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Nouvelle crise des missiles : mais où en est la France en matière de dissuasion nucléaire et que doit-elle apprendre du cas nord-coréen ?

Alors qu'une dangereuse escalade verbale bat son plein entre Pyongyang et Washington, il paraît légitime de s'interroger sur les capacités actuelles de la France en matière de dissuasion nucléaire, et sur l’intérêt ou non de renforcer son arsenal.

Si vis pacem...

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Nouvelle crise des missiles : mais où en est la France en matière de dissuasion nucléaire et que doit-elle apprendre du cas nord-coréen ?

Atlantico : Par une nouvelle déclaration sur Twitter, Donald Trump a pu indiquer : "Mon premier ordre en tant que Président a été de rénover et de moderniser notre arsenal nucléaire. Il est aujourd'hui plus fort et plus puissant que jamais". Alors que l'escalade bat son plein entre Pyongyang et Washington, quel point peut-on faire sur les capacités françaises en la matière ? Quel est l'état de la force de dissuasion française ?

Philippe Wodka-Gallien : Donald Trump valorise la force nucléaire des Etats-Unis, et cela fait suite à plusieurs années de modernisation de cet arsenal stratégique. Les décisions fondamentales de modernisation de la force nucléaires avaient été prises par Barack Obama, parce qu'il a décidé de renouveler les sous-marins lanceurs d'engins, et lancé le programme de bombardier stratégique B21. Cette décision américaine s'inscrit dans un contexte global de modernisation observée dans toutes les puissances détentrices. La France, pour sa part, maintient une force nucléaire formatée à un niveau de stricte suffisance, caractérisée par une très haute performance de ses différentes composantes.

Dans le détail : 4 sous-marins lanceurs d'engins de nouvelles générations, armés du missile M51. Les relais pour assurer la permanence à la mer sous-marine, le relai s'effectue en mer, ce qui signifie qu'il en faut toujours trois opérationnel, un quatrième étant immobilisé en chantier de modernisation. Il y a ensuite une composante aérienne, avec deux escadrons de chasseurs bombardiers de l’armée de l’air, et une flottille d'avions Rafale lorsque celle-ci est embarquée sur le Charles-De-Gaulle. Les avions sont dotés d'un missile nucléaire ASMP-A. Ces différentes composantes sont complémentaires au sens où les sous-marins lanceurs d'engins de la force océanique stratégique garantissent une seconde frappe massive dans le cas de la stratégie de dissuasion.

La composante aérienne a pour vocation d'élargir le champ de la dissuasion. Au-delà de ces vecteurs de l'armes nucléaires, il y a un environnement de protection et d'appui, qui aussi est en cours de modernisation, notamment pour la protection des sous-marin, avec l'hélicoptère NH90., les nouvelles frégates de la classe aquitaine, et attendu prochainement les sous-marin d'attaque nucléaire Barracuda. Pour la composante aérienne, on attend d'ici deux ans le premier avion de ravitaillement en vol A330 MRTT pour remplacer nos anciens C-135 FR qui ont un demi-siècle de service derrière eux. Il y a également l'amélioration de l'avion Rafale. Les performances de notre force de dissuasion nucléaire ont été récemment démontrées.  Il y a eu deux tirs réussis de missiles depuis nos sous-marins en juillet 2016, et septembre 2015. Il y a également eu un tir réussi d'un missile avec un Rafale en février 2017, à l'issu d'un vol de plus de 4h. Ces tirs démontrent la crédibilité de notre force de frappe. Sachant que, pour ce qui est des avions, on observe en permanence leur performance pendant les opérations extérieures. On peut citer également un exploit aéronautique : en 2014, l'armée de l'air a conduit un raid aérien entre la métropole et la Réunion, soit plus de dix heures de vols avec deux rafales des forces aériennes stratégiques. Il faudrait ajouter à notre dispositif la composante transmission qui permet la diffusion directe de l’ordre du président de la République aux forces stratégiques, et la dimension de notre force de frappe qui n'est pas forcément visible mais très importante, c'est le programme de simulation conduit par le commissariat à l'énergie atomique, et qui permet de garantir la performance des charges nucléaire. Tout ça pour la somme de 3,16 milliards d'euros en 2017, ce qui représente 10% du budget de la Défense.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 12/08/2017 - 12:25 - Signaler un abus La force nuclaire française est insuffisante!

    elle réclame, à minima, un second porte-avion, afin de pallier les avaries du Charles-de-Gaulle. Si trente années de politique gauchiste minimaliste n'avaient pas plombé la défense française, et si les syndicats néo-trotskistes n'avaient pas détruit nos chantiers navals, la France posséderait déjà ce complément indispensable. Il faudra attendre Marine Le Pen, l'émergence de syndicats patriotes et la remise au travail des Français, afin de pallier ce manque...patience!

