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Parents ? Enseignants ? Politiques ? Internet ? Mais qui est responsable de l'inquiétante montée de l’illettrisme dans les écoles françaises ?

Toute une génération ne cesse de répéter « J’ai le droit », exprimant de manière péremptoire un « droit de s’élever contre » : l’école, l’autorité parentale, les règles communes et même la loi en général. Plus que jamais cette revendication symbolise un individualisme irresponsable et témoigne d’une faillite collective accablant. Extrait de "Génération 'J’ai le droit'" de Barbara Lefebvre, aux éditions Albin Michel (1/2).

Bonnes feuilles

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Parents ? Enseignants ? Politiques ? Internet ? Mais qui est responsable de l'inquiétante montée de l’illettrisme dans les écoles françaises ?

On pourrait croire que la multiplication des enquêtes nationales et internationales allait apaiser l’inépuisable débat sur le niveau des élèves français. Il n’en est rien tant la question est devenue plus politique que pédagogique. Corps enseignant, Inspection générale, chercheurs en « sciences de l’éducation », journalistes experts, tous s’accordent à dire que le niveau des élèves de 2017 est moins bon en orthographe, en grammaire, en lecture compréhension, en raisonnement mathématique qu’il y a vingt ans.

Mais certains recourent à toutes sortes d’arguties pour assurer que nous n’avons rien compris, que si les résultats sont moins bons, le niveau ne baisse pas ! Nous serions victimes d’une illusion d’optique : en réalité le niveau monte, mais cette progression est inégalement partagée. Revoilà l’égalitarisme sous couvert « d’égalité des chances », la toise du « moyen », la dictature de la courbe de Gauss. Revoilà la question sociale qui permet aux idéologues d’éviter encore et toujours le débat sur les méthodes pédagogiques qui ont conduit à produire plus d’un tiers d’illettrés à la sortie du primaire.

Il faut d’ores et déjà éclaircir un point : j’entends par illettré un élève qui décode plus ou moins correctement, mais ne comprend pas ce qu’il lit. Un illettré est un lecteur non-compreneur. Cela exclut donc les élèves porteurs de troubles des fonctions cognitives (TFC), même mineurs comme les « dys ». On devrait d’ailleurs s’interroger sur l’explosion de diagnostics d’élèves dyslexiques et dysorthographiques depuis plus d’une décennie. Dans les salles de profs, on entend dire que « c’est une mode ». La pathologisation est une tendance apparue il y a une vingtaine d’années : tout est psychologisé, pathologisé avec des relents analytiques de café du commerce. Plutôt que de penser les problèmes en évaluant les effets des pratiques et méthodes enseignantes, on appelle le psy, l’orthophoniste, quand ce n’est pas le sophrologue ! Les véritables experts des TFC considèrent qu’il y a beaucoup de « faux diagnostics dys » puisque nombre de ces enfants sont rééduqués après seulement quelques séances d’orthophonie s’appuyant sur l’apprentissage syllabique. À l’inverse, un vrai dyslexique, en dépit des progrès qu’il peut faire, restera dyslexique et devra recourir aux différentes formes d’adaptation qu’il aura apprises pour compenser son trouble de la lecture et de l’écriture.

Les enseignants des collèges et lycées sont démunis face aux élèves toujours plus nombreux ayant un déficit en maîtrise de la langue orale et écrite. Les enseignants savent gérer les dys, mais pas l’illettrisme de masse. Nous devons enseigner des programmes toujours plus lourds avec des horaires disciplinaires inchangés, voire diminués sous l’effet des réformes successives. Sous la pression de nos inspecteurs, dans un temps record, on nous somme de boucler le programme alors que nos élèves ne maîtrisent pas les outils langagiers de base. Et cette situation délétère ne concerne pas que les disciplines littéraires : combien de fois ai-je entendu mes collègues de mathématiques ou de sciences faire le constat qu’ils n’arrivaient plus à enseigner tant les élèves étaient incapables de comprendre le sens d’un énoncé ou d’une consigne. Or, les mathématiques ne consistent pas à la simple acquisition de modes opératoires mécaniques, il s’agit d’enseigner une capacité à réfléchir, à conceptualiser et analyser des situations mathématiques. Ces études internationales ont bel et bien démontré la faiblesse des élèves français dans ces compétences analytiques, y compris parmi les bons élèves en maths !

