Paris, 17 fév 2019 (AFP) - Entre 1.000 et 2.000 "gilets jaunes" défilaient dimanche dans le calme à Paris au lendemain de l'acte 14 et trois mois jour pour jour après le début du mouvement, a constaté une journaliste de l'AFP.

Partis des Champs-Elysées vers midi, les manifestants ont vu leurs rangs grossir progressivement et se dirigeaient vers le Champ-de-mars, destination finale de cette manifestation déclarée en préfecture et encadrée par un imposant dispositif policier.

Mobilisée depuis la première journée d'action le 17 novembre, Martine Bonfilloup, 55 ans, est venue dimanche "montrer que le mouvement ne s'essouffle pas". "Vous avez vu que l'essence a réaugmenté ? La classe moyenne, on est taxé au maximum", affirme-t-elle.

Samedi, le ministère de l'Intérieur avait dénombré 41.500 manifestants en France et 5.000 à Paris, des chiffres en recul par rapport à ceux de la semaine précédente mais contestés par les "gilets jaunes" qui en ont dénombré plus du double (104.070).

Défilant pour la première fois un dimanche, des "gilets jaunes" ont entonné un "joyeux anniversaire" dans les rues de Paris pour fêter les trois mois de ce mouvement de contestation inédit qui fragilise l'exécutif.

Aux côtés de banderoles appelant à la mise en place d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC) ou dénonçant les "mutilations de civils" par les forces de l'ordre, certains manifestants brandissaient au départ du cortège des drapeaux aux couleurs de la CGT, suscitant des crispations.

"Cassez-vous la CGT ! Vous servez à rien, vous êtes les suce-boules du gouvernement", crie Julien Dubois, un Parisien de 38 ans. "Que la CGT vienne avec les +gilets jaunes+, je veux bien mais qu'ils cachent leurs drapeaux. Ils servent à rien. Si le peuple est dans la rue c'est que eux n'ont rien fait", explique-t-il par la suite.

Agée de 16 ans, Lola est, elle, venue protester contre la réforme du lycée et de l'université qu'elle compare à un "tri sélectif". "J'ai des grands-parents qui gagnent pas beaucoup. Ils peuvent vraiment pas vivre. Je voulais voir de mes propres yeux le mouvement et montrer qu'il y avait aussi les lycéens les étudiants", dit-elle.

Devant les fenêtres barricadées de l'hôtel Plaza Athénée, sur la très chic avenue Montaigne, des manifestants ont lancé avec ironie "attention, des pauvres dans la rue", pendant qu'une sono diffusait "Le chant des partisans".

"Pour les riches des couilles en or, pour le peuple des nouilles encore", avait écrit un manifestant sur son gilet jaune.

L'acte 14 du mouvement samedi s'est déroulé sans incidents majeurs à Paris mais a été marqué par des heurts à Toulouse et Bordeaux, deux autres places fortes de la contestation.

Dans la capitale, le philosophe Alain Finkielkraut a toutefois été visé par des injures antisémites proférées par des manifestants, déclenchant une cascade de réactions indignées dans la classe politique.

Publié le 17/02/2019 03:07
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