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Revue de presse des hebdos

COP21: 4X4, steak, bain, fleurs, médicaments… très mauvais pour la planète ! Pascal Bruckner : "La Gauche a trahi" ; Juppé - Fillon - NKM : "La Droite a-t-elle des idées ?

Publié le 12 novembre 2015
Mais aussi : au-delà de 2°C, "la planète rentrera dans un scénario climatique aux conséquences dévastatrices" ; Malek Boutih, député PS : "la politique de la ville n'a pas de véritables objectifs" ; Le palmarès des hôpitaux et cliniques 2015-2016... C'est la revue de presse des hebdos, par Sandra Freeman.
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Mais aussi : au-delà de 2°C, "la planète rentrera dans un scénario climatique aux conséquences dévastatrices" ; Malek Boutih, député PS : "la politique de la ville n'a pas de véritables objectifs" ; Le palmarès des hôpitaux et cliniques 2015-2016... C'est la revue de presse des hebdos, par Sandra Freeman.

C’est parti ! L’Obs propose la première Une de magazine (première d’une longue série) dédiée au climat, à son défi planétaire, et plus particulièrement au défi de la réunion internationale à Paris, la COP21, qui se tient dans moins de trois semaines.

Conduire un 4X4, manger du bœuf, prendre un bain, offrir des fleurs, prendre des médicaments… Très mauvais pour la planète !

Il y a le 4 × 4, on sait ! Mais il y a bien d’autres objets qui ont de mauvais bilans carbone. Il y a bien sûr le steak de bœuf : "un steak  de 250 g rejette dans l’atmosphère 9,5 kgeqCO2 (kilos équivalents CO2), soit l’équivalent de 75 km en voiture". Mais L’Obs donne quelques autres exemples quotidiens pour le moins surprenants de ce qui nous réchauffe et bouleverse notre climat. Un exemple ? Consommer des médicaments ! "Trois boîtes de paracétamol, c’est 380 kgeqCO2, soit l’équivalant d’une vingtaine de kilomètres en voiture".  Prendre un bain : non seulement ça consomme beaucoup d'eau, mais en plus pour 180 l d'eau il faut chauffer 38°C au gaz de ville "ce qui dépense 1,3 kgeqCO2". Ainsi, on consomme avec son bain quasiment autant qu’un ordinateur. Et offrir des fleurs ? L’Obs explique, contre toute idée reçue, qu’il est meilleur d’offrir des fleurs "provenant de loin" (comme du Kenya) où il fait chaud, plutôt que d’acheter des tulipes des Pays-Bas où "les serres hollandaises artificiellement chauffées 24 heures sur 24 consomment des quantités astronomiques énergie".

Enjeu climat : au-delà de 2°C, "la planète rentrera dans un scénario climatique aux conséquences dévastatrices."

Au magazine donc de nous recadrer les enjeux écologiques liés au réchauffement climatique à l’aide d’un Nicolas Hulot (l'envoyé spécial du président pour la protection de la planète) qui "sonne l'alarme".

Il rappelle que, "chaque année, depuis 2009, 20 à 30 millions de citoyens des pays du Sud ont dû évacuer leur lieu d'habitation" parce que chassés par la sécheresse, par la faim, ou parce qu'ils ont fui des typhons, des cyclones, des inondations…

Pour éviter que la situation n’empire encore, il faut veiller à ce que "le climat ne dépasse jamais plus de 2°C la température que nous avons connu au XIXe siècle".

Pourquoi 2°C ? Nicolas Hulot l’explique. "2°C, c’est l’augmentation de température au-delà de laquelle la planète rentrera dans un scénario aux conséquences dévastatrices. En-deçà, on anticipe à peu près ce qui peut arriver, pas au-delà".

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Cet enjeu de 2°C est contraignant, et "cette crise est d'autant plus démobilisatrice qu'elle nous oblige à renoncer à nos acquis", poursuit Hulot "si on veut rester dans les 2°C, nous devons laisser dans le sol 70% des énergies fossiles à exploiter". Tout cela secoue : "Le changement climatique s’attaque au fondement de notre culture (…) et de notre croyance dans les bienfaits ininterrompus du progrès scientifique et dans l’exploitation illimitée des ressources naturelles. Nos élites ont été nourries dans cette croyance et ont bien du mal à s’en sevrer".

Enjeu COP21 : 196 pays et "leurs contributions nationales volontaires"

Dans ce contexte, L’Obs cible plus particulièrement les enjeux de ce sommet parisien : réunir 196 pays pour "que l'ensemble des nations signataires s'engagent à réduire la quantité de gaz à effet de serre". L’Obs rappelle, avec un brin de lucidité et de mémoire, "le fiasco de Copenhague en 2009". Personne ne s’y était entendu. Mais aujourd’hui, c’est différent, selon l’hebdo, "le monde a décidé de changer de braquet et cette année ce sont les pays eux-mêmes qui ont présenté leurs contributions nationales volontaires".

