Managua, 15 mars 2019 (AFP) - Le gouvernement du Nicaragua a annoncé vendredi la libération de 50 opposants emprisonnés pour avoir participé à des manifestations contre le président Daniel Ortega, répondant partiellement à une exigence de l'opposition pour reprendre les négociations destinées à sortir le pays de la crise politique.

Le 27 février, cent personnes avaient déjà été libérées, quelques heures avant le début du dialogue entre les deux délégations, composées respectivement de six représentants de l'opposition et autant du gouvernement.

Plus de 600 "prisonniers politiques" sont toujours détenus dans le pays, selon l'opposition.

Mercredi, le gouvernement s'était engagé à libérer un "nombre appréciable" d'opposants détenus pour débloquer les négociations avec la plateforme d'opposition. L'Alliance civique pour la justice et la démocratie (ACJD), réunissant entreprises, société civile, paysans et étudiants, avait suspendu sa participation aux pourparlers trois jours auparavant.

Cette plateforme réclamait des "preuves indiscutables" de la volonté du gouvernement de négocier: libération inconditionnelle de tous les opposants, arrêt de la répression et rétablissement des libertés de la presse et de manifestation.

Le ministère de l'Intérieur a fait savoir dans un communiqué que 50 personnes avaient "bénéficié d'une série de mesures de clémence, telles que l'assignation à résidence". Les détenus ont quitté la prison de haute sécurité La Modelo, au nord de Managua, dans quatre bus.

Sur la liste de noms divulguée par les autorités n'apparaît aucune grande figure de l'opposition.

Après trois jours de blocage, l'opposition a accepté jeudi de reprendre les négociations avec le gouvernement à la suite de la promesse du gouvernement du président Daniel Ortega de libérer des opposants.

Seul le représentant des étudiants n'a pas rejoint la table des pourparlers, ces derniers réclamant "des faits" et pas seulement des "promesses".

Les parties se sont réunies à nouveau vendredi en présence du nonce apostolique Waldemar Stanislaw Sommertag et de l'envoyé spécial de l'Organisation des États américains (OEA), Luis Angel Rosadilla.

Azahalea Solis, une déléguée de l'opposition qui s'est retirée des négociations jeudi en attendant la libération des prisonniers, a toutefois estimé que le nombre de personnes libérées était "insuffisant". "La demande est la même: la libération inconditionnelle des prisonniers politiques et la nullité de tous les procès", a-t-elle insisté.

Ces nouvelles négociations visent à trouver une issue à la crise politique qui secoue le pays depuis près de onze mois et a fait plus de 325 morts, essentiellement dans les rangs de l'opposition. Des centaines de personnes ont été incarcérées depuis le déclenchement de la crise, le 18 avril 2018, et nombre d'entre elles condamnées à plusieurs années de prison pour "terrorisme".

Le bloc d'opposition Unidad Nacional Azul y Blanco (UNAB) a appelé à une manifestation à Managua samedi pour exiger la libération de tous les prisonniers.

La police a annoncé qu'elle n'autoriserait pas cette marche qui représente, selon elle, "la continuité des provocations et des crimes des terroristes et des putschistes, qui ont semé le deuil, l'affliction, la douleur et ont laissé tant de vies perdues au Nicaragua".

Les organisateurs ont adressé une lettre au nonce apostolique et à M. Rosadilla leur demandant d'intercéder auprès du gouvernement pour qu'il autorise la manifestation. Ce "serait un signe important pour les Nicaraguayens et la communauté internationale de la volonté politique d'Ortega en faveur du dialogue en cours", indique le document.

L'ex-guérillero Daniel Ortega, âgé de 73 ans, est au pouvoir depuis 2007. Il est accusé par ses opposants d'avoir mis en place avec son épouse et vice-présidente Rosario Murillo une dictature corrompue et népotique.

Publié le 16/03/2019 12:27
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Les trois (fausses) excuses de Macron pour ne pas mettre en œuvre son programme de réduction de dépenses publiques

02.

Si vous pensiez que la dette américaine détenue par la Chine met Washington à la merci de Pékin, ce graphique pourrait vous surprendre

03.

A ses ralliés, la République (En marche) pas reconnaissante

04.

Safari des gérants du Super U : pourquoi leur cas est bien plus défendable qu’il n’y paraît d’un point de vue environnemental

05.

Un Rugy de perdu, 10 populistes de retrouvés ? Quand les opérations mains propres ne produisent pas la vertu escomptée

06.

Quand Nelson Mandela rejoignait Johnny Clegg sur scène

07.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

01.

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu

02.

Céline Dion envoie DEUX stylistes à l’hosto; Nabilla veut de grandes études pour son bébé; Elizabeth II recueille une milliardaire en fuite; Laeticia Hallyday humiliée à Saint-Tropez; Cyril Hanouna achète à Miami, François H. & Julie Gayet à Montsouris

03.

Auriez vous le brevet des collèges ou... signé une pétition car les épreuves étaient trop difficiles ?

04.

Safari des gérants du Super U : pourquoi leur cas est bien plus défendable qu’il n’y paraît d’un point de vue environnemental

05.

Ces cinq erreurs de politiques publiques qui coûtent incomparablement plus cher à la France que quelques dîners au luxe malvenu

06.

Ces 6 questions que soulèvent les révélations sur François de Rugy et qui en disent long sur le niveau de dysfonctionnement politique et économique de notre pays

01.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

02.

Immigration : quand la vérité des chiffres émerge peu à peu

03.

Ces cinq erreurs de politiques publiques qui coûtent incomparablement plus cher à la France que quelques dîners au luxe malvenu

04.

L’humanité a-t-elle atteint son pic d’intelligence ?

05.

François de Rugy, le bouc émissaire dont la mise à mort inquiète le monde de l’entreprise

06.

Et toute honte bue, François de Rugy limogea sa chef de cabinet…