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Attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher : mais au fait, avec un an de recul, pourquoi sont-ils en guerre contre nous ?

Un an après les attentats de janvier 2015 et moins de deux mois après ceux du 13 novembre, les raisons qui ont poussé ces djihadistes à agir en France soulèvent toujours des débats houleux. Loin des émotions terrifiantes du bruit et de la fureur de ces actes, une plongée dans les motivations profondes de ces jeunes et de leurs cadres permet de mieux connaître le camp d’en face…

Vue d'ensemble

Publié le - Mis à jour le 8 Janvier 2016
Attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher : mais au fait, avec un an de recul, pourquoi sont-ils en guerre contre nous ?

Atlantico : Comment expliquer que l’Etat islamique, Al Qaïda et les jeunes djihadistes français soient en guerre contre l’Occident, et plus particulièrement la France  ?

Alain Rodier  : Il convient de considérer deux cas. Celui des idéologues des deux mouvements (EI -Daech- et Al-Qaïda "canal historique") et celui des exécutants de base qui ont perpétré les attentats de 2015.

Les idéologues des deux entités obéissent à une seule doctrine, le salafisme-djihadisme qui, pour faire court, prône à un retour à l’islam des origines et à un respect strict des textes sacrés, le Coran, les Hadiths et la vie de Mahomet. Il s’agit d’une doctrine guerrière (dite de la période "médinoise") et conquérante. Pour ces idéologues qui sont férus en textes sacrés (ils se disent "érudits"), il convient donc de créer à terme un "califat mondial" où la vie des populations est basée sur la charia la plus stricte.

La différence entre l’EI et Al-Qaïda "canal historique" réside dans la stratégie à adopter pour mener la guerre sainte. Pour Daesh, la création d’un "Etat" (situé à cheval sur la Syrie et l’Irak) est une première étape. Il constitue le "Dar al-islam" (la demeure de l’islam). A partir de ce noyau dur, l’EI pense être à même de conquérir progressivement le monde en commençant par les pays musulmans qui, selon ses idéologues, sont gouvernés par des "déviants" de l’islam. Ensuite, il sera temps d’étendre les conquêtes aux pays non musulmans, le "Dar al-harb" ou "Dar al-kufr" (la demeure de la guerre ou de la mécréance). Pour Al-Qaïda, il convient de déstabiliser peu à peu tous les Etats qui doivent à terme tomber comme des fruits mûrs dans son escarcelle. En cela, Al-Qaïda applique une stratégie inspirée par les Frères musulmans. Dans les deux cas, les idéologues savent que leur action devra s’étendre sur plusieurs générations.

Comme ce discours est inaudible pour les exécutants de base qui, dans leur grande majorité, ne connaissent pas la doctrine de l’islam, il a été décidé par les organes de commandement des deux mouvements, les "choura", de les motiver en "victimisant" systématiquement la Oumma (la communauté des croyants). En ce qui concerne la France, l’Histoire est mise en avant avec à l’origine des croisades considérées comme des agressions du monde croisé. Ensuite, le passé colonial de la France au Proche-Orient et au Maghreb est mis en avant. Enfin, les interventions en Afghanistan, au Liban, en Irak, en Syrie, au Sahel sont aussi présentées comme des attaques contre la Oumma. Enfin, l’attitude des autorités en France même avec la mise en avant de la "laïcité" est aussi considérée comme une maltraitance des musulmans. Bien que l’EI et Al-Qaïda ne se soient pas vraiment souciés des Palestiniens dans le passé, cette cause est aussi avancée en particulier pour stigmatiser les Français de confession juive.

Anthony Escurat  : Il est tout d’abord primordial de rappeler que ce qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux ne peut en aucun cas être résumé à une simple guerre entre le monde occidental d’un côté et ce que Samuel Huntington avait dépeint à gros traits comme la civilisation islamique de l’autre. Comme l’affirmait Edward Saïd, l’Orient est tout sauf un bloc uniforme.

Ainsi, numériquement, les principales victimes d’Al Qaïda ou de Daech sont des musulmans à l’extérieur des frontières de l’Occident (en Syrie, au Pakistan, en Jordanie, etc.). Dans ce contexte, la conception huntingtonienne de la civilisation musulmane et de l’"ennemi vert" ne résiste pas à ce que l'on pourrait qualifier de "choc islamique" ; choc duquel l’Occident n'apparaît, in fine, non pas à la périphérie (ce serait exagéré bien entendu) mais comme une cible parmi d’autres. La preuve en est donnée par l’affrontement entre sunnites et chiites ; la récente rupture des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran en étant l’illustration la plus éclatante. Mais au sein même du monde sunnite, les divergences sont nombreuses et profondes.