"Volontaire" ?… La tonalité semble d’emblée différente. Que cette volonté soit faite !

"Farces et attrapes de la COP 21" des "bouffons du climat" face à 130 Airbus pour la Chine

Bien moins convaincu par cet argument "volontaire", Charlie Hebdo parle des "farces et attrapes de la COP 21". Le journal satirique met le sujet en perspective : "Hollande aurait-il prévu de livrer ses 130 Airbus équipés de nouveaux tests de CO2 ? Qui aurait intérêt à contrarier la croissance chinoise ? Pas les bouffons du climat, qui seront de sortie à partir du 30 novembre". Dans Charlie, on va encore plus loin dans la réflexion face au développement de la société chinoise, son périphérique de Pékin et ses 20 000 chantiers permanents de Shanghai : "Comme il faut produire de plus en plus massivement il faut de plus en plus de charbon. Et comme on crame de plus en plus de charbon, on aggrave chaque jour la crise climatique. Ajoutons, pour les sourds et les malentendants, que le commerce mondial est le grand moteur à explosion de la crise climatique. En vertu de quoi l’Europe et les Etats-Unis négocient le traité transatlantique qui vise à multiplier la production et des échanges".

Il faudra sans doute regarder plus en détail ce que contiennent "leurs contributions nationales volontaires", donc !

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Pascal Bruckner : "La Gauche a trahi"… Et elle a perdu son cap

De trahison en trahison, revenons à nos histoires franco-françaises qui nous passionnent tant. La semaine passée, nos hebdos s’interrogeaient de savoir qui étaient ceux qui pensaient, s’ils pensaient encore à Gauche, et ce qu’on pensait à Droite… Cette semaine, rebelote. On y pense encore.

Le Point offre ainsi sa couverture à Pascal Bruckner (intellectuel qui se définit à la fois "conservateur et libéral" et que l’on voit ici apparaître dans un reportage photo – digne de "Gala" -, en footing, sur un banc avec Alain Finkielkraut, mais aussi au marché, ou à son domicile parisien). Ce qu’il pense ? Que "la Gauche a trahi" et a perdu le peuple. 

Dans un long entretien accordé au journal, il explique ainsi que "la gauche est en train de perdre l'intelligentsia. En 1945 il y a eu une sorte de pacte noué entre l'une et l'autre". Bruckner fait un petit rappel historique : "De Gaulle avait dit en substance aux communistes et aux soviets socialistes : à nous les affaires, et à vous la culture (…) Les intellectuels se devaient de soutenir le gouvernement français". Mais il semblerait que les intellectuels aient "pris leur indépendance".

Aujourd’hui, poursuit Bruckner un peu plus loin, "la gauche universaliste n’est plus qu'un souvenir. Son objectif rappelons-le est l’émancipation du genre humain tout entier. Cette ambition a été battue en brèche par la prédominance du racial sur le social, de l'ethnique sur le politique, du minoritaire sur la norme… ". Ainsi, "l’Histoire se départage désormais entre victimes et bourreaux. Les victimes se transforment en lobby discutant leur part sur le marché du martyr. Il faudrait recréer un grand récit fédérateur plutôt que de céder au despotisme de la pensée victimaire".

Malek Boutih, député PS : "la politique de la ville n'a pas de véritables objectifs"

Et pour montrer que Bruckner n’est pas le seul à crier à l’échec de la Gauche, Le Point recueille différents témoignages. Il y a par exemple celui de Malek Boutih, député PS, ancien président de SOS-Racisme, qui dit que "depuis 005 la situation a empiré" et que "la politique de la ville, qui ne manque pas d'acteurs compétents, (…) n'a pas de véritables objectifs. Par défaut, elle n’est qu’une politique de Containment qui consiste à isoler les problèmes du ghetto du reste de la société". 

Juppé - Fillon - Nathalie Kosciusko-Morizet : "La Droite a-t-elle des idées ?"

Vous serez sans doute surpris, tout comme moi, de cette couverture de Challenges cette semaine. Le gros titre est "La Droite a-t-elle des idées ?" et, comme pour y répondre, sont proposés en-dessous, "les projets de Juppé, Fillon, et NKM". Pourquoi NKM soudainement ? Et où sont Sarkozy ou Bruno Le Maire, aujourd’hui candidats "déclarés" pour concourir à la primaire en vue de la présidentielle ? En fait, le magazine a réuni François Fillon, Alain Juppé, et Nathalie Kosciusko-Morizet avec des chefs d’entreprise pendant deux jours de débats à l’occasion d’un événement, "le 2ème Sommet de l’économie". C’est pour cela que ce sont eux qui partagent cette couverture.

Sur le fond, constate Challenges, "un constat saute aux yeux : il y a consensus à droite sur les remèdes", concernant la réforme de l’État, la baisse de la dépense publique, ou la suppression des 35 heures. "La vraie question, c’est comment, à quelle heure, à quelle dose", et là, il y a divergence et différence. Récapitulons brièvement les trois postures :

François Fillon (qui se verrait comme le plus "audacieux" des candidats à la primaire) est pour le fait d’engager 110 milliards d'économies sur les dépenses publiques, pas d’avantage. Selon lui, "des coupes supérieures ne seraient pas supportables par le pays".

