Paris, 13 juin 2019 (AFP) - La réforme de l'assurance-chômage, qui comprendra un système de bonus-malus dans les principaux secteurs d'activité utilisant le plus les contrats courts, inquiète particulièrement le patronat du secteur des services, et notamment de l'hôtellerie, grande utilisatrice de salariés en "extras".

"Ces mesures sont une mauvaise réponse à un vrai enjeu", affirme dans un communiqué le Groupement des professions de services (GPS), la "montée en puissance des services" qui "bouleverse profondément notre modèle de création de richesse et sa redistribution".

"Désignées par le gouvernement comme les plus pourvoyeuses de contrats courts, les entreprises de services ne disposent à ce jour d'information ni sur le contenu ni sur le calendrier de publication des décrets", déplore-t-il.

Or "pour beaucoup d'entreprises, ces types de contrats sont indispensables à leur activité", estime le patronat des entreprises de services, estimant que ce secteur est "à l'origine de 80% de la création d'emplois" sur un secteur marchand qui compte "plus de 10 millions d'emplois". "Il s'agit de prendre la mesure de cette force et de ne pas la brider", dit le GPS.

Le GPS représente 27 fédérations - transport, sécurité, propreté, franchise, conseil en communication, restauration, hôtellerie, banque, assurance, location de voitures... - et 21 entreprises dont McDonald's, Veolia, Accor, Elior, Sodexo, Manpower, Adecco, Accenture.

Le principe du bonus-malus est de faire varier le taux de cotisation d'assurance chômage d'une entreprise en fonction de son taux de rupture de contrats donnant lieu à inscription à Pôle emploi. L'objectif est de pénaliser les entreprises qui abusent des CDD courts et font financer les creux de leur activité par l'assurance chômage.

Actuellement les cotisations sont de 4,05% et la fourchette du futur bonus-malus n'a pas été précisée.

Les négociations entre partenaires sociaux ont buté sur ce sujet, qui hérisse le patronat.

Les secteurs ayant le plus recours aux contrats courts (CDD de moins d'un mois) sont notamment l'hôtellerie-restauration, l'hébergement médico-social, la santé et l'action sociale, les enquêtes d'opinion, l'audiovisuel, les arts et spectacles.

"Nous demandons que le statut d'extra soit sécurisé et précisé pour éviter qu'il y ait des abus. Et qu'à partir du moment où l'extra et l'entreprise respectent ce statut, ils soient exonérés du malus", a réclamé jeudi auprès de l'AFP Didier Chenet, président du groupement patronal des indépendants de l'hôtellerie-restauration, le GNI.

"Les extras, qui viennent assurer une prestation d'une journée, et non remplacer du personnel, représentent la grande majorité des cas du secteur. Ce sont des gens qui ont fait un choix de vie et ils n'en changeront pas", a-t-il ajouté.

"Nous sommes en compétition avec des traiteurs anglais, allemands, belges, autrichiens... qui représentent 50% du secteur en France et opèrent déjà avec des salaires inférieurs. Si on y rajoute un malus, nous aurons une perte d'activité (...) et des emplois seront menacés", craint M. Chenet.

La réforme de l'assurance chômage, dont les détails seront annoncés le 18 juin, inclura aussi "une dégressivité de l'indemnisation pour les salariés qui perçoivent les salaires les plus élevés", a précisé le Premier ministre Edouard Philippe mercredi, lors de sa déclaration de politique générale.

ref-pid/soe/spe

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Publié le 13/06/2019 12:59
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