La guerre en Syrie est ainsi depuis maintenant plusieurs années le théâtre de ce "choc islamique". L’Iran chiite porte à bout de bras le clan Assad alaouite tandis que l’opposition syrienne est soutenue par deux puissances sunnites rivales : l’Arabie saoudite et le Qatar. Combattant le même ennemi, Riyad et Doha se livrent en toile de fond une véritable "guerre dans la guerre". Le Qatar en soutenant les rebelles du front Al-Nosra, en cheville avec Al-Qaïda, l’Arabie saoudite en appuyant le front islamique. Tous deux contre Bachar Al-Assad et ses alliés chiites, mais l'un opposé à l'autre.

Dans cet épais brouillard, l’islam apparaît comme l’otage malheureux d’antagonismes bien plus politiques que religieux. Ce faisant, les djihadistes français n’en sont pas moins égarés et pris en tenaille. Souvenons-nous que les frères Kouachi se réclamaient d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) tandis que les terroristes du 13 novembre de l’État islamique. Deux organisations aujourd’hui moins duettistes que concurrentes…

Dans ce maelstrom, l’Occident apparaît à leurs yeux comme une cible à la fois symbolique et légitime. Dans son ouvrage La haine de l’Occident, le sociologue Jean Ziegler nous donne – sans le vouloir – des clés très intéressantes pour comprendre pourquoi Daech ou Al Qaïda nous attaquent, en distinguant ce qu’il appelle la "haine pathologique" (qui pousse au terrorisme) et la "haine raisonnée" (dont la conférence de Bandung en 1955 fut l’émanation politique avec ses hérauts tel Nasser puis trente ans plus tard comme Sankara).

Les raisons de cette haine sont multiples. Les blessures de la colonisation sont bien entendu toujours vivaces : Daech utilisant ainsi très souvent la notion de "croisés" dans sa communication pour évoquer les Occidentaux. Mais aujourd’hui c’est surtout l’hyper-domination occidentale, à la fois politique et économique, qui est pointée du doigt voire attaquée. L’idée que la colonisation occidentale constitue toujours une réalité est ainsi largement répandue dans une partie du globe : du Nigéria au Venezuela jusqu’en Syrie. Vu d’Orient, d’Amérique latine ou d’Afrique, l’impérialisme occidental est perçu aujourd’hui comme un trait d’union avec le colonialisme d’hier, et pas seulement par des extrémistes. Enfin, l’une des raisons principales qui féconde cette « haine » est la diplomatie à géométrie variable menée en permanence par les pays occidentaux. La pratique coutumière du double langage n’est pas (plus) acceptée dans une partie du monde oriental. L’intervention américaine en Irak, réalisée au nom de la démocratie, en est le point d’orgue, sinon de bascule. Comment l’Occident peut-il, ce faisant, ne pas susciter la « haine » en Orient ou ailleurs ? Daech et Al Qaïda ont prospéré, d’une certaine manière, sur nos propres échecs et nos mensonges.

En quoi ces raisons sont-elles réelles ou fantasmées ?

