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Affaire Boulin : suicide ou assassinat, l’ombre de Jacques Chirac dans les deux cas ?

France 3 consacre deux soirées à l’affaire Robert Boulin, ministre du Travail et de la Participation sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979.

Guerre des droites

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Affaire Boulin : suicide ou assassinat, l’ombre de Jacques Chirac dans les deux cas ?

François Berléand dans le rôle de Robert Boulin. Crédit Téléfilm, "Crime d'Etat", produit par Jean-Pierre Guérin

Atlantico : La chaîne France 3 consacre deux soirées à l’affaire Robert Boulin, ministre du Travail et de la Participation sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979. Le documentaire d'hier et le téléfilm de ce soir présentent des thèses opposées. La fiction opte pour la thèse de l'assassinat, le documentaire penche pour le suicide. Le nom de Jacques Chirac revient régulièrement dans les arguments des partisans des deux thèses.

Suicide ou assassinat, quel est selon vous le degré d’implication de l’ex président de la République dans cette disparition ?

Benoît Collombat : Au moment de sa disparition, Robert Boulin est un « gaulliste historique », indispensable à l’équilibre politique du gouvernement de Raymond Barre, qui subit alors la guérilla politique du RPR de Jacques Chirac. Pour Boulin, Chirac n’est pas un vrai gaulliste. Son OPA sur l’UDR en décembre 74, l’a révolté. Il rend sa carte avant de réintégrer le mouvement en janvier 76. Quelques mois plus tard, Chirac lance le RPR : une machine de guerre pour conquérir le pouvoir, depuis la mairie de Paris. La perspective de la présidentielle de mai 81 aiguise les appétits. Tous les coups sont permis pour apparaître comme le leader incontesté à droite.

En tant que gaulliste social et ancien résistant rallié à Giscard dont le nom est cité comme futur Premier ministre, Boulin devient une cible politique. C’est le RPR qui fait sortir dans la presse une affaire bidon de terrain à Ramatuelle pour tenter de ternir son image d’homme intègre. Un escroc, Henri Tournet, qui a grugé Boulin essaye de l’entraîner dans sa chute. Boulin sait d’où viennent les coups, et il n’entend pas se laisser faire. Il reçoit alors des menaces. A cette époque, Foccart met ses réseaux africains au service de Chirac. Par l’intermédiaire de Pierre Debizet (chargé de la sécurité du président Bongo), Foccart contrôle également les hommes du SAC (Service d’action civique), le service d’ordre du parti gaulliste, dont Jacques Chirac connaît l’importance au sein du mouvement. La violence physique est omniprésente dans ces années 70. Le SAC est engagé dans une dérive sanglante qui aboutira à la tuerie d’Auriol, en juillet 1981. Outre des militants sincères, on y croise alors des truands, des barbouzes, des mercenaires… Des « gros bras » actionnés en cas de problème. La contre-attaque de Boulin commence à inquiéter. C’est le SAC qui va détruire toutes les archives du ministre après sa disparition.

Qui avait, selon vous, le plus d’intérêt à voir disparaître Robert Boulin ?

Parmi les nombreux ministères qu’il a occupés, Robert Boulin a notamment été secrétaire d’Etat du Budget de 1962 à 1968, et ministre délégué de l’Economie et des Finances de 1977 à 1978. Ce sont des postes où on a une vision transversale de l’Etat. Ce sont des « tours de contrôles » budgétaires où l’on voit passer tous les flux financiers. Boulin était aux premières loges lors de la création d’Elf dans les années 60. Plus tard, il valide les commissions passées lors des gros contrats d’armement ou pétrolier. Il a également connaissance des flux opaques, et des valises de billets échangées notamment entre Paris et Libreville. Lors de sa contre-attaque, Robert Boulin menaçait notamment de révéler des éléments sur le financement du RPR et Elf-Gabon, comme le confirme aujourd’hui l’ancien assistant parlementaire du suppléant de Boulin, qui a supervisé l’opération de destruction des archives du ministre par le SAC. Un proche de Boulin, son conseiller presse, Patrice Blank, qui a joué un rôle trouble dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979, en se rendant à plusieurs reprises dans le bureau de Boulin était également lié à ses intérêts « françafricains. » Il était membre du conseil d’administration de la FIBA, la banque d’Elf et d’Omar Bongo.