Sa potion, en vrac : dégressivité des indemnités chômage, retraite à 65 ans, allocations sociales uniques, suppression de toute référence à la durée de travail en négociation dans les entreprises, passage aux 39 heures dans la fonction publique, Code du travail réduit à 150 pages, baisse des cotisations sociales compensées par une hausse de la TVA de 3 points, suppression de l’ISF, instauration d’une "flat tax" sur le capital de 30 à 35%.

Alain Juppé (accusé d'être trop "timoré" par ses rivaux) envisage, pour sa part, une réduction de 100 milliards d'euros de baisse des dépenses, sur cinq ans.

Sa potion, en vrac : dégressivité des indemnités chômage, non-remplacement des départs en retraite des agents de l’État, retraite à 65 ans, plafonnement de l’ensemble des allocations sociales, durée légale à 39 heures (dans la fonction publique, d’abord passer de 32 à 35 heures), supprimer le tiers-payant généralisé, développer la chirurgie ambulatoire, Réduire le nombre de parlementaires.

Nathalie Kosciusko-Morizet ("pas encore officiellement candidate à la primaire, a fait résonner une petite musique très personnelle") veut "réduire immédiatement les impôts de 100 milliards au profit des entreprises pour faire baisser le coût du travail est le coût du capital" et créer un chèque fiscal.

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Sa potion, en vrac, semble remplied’intentions plus politiques et moins factuelles : "Faire descendre les impôts par l’ascenseur et les dépenses par l’escalier", "convaincre Bruxelles de laisser un délai en promettant une liste de vraies réformes".

Sa différence s’impose dans la façon qu’elle a de "poser les problèmes de façon moderne"  quand elle propose de numériser les services publics (ex : la carte d’identité numérique qui donne accès à tous les services, y compris médicaux), quand elle parle de réforme du code du travail (la création d’un statut général des travailleurs indépendants). Challenges a ressenti ici "un vent de modernité à l’ombre d’aînés plus conventionnels".

Le palmarès des hôpitaux et cliniques 2015-2016 : votre nouveau bottin

Loin du bla-bla, de la pensée, ou de la parole politique, cette semaine, L’Express fait dans l’information utile, factuelle et pragmatique en proposant "le palmarès 2015-2016 des hôpitaux et des cliniques". 37 spécialités y sont analysées. 605 établissements y sont passés au crible. Le magazine a analysé méthodiquement la "masse de nouvelles données livrées au mois de juillet par le programme de médicalisation des systèmes d’information, le PMSI". Ainsi il nous livre, ce classement des meilleurs établissements, par spécialité, avec "les meilleures équipes" mais aussi (critère inédit), "en fonction de la qualité des techniques opératoires". De la recherche sur l’AVC, à la chirurgie des cancers, en passant par une foultitude de services spécifiques… les établissements sont scrupuleusement répertoriés par classement, départements, statuts, note des malades, nombres de malades… c’est votre nouveau bottin !

Christiane Taubira : "l’épine Buisson"

Au-delà de ce travail clinique, L’Express propose en appel de couverture, un titre intriguant digne de Tintin : "Les étranges e-mails de Taubira". Il est question d’une affaire concernant Patrick Buisson, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, qui a porté plainte contre la Garde des Sceaux en 2013. Pour rappel, il l’accuse de collusion avec l'association Anticor, partie civile contre le politologue dans l'affaire des sondages de l'Élysée. Or, explique L’Express, la découverte récente de courriels montrant la proximité entre la ministre et l’O.N.G. relance le dossier.

Re-déroulons tranquillement le fil : la Garde des Sceaux est visée par une plante pour prise illégale d'intérêts déposée par le politologue et directeur de la chaîne Histoire. L'argument côté Buisson :

1. Buisson est "la cible d’une plainte d’Anticor dans l’enquête sur les sondages de l’Elysée".

2. Christiane Taubira "appartient au comité de parrainage de l'association Anticor, spécialisée dans la lutte contre la corruption" (présente à titre de partie civile dans plusieurs dossiers sensibles impliquant des Hommes politiques). "En tant que Garde des Sceaux, elle a autorité sur le ministère public, donc sur les magistrats du parquet".

3. Il y a eu différents échanges de mails entre Christiane Taubira et l’association Anticor.

A Me Goldnadel, l’avocat de Patrick Buisson de réagir scandalisé : "Il n’y a jamais eu une telle manifestation de collusion entre un ministre de la justice et une partie".

De son côté, L’Express s’interroge : "Comment dans ces conditions la justice peut elle s’exercer de manière égale ?". Chez Taubira, on souligne que la ministre "n'a jamais été membre de l'association et donc n'a jamais eu la moindre influence sur elle".

 

 

 

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