Alain Rodier  : L’Histoire ne peut être niée, les croisades et les colonies (qui ne s’étendaient pas qu’au monde musulman) ont bien existé. Mais ces temps sont révolus. Si l’on fait un parallèle, jamais la France n’aurait dû fraterniser avec les Allemands qui lui ont imposé deux guerres mondiales… L’Eglise catholique a su se réformer de l’intérieur en abandonnant son côté prosélytisme. Ce sont les responsables politiques de l’époque qui ont abandonné le système colonial, parfois au prix de très lourds sacrifices. L’Occident en général et la France en particulier ont su évoluer avec le temps, particulièrement en mettant les droits de l’Homme en avant.
Beaucoup d’Européens convaincus à la cause djihadiste jouent aussi sur le phénomène de «  victimisation  » pour magnifier leur engagement. Avant, ils n’étaient «  personne  »  ; une fois engagés, s’ils n’attirent pas le respect, ils inspirent la peur. Et cela, c’est extrêmement gratifiant. Ce qui est inquiétant réside dans le fait qu’ils sont prêts à se sacrifier pour laisser une «  trace dans l’Histoire  ». Comme ils ne connaissent pas la doctrine de l’islam, ils ne se rendent pas compte que le suicide est interdit même si le martyre est magnifié. Ainsi, pour  Yusuf Qaradawi, éminent islamologue qatari, président du Conseil Européen des fatwas et de la Recherche (organisation européenne publiant des directives à l’attention des musulmans européens),  l’islam interdit le suicide. Il écrit :  "Celui qui se tue, quel que soit le moyen, attente ainsi à une vie que Dieu a interdit de tuer sans raison valable. La vie de l’homme n’est pas sa propriété car il ne s’est pas créé lui-même  ; il n’a même pas crée un seul de ses organes, ni une seule de ses cellules. Sa vie n’est qu’un dépôt que Dieu lui a confié. Il ne lui convient pas de la laisser perdre et à plus forte raison d’être lui-même cause de sa perte […]" Le Prophète a prévenu celui qui se suicide qu’il sera privé de la miséricorde de Dieu au Paradis et qu’il méritera plutôt sa colère en Enfer.  Si les hadiths suffiraient à eux seuls pour interdire le suicide,  Yusuf Qaradawi  cite également le Coran en appui à son avis :  "Ne vous tuez pas vous-mêmes (ou les uns les autres). Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous." (sourate 4, verset 29). Sans justifier ni excuser les atrocités commises, une bonne partie de ces raisons s’ancrent malgré tout dans une certaine réalité.

Anthony Escurat  : Sur le plan politique, le double langage de l’Occident est insupportable aux yeux d’une bonne partie de l’Orient. La promotion permanente de la démocratie et des Droits de l’Homme s’accommodent mal du blanc-seing accordé à certains pays (des pétromonarchies notamment) et de l’ingérence en Irak, en Syrie ou en Libye. La diplomatie à géométrie variable est mortifère et nourrit inlassablement cette « haine » et le « sentiment d’humiliation », comme l’a démontré Dominique Moïsi, ressenti dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine.

Sur le front économique, les plans d’ajustement structurel menés par le FMI ou la Banque mondiale au cours des années 1990-2000 ont conduit à une plus grande paupérisation des pays récipiendaires, notamment en Afrique et en Amérique du Sud, et à la mainmise de l’Occident sur de nombreux secteurs d’activité (agriculture, santé, télécoms, etc.). Une politique dénoncée, entre autres, par le Nobel Joseph Stiglitz, ancien vice-président de la Banque mondiale, et qui a alimenté plus que jamais cette « haine de l’Occident ».

Les multinationales occidentales, assimilées – à tort ou à raison – à leurs gouvernements, sont dès lors les premières  concernées. Certes la plupart du temps avec la complicité active des exécutifs locaux, elles ont incontestablement participé à cette « haine ». L’exemple du Nigéria est à ce titre frappant. L’éclosion du MEND (mouvement pour l’émancipation du delta du Niger) puis de Boko Haram (qui a récemment prêté allégeance à Daech) s’est ainsi réalisée sur la « haine » suscitée par les compagnies pétrolières anglo-saxonnes et françaises, et par les profits générés et les dégâts environnementaux engendrés face à une population locale toujours plus pauvre.

Comme l’expliquait Amin Maalouf dans Le dérèglement du monde, l’Occident est dès lors critiqué non pas pour ses valeurs mais bien au contraire parce qu’il ne les respecte pas, ou seulement qu’à moitié.

Dans ce contexte, il serait illusoire de croire que ce sont notre démocratie, notre libéralisme, notre droit au blasphème ou même encore nos terrasses de café qui sont dénoncés. L’Occident est attaqué pour son impérialisme et le fossé abyssal qui s’est creusé entre ses paroles et ses actes.

En quoi l'EI voire Al Qaïda misent et ont misé sur une stratégie de provocation visant à provoquer une guerre civile dans les pays occidentaux et notamment en France ?

Alexandre Del Valle  : Je ne sais pas si c'est le but fondamental, mais il est vrai que la stratégie élaborée par les théoriciens de Daech, notamment Abou Moussab Al Suri et Aboubaker Naji, est qu'il faut tout faire pour investir les pays où il y a des oppositions intercommunautaires, des divisions entre musulmans et non-musulmans ou un désordre ou un chaos. Ils appellent cela « l'administration de la sauvagerie ». La stratégie consiste à profiter du chaos ou à créer une situation chaotique en massacrant des infidèles ou « apostats » en Europe et en France dans le but que cela déclenche un climat d'islamophobie susceptible de justifier puis encourager à la fois la radicalisation des musulmans, leur séparation d’avec les infidèles puis leur départ souhaite en plus grand nombre vers les territoires du  Califat. L'idée est donc à la fois de créer une terreur psychologique (« jeter l’effroi dans le cœur des Infidèles ») et de susciter une cassure entre musulmans et non-musulmans notamment pour provoquer l'exil des musulmans vers l'Etat islamique.

