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Crise de l’élevage : l’écrasante responsabilité des politiques dans la persistance des problèmes de l’agriculture

Les éleveurs français sont désespérés et nous le font savoir de façon particulièrement démonstrative. Le gouvernement lâche du lest pour tenter de calmer le jeu. Les positions se caricaturent, raison de plus pour tenter de comprendre les enjeux !

Aveuglement

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Crise de l’élevage : l’écrasante responsabilité des politiques dans la persistance des problèmes de l’agriculture

Depuis plusieurs années, un vent libéral souffle sur l’Europe agricole, et les gouvernements successifs, particulièrement celui de Nicolas Sarkozy, ont laissés faire, désespérant de convaincre nos partenaires européens. On démantèle donc toute la Politique agricole commune, disant aux agriculteurs qu’ils doivent dorénavant "répondre aux signaux du marché". Dernier lâchage : celui du lait avec l’abandon pur et simple des quotas. Seuls les naïfs pouvaient penser que cela allait se passer sans casse !

Dans le lait, par exemple, tous les producteurs européens se sont évidemment mis à garder une ou deux bêtes de plus.

Le temps qu’elles grandissent, la production de lait européenne ne peut qu’exploser, et, malgré ce qu’on nous annonce des opportunités d’exporter en Chine, le prix ne peut que s’effondrer et les petits éleveurs ne peuvent que faire faillite.

Aujourd’hui c’est de viande qu’il s’agit, et on fait semblant de découvrir qu’une négociation qui rassemble 130 000 éleveurs dispersés, 130 abattoirs et seulement 4 acheteurs est saine et équitable ! Car il n’y a plus que 4 acheteurs de nourriture qui comptent en France, les 4 groupements d’achats de la Grande distribution qui achètent les ¾ de notre nourriture. Chacun achète donc la production de 30 000 éleveurs français, et peuvent tout aussi bien s’approvisionner en Allemagne, voire au Brésil ! Quel poids les éleveurs peuvent-ils avoir pour se faire entendre, à part celui de bloquer les autoroutes et les accès aux sites touristiques ?

La simple loi du marché, il n’y a qu’à la voir à l’œuvre chez nos voisins européens, ou aux USA : c’est évidemment 10 à 20 000 éleveurs qui vont faire faillite, l’augmentation importante de la taille de nos élevages, moins de développement régional, plus de chômage, plus de malbouffe, le recours à des travailleurs bulgares ou roumains payés au prix de leurs pays dans les abattoirs, des importations sauvages de produits peu contrôlés, etc. Pourquoi fait-on semblant de la découvrir aujourd’hui, et en particulier ceux qui l’ont prôné lorsqu’ils étaient aux affaires ?

La simple loi du marché, c’est la mondialisation dans notre assiette ! Payer toujours moins certes, mais pour avoir une nourriture de plus en plus anonyme et souvent de moins en moins bonne pour la santé.

Faisons un détour historique : toutes les grandes puissances sont toujours intervenues dans la régulation de l’offre de nourriture et la conquête de leur indépendance alimentaire, depuis les empereurs de Chine ou romains, les pharaons égyptiens, jusqu’aux pères de l’Europe agricole après la guerre. En effet le niveau de la production est très fluctuant : sécheresses, inondations, canicules, grêle, maladies, etc. le rendent très incertain. De l’autre côté chacun entend bien manger tous les jours ! Si on ne fait rien, on a des années de surproduction où les prix s’effondrent et les paysans font faillite, suivies d’années de pénuries où les prix montent rapidement et où on a faim en ville. Ce système est maintenant mondialisé, et nos politiques espèrent que les échanges internationaux puissent le réguler. C’est de la folie ! Qui va croire qu’avec les tensions internationales que nous connaissons, le lait de Nouvelle Zélande pourra couler régulièrement dans le bol de nos enfants, ou la viande brésilienne remplir nos assiettes (ou même le soja argentin la mangeoire de nos animaux) ? Quand on le peut, on se doit de manger de la nourriture produite à moins de 500 km de chez soi. Mais si on veut encore des agriculteurs et des éleveurs près de nos grandes villes, il faut les… élever ! C’est-à-dire au moins leur assurer un revenu minimum en cas de crise pour leur éviter d’abattre leurs troupeaux et l’aller pointer à Pôle emploi. C’est ce que le gouvernement tente de faire actuellement en débloquant en urgence des fonds pour faire des allègements ou des reports de dettes. Mais pourquoi ne pas faire cela de façon structurelle, organisée, et attendre que la crise soit aussi profonde ?