Robert Boulin était au moment de sa mort au milieu d’une affaire immobilière concernant des terrains à Ramatuelle. Ce qui s’est avéré plus tard comme une tentative de déstabilisation aurait-elle pu conduire le ministre au suicide ?

L’affaire de Ramatuelle n’est que la face émergée de l’iceberg. Les tenants de la thèse du suicide décrivent un Boulin désespéré par cette affaire, qui aurait inexorablement entraîné son geste fatal. Cette affaire le préoccupait, c’est incontestable, mais Boulin n’était pas suicidaire. Il se retrouvait pris dans une machination complexe à cause de cet escroc ami de Jacques Foccart, Henri Tournet. Un personnage redoutable qui met en avant ses prétendus états de services dans la Résistance pour faire des affaires. Il va se servir de son lien avec Foccart et du fait que son épouse est une amie d’enfance de la femme de Boulin pour vendre ce fameux terrain de Ramatuelle, en réalité déjà vendu.

A partir du moment où il comprend qu’Henri Tournet l’a piégé, Robert Boulin est bien décidé à se défendre. Il y consacre beaucoup d’énergie parce qu’il a sa conscience pour lui. De nombreux courriers à ses conseillers ou ses avocats et des échanges de lettres très vives avec Tournet montrent bien que Boulin ne prend pas cette histoire à la légère. Tournet lui demande d’intervenir pour obtenir des permis de construire. Mais Boulin refuse. Tournet enrage, mais il a tout prévu. L’escroc a monté un piège en faisant croire par un jeu d’écriture qu’il aurait cédé gratuitement son terrain à Boulin, ce qui est faux. Quand l’affaire va sortir dans la presse, Boulin cherche le meilleur moyen de se défendre. Il veut donner sa version au jeune juge Van Ruymbeke, que le garde des Sceaux de l’époque, Alain Peyrefitte, se fait un plaisir de présenter, à tort, comme « un juge rouge qui veut faire un carton sur un ministre. » Avant sa disparition, Boulin réfléchissait au meilleur moyen de se défendre et travaillait sur un projet de lettre au journal Le Monde concernant cette affaire de Ramatuelle. Une longue lettre transmise à deux collaborateurs qui ne sera jamais retrouvée par les enquêteurs. En résumé, cette « affaire » de terrain cache la véritable affaire : les conditions troubles de la disparition de Boulin.

 
Commentaires

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  • Par Gengis - 30/01/2013 - 12:59 - Signaler un abus Il y a des mots-clés ...

    Quelques mots déclenchant ici comme une invitation à ne pas la ramener. Comme mafia, sac, videur ... pas tant que ça en somme.

  • Par sam84 - 30/01/2013 - 14:47 - Signaler un abus Boulin,Beregovoy

    Deux ministres a priori irréprochables,tout les deux "victimes" d'un escroc et qui se suicident.Des témoignages troubles des "erreurs" dans la procédure judiciaire,des autopsie incomplètes,des pièces a conviction qui disparaissent,des archives personnels détruites,bref tout les ingrédients d'un scandale d'état ou d'un banal suicide Ce qui me gène dans votre démarche c'est que vous partez d'un postulat pour arrivera la conclusion,généré selon vous par ce postulat Pas forcement le chemin de la vérité Enfin ,le silence de ceux qui disent savoir,et attendent que la justice fassent son devoir,hum! on sait que pour être a l'abri de représailles et pour faire sortir la vérité mieux vaut l'exposer au grand jour,et ceux qui disent savoir son bien au fait de cette règle

  • Par pidmerd - 30/01/2013 - 15:07 - Signaler un abus 50 ANS

    Il ne reste plus qu'à attendre une cinquantaine d'années que les assassins et leurs complices soient entre 4 planches et ne représentent plus de menace pour personne, pour enfin connaitre leurs noms et les publier (et oui, les politiques sont tellement verreux qu'ils ont même pensé à en faire une loi).

  • Par Gilbert Duroux - 30/01/2013 - 15:18 - Signaler un abus Pas convaincant, M. Collombat

    L'explication selon laquelle Boulin pouvait gêner le RPR avec le financement de Bongo ne tient pas. C'était un secret de polichinelle. Bongo arrosait tout le monde, du RPR aux socialistes. Et à l'époque c'était légal (même si c'était immoral de se faire financer par une république bananière). Il faut trouver un autre mobile pour faire croire à la thèse de l'assassinat. Même s'il faut reconnaître qu'il y a beaucoup d'éléments troublants dans la manière de conduire l'enquête. Ce que j'ai du mal à croire aussi, c'est que Boulin n'ait pas réussi à mettre des documents compromettants à gauche. Les coffres à la banque n'existaient pas à l'époque ?

