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Pourquoi autant de rebondissements dans les prévisions des conséquences du dérèglement climatique ?

Le 5e rapport du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec) recense les impacts déjà observables du changement climatique mais aussi les risques encourus et les pistes pour s'y adapter.

Climat défavorable ?

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Pourquoi autant de rebondissements dans les prévisions des conséquences du dérèglement climatique ?

Le changement climatique risque de ralentir la croissance.

Atlantico : Le deuxième volet du cinquième rapport du groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (GIEC), publié lundi 31 mars, recense les impacts déjà observables du changement climatique. Si les impacts économiques globaux "sont difficiles à estimer", affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins "ralentir la croissance économique, (...) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté". Dans quelle mesure peut-on prévoir les conséquences économiques de ce changement de climat ? Pourquoi est-ce si complexe ?

Christian Gollier : Les connaissances scientifiques actuelles sur le sujet forcent les experts à beaucoup de modestie.

Des changements climatiques sont en cours, et les activités humaines en sont responsables. Au-delà de ce consensus des scientifiques tel qu’exprimé dans ce deuxième volume du 5e rapport du GIEC, la prudence s’impose. Les équilibres du climat impliquent une myriade de mécanismes dont il est difficile de prévoir le comportement loin du contexte actuel. Les capacités d’adaptation des sociétés humaines et animales aux changements globaux restent eux aussi mal connus. Surestimons-nous par exemple la capacité de résilience de nos systèmes agricoles à nourrir une population croissante ? Rappelons-nous la crise de la pomme de terre en Irlande dans les années 1840, causant plus d’un million de morts. Rappelons-nous la disparition de civilisations telles que celle de l’Ile de Pâques, incapable de gérer une mutation environnementale induite par son propre développement. En fait, nous sommes incapables de prédire comment nos descendants parviendront à gérer les mutations que le changement climatique imposera. Les conséquences économiques de ce changement restent donc difficiles à appréhender.

Les estimations, jugées « imparfaites » par les experts, varient entre 0,2% à 2% du PIB mondial. Finalement ce chiffre est moins élevé que prévu, la situation est-elle si dramatique qu'on le dit ?

Il s’agit d’une fourchette de dommages économiques induits par une hausse de 2 degrés Celsius. Le sujet n’est en fait pas là. Personnellement, je ne crains pas vraiment une hausse de température d’un tel niveau, en particulier si elle est étalée sur plusieurs décennies et si elle est bien répartie entre les citoyens de la Terre. Il serait même possible qu’une hausse de température de 2 degrés soit favorable à l’agriculture et à la consommation d’énergie dans une majorité de régions du monde. Le vrai problème du changement climatique, c’est l’incertitude catastrophique, celle d’un basculement dans un autre équilibre climatique radicalement différent de celui que nous connaissons actuellement. Les climatologues nous rappellent l’existence de cercles vicieux qui pourraient s’enclencher qui pourraient conduire à la catastrophe, comme la disparition de l’homme sur Terre. La probabilité d’un tel événement est sans doute faible, mais serions-nous prêt à jouer notre destin comme espèce aux dés ? Même si je suis un opposant rationnel au principe de précaution, je considère aujourd’hui qu’il y a suffisamment d’éléments scientifiques pour justifier que nous mettions collectivement au niveau de la planète une politique efficace et ambitieuse de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais les freins politiques et les réflexes égocentriques de nos concitoyens sont énormes dans ce domaine. Il faut une fameuse dose d’optimisme et de confiance au sens altruiste de l’homme pour y croire encore.

Le 11ème forum international de la météo et du climat commence aujourd'hui à Paris, le thème de cette année s'intitule "comment se préparer au climat de demain". Mais comment se préparer à une situation si difficile à prédire ? Quel est le champ d'action de la France ?

