Abuja, 28 juil 2019 (AFP) - Le présidence nigériane a annoncé dimanche l'interdiction du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), un mouvement chiite radical, après une série de manifestations meurtrières dans la capitale Abuja.

"Le gouvernement devait agir avant que la situation ne soit hors de contrôle, après avoir averti à de nombreuses reprises que les gens ne devaient pas se servir de la religion pour ne pas respecter les lois", a déclaré la présidence dans un communiqué.

Au moins six manifestants, un journaliste et un policier ont été tués lundi dans des violences qui ont éclaté pendant une marche organisée par l'IMN pour obtenir la libération de son leader Ibrahim Zakzaky.

Samedi, le journal Punch a affirmé qu'un tribunal d'Abuja avait autorisé le gouvernement à interdire le mouvement pour "terrorisme et activités illégales".

"L'interdiction du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) n'a rien à avoir avec interdire aux nombreux chiites pacifiques et respectueux de la loi dans le pays de pratiquer leur religion", précise la présidence. Elle "vise à décourager la violence gratuite, le meurtre et la destruction volontaire de biens publics et privés".

Selon la présidence, "des extrémistes qui ne croient pas dans les manifestations pacifiques et utilisent au contraire la violence et les incendies criminels ont pris le contrôle" de l'IMN, "semant la peur et sapant les droits des autres ainsi que des autorités constituées".

Les autorités doivent faire paraître l'ordonnance du tribunal au journal officiel et dans deux journaux pour qu'elle entre en vigueur, selon Punch.

L'IMN, né en tant que mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire inspiré par la révolution islamique en Iran, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

Son chef Ibrahim Zakzaky est détenu depuis décembre 2015 après que des violences ont éclaté pendant une procession religieuse. L'armée a tiré, faisant plus de 350 morts, pour la plupart des chiites non armés, selon des organisations de défense des droits humains.

Publié le 28/07/2019 10:59
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