En matière agricole et alimentaire, le non interventionnisme se paie très cher. D’accord la loi sauvage du marché mondialisé a fait des merveilles, par exemple pour les chaussettes : on a fait un appel d’offre mondial, ce sont quelques villes chinoises qui l’ont gagné, la Chine produit dorénavant les ¾ des chaussettes mondiales et plus aucune grand’mère ne reprise aucune chaussette ! Mais s’il y a un jour un grain de sable dans la machine, et qu’on manque de chaussettes en France pendant 3 mois, ce n’est pas grave, on en a tous 10 paires d’avance dans nos tiroirs. Vouloir appliquer cela à la nourriture, c’est comme jouer au loto, voire à la roulette russe : imaginons qu’un jour on découvre sur la porte de notre boulangerie la pancarte "aujourd’hui, pas de farine, pas de pain" !

Accompagner la nécessaire mutation de l’élevage français

Nous avons chacun une responsabilité dans cette crise ! Pourquoi n’achetons-nous pas français, chez nous, et surtout pour commencer dans nos cantines scolaires, d’entreprises ou de collectivités ? La viande, comme le reste, mais à commencer par la viande évidemment. L’idée de promouvoir réellement un label "viande française" sans tricheries est excellente ! D’autant que nous sommes un des pays les plus efficaces au monde en matière de contrôles sanitaires.

Mais souvenons-nous aussi que l’agriculture française est encore largement exportatrice ; se réfugier dans un protectionnisme strict n’aidera pas tous les agriculteurs et ne pourra que nuire à notre agriculture in fine…

Mangeons donc, chaque fois que possible, local, équitable, et…de qualité ! Cela nous coutera plus cher, et alors ? Dans les années 60 on consacrait plus du quart de nos revenus à la nourriture, aujourd’hui 13 % en moyenne. Voulons-nous faire comme les allemands qui en sont à 10 % ? Hier on consacrait deux fois plus de revenus à nous nourrir qu’à nous loger, aujourd’hui deux fois moins ; on va bientôt dépenser plus pour nos loisirs que pour manger ! Pourquoi avons-nous admis que c’est sur les économies de nourriture que nous devons payer notre téléphone portable ? Sans compter que la "malbouffe" génère de plus en plus de dépenses médicales ; il serait plus simple de bien manger et d’être moins malade non ?

Et en plus, pour la viande et le lait c’est encore plus compliqué, car on en mange deux fois plus que dans les années 60, plus de 80 et 90 kilos chaque année, et c’est dorénavant beaucoup trop pour notre santé, car cela provoque diabètes, obésité, athérosclérose, cancers, etc., et aussi pour les équilibres écologiques de la planète. Nous commençons à nous en apercevoir et la consommation de ces produits n’augmente plus. Et ce n’est pas en finançant sur les deniers publics des campagnes de promotion de la viande qu’on résoudra le problème de fond.

Nous devrons accompagner une énorme mutation de notre élevage, comme nous avons fini par le faire dans les années 60 et 70 pour le vin, alors que notre consommation commençait à baisser de 140 litres à 42 litres par an et que les viticulteurs étalaient eux-aussi violemment leur désespoir : un changement radical de la quantité vers la qualité pour, in fine, consommer moins, mais "que du bon, que du cher".

A terme, on ne produira en France que les animaux qu’on pourra nourrir avec les végétaux français (plus d’importations de soja et de maïs sud-américains !), et que de la qualité, toutes les qualités qu’on pourra imaginer, vendue nettement plus chère. Observons que, lors de la précédente crise du lait, tout allait bien en Franche-Comté chez les producteurs de Comté et dans les Alpes chez ceux de Reblochon, et que, quand les bonnets rouges bretons protestaient contre la fermeture d’abattoirs de poulets, tout allait bien chez les producteurs de poulet de Loué, de Bresse et des Landes.