Il faut bien comprendre que dans les traditions salafistes, il est inconcevable et insupportable que des croyants obéissent aux non-musulmans et qu’ils vivent parmi des sociétés « mécréantes », d’où l’invitation des communautés musulmanes du monde entier à se réunir dans un Califat. En attendant, il s’agit de provoquer un « partheid volontaire » puis un phénomène de sécession islamique vis-à-vis des « pouvoirs infidèles ». Toute la rhétorique de l'EI, que l'on retrouve dans ses vidéos, est de dire : "Venez vivre dans un Etat islamique car vous n'avez pas le droit de vivre avec des mécréants." Dans cete perspective, susciter une vague d'islamophobie en réaction aux attaques islamistes permet de mieux séparer les communautés et donc de recruter des gens qui viendraient ensuite alimenter l'EI après avoir fui les pays mécréants » islamophobes ». Et si dans un second temps il y a une guerre civile, c’est la cerise sur le gâteau.

Plus globalement, et sur le long terme, l’objectif suprême de la stratégie terroriste jihadiste de la « Sidération » consiste à provoquer par la terreur psychologique un Syndrome de Stockholm collectif et généralisé chez l’ennemi infidèle et , grâce à cette immense publicité qu’est la médiatisation extrême du terrorisme, mettre en place gratuitement un gigantesque processus de « marketing islamique négatif et positif », puisque après chaque attentat terroriste, des semaines de médiatisation non-stop et de débats autour de l’islam s’enchaînent et pénètrent les consciences « mécréantes » au plus profond en vertu des lois de la communication et de l’intériorisation faites de répétition et de chocs psychologiques.

En effet, on constate depuis le 11 septembre que plus on tue au nom de l'islam, plus on parle de l'islam, en mal, certes, mais aussi « en bien » par « refus de l’amalgame. Le phénomène de « marketing » islamiste s’autoalimente et les médias occidentaux avides de sensationnel et politiquement correct tombent à chaque fois dans le panneau en faisant une publicité gratuite en faveur de la religion islamique dont aucune autre religion ne peut rêver de bénéficier. En fait, les Islamistes savent très bien que les pays occidentaux sont humanistes et prisonniers par leurs valeurs, et donc qu’il y aura toujours moult bien-pensant qui affirmera à chaque attentat que « l'islam ce n'est pas ça », que « le Coran est un texte d’amour », que le jihadisme n’a « rien à voir avec l’islam », etc,  et que cette religion victime de l’islamophobie doit être « plus respectée et représentée », etc.

Et en quoi, en France, cette stratégie trouve-t-elle un écho ?

Alexandre Del Valle  : Elle trouve un écho énorme, permanent, premièrement dans l’ultra-médiatisation que l’on fait des attentats eux-mêmes, dans la promotion de l’islam en général et de par les nombreuses conversions qui, loin de diminuer depuis le 11 septembre en  Occident se multiplient partout de la France aux Etats-Unis en passant par la Grande Bretagne, la Belgique ou l’Amérique latine ou l’Australie. Des chercheurs du CNRS ont étudié cet étrange phénomène depuis 2001 qui fait que même chez les « occidentaux de souche » et les judéo-chrétiens bourgeois occidentaux les conversions ont explosé.

Plus globalement, c'est une stratégie qui est fondée sur une perception aigue du fonctionnement du cerveau, des lois de la propagande, de la communication et de la manipulation des masses puis de la connaissance de l'être humain. Les stratèges jihadistes savent parfaitement que l'homme, paradoxalement, est attiré par ce qui est fort, puissant, voire terrifiant que l’homo sapiens comme les hordes de chiens ou de singes est séduit par la force et a tendance à suivre les chefs les plus violents, qu’il a tendance à se soumettre volontairement à ceux qui le terrifient psychologiquement. Si les mosquées salafistes les plus radicales sont les plus remplies dans nos capitales occidentales, c ‘est pour cette raison également. Inversement, si les églises catholiques conciliaires sont souvent vides, et si la religion qui est le plus impunément conspuée et attaquée est le catholicisme, c’est parce que ce dernier n’est plus ni combattif ni fervent ni impressionnant.