  • Par ISABLEUE - 30/01/2013 - 15:36 - Signaler un abus CHIRAC PASQUA ??

    Vu hier soir Tadeei émission après le film. L'ancien commissaire - heureusement aujourd'hui à la retraite - ne s'est pas non plus posé de questions en voyant le visage de Monsieur Boulin.. C'est horrible pour la famille. Quelle affaire..... tout a été baclé. Je suppose que Chirac ne se souvient de rien. Quelle honte pour la République Française.

  • Par jlbaty - 30/01/2013 - 16:22 - Signaler un abus gilbert duroux

    Tu roules pour qui? les barbouzes , les tueurs ,ceux qui ont touché , Allior Marie, la clique à Chirac ? sinon , si t' as des c...lles vends la mèche ,sinon tais toi t' es ridicule ,

  • Par sellami - 30/01/2013 - 17:21 - Signaler un abus blanc tué ou noir qui se suicide ?

    L'une des choses qui m'ont frappé dans le débat de mardi, c'est que l'on nous plaçait devant une alternative qui, à mon sens, est faussée : ou bien monsieur Boulin était propre et il a été tué; ou bien il a effectivement trempé dans des choses peu claires et il s'est tué. Mais, le fait qu'il n'eût pas été aussi blanc qu'on le dit, ne prouverait pas qu'on ne l'ait pas tué. J'ignore s'il a trempé dans quoi que ce soit, mais, même si c'est le cas, cela n'empêcherait pas qu'on ait pu se débarrasser de lui parce qu'il voulait rendre coup pour coup. Dès lors, l'intervenant qui s'évertuait à démontrer que monsieur Boulin n'était pas le chevalier blanc que l'on présente - et c'est peut-être vrai, je l'ignore - ne pouvait pas pour autant me convaincre que cela entraînait automatiquement la validité de la thèse du suicide.

  • Par sellami - 30/01/2013 - 17:28 - Signaler un abus fausse alternative (suite)

    Il reste qu'il y a beaucoup de choses étonnantes dans cette affaire, dont le débat n'a pas pu faire le tour : on nous dit que des morceaux de poumons ont disparu; que des scellés ont été enlevés puis replacés; qu'une autopsie a été bâclée. Le téléfilm évoquait également un agent des douanes retrouvé mort, mais le débat ne l'a pas évoqué. Et l'on pourrait multiplier les exemples de choses curieuses. Il faut donc ouvrir une information judiciaire, mais les faits remontant à plus de trente ans, et beaucoup d'éléments ayant été manipulés ou détruits ... Cette affaire est emblématique de l'impuissance et de la collusion qui sont deux des tares de la Justice française. L'article se demande si le pouvoir actuel veut faire la lumière : question faussement naïve, peut-être : le PS aussi se traîne de sales affaires, et s'entend avec la Droite pour étouffer tout cela ... Pour en rester à Boulin, n'avouait-on pas, hier, que le PS aussi a été financé (et l'est peut-être encore ) par des pays africains ...

  • Par sellami - 30/01/2013 - 17:34 - Signaler un abus fausse alternative (fin)

    Une dernière chose : quel fut exactement le rôle de la presse, à l'époque ? Ne s'est-elle pas empressée de relayer la thèse du suicide ? S'est-il trouvé un seul journal, un seul journaliste, pour contester cette thèse et parler de meurtre ? Je pose la question. Quant à messieurs Chirac, Pasqua et autres, que l'on ne s'inquiète pas pour eux : ils ne risquent rien. Pas en France. La Justice veille sur leurs intérêts, le Parquet sait comment servir ses maîtres, et les juges d'instruction ne sont pas non plus aussi exempts de critiques qu'on veut le faire croire. Hier soir, j'étais un peu irrité d'entendre que l'on semblât douter que des politicards fussent capables de commanditer un meurtre. Allons bon ! On va nous dire que ce sont des gangsters qui ont fait le coup, ou des troisièmes couteaux incontrôlés, c'est ce que l'on semblait suggérer. Ben voyons ! Dans ce pays, les huiles sont décidément intouchables.

