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L’écart entre les pauvres et les très riches se creuse et ça n’est que le début : pourquoi nous vivons une rupture sans précédent depuis la 1ère Révolution industrielle

Les chiffres de la pauvreté qui viennent d'être publiés indiquent que les plus pauvres (14% de la population) ont vu leur niveau de vie baisser de 2,6% alors que le décile le plus aisé n'a diminué que de 1%. Un chiffre qui témoigne d'un phénomène nouveau dans l'Histoire : la déconnexion totale des effets de l'évolution économique selon la classe sociale.

Destins séparés

Publié le - Mis à jour le 12 Septembre 2014
L’écart entre les pauvres et les très riches se creuse et ça n’est que le début : pourquoi nous vivons une rupture sans précédent depuis la 1ère Révolution industrielle

Les plus pauvres ont vu leur niveau de vie baisser de 2,6%. Crédit Allociné

Atlantico : Le modèle de société hérité de la révolution industrielle s'est construit sur l'idée d'un mouvement ascendant permettant à l'ensemble des citoyens de bénéficier assez nettement de l’amélioration des conditions de vie et du progrès économique et social. En quoi ce modèle est-il aujourd'hui dépassé ? Comment l'est-il devenu ? A quel moment surtout, ce retournement s'est-il effectué ?

Nicolas Bouzou : En réalité, des Lumières à la moitié du XXe siècle, on a pensé que toutes les formes de progrès s'enclenchaient automatiquement les unes après les autres : progrès technique, économique, social et même moral.

Les philosophes français bien sûr mais même Marx défendaient cette vision à très long terme. Les guerres du 20ème siècle ont brisé l'idée que le progrès social entraînait le progrès moral. La montée des inégalités depuis les années 90 montre que le progrès économique n'entraîne plus forcément le progrès social. Les débats sur l'innovation démontrent enfin que technologie et économie ne sont pas toujours liées. Bref c'est l'unicité de l'idée de progrès qui est battue en brèche et pas seulement dans sa dimension économique et sociale.

Cette rupture  – c'est assez clair – s'est effectuée au tournant des années 2000. Au niveau économique, c'est là que vous voyez l'augmentation des inégalités, une désindustrialisation qui s'accentue et le début de la perte de compétitivité de la France. C'est même assez paradoxal car il s'agissait d'une période avec une croissance et une baisse du chômage, mais qui ne faisaient que masquer des faiblesses économiques plus profondes. Et cette période correspond à l'intensification de la mondialisation et au décollage des pays émergents. La mondialisation est un phénomène de l'après-guerre né du consensus sur le libre-échange, mais l'accélération de la croissance des pays, d'Asie notamment, date vraiment du tournant du siècle. La première mondialisation concernait surtout des pays occidentaux, l'effet sur les délocalisations était donc bien moins fort.

Laurent Chalard : La mondialisation est venue modifier en profondeur la logique de développement territorial issue de la Révolution industrielle en Europe occidentale, qui a particulièrement bien fonctionné au cours des Trente glorieuses en France. Cette logique conduisait (en règle générale) au fur-et-à-mesure du temps à une réduction des écarts de développement entre les territoires, suivant un processus de diffusion des innovations du centre vers les périphéries, renforcé par les politiques interventionnistes de l’Etat en faveur des régions jugées moins développées. Or, depuis les années 1980, la mondialisation produit l’effet contraire, ayant tendance à creuser les écarts entre les individus et les territoires. En effet, la mondialisation est un processus sélectif à l’échelle de la planète qui favorise de par leurs caractéristiques intrinsèques certains lieux (dont les grandes métropoles) au détriment d’autres (territoires enclavés ou au tissu économique obsolète). A une phase d’homogénéisation territoriale succède donc une phase de différenciation au sein des territoires nationaux.

Quelle structuration de la société en découle ? Quelles sont aujourd'hui les fractures qui traversent la société française ? En quoi la mondialisation a-t-elle contribué à diviser la société avec d'un côté ceux qui en bénéficient et de l'autre ceux qui en paient le prix ?

Nicolas Bouzou : L'articulation d'une économie tirée par l'innovation et de la mondialisation sépare la société en deux grandes classes sociales : les manipulateurs de symboles qui produisent et vendent des idées ou des concepts dans le monde entier et qui s'enrichissent très rapidement et la main d'œuvre générique qui s'appauvrit. Pour parler comme un marxiste, les rapports de domination tournent autour du savoir, pas du capital financier. La redistribution doit donc se faire par l'éducation et non pas par la fiscalité, ce que la gauche française n'a pas encore compris.

