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L'Europe bat des records avec sa balance commerciale et il n’y a aucune raison de s’en réjouir

Alors que la balance courante de l'Union européenne atteint des sommets inégalés ces derniers temps à en croire les derniers chiffres d'Eurostat, la vitalité de cet indicateur ne signifie aucunement une économie florissante.

Idée reçue

Publié le - Mis à jour le 29 Juillet 2016
L'Europe bat des records avec sa balance commerciale et il n’y a aucune raison de s’en réjouir

Atlantico : Cette semaine, Eurostat a publié des chiffres encourageants pour la balance commerciale de l'Union européenne en mai 2016 (excédent de 10,5 milliards d'euros pour les échanges courants, excédent de 10,6 milliards d'euros pour la balance des services). Au-delà de la prépondérance écrasante de l'Allemagne dans ces chiffres, dans quelle mesure doit-on relativiser la portée de ces résultats et sa signification réelle vis-à-vis de la santé économique de l'UE ?

Christophe Blot : Effectivement, si l'on regarde les chiffres récemment communiqués par Eurostat, ils indiquent un excédent courant pour l'ensemble de l'Union européenne et la zone euro, avec un poids assez marquant de l'Allemagne.

Mais si l'on regarde la dynamique de ce solde courant, on constate une amélioration depuis plusieurs années, depuis le début de la crise en réalité, à un moment où la zone euro et l'Europe (même si la croissance repart aujourd'hui) restent quand même dans une situation fragile avec une croissance bien plus basse que dans le reste du monde. C'est donc bien le signe qu'il n'y a pas forcément de corrélation entre la vitalité de la croissance d'une économie et la dynamique du compte courant et du solde commercial de ce pays ou de cette entité.

Pendant des décennies, les États-Unis ont eu des balances courantes négatives en même temps qu'une croissance florissante. A l'inverse, le Japon possédait une balance positive lors de sa phase de dépression (1990-2000). Une balance courante excédentaire est-elle donc vraiment indispensable pour avoir une économie en bonne santé ? Pour quelles raisons ? Quels sont les réels déterminants de cette balance ?

Regardons les composantes de cette balance courante. Si l'on ne rentre pas dans les détails, l'essentiel de la balance est fait par le solde des biens et services (différence entre exportations et importations de biens et services). Parfois, dans quelques pays comme l'Irlande par exemple, le solde des revenus peut être très élevé, mais l'essentiel se joue au niveau de l'écart entre exportations et importations.

On pourrait effectivement se dire à première vue qu'effectivement, un excédent est le signe qu'il y a beaucoup d'exportations. C'est parfois vrai, mais cela peut aussi dire qu'il n'y a pas beaucoup d'importations. Or, les importations sont liées à l'évolution de la demande intérieure des pays, donc à la consommation et à l'investissement.

Le cas américain est emblématique. Les États-Unis ont souvent eu une croissance forte tirée par la demande intérieure, par une forte consommation des ménages et un investissement dynamique, et donc des importations qui en ont découlé. Cela explique en partie le déséquilibre courant des Etats-Unis, qui s'est réduit au cours de la crise. Comparativement, si l'on regarde la situation du Japon ou de l'Allemagne (même si l'Allemagne reste le pays de la zone euro qui a la croissance la plus forte), on constate aussi un dynamisme des exportations, mais des importations relativement modérées. Cela signifie en substance une croissance de la consommation et de l'investissement qui est plus faible.

C'est cela qui est fondamental avec l'évolution du compte courant. C'est l'écart entre exportations et importations, mais c'est aussi la différence entre la capacité d'épargne d'un pays et sa capacité d'investir. Quand un pays épargne beaucoup ou investit peu, il a un excédent courant.

 
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  • Par Anguerrand - 24/07/2016 - 15:32 - Signaler un abus On doit donc admettre que l' Europe

    c'est la prospérité globalement et que l'€ n'est pas un obstacle pour ceux qui ont bien géré leur economie, en gros les pays libéraux...sauf entre autre la France pays marxisant, qui met sa gestion désastreuse sur le dos de l'UE et de l'€. Comme c'est facile ce qui est bien c'est la France, ce qui ne va pas c'est la faute de l'Europe. Ça ne veut pas dire qu'il faut pas totalement revoir l'Europe et ses institutions vers la démocratie directe.

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Christophe Blot

Christophe Blot est économiste à l'OFCE, au Département analyse et prévision. Ses spécialités sont le commerce extérieur, les crises financières et les politiques monétaires.

 

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