouvant. Comme la montre peut se porter au bout d’une chaîne, comme les montres de poche d’autrefois, on reste dans une hyper-nostalgie qu’on peut compléter de toute une série de bijoux, plus rupturistes et plus « rebelles » les uns que les autres. Au lieu de garder la montre au poignet ou de la glisser dans la poche-gousset de son jeans, au bout d’une chaîne, on peut aussi choisir de la poser sur son bureau, sur un énorme crâne, qui fera comprendre à tout le monde quel fascinant disrupteur de conventions vous êtes…
 
 

CHARLIE WATCH : Le coup de cœur parisien sans coup au cœur financier…

De quelles montres rêvent les nouvelles générations ? La jeune et sympathique marque indépendante française Charlie Watch en a une idée assez précise, qu’elle traduit avec cette Sully à cadran noir : une montre ronde, fiable (mouvement quartz), sobre et néanmoins expressive, capable de passer sans détonner du bureau à la soirée et de « glamouriser » une tenue pour un prix très raisonnable (145 euros). Les délicieuses petites Parisiennes n’en demandent pas plus à la terrasse d’un café pour profiter en beauté des derniers rayons de soleil de l’automne (elle, c’est Yasmine)…
 
 
 

HERMÈS : N’en jetez plus !

Chez Hermès, on jette les diamants ! Prenez cette gentille petite montre Nantucket, tellement Hermès qu’elle en est émouvante avec son boîtier anglé en « chaîne d’ancre » (17 mm x 23 mm). Pour la réveiller, Hermès lui a décoché une rafale de 90 diamants, qui semblent avoir été jetés en vrac sur un coin du cadran (35 impacts) et du boîtier en acier (55 impacts relevés). L’effet est saisissant, mais la séduction immédiate ! Pour rester encore plus Hermès, on a rhabillé la petite Nantucket de très jolis bracelets en alligator mat (bleu Mykonos, vert cactus, mat étoupe, noir ou braise). Qui a dit que les marques françaises ne savaient pas faire d’aussi belles montres que les suisses ?
 

VACHERON CONSTANTIN : Le rétro-chic de l’âge d’or des montres suisses…

Les manufactures genevoises de tradition ont beaucoup de chance : elles sont assises sur un patrimoine horloger d’une telle richesse qu’il leur suffit, quand elles se trouvent dans un trou d’air créatif, d’aller faire un tour dans leur musée pour en rapporter de substantielles « nouvelles » idées. C’est ainsi que Vacheron Constantin, qui sait à quel point ces pièces sont recherchées aux enchères, relance une montre à « triple calendrier » datée de 1942. Boîtier rond en acier à triple godron (40 mm), anses en demi-gouttes, cadran deux tons aux teintes patinées, petite seconde à six heures, indication de la date par une aiguille rouge (calendrier circulaire en bleu autour du cadran) et affichage du jour comme du mois par deux guichets à midi. Une version en or rose, dérivée d’une montre de 1948, propose un affichage des phases de la Lune dans un guichet sous la petite seconde. On est ici dans le respect intégral de l’esthétique des années 1940-1950 – âge d’or des belles mécaniques suisses – et dans l’esprit rétro-chic de ces montres que les élites du monde entier s’arrachaient, alors qu’elles n’étaient pas faciles à se procurerdans des pays en pleine guerre mondiale ! On peut même dire que ces re-créations contemporaines sont bien meilleures que leurs ancêtres : les mouvements mécaniques « manufacture » bénéficient du prestigieux Poinçon de Genève (visible à travers le verre saphir du fond transparent) et leur étanchéité n’est plus aléatoire. Même les prix sont demeurés dans la tradition statutaire de cet âge d’or, quand les « riches » étaient vraiment riches : c’est dire…
 
 
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Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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