Laurent Chalard : Les écarts s’accroissent entre les gagnants et les perdants de la mondialisation sur le plan social (cadres versus ouvriers), ce qui conduit à un rabotement des classes moyennes par le bas, avec un processus de déclassement pour ceux qui n’arrivent pas à obtenir un emploi stable, et par le haut, avec une partie des classes moyennes qui par son enrichissement élargit la base de la bourgeoisie, comme les fameux "bobo", même si le terme est galvaudé. Si nous sommes loin encore en France d’une société en sablier, la tendance est cependant réelle. Il s’ensuit une fracture certaine au sein de la classe moyenne entre les perdants et les gagnants. Les intérêts des individus divergent fortement.

Quelles sont les caractéristiques de ces deux catégories ? Quels sont les profils de ceux qui les composent ? En quoi cette fracture est-elle aussi en partie territoriale ?

Nicolas Bouzou : Dans les phases de mutation économique comme aujourd'hui, de la même façon que vous avez deux classes sociales, vous avez deux économies, une qui explose et l'autre qui meurt. Vous retrouvez ces hiatus au niveau territorial. Comparez ma région de Toulouse, fief des manipulateurs de symboles employés par l'aéronautique et celle de Longwy ou la population est sous qualifiée…

Laurent Chalard : Parmi les gagnants de la mondialisation en France, on retrouve des populations diplômées, dites créatives, appartenant essentiellement aux catégories des cadres et professions intermédiaires, qui sont bien adaptées à la nouvelle division du travail, qui voient les pays développés se spécialiser dans les activités à haute valeur ajoutée. A contrario, les perdants de la mondialisation en France, sont les populations peu diplômées, spécialisées dans des métiers peu porteurs, comme les travailleurs de l’industrie lourde ou des industries des biens d’équipements, peu adaptés à la nouvelle division du travail, puisqu’ils se retrouvent en concurrence directe avec des pays au coût du salaire bien moins élevé et/ou des populations immigrées récemment arrivées moins bien payées.

Ces deux populations étant inégalement réparties sur le territoire, la fracture est donc aussi territoriale, avec une forte concentration dans les grandes métropoles des cadres et a contrario une surreprésentation des ouvriers et employés dans le reste du territoire, en particulier l’espace rural et les anciens grands foyers industriels.

En quoi les 1ère et 2ème révolutions industrielles ont-elles constitué une rupture en termes de progression des niveaux de vie des pauvres mais aussi des riches ? Selon les données et témoignages économiques qui ont pu nous parvenir, les populations avant la Première révolution industrielle (fin XVIIIe-début XIXe) avaient-elles vraiment vu leur niveau de vie progresser relativement aux siècles précédents ?

Nicolas Goetzmann : Il est abusif de parler de destin commun. Les révolutions industrielles ont permis des explosions de productivité, ce qui signifie une accélération du niveau de production par unité de travail. Le résultat a été de permettre un bond en termes de revenus mais également en termes d’inégalités, car celles-ci ont explosé pendant ces périodes. Selon les travaux de l’économiste Nicholas Crafts, les 65% les plus pauvres se partageaient 29% des revenus en 1760, mais seulement 25% en 1860 en Grande Bretagne. La brutale urbanisation, les conditions sanitaires, le chômage etc. ne permettent pas de soutenir que les conditions de vie des plus pauvres se soient améliorées pendant ce siècle. L’explosion démographique qui a également eu lieu à la même période (la population a été multipliée par plus de 3 en un siècle) est en partie responsable de ce phénomène, une offre de  travail de plus en abondante a bien permis de contenir les salaires à la baisse.

Concernant les périodes antérieures, il est estimé que la croissance entre le XIIIe et le XVIII siècle équivalait à 0.20% par habitant et par an en Grande Bretagne. La Révolution industrielle a vu ce niveau plus que doubler pour en arriver à 0.50% par an. En tenant compte de l’évolution démographique, le choc est évident.

Quels sont les mécanismes qui, lors des premières Révolutions industrielles, ont permis à des populations aussi différentes de partager un destin économique commun et de voir les inégalités se réduire ? Quel rôle la nature du progrès technologique a-t-elle joué dans cette progression ?