Ce nécessaire changement sera difficile, long et douloureux, et, pour le faire, nos éleveurs surendettés ont vraiment besoin de notre aide. D’autant plus que nous avons légitimement de plus en plus d’exigences environnementales, ce qui les oblige à investir, et que les ressources non renouvelables deviennent de plus en plus rares et chères : engrais, énergie, pesticides. Mais on peut gagner ce combat, si on veut le mener collectivement : songeons qu’aujourd’hui il y a toujours des viticulteurs entre Narbonne et Carcassonne, et qu’on n’y produit plus que du bon vin !

 
Commentaires

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  • Par YNENOUDISEPATOU - 24/07/2015 - 09:38 - Signaler un abus Cela nous coutera plus cher, et alors ?

    Ce serait donc encore au consommateur de supporter les dysfonctionnements relevés par ces éleveurs et producteurs qui à juste titre le font savoir ….alors que, comme vous le dites, la responsabilité des politiques est écrasante …. Le pouvoir d’achat des consommateurs baisse, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire. Acheter de la viande à 40€ le kilo est un luxe que beaucoup ne peuvent se permettre. Les ménages doivent supporter depuis 10 ans une pression fiscale accrue, en impôts, énergie, taxes diverses. Contrairement à l’état, les consommateurs sont obligés de tenir un budget, et quand celui-ci est ponctionné fortement, tous les achats sont réduits, y compris la consommation de viande trop cher pour ces budgets. Si les grandes surfaces présentent des produits dont les prix ne sont pas très élevés, elles répondent précisément à une demande de la clientèle et à ses possibilités. Alors ne serait-ce pas d’abord et en priorité un abaissement des charges et des contraintes des agriculteurs qui devraient être mis en application par l’état ? Car si les revenus de certains sont nuls ceci est bien dû en grande partie aux charges nombreuses et élevées qu’ils subissent.

  • Par Gilly - 24/07/2015 - 10:11 - Signaler un abus De la qualité française pour les gens aisés

    Des produits étrangers de médiocre qualité voire dangereux pour la santé pour les autres.

  • Par Anguerrand - 24/07/2015 - 10:50 - Signaler un abus Et si les agriculteurs faisaient un effort d'adaptation

    au marché internationaux? Les fermes des pays du Nord et d'Allemagne ont en moyenne une surface double, il ont créé des fermes de 2.000 à 3.000 vaches automatisées. Ces fermes sont écologiques car elle retraitent le fumier en le methanisant, contrairement aux petites exploitations qui rejettent leur nitrate ( pollution et algues vertes) Elles sont donc autosuffisantes en énergie.les conditions de vie des animaux sont les mêmes dans ces grandes fermes que dans les exploitations françaises de 40 vaches, emprisonnées entre 4 barrières, elle ne savent plus ce qu'est un pré. Mais en France rurale que de cinéma pour une ferme de 1.000 vaches, dont on interdit d'avoir plus de 500 vaches. Les agriculteurs devront un jour ou l'autre s'adapter au marché et ne plus recevoir les 9 milliards de subventions de la PAC, sans compter les aides françaises ( 600 millions supplémentaires payés par les contribuable). Je préfère acheter français, mais ne soyons pas naïfs, les conditions de vie et l'alimentation sont similaires en France ou en Europe ( granulés, foin). Seul les races de viandes peuvent faire la différence.

  • Par DANIEL74000 - 24/07/2015 - 11:34 - Signaler un abus La mondialisation a bon dos !

    Le libre commerce est source de paix, l'ignorance de violence a écrit Montesquieu. Il est impossible qu'un état composé d'oligarques capitalistes de connivence, se libèrent de ses fautes en accusant la mondialisation qui a permis aux pays pauvres de s'en sortir. Mais en France, c'est l'état qui est responsable des monopoles publics et privés qui faussent la concurrence et qui subsiste par sa providence et sa distribution aveugle. Contrairement aux retraités du privé qui sont nombreux mais sans arme, les éleveurs peuvent avec leur matériel chasser les marchands du temple des assemblées et des ministères. Eleveurs, prenez en mains la défense des consommateurs et donc de votre pouvoir d'achat

  • Par alainb - 24/07/2015 - 13:59 - Signaler un abus La FNSEA vous le rendra. !!!!l

    Pauvres agriculteurs ... Je les invitent a aller sur société .com et à prendre des renseignements sur leur représentant Xavier Beulin .. Jusqu'à présent j avais beaucoup de peine pour ce milieu et maintenant j 'ai beaucoup de pitié. Bon we à tous.