  • Par sellami - 30/01/2013 - 17:44 - Signaler un abus fausse alternative (fin)

    Juste une dernière chose : ce n'est pas du Procureur qu'il faut attendre un geste; ce geste, c'est de madame Taubira qu'il faut l'exiger. Elle a le pouvoir, en tant que ministre de la Justice, de faire ouvrir une information judiciaire, même si elle cherche à faire croire le contraire aux naïfs. Seulement, il y a fort à parier que madame Taubira rechigne à effectuer ce genre de geste ... Elle est d'ailleurs trop occupée, étant l'une des pièces maîtresses dans la stratégie de diversion mise en oeuvre par le gouvernement; et on ne peut pas à la fois être en première ligne pour le mariage gay, la procréation assistée, la gestation pour autrui (autant de choses qui ne sont d'ailleurs pas de son ressort) et s'occuper de la Justice, qui est pourtant son portefeuille.

  • Par sellami - 30/01/2013 - 18:00 - Signaler un abus fausse alternative (fin)

    Dernière chose quand même : entendre madame Cotta nous raconter qu'elle a parlé avec Chirac et que Chirac lui a dit que ... Oui, bien sûr : je me doute que monsieur Chirac n'allait pas lui lancer : j'ai fait tuer Boulin. Elle nous prend pour des imbéciles. Elle est d'ailleurs un sacré symbole de cette presse de collusion qui fait tant de mal à ce pays : au lieu de vrais journalistes, qui enquêtent, en toute indépendance, nous avons des laquais, des complices, que l'on fait passer pour de grands pros au motif qu'à force de manger à la gamelle de leurs maîtres, ils finissent par avoir un carnet d'adresses bien fourni. Je me demande ce qu'elle faisait sur le plateau. J'aurais préféré entendre des gens de la famille Boulin.

  • Par ACL - 30/01/2013 - 18:09 - Signaler un abus Bidonnage

    Les propos que untel aurait tenus et qui auraient été rapportés par X qui le tiendrait de Y ne valent pas bien lourd face aux évidences. N'en déplaise à sa famille qui a une haute opinion de ce pauvre homme, il ne jouait pas un rôle bien important ni chez les gaullistes, ni au gouvernement. Il s'est fait coincer par un escroc dans une affaire immobilière minable mais très gênante pour quelqu'un qui disait avoir des principes. Enfin, depuis de nombreuses années, le SAC n'ait plus les moyens d'action de l'époque (lointaine) de la lutte contre l'OAS et ne rassemblait plus que des demi soldes.

  • Par roudoudou - 30/01/2013 - 22:15 - Signaler un abus Ce ne serait pas étonnant.

    De Chirac qui a trahi comme il respirait, qui a magouillé, qui a menti, qui a coulé la France et qui n'a jamais hésité à abandonner ou à tuer (politiquement du moins) qui que ce soit, on ne s'en étonne que très modérément...

  • Par gile - 31/01/2013 - 09:23 - Signaler un abus Chirac ?

    C'est fort possible. En toute hypothèse je ne crois pas un seul instant au suicide. Les hommes parvenus à ce niveau ont le cuir bien tanné et je ne vois pas Boulin s'effondrer au point de se suicider pour une affaire de terrain à ramatuelle. C'est grotesque. Sans compter les invraisemblances de l'enquête et de l'autopsie. Quand à chirac je le crois capable de tout. De tout.

  • Par wolfgangamadp - 31/01/2013 - 11:04 - Signaler un abus Je veux bien qu'il se soit

    Je veux bien qu'il se soit suicidé, mais on ne suicide pas dans 10 cm d'eau. Qu'on indique comment il s'est suicidé alors. Vu les magouilles suite au décès, il est évident que c'est un assassinat. Avec les techniques ADN on pourrait peut-être en savoir plus. Si ce n'est pas prescrit...

  • Par LSD - 31/01/2013 - 12:00 - Signaler un abus @gile

    Je vois mal Chirac donner l ordre. Ca ne se passe jamais ainsi . C est toujours l entourage proche qui décide , en l occurence probablement que Foccart a dit a Chirac qu il fallait "regler le problème" et Chirac n a rien dit, consentant

  • Par Loupdessteppes - 31/01/2013 - 14:20 - Signaler un abus De Groussouvre, Pelat, Coluche, Edern Halllier et Berregovoy...