Nicolas Goetzmann : Les inégalités ne se sont pas réduites lors des révolutions industrielles, elles ont progressé. C’est d’ailleurs sous le poids de cette situation, combinée avec une forte progression démographique, que le marxisme est apparu. Mais également les syndicats qui naissent alors afin de soutenir des politiques de redistribution, négocier les salaires etc…

Le rôle du progrès technologique a été de permettre une plus forte croissance de la productivité, chaque heure travaillée permet de produire un peu plus chaque année, c’est-à-dire un rôle de soutien à la croissance.

Mais les chocs "technologiques" ne suffisent pas à expliquer la révolution industrielle, il est en effet indispensable d’évoquer la transition démographique qui est-elle la conséquence de la révolution agricole. Lorsque la population se met à croître à un rythme alors encore inconnu, c’est la capacité de travail qui progresse de la même façon. Les deux phénomènes se nourrissent alors l’un l’autre pour en arriver à la possibilité de la révolution industrielle. Pour Nicholas Crafts, le facteur démographique a été plus puissant que celui de la productivité au début de la période considérée, puis la situation s’est équilibrée entre 1830 et 1870. Mais sur ce sujet aussi, les controverses sont nombreuses.

La mondialisation est souvent décriée comme étant une cause de divergence des intérêts des plus aisés et des plus modestes. Pourtant, la première période de la mondialisation (1970-fin des années 90) n'a pas généré ce phénomène, et la France a même vu son coefficient de Gini chuter (indiquant une répartition des revenus plus égalitaire). Pourquoi cette mondialisation était-elle encore "vertueuse" pour l'ensemble de la société ? 

Nicolas Goetzmann : Les années 70 et le début des années 80 sont les années de la grande inflation. Au début de la période, le plein emploi est atteint et le pouvoir de négociation salarial est équilibré. Puis les erreurs de politique monétaire qui ont conduit à cette accélération de l’inflation ont installé dans l’économie d’importants mécanismes de hausse des salaires. A la fin des années 70, le taux de marge des entreprises s’en trouvent très réduits et ce sont les salariés qui se partagent la part du lion dans la valeur ajoutée. Ce phénomène va contribuer à la chute des inégalités, mais dans une situation déséquilibrée et non soutenable. A partir de 1983 ; le virage est amorcé, et le rétablissement des forces prend place ; le développement devient alors plus "harmonieux", d’où la stabilisation de l'indice de GINI, qui est également la conséquence des politiques de redistribution. Ces dernières ont peut-être permis de lutter contre les inégalités mais elles ont également été un frein à la croissance en raison des hauts niveaux de taxation. Le résultat n’est d’ailleurs pas si extraordinaire puisque la France avait un PIB par habitant égal à celui des Etats Unis en 1980 et l’écart est aujourd’hui de 20%.

Qu'est-ce qui a changé avec la seconde période de mondialisation qui a débuté à la fin des années 1990 ? Pourquoi les déciles inférieurs ne pouvaient-ils plus suivre la cadence alors que les déciles les plus aisés continuaient de s'enrichir ?

Nicolas Goetzmann : Ici il suffit de paraphraser l’étude publiée à la fin 2013 par le Brookings Institute et réalisée par les économistes Sahin, Elsby et Hobijn. La mondialisation a eu pour effet de mettre en concurrence les personnes les moins qualifiées des économies occidentales avec les "travailleurs" des pays émergents. Le travail non qualifié est parti sous des cieux plus cléments en termes de coûts. Le résultat est que la part du capital dans la valeur ajoutée progresse et que, logiquement la part du travail régresse. Dans de telles conditions, les économies occidentales voient progresser le taux de chômage des moins qualifiés, ce qui vient également agir comme un frein à la progression des salaires pour ceux qui restent en poste. Ce que les 3 économistes identifient dans leur étude, c’est que la baisse de la part du travail s’explique en grande partie par le départ des composantes intenses en travail de la chaine de production du territoire des Etats Unis.

Un deuxième facteur est plus directement la conséquence de la politique du franc fort puis de la politique menée par la BCE, qui a conduit à tenir la croissance française en deca de son niveau potentiel.

Comment le progrès technologique s'est-il retourné contre les travailleurs les moins qualifiés ?

