Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 29 Juin 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Un nouveau métal ultraléger : le beau coup (de com) que Boeing doit encore transformer en coup de maître

Boeing vient de publier une vidéo présentant le micro-lattice qui serait le métal le plus léger du monde. Ce métal semble avoir des propriétés extraordinaires qui peuvent révolutionner l'industrie alors que l'innovation est absolument centrale dans ce secteur marqué par la guerre économique avec Airbus.

Léger comme l'air

Publié le
Un nouveau métal ultraléger : le beau coup (de com) que Boeing doit encore transformer en coup de maître

Atlantico : Boeing vient de mettre en ligne une vidéo mettant en scène le "métal le plus léger du monde". En quoi cette légèreté constitue-t-elle un avantage important pour le secteur aérien ?

Stéphane Nicolas : Le micro-lattice est un alliage métallique présenté par Boeing dans une vidéo récente réalisée par la compagnie américaine. Cette nouvelle donne en terme de matériau aurait des répercussions profondes dans le secteur aéronautique et spatial. Considéré comme le plus léger à ce jour, le réseau alvéolaire du micro-lattice est composé à 99,99% d’air et s’inspire de la constitution des os. Les capacités d’absorption de l’énergie, la résistance à la déformation et la très faible densité (0,9 kg/m3) prônées par Boeing, feraient de ce matériau un élément stratégique dans la course à la réduction du poids des avions commerciaux.

Pour rappel, le secteur de l’aviation commerciale étant par nature extrêmement concurrentiel, les différenciations entre constructeurs se cristallisent principalement sur les facteurs liés à la consommation de carburant. D’où les mesures d’allègement visant les cellules, les équipements embarqués et les aménagements internes en plus des nouvelles motorisations. Egalement, la dimension environnementale pèse fortement sur l’échiquier économique et donc sur les stratégies de réduction du poids des avions. A mode de comparaison, au fil des générations d’avions, les matériaux composites sont devenus très prépondérants. Dans le cas du Boeing 787 Dreamliner ils atteignent près de 50% de la masse à vide. Ces matériaux composites, au coeur de la guerre économique entre constructeurs, ne sont pas exempts de vulnérabilités : le facteur limitant qu’impliquent la sensibilité aux impacts et le prix, laisse entrevoir de futures innovations dans la conception des cellules d’avions. Dans une société de l’information où les annonces sont millimétrées, Boeing marque un coup à quelques semaines de l’ouverture du Dubaï Airshow le 8 novembre prochain. Il y a fort à parier que l’annonce du constructeur emblématique américain devienne un des sujets de discussion dans les allées du Dubaï World Central Airport.

Un oeuf jeté au 25ème étage d'un immeuble enveloppé dans ce métal ne serait pas cassé. A quoi cette extraordinaire capacité d'absorption pourrait-elle servir ?

La capacité a priori offerte par le micro-lattice en terme d’absorption des chocs peut servir fortement ce secteur stratégique où les coûts de fiabilité sont très élevés. La sécurité est une question centrale et permanente au sein du secteur aéronautique. Les logiques de redondance et de préservation des systèmes critiques sont au cœur des conceptions. Concernant la situation actuelle, une des premières utilisations directes pourrait s’imaginer au niveau des systèmes d’amortissement et d’absorption d’énergie. Cela s’applique à certaines parties de la cellule et pourquoi pas aux trains d’atterrissage. Le rapport poids/résistance à la déformation permet également d’entrevoir des applications sur la sécurité des passagers en cas d’accidents, dans une perspective d’utilisation intensive du matériau à l’intérieur de la cellule. Ce gain technologique ouvre également la possibilité de réduire, voire de supprimer certaines logiques de redondance pour des organes sensibles de l’aéronef, concourant ainsi à la diminution du poids et donc de la consommation de carburant. Une rupture technologique comme celle apportée par un nouveau matériau peut avoir plusieurs effets à tiroir et toucher des composantes qui sont, en l’état, peu évidentes, car en dehors des schémas de réflexion classique.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Malaparte - 15/10/2015 - 11:43 - Signaler un abus Plus lourd que l'air de + en + léger

    La vraie question est de savoir combien de malheureux passagers paieront de leur vie la mise au point de ce matériau ultra léger.....

  • Par Pourquoi-pas31 - 16/10/2015 - 13:33 - Signaler un abus Erreur ou pas ?

    0,9 Kg par m3 ? l'aluminium pèse 2,7 tonnes par m3. Le polystiréne pèse environ 35 Kg par m3. Je pencherais pour 0,9 tonnes par m3. soit une densité de 0,9. Faire du sensationnel, OUI, mais pas dire n'importe quoi.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Stéphane Nicolas

Stéphane Nicolas est consultant en Stratégie et Management et ingénieur aérospatial diplômé de l'Ecole de l'air et de l'Ecole de Guerre Economique. Il est membre du Think-tank Catspaw Group.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€