    De Groussouvre, Pelat, Coluche, Jean-Edern Hallier et Berregovoy...mériteraient aussi toute notre attention n'est-ce-pas France -Inter ?

  • Par sellami - 31/01/2013 - 15:20 - Signaler un abus pas de plainte de messieurs Chirac et Pasqua ?

    Un autre élément ne plaide pas en faveur de messieurs Chirac et Pasqua : ceux qui ont vu le téléfilm de mardi, ont pu s'apercevoir qu'il implique clairement ces deux messieurs. Or, à cette heure, nous n'avons entendu parler ni de plainte en diffamation, ni d'aucune action judiciaire. Curieux, non ? N'est-il pas évident que, si ce téléfilm n'était qu'un tissu de sornettes, il y aurait déjà eu des réactions ? Autre chose : ayant moi-même côtoyé des fripouilles qui se font passer pour des modèles de vertu (à la cgt), je peux certifier que, selon mon expérience, ce genre de gens ne se suicideraient pas dans l'hypothèse où leur fripouillerie serait révélée ; trop fripouilles pour cela, justement ... Et trop lâches ... Quand on n'a pas d'honneur, quand on trempe dans les pires saletés, on ne se sent pas obligé de laver dans son propre sang l'honneur que l'on n'a pas ... On est catastrophé d'être démasqué, mais on n'a pas la réaction d'un homme d'honneur, se tuer ...

  • Par sellami - 31/01/2013 - 15:31 - Signaler un abus sens de l'honneur (suite)

    Ce que je veux dire par là, c'est que, si monsieur Boulin était peu clair, comme le suggère le réalisateur du documentaire qui privilégie la thèse du suicide, il n'aurait pas eu la démarche de se suicider. Je n'y crois pas ... Par conséquent, plus vous prouveriez qu'il trempait dans des saletés, plus vous me convaincriez qu'il n'a pas pu se tuer, tout simplement parce que quelqu'un qui trempe dans les magouilles n'a pas d'honneur, et n'a donc pas le sens de l'honneur nécessaire pour se suicider ... S'il avait eu ce sens de l'honneur, il n'aurait pas trempé dans des saletés ...

  • Par Lennart - 31/01/2013 - 17:20 - Signaler un abus On ne saura peut être jamais

    mais il serait encore pire de livrer en pâture le nom d'un politique, car les médias ont le talent de faire condamner auprès de l'opinion publique, et avant les juges des innocents. Rappelez vous du comportement des médias dans l'affaire d'Outreau.

  • Par sellami - 31/01/2013 - 17:28 - Signaler un abus Information judiciaire ou procès populaire

    Justement, ce serait une raison de plus pour ouvrir une information judiciaire : ne pas le faire, c'est nécessairement autoriser toutes les conjectures, les rendre inévitables. C'est précisément cette impunité dont jouissent les notables de ce pays - et je ne parle pas ici de l'affaire Boulin en particulier - qui contribue à favoriser une contre-réaction, d'autant plus forte que règne une insupportable omerta et d'insupportables passe-droits. Quand la Justice de ce pays fonctionnera, quand il y aura une véritable égalité devant la sanction ou devant la réparation, les citoyens ne seront plus obligés de faire les procès eux-mêmes ...

  • Par sellami - 31/01/2013 - 17:33 - Signaler un abus Clin d'oeil à propos des 70 centimètres d'eau

    Monsieur Boulin n'a pas été retrouvé noyé dans 10 centimètres d'eau, mais dans 60 (ou 70, selon d'autres sources). Eh bien, moi, je dis que c'est possible. Car, je connais un cas de noyade dans 10 centimètres d'eau, justement. C'est dans un livre d'Agatha Christie intitulé Le crime d'Halloween. Une gamine est retrouvée noyée dans un seau ! Ah ! Mais, qu'ai-je dit là ? Quelle incroyable bévue ai-je commise ! Précisément, dans le roman d'Agatha Christie, c'est un meurtre ...