Nicolas Goetzmann : Il s’agit là du troisième facteur. L’automatisation et la robotisation vont bouleverser les économies. Aujourd’hui, un robot qui se paye 20 000$ est capable d’accomplir une tache 7 jours sur 7, 24h sur 24, pendant 15 ans. Le résultat que peut produire une telle concurrence pour un travail non qualifié ne fait pas beaucoup de doutes. Car même si la robotisation permet de soutenir la demande en travail qualifié et très qualifié, il est en train de détruire les emplois des gens les moins formés. Et le processus n’est qu’à ses débuts. Selon les économistes Frey et Osborne, 47% des emplois actuels sont susceptibles d’être automatisés lors des 15 prochaines années. Cela ne veut pas dire qu’ils le seront, mais il serait opportun de réfléchir aux conséquences politiques de ce phénomène.

Voit-on renaître une économie de rentiers ?

Nicolas Goetzmann : La lutte qui est menée contre l’inflation par la Banque centrale européenne est le principal soutien à une économie de rentiers. Je cite l’économiste Steve Waldman à ce propos :

"Ce qui est immoral c’est de cacher ce qui peut être démontré comme étant le plus grand programme d’assurance sociale derrière la phrase technocratique de “stabilité des prix”. C’est un schéma qui force les membres les plus précaires de notre société à assurer le pouvoir d’achat des plus sécurisés, et ce, sans aucune limite ou même comptabilité de l’échelle de ce transfert".

En effet, en maintenant l’économie européenne sous son niveau de croissance potentielle, on évite toute pression sur les prix, ce qui aboutit à une protection des "rentes". Que ce soit les personnes qui ont un emploi stable ou les détenteurs de capitaux. Et cette protection a un coût : une économie qui connait une croissance inférieure à son niveau potentiel est créatrice de chômage et de précarité.

Pour lire le Hors-Série Atlantico, c'est ici : "France, encéphalogramme plat : Chronique d'une débâcle économique et politique"

 
Commentaires

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  • Par superliberal - 10/09/2014 - 11:12 - Signaler un abus Analyse Hexagonale

    Dans un monde sans frontière cette analyse n'est pas pertinente...combien de Chinois, d'Indiens, de Brésiliens sont sortis de la misère depuis 20 ans ? Les Français ne sont plus dans les bonnes dispositions psychologiques pour affronter ce nouveau monde...mais MLP va nous sauver en fermant les frontières.

  • Par SEALOVER - 10/09/2014 - 11:15 - Signaler un abus UN COMPLEMENT THEORIQUE

    La description est exacte, mais il manque la cause...A partir de 1965 la France passe le deuxième point d'inflexion de la courbe de Solow, sa croissance ne tient plus qu'à sa capacité d'innovation, et à ses avantages comparatifs...d'où inefficacité des politiques n'utilisant que des outils conjoncturels. En matière d'avantages comparatifs la France a bien investi quantité et intensité des équipements publics comme en matière d'éducation (objectif des 80% d'une classe d'age avec un niveau d'études secondaires) et en recherche (crédit d'impôt etc,). En revanche elle a négligé de poser la question en termes de couts d'opportunité c'est à dire en terme de productivité du travail. En conséquence cela doit faire 30 ans que la productivité globale des facteurs en France baisse par rapport à d'autres pays. Les emplois en compétition internationale émigrent donc la où l'équation des avantages comparatifs est meilleure. Pour la rétablir au niveau de la France il faut baisser le cout comparatif du travail c'est à dire fiscaliser les cotisations sociales, et ne taxer que les distributions de bénéfice, pour stimuler l'investissement privé qui s'effondre et donc rajoute un nouveau handicap HOS.

  • Par yeneralobregone - 10/09/2014 - 11:32 - Signaler un abus " l'articulation d'une économie tiré par l'innovation et DE la

    mondialisation " ... qu'est ce que c'est que ce charabia ? ils ne peuvent pas se relire ?

