Toulouse, 23 mars 2019 (AFP) - Des milliers de "gilets jaunes" ont manifesté pour l'essentiel dans le calme samedi à Toulouse, où quelques dizaines de manifestants qui avaient rejoint la place du Capitole, où la manifestation était interdite, ont été dispersés par des charges policières, a constaté une journaliste de l'AFP.

Onze personnes ont été interpellées et trois blessées, a indiqué la préfecture dans un communiqué. Elle avait chiffré la foule, assez dense, à "quelques milliers".

"Il fait beau, il fait chaud, sortez les canons à eau" ou "tout le monde déteste la police", ont scandé dans la bonne humeur des "gilets jaunes" au début de la manifestation.

La tension est vite montée, quand des policiers ont scindé le cortège, pour, selon les Observateurs de la Ligue des droits de l'homme, procéder à des interpellations, mais après une première salve de gaz lacrymogènes, le calme est revenu.

Puis vers 16H30, alors que la manifestation tournait autour de la Place du Capitole, mais sans s'en approcher, les forces de l'ordre ont chargé, sous un épais nuage de gaz lacrymogènes, dispersant le plus gros du cortège.

La préfecture a fait état de jets de projectiles, dégradations de mobiliers urbains et feux de barricades.

A l'issue de nouveaux regroupements de manifestants suivis de nouvelles charges pour les faire reculer, quelques dizaines de manifestants, dont trois vêtus d'un gilet jaune, sont ensuite entrés sur la place emblématique du Capitole, où la préfecture avait interdit tout rassemblement de "gilets jaunes" de 12H00 à 21H00.

"C'est ma ville, c'est ma place, j'ai le droit d'y être", a affirmé à l'AFP Cassandra, une étudiante de 19 ans accompagnée de son père.

Véronique, 60 ans et retraitée de l'éducation nationale, avait affirmé au début de la manifestation vouloir que les manifestants défient l'interdiction.

"Il faut aller sur la place du Capitole, on n'est pas dans la rue pour rien, mais pour défendre nos droits", soutenait cette "gilet jaune". Présente samedi dernier à Paris, elle y imputait les débordements à "des provocations policières".

Les manifestants ont été délogés de la place un quart d'heure plus tard par les forces de l'ordre.

"Il faut que le mouvement continue, on le doit aux blessés", dit Martine, une retraitée de 66 ans qui a participé à toutes les manifestations depuis le début du mouvement le 17 novembre.

"Le fameux ascenseur social est en panne. On ne peut pas s'en sortir", ajoute-t-elle.

Publié le 23/03/2019 07:47