  • Par tananarive - 12/08/2017 - 14:22 - Signaler un abus Pas des avaries.

    Le Charles De Gaulle a seulement besoin comme tout matériel de période d'entretien et de temps en temps d'une remise aux derniers standards. Parler de panne tient d'une méconnaissance ou d'une mauvaise foie. Je suis même pour avoir trois porte avions afin d'en avoir toujours deux en service.

  • Par ajm - 12/08/2017 - 15:38 - Signaler un abus SNLE

    Les vecteurs de la dissuasion française sont avant tout nos sous-marins SMLE qui doivent être remplacés par des unités plus silencieuses avec de nouveaux missiles plus précis et surtout plus aptes â survivre â des défenses anti-missiles. Il y a aussi les ogives nucléaires â renouveler. La question plus politique c'est de savoir ce que peut valoir la parole de EM et d'une façon plus générale quelle est la vraie volonté de defense du peuple Français.

  • Par A M A - 12/08/2017 - 18:09 - Signaler un abus L'auteur "démontre une fois

    L'auteur "démontre une fois de plus qu’il n’est pas sérieux" (sic) en taclant Trump aussi bêtement que dans les salles de rédaction. Il aurait pu s'affranchir de ce genre de banalité pour rester crédible .

  • Par kelenborn - 12/08/2017 - 19:52 - Signaler un abus Oh non de dieu

    Bande de petits salopards , on va vous mater et les gros bras ne manquent pas!!! Bon, en attendant l'expédition punitive, il suffit d'ouvrir la page web du Figaro; j'ai bien dit du Figaro, pas de Libé ou de l'ImMonde!! On a l'impression que celui qui provoque, c'est pas Kim c'est Trump! De l'habituel dans les deux torchecul précités: quand des voyous foutent le bordel dans une cité c'est la police qui fait de la provoc, mais...dans le Figaroute!!! Ah!! d'Ormesson , Thréard et Du Limbert qu'est-ce-qu'ils en disent? Ca leur troue le cul?

  • Par Salgado - 13/08/2017 - 10:00 - Signaler un abus Soyons un peu serieux.

    On construit deux portes avions où rien.En fait le' CDG est un demi porte avion. Aujourd'hui on en à pas. Pour ma part puisqu'il faut faire des choix budgetaires je mettrai le paquet sur les sous marins au detriment de la force nucleaire aerienne. Celà n'empeche pas d'avoir une force aerienne performante avec nos rafales et des pilotes de haut niveau. .

  • Par adroitetoutemaintenant - 13/08/2017 - 11:13 - Signaler un abus @ vangog

    Vous avez bien raison ! Je suis surtout content de savoir que ce vieux con de Pinatel est en dehors de l’armée. Cette marionnette sans nouilles se la joue caïd en critiquant Trump. Notre principal allié militaire c’est Trump. Il a augmenté les crédits militaires et écoute ses généraux au lieu de jouer au faux noir et vrai musulman. La réorganisation de l’armée américaine et de son arsenal nucléaire est une réalité qui ne demande pas des décennies. Les prises de décision sur les efforts futurs se prennent en quelques mois, sans tergiverser comme une vieille chaussette LGBT. Le simple changement d’ordres a suffi à remonter l’efficacité et le moral d’une armée que le clown précèdent avait tout fait pour détruire à la Pinatel !

  • Par vangog - 13/08/2017 - 12:49 - Signaler un abus @adroitetoutemaintenant Oui, le moral est la première

    arme de dissuasion massive dont peut disposer une armée bien commandée. Donald a rendu son moral à l'armée en quelques heures à peine, alors qu'il avait fallu douze ans à Clinton et Obama pour le saper...

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 14/08/2017 - 00:34 - Signaler un abus Faut peut-être s'arreter là .

    Faut peut-être s'arreter là .....quand le parti des démocrates musulmans aura conquis le pouvoir par les urnes le président Ben Abes élu en 2022 disposera du bouton nucléaire........... Et il en fera ce que bon lui semble ! ......... Je serai à la place de nos alliés européens et américains que je commencerais à me poser de sérieuses questions sur la place en Europe d'un état terroriste disposant d'un pareil arsenal nucléaire.....

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Philippe Wodka-Gallien

Philippe Wodka-Gallien est chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS). Auditeur de la 47e session nationale de l’IHEDN 2010-2011, Armement économie de la Défense. Auteur du Dictionnaire de la dissuasion, Marines Éditions (septembre 2011).

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Jean-Bernard Pinatel

Général (2S) et dirigeant d'entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.

Il est l'auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

Il anime aussi le blog : www.geopolitique-géostratégie.fr

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