  • Par yeneralobregone - 10/09/2014 - 11:45 - Signaler un abus très théorique

    la mondialisation a toujours existé : l'arrivée des plantes américaines en chine au 17ième siècle ( maïs , patate douce , pomme de terre , manioc ... ) provoque le doublement de la population chinoise au 18ième; l'industrialisation du tissage du coton en angleterre provoque la ruine de l'artisanat indien au 19ième; l'arrivé de la production japonaise bas de gamme au début du 20ième ruine l'artisanat chinois . les problèmes de la france ne viennent pas de la mondialisation , mais de l'hypertrophie de la sphère public au dépend de la sphère privée, et du conservatisme empêchant toutes projection vers l'avant...

  • Par Ganesha - 10/09/2014 - 12:08 - Signaler un abus Propagandastaffel (escadron de propagande)

    Mr ''Superlibéral'' nous explique que la Chine, l'Inde et le Brésil ''se portent merveilleusement bien'' : il faudrait probablement aller voir sur place... Mais, surtout, le sujet de cet article, c'est qu'en France, cela ne va pas du tout ! Alors que nous propose ce grand prophète : de construire des Favelas ? De créer, comme en Chine, de gigantesques usines où les ouvriers seraient logés sur place dans des casernes, dormant dans des chambrées aux lits superposés ? D'entretenir, comme en Inde, une gigantesque population rurale affamée, se nourrissant d'une alimentation végétarienne épicée ? Ces derniers temps, nous avons aussi beaucoup subi de ''Propangandastaffel'' sur le ''Miracle Allemand'', mais ce pays entre désormais en récession... Mr Superlibéral aura-t-il le mauvais esprit de nous affirmer que c'est simplement l'annonce de l'établissement d'un salaire minimum qui a causé cette catastrophe ? Eh, bien non, désolé, cher ''Superlibéral'' : nous sommes français, nous en avons marre de trente ans d'UMP-PS et nous allons élire Marine Le Pen. Chaque pays a le droit de choisir son propre système, celui qui lui plaît, lui convient ! Et le monde s'en est, ensuite, souvent inspiré !

  • Par SEALOVER - 10/09/2014 - 12:55 - Signaler un abus complement théorique bis

    L'économie est une science comme la médecine...faire un bon diagnostic, et savoir doser les médicaments. Les chercheurs disposent des instruments de diagnostic et d'analyse, et l'on connait les remèdes...ce n'est pas une question d'opinion et c'est bien la l'inconvénient de la France que de politiser ce qui relève du factuel....Sachant aussi que comme toute science il y a des zones non encore explorées. Par exemple nul ne sait comment va finir un monde gorgé de liquidités.... Pour en revenir à l'article il faut bien être conscient que les français sans qualifications seront payés à leur cout d'opportunité sur le marché de l'emploi mondial (Courbe de Solow , modèle HOS), ce que l'on sait dans les grandes lignes depuis 1817! D'où l'importance de ne pas renchérir le cout du travail par l'impôt et les cotisations sociales, et que la cohésion sociale sera atteint grâce aux revenus de transfert via l’impôt personnel (Lassudrie et Duchêne 2002). Je ne suis pas universitaire mais dans l'industrie, et je constate que l’étude des modèles de croissance et convergence est indispensable pour piloter sa boite dans le monde et la France.

  • Par Anguerrand - 10/09/2014 - 14:06 - Signaler un abus Le système "social " français en accusation

    Quand il est possible de vivre tranquillement à la maison avec un RSA, mais surtout toutes les aides qui vont avec, la gratuité à peu près partout, santé impôts, alimentation avec les restos du cœur ou la croix rouge,etc, on peut vivre aussi bien sans rien faire que quelqu'un qui bosse et à des frais pour aller au boulot,payer des impôts.... Notre système ouvert à tous sans contrôle, s'applique même aux immigrés. Quand a Ganesha ne prenez pas vos désirs pour des réalités, l'Allemagne en récession, oui sur 1 mois! Mais avec un excédent des exportation de 100 milliards sur un seul mois, moi une récession comme ça, je prend. MLP élue ça n'est pas encore fait non plus, vous pouvez en rêver, ça ne coûte rien! Bien sur vous qui êtes de gauche vous voulez qu'elle soit élue, mais comme vous le souhaitez, elle fera une politique plus à gauche que Melanchon, et avec ça on sera tous au même niveau...tous pauvres, ça vous convient? Connaissez vous un seul pays riche dans le monde qui ne soit pas libéral? Par contre les pays dirigés par la gauche pauvre, vous avez le choix sans parler des ex pays communistes qui obtiennent un niveau de vie confortable depuis la chute du communisme.