  • Par superliberal - 24/07/2015 - 15:29 - Signaler un abus il faut libéraliser...

    Les agriculteurs Français sont tout à fait à même d'être compétitif au niveau mondial pourvu qu'on arrête de les emmerder avec de la paperasserie à n'en plus finir, avec des taxes, des contraintes écologiques débiles...sans parler du coût d'un salarié agricole en France. Agriculteurs et entrepreneurs même combat !

  • Par vangog - 24/07/2015 - 16:37 - Signaler un abus Ah, l'éternelle loi (gauchiste) de la faillite du marché!

    "La simple loi du marché, il n’y a qu’à la voir à l’œuvre chez nos voisins européens, ou aux USA : c’est évidemment 10 à 20 000 éleveurs qui vont faire faillite..." L'economiste biberonné à la pensée unique n'a pas résisté à la tentation de l'éternel laïus gauchiste sur la fameuse "loi du marché", responsables des faillites de tous et toutes...ne faisant pas confiance au neo-Keynesien, j'ai donc tapé Google pour qu'il me prête son avis..." Faillite éleveurs USA"....rien! "Faillite éleveurs UE"...quelque-chose, oui...la France! Aucun exemple aux USA ni en UE de cette fameuse "loi du marché qui broie les hommes"...j'avancerai donc une hypothèse que ce type d'économiste à œillères ne percevra jamais: et si l'UE était responsable d'avoir trop subventionné, au moment même où elle desubventionnait? Et si, par solidarité avec les ex-pays socialistes, l'UE n'avait pas trop subventionné, à coup de fonds structurels, FEDER, fonds de compensation, fonds d'aide au développement au profit des ex-apparatchiks socialistes, et de leurs immenses fermes collectivement subventionnées par l'UE, au moment même où l'UE ultra-libéralisait a l'Ouest, et prononçait la fin de la PAC...double-effet mortel!

  • Par langue de pivert - 24/07/2015 - 17:21 - Signaler un abus Excellent article !

    Plein de bon sens ! Comme moi ! ☺

  • Par Ganesha - 24/07/2015 - 18:16 - Signaler un abus Discussion

    En lisant cet article, j'ai connu un bref moment de bonheur et je me suis pris à rêver : les fidèles commentateurs d'Atlantico allaient enfin reconnaître que le Capitalisme financier qui nous gouverne actuellement est une organisation criminelle, une Mafia. Quatre ''grands acheteurs'' pour les 3/4 de la nourriture consommée en France. Un exemple que j'utilise souvent, se trouvant confirmé : les abattoirs allemands fonctionnent avec des travailleurs roumains ou bulgares, payés 4 euros de l'heure. Puis, retour à la réalité : voilà les papys de droite qui ressortent leur catéchisme habituel ! Mais, il est vrai que si tout le monde était d'accord, il n'y aurait plus de discussion !

  • Par MONEO98 - 24/07/2015 - 19:00 - Signaler un abus faudrait recréer l"URSS

    Et demander aux héritiers de Doumeng de reprendre le flambeau -:)Nostalgie quand tu nous tient

  • Par Ganesha - 24/07/2015 - 19:22 - Signaler un abus Antibiotiques

    Citation de notre ''immense expert agricole'', phare de la désinformation : ''les conditions de vie et l'alimentation sont similaires en France ou en Europe''. Entendu sur ''C'est dans l'Air'' : les porcs allemands contiennent beaucoup plus d'antibiotiques que les porcs français ! Vous pensez que les normes européennes sont fixées par des gens honnêtes et soucieux avant tout du bien-être des consommateurs ? La gueule de momie de mr J.C. Juncker vous inspire confiance ?