  • Par sellami - 31/01/2013 - 17:40 - Signaler un abus Agatha Christie (suite)

    Par contre, dans une nouvelle d'Agatha Christie, une femme est retrouvée morte dans des conditions qui font que la police pense immédiatement à un meurtre déguisé en suicide. Or, Poirot, qui, d'habitude, flaire le crime là où la police ne voit rien, conclut en l'espèce que c'est un ... suicide déguisé en meurtre ! En voilà une idée que devraient exploiter certains : il y a tellement d'éléments troublants dans la mort de monsieur Boulin, qu'ils devraient clamer partout que, de toute évidence, des gens mal intentionnés ont voulu travestir son suicide et lui donner toutes les apparences du meurtre déguisé, afin de nuire à tel ou tel. Je regrette déjà de leur avoir donné l'idée : ils sont capables de l'exploiter ...

  • Par sellami - 31/01/2013 - 17:42 - Signaler un abus correction

    que règnent d'insupportables passe-droits

  • Par mariecl29 - 31/01/2013 - 17:58 - Signaler un abus Pétition

    Une pétition circule pour demander la réouverture du dossier.

  • Par sellami - 31/01/2013 - 21:31 - Signaler un abus Action judiciaire

    Cela étant, cette affaire soulève aussi la question du désert judiciaire qu'est la France; ici, c'est aussi un peu la fibre du juriste qui parle. Dans d'autres pays, on n'en serait pas réduit à quémander l'ouverture d'une information judiciaire : en quelque sorte, on la ferait soi-même : on aurait recours à un gros cabinet d'avocats/enquêteurs, et ces avocats/enquêteurs/détectives pourraient effectuer le travail auquel la Justice se refuse. Il est grand temps que les citoyens de ce pays se dotent de telles structures afin de pouvoir se défendre efficacement. Il est grand temps que de puissantes associations, de puissantes organisations voient le jour, ayant à leur service des cabinets très costauds, craints, redoutés. Il faut favoriser l'émergence de ce genre de cabinets en France, au moyen, éventuellement, de réformes légales permettant à ces cabinets de disposer de pouvoirs extrêmement étendus d'investigation. Si cela avait existé en 1979, on n'en serait pas là aujourd'hui; on n'aurait pas perdu tout ce temps.

  • Par sellami - 31/01/2013 - 21:40 - Signaler un abus Action judiciaire (suite)

    On peut s'étonner, du reste, que la famille Boulin n'ait pas porté plainte ou intenté quelque autre action judiciaire (du moins, à ma connaissance). Mais, elle pourrait agir aujourd'hui pour forcer l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction : elle pourrait, aujourd'hui, porter plainte ou, à défaut, opter pour une action au civil. Elle pourrait invoquer notamment des textes communautaires, ainsi que des principes constitutionnels français. Au lieu d'attendre que le Procureur daigne bouger, il ne serait pas idiot de le solliciter, mais aussi de solliciter madame Taubira, ministre de la Justice : en cas de non-ouverture d'information judiciaire, la famille Boulin pourrait alors intenter une action juridique contre le Procureur, contre madame Taubira et contre l'Etat français. C'est ce qui se ferait dans d'autres pays. Mais la France n'a pas de culture juridique, on le dit souvent et ce n'est pas qu'un cliché, cette affaire en est un parfait exemple. J'ai mentionné quelques actions qui pourraient être intentées, mais il y en aurait beaucoup d'autres. Les pistes ne manquent pas, à condition d'avoir un avocat valable, et cela ne court pas les rues

  • Par sellami - 31/01/2013 - 21:56 - Signaler un abus Précision action judiciaire

    Une précision : la famille Boulin a bien déposé des plaintes, notamment pour homicide et destruction de preuves. Je veux dire, plus haut, qu'à ma connaissance - et je me trompe peut-être - elle n'a jamais frontalement mis en cause judiciairement l'Etat lui-même ou des personnages de l'Etat. Je pense que c'est bien aussi l'Etat que la famille Boulin devrait attaquer, en alla

  • Par sellami - 31/01/2013 - 21:59 - Signaler un abus Précision

    en allant éventuellement jusqu'aux juridictions européennes. Ce sont bien des personnages de l'Etat qui prennent les décisions, le Procureur, les Ministres etc. Il faudrait attaquer ces personnes physiques, en plus de la personne morale Etat.

  • Par EOLE - 02/02/2013 - 12:28 - Signaler un abus Catonnien

    Qui Prodit?

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Benoît Collombat

Benoît Collombat est journaliste. Il travaille à la rédaction de France Inter depuis 1994 en qualité de grand reporter.

Il est notamment l'auteur de "Un homme à abattre : Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin" (Fayard, 2007).

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