  • Par Ganesha - 10/09/2014 - 14:46 - Signaler un abus Pays Riche !!!

    Trouver un pays vraiment riche dans le monde! Vous en connaissez beaucoup vous? Moi, je ne vois que la Suisse...et ce sera probablement la première nation sur notre planète à instituer un ''revenu universel'', bien entendu strictement réservé à ses nationaux. A part, cela, of course, TINA ! Il n'y a pas d'Alternative ! Cher Anguerrand, pas facile, pas plus pour vous que pour moi, d'écrire ici quotidiennement et de rester original... Essayons cependant aussi de résumer votre pensée, puisque c'est ce que vous croyez pouvoir faire à mon égard... Pour vous, le choix qui s'offre au peuple français, c'est soit la Corée du Nord, ou alors le paradis que nous ont créé l'alternance UMP-PS depuis trente ans ? Évidemment, nos huit millions de pauvres, dont cinq sont au chômage, ne sont que des tricheurs, des paresseux et des analphabètes (génétiques ou volontaires?) Eh bien, voyez vous, je suis plus optimiste que vous. Je crois à la Démocratie ! Je pense que la France a non seulement le droit, mais aussi les capacités intellectuelles de concevoir d'autres possibilités. Dernières nouvelles : mr Juppé nous annonce que son thème de campagne sera : ''l'immigration est une chance pour la France''.

  • Par yeneralobregone - 10/09/2014 - 16:01 - Signaler un abus @ganesha paradis ( hexagonal )

    vous êtes perdu ici ? vous ne voyez pas , dans le noir, au fond du couloir , une lumière verte avec 6 lettres blanches : " SORTIE "

  • Par yeneralobregone - 10/09/2014 - 16:09 - Signaler un abus @ganesha

    " l'immigration est une chance pour la france " ... peut-etre, mais juppé, lui , n'est pas une chance pour la france ... l'explication de ce slogan est toute trouvée, y compris par un singe de 4 ans : récupérer une partie du vote des 6 millions de maghrébins qui crèchent en france ...

  • Par Anguerrand - 10/09/2014 - 16:13 - Signaler un abus À ganesha

    Vous ne connaissez pas de pays riches, mais voyagez donc en Europe, USA. Émirats, etc. Par contre vous manquez également de repères pour savoir ce que sont des VRAIS pays pauvres dans le monde ou le problème est de savoir ce que l'on va manger au jour le jour. Notre pays se permet de créer tant d'aides quitte créer de la pauvreté, qu'il faut bien qu'il soit riche, même si ces " aidés" profitent sans vergogne de ceux qui bossent. Vous parlez de Juppé ,que vient il faire la dedans, au FN les citations aussi stupides sont légions, demandez à JMLP. MLP trahit la droite mais comme vous êtes marxisant ça ne vous choque même pas. Maintenant votez FN les yeux fermés, vous verrez bien si elle fait une politique de droite ( avec son électorat traditionnel) ou à gauche avec ses nouveaux amis du FDG, CGT, PC, PS, ou Mélanchon 1 er ministre, il est très bien, pour vous, ce monsieur. Ne comptez quand même pas sur lui pour s'opposer à l'immigration, lui aussi pense que c'est une chance pour la France!

  • Par superliberal - 10/09/2014 - 16:18 - Signaler un abus @ganesha

    Non MLP ne sauvera pas la France tout simplement parce que son programme économique est très à gauche et on n'a jamais vu un programme économique de gauche déboucher sur de la croissance , c'est juste antinomique. L'immigration choisie me va très bien en revanche, est ce dans son programme ? La solution a déjà été trouvé et par des Français en plus, c'est le libéralisme...Le libéralisme est une doctrine de philosophie politique qui affirme la liberté comme principe politique suprême ainsi que son corollaire de responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir du souverain (moins d'impôts, moins de taxes, moins de codes, de règles....) En gros c'est laissez nous vivre, laissez nous bosser et foutez nous la paix...