La science nous sauvera, si on a de la chance. Il faut partiellement réorienter la recherche vers ces technologies vertes qui créeront les modes de production énergétiques et agricoles adaptés à notre environnement de demain. Pour y parvenir, il faut combiner une politique de subvention à la recherche fondamentale, comme celle de l’INRA en France, avec une incitation au secteur privé à développer des brevets dans ces domaines. Une taxe carbone mondiale pérenne et croissante dans le temps reste le meilleur moyen pour y parvenir. Il est aussi indispensable de mieux gérer la ressource en eau, en incitant ses utilisateurs à mieux intégrer la valeur sociale de cette ressource rare. Il faut mettre en place les mécanismes sociaux et de marché qui nous permettront d’assurer la résilience de notre société aux chocs environnementaux à venir.

 
Commentaires

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  • Par Ory-Nick - 01/04/2014 - 10:47 - Signaler un abus Ainsi, selon le GIEC...

    ... "les impacts économiques globaux +sont difficiles à estimer+"... On parle bien du même GIEC qui a pondu un rapport ultra alarmant sur la situation environnementale ? Alors, les conséquences économoques sont difficiles à estimer, mais pas les conséquences écologiques ? C'est flou, et quand c'est flou, il y a un loup, comme dirait la mère-grand de la duchesse de Lille. On apprend aussi que "la science nous sauvera, si on a de la chance". "Si on a de la chance". Autant de pessimisme me sidère. Développer les énergies vertes ? Pour les foyers, le domestique, pourquoi pas. Il conviendra, néanmoins, de tenir compte du bilan écologique globale du photovoltaïque et de l'éolien. J'ai bien dit "GLOBAL". Et on fait quoi pour les industries ? On les laisse crever par manque de courant ? Dommage que les Verts aient fait avorté le projet de surgénérateur... et tentent de faire vaciller le projet ITER (auquel participent de plus en plus de nations). . Comme si une "taxe carbone mondiale" allait rendre notre société résiliente... ou résoudre les défis qui se profilent...

  • Par un_lecteur - 01/04/2014 - 13:13 - Signaler un abus Tiens

    Tiens, on ne parle plus de réchauffement mais de changement. C'est plus prudent . Finalement, on ne sait pas ce qui va se passer . Réchauffement ? Glaciation ? Rien? Le seul consensus est que si nous ne savons pas ce qui va se passer, on sait que ce sera cause par l'activité humaine. On n'est plus dans le domaine de la science mais dans celui de la foi religieuse. " je ne sais rien, mais reprends-toi, mon frère car tu as pêche" Et paye quelques taxes au passage...

  • Par tramontane - 01/04/2014 - 13:35 - Signaler un abus On parle du climat à droite maintenant !

    Deviendrait-on moins autruche ?

  • Par black sheep - 01/04/2014 - 14:41 - Signaler un abus leur seule certitude, à ces gignols

    C'est qu'ils doivent tout faire pour préserver la gamelle. Pour le reste ils n'en sont pas à une connerie, une contradiction ou un mensonge de plus.

  • Par zoe intergalactique - 01/04/2014 - 15:57 - Signaler un abus RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE?

    Les thèses du GIEC sur le réchauffement climatique ne sont pas fiables et servent des intérêts autres que celui du climat. 1/ Pourquoi sont-ils en train de pulvériser dans le monde ? - http://www.dailymotion.com/video/xv262j_why-in-the-world-are-they-spraying 2/ Constatations : - Chemtrails,What in the World are They Spraying ? En Français durée 1h35 ; 3/ pulvérisations : - Chemtrails.fr

  • Par pascalou2 - 01/04/2014 - 17:34 - Signaler un abus bonjour

    le GIEC n ose pas avouer que la tremperature est stable depuis 15 ans ,leur prediction precedente etais exagerer...(les maldive ne sont pas sous l eau ..lol) mais dans ce volet il commence a tenir compte du vrai probleme mondial ...les effet de la surpopulation mondial pascalou amateur de science

  • Par zoe intergalactique - 01/04/2014 - 18:15 - Signaler un abus Le vrai problème

    C'est le rouleau compresseur de la désinformation permanente que nous subissons servant les intérêts financiers et idéologiques de groupuscules de personnes malfaisantes.

