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Terrorisme: les très embarrassants dénis de Cazeneuve et de sa police

Surveillances défaillantes, contrôles judiciaires non suivis, défaut de transmission d’informations entre services, porosité manifeste des frontières : autant de failles pointées du doigt depuis les attentats de Charlie Hebdo.

Mais que fait la police ?

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Terrorisme: les très embarrassants dénis de Cazeneuve et de sa police

La police française (au sens large) échoue-t-elle à améliorer ses performances dans la lutte contre le terrorisme? C’est évidemment la question qui est dans tous les esprits, et qu’une démocratie normale se poserait. D’ailleurs, rappelons que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen prévoit, dans sa grande sagesse et son article 15: « La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. »

Simplement, la dérive aristocratique française, qui veut que l’administration et ses marquis soient au-dessus des lois, rend cette demande de compte de moins en moins possible. Et c’est bien dommage…

 

La lutte contre le terrorisme avant Charlie Hebdo

Avant l’affaire Charlie Hebdo, les renseignements français sont pris deux fois en situation d’échec: une fois dans l’affaire Merah, une fois dans l’affaire Nemouche (attentat au musée juif de Bruxelles). 

Il n’empêche, pour le Washington Post, la France a été au centre de plusieurs affaires qui témoignent d’une « défaillance ».

Le quotidien rappelle ainsi que Mehdi Nemouche, l’auteur présumé de la fusillade meurtrière du Musée juif de Bruxelles, en mai 2014, était lui aussi connu des services français pour un séjour effectué en Syrie.

De même, Mohamed Merah, l’auteur des tueries à Toulouse et Montauban en 2012, figurait, au même titre que les frères Kouachi, sur la liste noire des personnes interdites de vol, en provenance et à destination des États-Unis. Objet d’une fiche S dès 2006, le jeune homme fut interrogé par la police en 2011 sur ses différents voyages effectués en Afghanistan et au Pakistan notamment. Avant d’être relâché.

 

Lorsque l’attentat contre Charlie Hebdo survient, personne n’ignore donc les failles du renseignement français, notamment son incapacité à coordonner les informations que reçoivent les différents services. Et surtout, mettons les pieds dans le plat, cette terrible déresponsabilisation administrative qui consiste à appliquer des procédures plutôt qu’à obtenir des résultats.

 

 

La lutte contre le terrorisme au moment de Charlie Hebdo

Mettons à part l’affaire du marché de Nantes en décembre 2014, dont l’auteur, Sébastien Sarron, s’est suicidé en avril 2016, dans sa prison, et qui apparaît aujourd’hui comme la préfiguration d’une terrible suite d’actions (bien plus) meurtrières.

 

Reprenons la chronologie sanglante depuis le massacre de Charlie Hebdo.

Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi, fichés S par les renseignements, mais dont la surveillance s’est étrangement arrêtée quelques mois auparavant, entrent dans les locaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo et y tuent onze personnes. L’opération est facilitée par l’arrêt de la surveillance permanente des locaux quelques semaines auparavant.

Deux jours plus tard, Amedy Coulibaly, qui est probablement l’auteur d’au moins une fusillade (la veille) où une policière trouve la mort, prend d’assaut un supermarché casher dans Paris et tue 4 personnes. Coulibaly était fiché S.

Il avait été contrôlé par la police dans les rues de Paris quelques jours auparavant sans que la hiérarchie policière ne suive la procédure habituelle pour l’interroger. C’est un loupé parmi d’autres: alors que Coulibaly avait purgé une peine de 5 ans de prison pour avoir cherché à libérer un des terroristes de 1995, l’administration pénitentiaire avait signalé sa radicalisation. Mais les services de renseignement ne l’ont pas mis sous surveillance à sa sortie de prison.

Ajoutons que, selon toute vraisemblance, les armes de Coulibaly furent achetées auprès d’un indicateur de la gendarmerie qui aurait dû, au minimum, signaler les agissements de l’impétrant.

Bref, le 11 janvier, lorsque plusieurs millions de Français descendent dans les rues pour dire leur émotion, la police a un immense travail de remise en cause à mener.

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 17/07/2016 - 11:57 - Signaler un abus Bon article mais vous n'allez pas assez loin !

    Car non seulement il y a manipulation par ce gouvernement d’incapables mais il y a aussi complicité !

  • Par rodmcban - 17/07/2016 - 12:42 - Signaler un abus Excellent article

    La France est en effet devenue une république bananière dirigée par des incompétents criminels et couverts par des médias aux ordres.

  • Par vangog - 17/07/2016 - 13:40 - Signaler un abus Les complices des assassins seront jugés...

    lorsque le Front National aura rendu son pouvoir au peuple! Toute la chaîne de commandement, ultra-politisée à gauche et ultra-incompétente sera entendue et jugée, non pas par la justice socialiste, mais par la vraie justice, celle du peuple (ouh! Populiste!...) et elle aura peur de sa colère. Flamby, Cazeneuve, Valls seront les premiers à devoir répondre de leur absence de commandement et de leur laxisme, Taubirat réduisant l'efficacité de la Justice et donnant les consignes de relâcher les délinquants, Urvoas pas tellement plus efficace... Bonneau, attendant deux heures pour donner l'ordre aux gendarmes du GIGN d'intervenir, le Préfet de Police de Paris, plus soucieux d'emprisonner préventivement les opposants que les terroristes, le Préfet des Alpes Maritimes, négligeant de fournir les forces de Police supplémentaires réclamées par le Maire et autorisant des rassemblements immenses, sans précautions radicales...tous ces hommes seront jugés par le peuple et ils auront de quoi avoir peur de sa colère légitime...

  • Par Deudeuche - 17/07/2016 - 17:28 - Signaler un abus Culture type EN dans la police

    refus de l'autorité, abandon des fonctionnaires par le ministère de tutelle, déresponsabilisation et copinage. Bonneau est un copain de Bio-Farina l'âme damnée en uniforme de colonel de gendarmerie de Hollande 1er.

  • Par Jean-Benoist - 17/07/2016 - 19:23 - Signaler un abus demission de ces

    Gens la de la promotion Voltaire.. ils devront nous rendre des comptes et la justice devra les sanctionner

  • Par Anguerrand - 17/07/2016 - 20:23 - Signaler un abus Caseneuve nous ment

    Toujours les mêmes mots fermes, mais toujours sans suite. Quand il affirme qu'il va renforcer une zone, en clair ça veut dire qu'il déplace des unités de quartiers, ca revient à en découvrir une autre.

  • Par gerint - 17/07/2016 - 21:48 - Signaler un abus Tant d'incompétence et surtout d'inconséquence

    Cela me fait enrager. Il y a là-dessous probablement une idéologie morbide et un énorme cynisme. Évoquer encore l'héritage Sarkozy après 4 ans de pouvoir et tant de sang versé depuis le début de 2o15 sans réaction adaptée c'est une honte qui inspire le dégoût. Vouloir masquer de telles insuffisances derrière une union nationale dirigée par de tels salopards est une infamie. Comment ne pas ressentir de la colère?

  • Par DESVESSIESPOURDESLANTERNES - 18/07/2016 - 00:35 - Signaler un abus les marquis de l'administration

    et le " pas de vagues " font que l'on en arrive a ce que pas grand monde ne bosse . Le nombre de réunion où l'on ne parle en fait que du prochain poste "sur-indicié -qui-se-libère" : effarant !

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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