Zone franche
François Hollande au Bourget :
vers une présidence ordinaire ?
Hier au Bourget, François Hollande faisait effectivement très « président ». Mais pas plus.

François Hollande en meeting au Bourget dimanche 22 janvier : "Je promets de ne jamais vous surprendre et je ne vous décevrai certainement pas sur ce point !" Crédit Gonzalo Fuentes / Reuters
J’essaie de m’auto-hypnotiser depuis hier après-midi pour me convaincre de ce que François Hollande peut faire le job. Mais je ne connais rien à l’autohypnose et je ne dois pas m’en tirer très bien parce que ça ne donne pas grand chose.
Pourtant, je fais des efforts. J’arrive avec un a priori positif : j’ai toujours voté PS, il est manifestement temps d'essayer autre chose, le bonhomme a des chances de gagner et on sent bien un vague enthousiasme flotter autour de lui même s’il reste un peu à la peine côté charisme...
Je crois qu’au fond, c’est cette histoire de type « normal » qui me bloque. Hollande a passé tellement de temps à expliquer qu’il n’était pas un flan aux œufs mais plutôt un père de famille ferme et raisonnable que le message a fini par passer. S’il est élu : ça ne va pas rigoler beaucoup. En tout cas pas comme avec Sarkozy qui anime tellement le show que ça rend la crise aussi captivante qu’une série télé US.
Oui, s’il est élu, plus de couverture fracassante par Gala de la vie du boss, de copains friqués, de paternités jet-set... Fini tout ça. Quelques instits à collier de barbe entrent au gouvernement ― encadrés par Aubry à Matignon, Moscovici aux Affaires étrangères, Valls à l’Intérieur, Peillon à l’Éducation, Royal à la Défense et Mélenchon aux Transports (argh !) ―, recrutent en fanfare quelques fonctionnaires, taxent ceci ou cela mais, pour le reste, font grosso-mode ce que le team Sarkozy ferait à leur place en plus sobre.
Sauf qu’on n’a plus Lefèbvre et Morano pour le fun sur Twitter, plus de tribunes dénonçant « les heures les plus sombres de notre histoire » dans les pages Rebond de Libé, plus de recueil annuel des lettres sarkozyennes par Patrick Rambaud, plus de Stéphane Guillon gouailleur, de Sophia Aram sniper, d’Edwy Plenel dénonciateur…
Non franchement, ça va être d’un triste.
Et est-ce qu’on s’en tire mieux au plan économique, au moins ? Hum, on ne peut pas vraiment dire.
D’abord, il n’y a pas d’énormité genre passage aux 28 heures, retraite à cinquante ans ou liquidation de la filière nucléaire. Il y a même quelques idées intéressantes pour les PME, le logement social, la réindustrialisation (pas clair-clair sur le coup) et l’éducation. Hum, disons qu’au final, même s’il faut attendre le 26 janvier pour le vrai programme, ça risque de ne marcher ni mieux ni moins bien qu’avec le camp d’en face. Ça donne envie.
Une gauche qui revient aux affaires après une telle traversée du désert, en pleine crise économique, européenne, technologique, philosophique, internationale, on aimerait peut-être justement qu’elle soit un poil moins « normale » et un chouïa plus créative et preneuse de risque. Une présidence normale, c'est peut-être tout simplement une présidence ordinaire. On l'aurait préférée au beurre.
Hugues Serraf
Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).


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Il devrait en faire son thème de campagne le NS... Votez pour moi, vous pourrez continuer de vous marrer, parce que sinon çà fera aucune différence, mais vous allez vous faire c... A défaut d'autres arguments t'as trop raison Equilibre :)
J'ai lu des articles plein d'entrain et là... Bien qu'étant d'un autre bord, je vous comprends. Mais ne vous rassurez pas, vu la tête de notre dette, de nos déficits et la présente et futur emprise de l'europe, aucun candidat ne sera apte à emballer son public naturel: trop de contraintes et pas assez d'argent.
Vous n'avez qu'à voter pour NS :-). Au moins, vous retrouverez votre bonne humeur.
vous regretteriez de ne plus voir Sarkozy brocardé par l'intelligentsia de gauche, mais vous n'imaginez pas un instant que Hollande et ses potes puissent se faire incendier de la même façon, genre Tout Sauf Hollande à longueur de journée? N'oubliez pas que droite gauche, c'est à peu près 50/50 en France et que le PS pourrait très vite encaisser la monnaie de sa pièce côté dénigrement...
Bon article, c'est triste, mais si drôle ! Bravo !
"Une gauche qui revient aux affaires après une telle traversée du désert, en pleine crise économique, européenne, technologique, philosophique, internationale" ...
Oui, quelles que soient les opinions des uns et des autres, c'est une question qui inquiète à juste titre, être à la tête d'un pays en période de crise implique une longue expérience.
Une fois au pouvoir et installés dans les beaux bâtiments de l'Ancien régime, il feront comme sous Tonton (affaires financières peu ragoûtantes, privilèges, dépenses). La France rejoindra rapidement la Grèce.
Arrêtez les plaisirs solitaires! :o)
quand un fonctionnaire parle aux fonctionnaires
c'est le repli ordinaire dans les structures archaïques des privilèges à vie qui dévitalisent le secteur privé et dépriment les français abusés par un monopole public budjetivore
et vous allez vraiment voir la vacuité d'un programme déjà caduc avant d'être annoncé.
Il faudrait quand même que vous soyez vraiment maso pour soutenir un traitement dont vous savez qu'il va augmenter le mal actuel.
Pauvre France qui voit arriver Diafoirus à son chevet...
elle est a la rue..déconnecté des problèmes d'aujourdhui.."flanby" a enflammé des socialistes ! quel succés!!son programme est vide a part les promesses habituelles..lui le haut fonctionaire friqué..prince de l'indecision..roi de l'attente" tout a coup essai de nous convaincre qu'il est l'homme providetciel, qu'il va dompter l'europe et les banques..quelle prétention..vite fuyons ce "type" là
ya vraiment pas de quoi s'en vanter
c'est les quoi qui changent jamais d'avis?