Malheureusement, l'être humain a gardé quelque chose de primaire, animal qui le pousse à donner raison au plus fort et à celui qui a l’air le plus menaçant et ou empreint de certitudes. C’est pourquoi les islamistes voient dans les occidentaux des masses d « endormis ». De la même manière dans une cité à problème où l’islam est la seule référence respectée avec la loi brutale des caïds, les coqs dominateurs et violents fascinent et les barbus au passé de combattants en Afghanistan ou ailleurs suscitent un respect inégalable. Et lorsque que le caïd devient un barbu l’alliage est redoutable. Plein de gens voudraient alors lui ressembler et admirent son courage héroïque. Face aux « mécréants » occidentaux « dormeurs » qui ont peur de la mort, celui qui ne la craint pas et qui tue au nom d'allah akbar en disant qu'il « aime la mort plus que la vie » et est prêt à tout pour réaliser l’islamisation de l’univers par le Jihad global sidère et fascine en même temps qu’il effraie et terrorise. Il suscite aussi des vocations par mimétisme.

Le pouvoir de fascination et d’imitation du jihadiste qui défie la mort et paraît ainsi être une sorte de surhomme est d’autant plus fort que nos sociétés occidentales cultivent en revanche une peur terrifiante de la mort et un refus munichois de toute idée de combat violent. De ce fait, les islamo-jihadistes parient sur le fait que les individus matérialistes et consommateurs d’antidépresseurs rien qu’à l’idée de vieillir se soumettront tôt ou tard et capituleront aux termes d’une contamination croissante et générale par une forme collective de syndrome de Stockholm.  

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 06/01/2016 - 08:29 - Signaler un abus Cour de récréation, Boycott médiatique

    En pratique, et en ce qui nous concerne, nous les français, la toute première urgence, c'est de stopper net la politique de la misérable serpillère qui nous sert de président ! Arrêter de prétendre bombarder en Irak et en Syrie, alors que nous n'avons plus de bombes ! Essayer de nous faire croire que cela pourrait avoir le moindre effet, après l'épouvantable échec de huit ans d'intervention au sol par les américains ! Arrêter, tout simplement par un boycott médiatique, les discussions sur cette insondable stupidité de la ''déchéance de nationalité''. Censée faire renoncer les candidats-kamikaze à leur projet ! Comment est-il possible d’être crétin à ce point ? Remarquons que Marine Le Pen a au moins la dignité de garder le silence sur cette ''discussion de cour de récréation pour enfants de six ans'' !

  • Par Ganesha - 06/01/2016 - 08:33 - Signaler un abus Revenu de Base

    La suite est plus compliquée et beaucoup de lecteurs d'Atlantico ne seront pas d'accord  avec moi : reconnaître comme le fait Alexandre Del Valle au bas de la page 1, que la grande faiblesse de l'Europe, c'est qu'elle est actuellement gouvernée par une politique tellement erronée, un système économique tellement injuste, qu'elle est rejetée par une très grande majorité de sa population. Tant qu'en France les jeunes seront pour le FN mais s'abstiendront aux élections, tandis que les vieux militants socialistes iront voter Estrosi ou Bertrand, notre société ne s'attirera que la haine et le mépris aussi bien des français ''de souche'' que ceux ''originaires de l'immigration'' ! Si l'Europe veut vraiment gagner cette guerre contre le ''modèle islamique'' (qui est tout à fait réel), il faut, et il suffit, qu'elle soit capable de présenter, elle aussi, un projet ''enthousiasmant''. En Espagne, le parti Podemos a le Revenu de Base'' dans son programme ! Ce qu'il faudrait, c'est que les partis du changement arrivent au pouvoir ensemble dans plusieurs pays. Évidemment, il va encore y avoir ici une andouille qui va écrire : ''le revenu de base, c'est impossible à financer'' !

  • Par Lafayette 68 - 06/01/2016 - 09:40 - Signaler un abus Objectivité ?

    Anthony Escurat :"l'islam n'est pas incompatible avec la démocratie" et "le projet de daesh n'est pas le projet d l'islam à proprement parler". On a le droit d'en douter ...Il n'aime pas Huttington , c'est son droit . "les principales victimes d'al quaeda sont des musulmans à l'extérieur des frontières de l'occident " : plus de 3000 à New York ( crime de masse jamais égalé avec un minimum de musulmans ) ,des centaines non musulmanes à Madrid , Londres ,Paris... "l'islam apparait comme l'otage malheureux d'antagonismes bien plus politiques que religieux": on a compris . Objectivité quand tu nous tiens...