  • Par monteils - 01/04/2014 - 19:05 - Signaler un abus Le matraquage des escrologistes

    99% des medias français reprennent les théses du GIEC sans aucun esprit critique Dans les medias anglosaxons et allemands, la moitié des articles démontent la thése réchauffiste du GIEC. VOIR LE SITE / PENSEE - UNIQUE .FR

  • Par Skagerrak - 01/04/2014 - 19:35 - Signaler un abus les Maldives

    ils prédisaient leur disparition en 2000 , elles sont toujours là !

  • Par enfer - 01/04/2014 - 19:48 - Signaler un abus ....Dans le même sac...

    ...Verts, écolos, ONG, pseudoscientifiques, experts autoproclamés, journalistes vendus, ou très cons, (c'est souvent les mêmes)....Que des escrocs à nous vendre leur soupe pour s'assurer de leur petit confort. Les plus pourris sont les journalistes qui régurgitent sans analyse les pires énormités...

  • Par Jean-Pierre - 01/04/2014 - 20:03 - Signaler un abus LES ESCROCS du GIEC!

    . Je recommande le bouquin de Nigel Lawson : An Appeal to Reason: A Cool Look at Global Warming En Français c'est plus facile, et cela existe ! . Cet ancien ministre britannique de l'énergie explique par le menu les amalgames intellectuels, calculs bidon mais terrifiants, et la volonté de pouvoir irrépressible de ce groupe auto-proclamé pour sauver le monde, qui fait trembler les gouvernements. . Le GIEC est devenu un bon business pour les experts, et ils décident / font décider ainsi de dépenses pharaoniques sur la base de leurs élucubrations ! . Comme disait l'autre : ils nous prédisent le pire pour dans 10 ou 20 ou 50 ans, mais sont incapables deconnaitre le temps dans 1 mois... Notamment. .

  • Par tramontane - 01/04/2014 - 21:16 - Signaler un abus Tout va très bien madame la marquise...

    Sauf qu'on commence à serrer les fesses de plus en plus, malgré les psaumes de plus en plus incantatoires des climato-négationnistes...

  • Par Manux - 01/04/2014 - 23:41 - Signaler un abus Mensonges et contradictions

    Le GIEC connait un nombre croissant de scientifiques (et des pointures reconnues - y compris par le GIEC lui-même) qui prennent leurs distances vis-à-vis de cette organisation quasi sectaire. Toutes les observations à l'échelle globale de la terre ne confirment en rien ce que dit le GIEC. La température globale autour du globe est stable depuis 18 ans, même le GIEC dans son 5ème rapport (AR5) se trouve bien ennuyé de l'admettre en inventant que la chaleur qui ne se trouve pas être au rendez-vous s'est "cachée" au fond des océans. Une affirmation, pas une démonstration. Et surtout la preuve (ou un aveu) de duperie. Il faut urgemment se pencher sur les travaux et les écrits de Roy Spencer, François Gervais, Reynald Du Berger, Vincent Courtillot (et il y en a de nombreux autres!) Les réchauffistes parlent toujours de là où il fait plus chaud, jamais de là où il fait plus froid. Record absolu de froid au Canada cet hiver! La calotte Est de l'antarctique progresse depuis des années et remonte vers les tropiques. La cause entropique d'un changement climatique est remise en cause car les dernières études montrent que ce serait surtout le soleil et son activité cyclique.

  • Par Manux - 01/04/2014 - 23:48 - Signaler un abus Mensonges et contradictions (suite)

    Ne pas oublier quand-même le "Climategate" du GIEC où le trouble a été largement jeté sur le bidonnage des chiffres dans leur précédent rapport. Et M. Gollier devrait s'en tenir à sa sphère de compétence: l'économie. Il n'est pas scientifique.

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Christian Gollier

Christian Gollier est économiste à la Toulouse School of Economics et co-auteur des 4e et 5e rapports du GIEC.

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