Istanbul, 25 juin 2019 (AFP) - Un tribunal turc a décidé mardi de maintenir en détention provisoire l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala, figure majeure de la société civile dont l'incarcération depuis plus de 600 jours est vivement critiquée, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

M. Kavala restera en détention pour la durée de son procès où il est accusé, avec 15 autres personnes, d'avoir "tenté de renverser le gouvernement" de Recep Tayyip Erdogan pour avoir soutenu des manifestations connues sous le nom de "mouvement de Gezi".

Le tribunal de Silivri, près d'Istanbul, a en revanche ordonné la libération conditionnelle d'un co-accusé de M. Kavala comparaissant également en détention, Yigit Aksakoglu. Cette mesure est assortie d'une interdiction de quitter le territoire.

Le procès, qui est suivi de près par les ONG et plusieurs pays occidentaux, a été ajourné au 18 juillet.

Les 16 accusés risquent la prison à vie dans cette affaire qui suscite l'inquiétude des défenseurs des droits humains qui dénoncent une "chasse aux sorcières" et soutiennent qu'il n'existe "pas l'ombre d'une preuve" pour appuyer l'accusation.

Son incarcération depuis plus de 600 jours a fait de M. Kavala le symbole de la répression contre la société civile en Turquie, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 suivie de purges massives.

Figure connue et respectée dans les cercles intellectuels en Europe, le philanthrope est accusé d'avoir financé les gigantesques manifestations contre M. Erdogan en 2013.

A l'ouverture du procès lundi, il a rejeté "des allégations irrationnelles dénuées de preuves". "Je n'ai jamais été, de ma vie, partisan du changement de gouvernements autrement qu'à travers des élections libres", a-t-il déclaré.

Le mouvement de Gezi a commencé avec un sit-in de militants écologistes pour défendre le parc de Gezi, l'un des rares espaces verts au coeur d'Istanbul. Après une répression brutale, il s'est transformé en mouvement plus global contre M. Erdogan, qui était alors Premier ministre.

Mais dans son acte d'accusation de 657 pages, le procureur présente le mouvement de Gezi comme une opération pilotée de l'étranger visant à "mettre la Turquie à genoux".

Plusieurs groupes de soutien des accusés et des ONG, comme Amnesty International, dénoncent des allégations "absurdes" et appellent à leur remise en liberté.

La Turquie est régulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits humains, qui s'inquiètent de la dégradation de l'Etat de droit ces dernières années.

Publié le 25/06/2019 07:14
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