  • Par Anguerrand - 24/07/2015 - 20:06 - Signaler un abus A ganesha

    Quand on a comme argument que papys de droite et capitaliste financier qui ne veut rien dire on s'abstient d'intervenir. On a compris que vous êtes d' extrême gauche, maintenant tout le monde le sais alors arrêtez de radoter, votez FN ou FDG, on s'en moque on a compris.

  • Par Ganesha - 24/07/2015 - 21:13 - Signaler un abus Enervement

    Mon pauvre Anguerrand ! Je pourrais plaisanter et vous dire d'apprendre à lire ! Mais en fait, ce qui se passe, c'est que vous énervez tellement lorsque vous me lisez, que vous n'intellectualisez pas les arguments objectifs et pertinents que je vous présente : quatre centrales d'achat, salaires des esclaves dans les abattoirs allemands, différence d'emploi des antibiotiques entre France et Allemagne...

  • Par Bruno Parmentier - 25/07/2015 - 03:02 - Signaler un abus Les américains subventionnent aussi leur agriculture

    Il me semble un peu caricatural d'opposer les américains efficaces et les français accros aux subventions et adeptes de laïus gauchistes... les grandes fermes américaines sont souvent subventionnées davantage que les européennes. Las américains n'ont jamais cessé de trouver de nouvelles voies pour aider leurs agriculteurs à conquérir des marchés, ou tout simplement à survivre lors des périodes difficiles. Le modèle français de développement régional équilibré, et le modèle alimentaire auquel nous sommes attachés nécessitent un élevage réparti sur le territoire, pas regroupé en quelques immenses fermes. A nous de savoir si on veut se le payer. Les agriculteurs ne sont pas des assistés, mais si nous continuons à vouloir à la fois des aliments pas chers, aux prix du marché international, plus des normes environnementales et de sécurité alimentaire plus exigeantes que la moyenne, plus des campagnes vivantes, plus des salaires corrects pour tous, il est normal de se payer toutes ces exigences contradictoires, ça s'appelle la politique agricole commune, ça n'a rien de socialisto-gauchiste, c'est l'attachement à nos valeurs et notre mode de vie, que le reste du monde nous envie !

  • Par winnie - 25/07/2015 - 07:07 - Signaler un abus Ou l' on s'apercoit...

    Que MLP a encore raison sur toute la ligne . Ce sont tous ces politicards qui ont signer et fait plus qu'appliquer a la lettre les directives des technocrates de Bruxelles,qui ont mis les paysans dans cette mer de.

  • Par vangog - 25/07/2015 - 10:21 - Signaler un abus @Bruno Parmentier le problème du subventionnement européen

    est qu'il est inconséquent et tributaire des élargissements successifs et absurdes de l'UE. Tous les grands pays subventionnent certains pans de leur agriculture, mais ils le font intelligemment, avec une vision à long terme. Seule l'UE dirigée par des technocrates socio-démagogues le fait de façon aberrante, en privilégiant le court-terme et l'idéologie europeiste. Pourquoi cesser les subventions de la PAC, censées compenser la surproduction de produits agricoles, alors que, dans le même temps, l'UE s'élargit vers des ex-dictatures socialistes, qui possèdent cinquante ans de retard sur notre système social, et subventionne allègrement les immenses fermes intensives de ces pays, ainsi que leurs infrastructures de transports? D'un côté, l'UE cesse une PAC qui permettait une restructuration lente de nos cultures extensives, de l'autre côté, elle subventionne les larges exploitations de l'Est et favorise le dumping fiscal et social. Si la France avait conservé sa PAC au niveau national, comme le souhaitait le FN, cette schizophrénie europeiste n'aurait pas atteint le degré pathologique qu'elle a, aujourd'hui, et nos agriculteurs continueraient à vivre...

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Bruno Parmentier

Bruno Parmentier est ingénieur de l’école de Mines et économiste. Il a dirigé pendant dix ans l’Ecole supérieure d’agronomie d’Angers (ESA). Il est également l’auteur de livres sur les enjeux alimentaires :  Faim zéroManger tous et bien et Nourrir l’humanité. Aujourd’hui, il est conférencier et tient un blog nourrir-manger.fr.

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