  • Par Ganesha - 10/09/2014 - 16:44 - Signaler un abus Seppuku

    Messieurs de Droite, je viens de publier un message qui vous est destiné, dans l'article de mr Federbush qui vient tout juste de paraître. Je vous encourage à le lire, mais je le résumerai d'une phrase : Il y a 25 ans, le Mur de Berlin s'est effondré, mais vous ce dont vous ne vous rendez pas compte, c'est que vous êtes les derniers défenseurs d'un système qui est, lui aussi, en train de s'effondrer sous vos yeux : le Capitalisme ! Le monde change ! Je sais, c'est toute votre vie : vous avez travaillé dur, vous êtes fiers de votre réussite. Vous avez l'impression que c'est toute votre carrière qui s'effondre, comme une tour du 11 Septembre. Il y a quelques jours, il y avait un superbe film sur Canal+ : cela se passait en Indochine en 1946 : on y voyait un officier japonais commettre le ''seppuku'' (c'est le vrai nom du hara-kiri) parce qu'il ne supportait pas l'humiliation de l'effondrement de son Empire ! Il aurait mieux fait de rester en vie et de contribuer à la reconstruction spectaculaire de son pays. Restez jeunes, acceptez la période de renouveau qui s'annonce après les ''Trente Piteuses'' !

  • Par Ex abrupto - 10/09/2014 - 17:14 - Signaler un abus A SEALOVER 12h55

    Ni l'économie, ni la médecine ne sont des sciences (même si la médecine s'en rapproche un peu plus) dans la mesure où on ne peut mettre en oeuvre la méthode scientifique: observation-intuition-expérimentation-amélioration du modèle.... Ce qui n'interdit pas d'y réfléchir de la manière la plus rationnelle possible et de tenter quand même des modélisations, tout en en connaissant les limites.

  • Par brennec - 10/09/2014 - 17:53 - Signaler un abus Oubli?

    Ces deux messieurs n'ont pas l'air d'imaginer que l'océan de la pauvreté puisse être alimenté par l'imigration des plus pauvres, des moins éduqués.. ça laisse quand même rèveur. Ces immigrés qui trouvaient du travail pendant les trente glorieuses arrivent dans une france en crise et ne s'en sortent plus, ce qui a mon avis suffit a expliquer une bonne partie de la décroissance des revenus des plus pauvres.

  • Par Anguerrand - 10/09/2014 - 18:42 - Signaler un abus À ganesha

    Mais ouvrez les yeux, ce capitalisme, qui d'après vous s' effondre c'est pourtant ce qui régit tous les pays du monde, sauf bien sur la Corée du Nord, Cuba, et quelques autres. Même la Chine y vient, sans le dire et en fait son début de richesse. Le capitalisme ou libéralisme si les mots vous font peur est le système NATUREL depuis toujours. C'est l'offre et la demande qui a toujours régit les rapports économiques mondiaux. La France pense encore ( pour certains) que le socialisme est l'avenir universel. Problème, la France n'est pas isolée et à beau fermer ses frontières elle ne peut plus être autosuffisante. Quand je vous lis, j'ai l'impression de lire Marchais, et vous pensez être progressiste? Je connais bien les pays de l'est qui ont vécu selon votre idéal, socialisme est un mot grossier, ils s'en sont sorti grâce au libéralisme et en travaillant dur. J'ai connu la Pologne sous le régime communiste, c'était d'un sinistre épouvantable, une dictature, allez dans ces pays maintenant et vous verrez comme ils ont évolué. Votez ce que vous voulez et restez à l'époque du mur de Berlin si vous le souhaitez.

  • Par Ganesha - 10/09/2014 - 19:53 - Signaler un abus Anguerrand

    Si une chaîne de magasins vous offrait des bons points à chaque fois que vous ressortez les vestiges révolus du ''Communisme'', totalement hors sujet, sans que personne ne vous le demande... L'idéal serait que ce soit une agence de voyage qui vous offre des vacances à Cuba, et pour vous permettre de comparer, également un séjour en Haïti, voir l'oligarchie capitaliste à l’œuvre (j'y étais en mission humanitaire, bien avant le tremblement de terre, pendant six mois)

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Nicolas Bouzou

Nicolas Bouzou est économiste et essayiste, fondateur du cabinet de conseil Asterès. Il a publié en septembre 2015 Le Grand Refoulement : stop à la démission démocratique, chez Plon. Il enseigne à l'Université de Paris II Assas et est le fondateur du Cercle de Bélem qui regroupe des intellectuels progressistes et libéraux européens

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.

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Laurent Chalard

Laurent Chalard est géographe-consultant, membre du think tank European Centre for International Affairs.

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