  • Par zouk - 06/01/2016 - 10:20 - Signaler un abus Islam contre Occident?

    Nos medias feraient probablement bien d'éviter les discussions sans fin sur les attentats, les motivations de djihadistes, la nature profonde de l'Islam.... tous phénomènes qu'ils comprennent fort mal, et leurs lecteurs encore moins. Il est probablement vrai que, même au XXI° siècle, la force fascine, mais n'oublions pas que la cruauté systématique repousse. A long terme, démocratie, acceptation, respect et m^me amour du prochain...., tous nés dans la religion chrétienne finiront par vaincre la haine volontairement entretenue par une partie minoritaire mais bruyante de l'Islam, beaucoup des musulmans voient bien que les Croisades, l'exploitation coloniale sont d'un temps révolu. Mais il serait grand temps que l'Eglise et toutes les dénominations qui en sont dérivées se réaffirment.

  • Par ISABLEUE - 06/01/2016 - 11:07 - Signaler un abus cette photo de fonctionnaires socialos

    qui n'ont RIEN FAIT depuis qu'ils sont là à part le mariage gais me donnent envie de vomir.. Ils se recueillent sur nos morts, alors qu'ils n'ont rien faits, à part se mettre en avant sur la photo comme la maire de paris...; Ecoeurant...

  • Par tubixray - 06/01/2016 - 11:21 - Signaler un abus Une photo et au delà

    Comme Isableue l'écrit, commémorez braves gouvernants de gauche mais aucune réaction concrète face à des attaques d'une telle cruauté...... Un reportage hier sur les attentats de Charlie mettait en évidence l'impuissance des policiers à riposter au frères K alors qu'ils quittaient l'immeuble de Charlie Hebdo......... Une voiture de police faisait marche arrière pour les laisser passer sans le moindre tir (surréaliste mais filmé) et le policier à vélo (Ahmed, la photo correspond au lieu ou il a été tué) s'est fait tirer comme un lapin par ces barbares ........ Quand va t-on permettre à nos policiers / gendarmes d'ouvrir le feu dès que des individus brandissent des armes de guerre ??????

  • Par vangog - 07/01/2016 - 00:33 - Signaler un abus Les croques-morts du Parti socialiste!

    Impuissants face à l'histoire, détestes par le peuple de France, menacés par la l'épidémie de dhimmitude qui affaiblit la gauche, il ne reste à ces zombies gauchistes que la commémoration de la mort pour émerger du magma boueux où l'histoire les engloutit, petit à petit! A ceux qui ont déjà le costume de la mort, souhaitons une fin rapide et digne...

  • Par Gordion - 07/01/2016 - 05:15 - Signaler un abus @ Lafayette 68

    Je partage vos commentaires sur les propos de M.Escurat. Qu'il veuille bien nous citer un seul pays au monde dont les fondements démocratiques sont basés sur les princpes de Montesquieu, Tocqueville? La Tunisie n'est qu'un embryon de démocratie - bienvenu dans un pays musulman certes! - mais tout de même... M.Escurat doit faire partie des intellectuels qui basiquement traitent Huntington d'"intellectuellement malhonnête"...c'est qu'il n'a pas analysé son livre, quelque peu obsolète à ce jour, mais terriblement prémonitoire.

  • Par Gordion - 07/01/2016 - 05:16 - Signaler un abus Merci à A.Rodier et A. Del Valle

    ....pour leur clarté d'analyse et visions géopolitiques!

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur en 2015 de "Grand angle sur les mafias" et de " Grand angle sur le terrorisme" aux éditions UPPR (uniquement en version électronique), en 2013 "le crime organisé du Canada à la Terre de feu", en 2012 "les triades, la menace occultée", ces deux ouvrages parus aux éditions du Rocher, en 2007 de "Iran : la prochaine guerre ?" et en 2006 de "Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme" aux éditions ellipse, Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier "la face cachée des révolutions arabes" est paru chez ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS.

 

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc), il intervient pour le groupe Sup de Co La Rochelle et des institutions patronales et européennes et est chercheur associé au CPFA (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment auteur des livres Le Chaos Syrien, printemps arabes et minorités face à l'islamisme (Editions Dhow 2014), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (Editions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (Editions du Toucan).

 

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Anthony Escurat

Anthony Escurat est doctorant en science politique à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.

Il est l'auteur de la note "Le lobbying : outil démocratique" pour la Fondation pour l'innovation politique.

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