 
Commentaires

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  • Par vangog - 20/01/2018 - 10:58 - Signaler un abus Oui...et les solutions au naufrage de l"EN gauchiste?....

    L’incapacité à trouver des solutions à ces calamiteux problèmes, dénoncés par les patriotes FN, est aussi la marque de cette société pleurnicharde, qui se lamente indéfiniment sur des maux dont elle ne sait guérir . Seuls les patriotes FN auront le courage de virer les pedagogistes trotskystes et les enseignants gauchistes d’IUFM, et de rétablir le pluralisme et la fonction primordiale de l’éducation nationale: enseigner! la transmission du savoir grâce à l’exemplarité...

  • Par Liberte5 - 20/01/2018 - 22:16 - Signaler un abus Nous pouvons dire merci aux classements internationnaux...

    qui ont enfin permis que cesse le mensonge véhiculé depuis 20 ans par des journaux comme "Le Monde". Non seulement le niveau ne montait pas mais il a baissé régulièrement depuis les années 80. Il a baissé parce que la gauche idéologique a pris en main l'éducation nationale. Chaque réforme visant à abaisser un peu plus le niveau. Le collège unique voulu par Giscard et Chirac a ouvert la porte à une fuite en avant, dont nous constatons les dégâts qui me semblent irréversibles. Ce constat catastrophique en appelle un autre : l'impossibilité de faire entrer sur le marché du travail environ 20% des jeunes. Comme cela va continuer ce sont des millions de personnes illettrées qui resteront au bord de la route, entraînant la France inexorablement vers les pays du tiers monde. Il suffit de voir ce qu'est devenu Paris. Méconnaissable. Le décrochage commencé dans les années 80 est désormais avéré. ceux qui le peuvent s'expatrient, les autres subiront plus ou moins.

  • Par TADD - 21/01/2018 - 09:44 - Signaler un abus C'est le socialisme

    A force de donner des droits sans imposer aucun devoir ( parce que c'est ça le socialisme ) . Voilà le résultat .

  • Par ELIED - 21/01/2018 - 22:24 - Signaler un abus Dans la même veine

    avez-vous remarqué aujourd'hui le nombre d'enfants "hyperactifs" qu'on soigne à grand renfort de rytaline (c'est bien le nom de ce médicament?), alors qu'on a affaire dans 95% des cas à des enfants issus de parents qui sont persuadés par certains pédiatres et psychologues, très tournés vers les théories proches du pédagogisme comme par hasard, qu'on doit laisser l'enfant trouver lui-même ses limites, faire lui-même ses expériences, etc, etc.... J'ai autour de moi nombre de ces cas où les enfants dictent leur loi aux parents qui acquiescent, fichent le bazar dans les classes, ameutent les clients des supermarchés, créent le malaise dans les restaurants parmi les clients et le personnel, j'en passe et des meilleures. Le laisser-faire et les "droits sont non seulement le fait des enseignants mais aussi des parents qui de plus en plus considèrent leur progéniture comme d'une petite merveille qui a tous les droits. Comment voulez-vous faire qqchose de ces enfants dans des classes surchargées et de plus très disparates sur les plans ethnique et social?

  • Par Totor Furibard - 22/01/2018 - 09:02 - Signaler un abus Tous s’accordent à dire que le niveau ...

    On entend ça tout le temps mais d’où viennent ces données ? C'est le postulat de base de l'article, mais aucune référence de publication, aucun chiffre: comme toujours avec les enseignants primaire/secondaire, aucune référence sérieuse: des impressions, des "on dit", des intuitions infondées, mais par de vrai travail d'analyse, et une ignorance complète des recherches universitaire en France, et surtout à l'étranger (ah oui: évidement il faudrait pouvoir comprendre l'anglais !). C'est ce qui explique sans soute la vacuité de cet article dont si on comprend bien le message (tout fout le camps, madame !) on ne comprend par contre pas ou il veux en venir ...

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Barbara Lefebvre

Barbara Lefebvre est professeur dans le secondaire. Co-auteur avec Georges Bensoussan de Les territoires perdus de la République et d’Une France soumise, elle a publié de nombreuses tribunes sur ces questions et intervient sur différents médias (LCI, BFM, France 2, etc.).

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