Tripoli, 17 fév 2019 (AFP) - Les ravisseurs de 14 Tunisiens enlevés dans l'ouest de la Libye ont réclamé dimanche la libération d'un Libyen condamné à une lourde peine de prison en Tunisie pour trafic de drogue, selon une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et une source proche du dossier.

Dans une vidéo de moins de deux minutes, les 14 otages tunisiens assis sur des matelas déclinent l'un après l'autre leur identité et leur ville d'origine.

Le dernier à prendre la parole relaie un message des ravisseurs, réclamant aux autorités tunisiennes la libération d'un Libyen, Kamal al-Lafi al-Hijouji, détenu à Médenine (sud de la Tunisie).

Il assure que les 13 autres otages et lui seront libérés une fois ce Libyen relâché, ajoutant que tous sont en bonne santé.

La vidéo a été authentifiée auprès de l'AFP par une source tunisienne proche du dossier.

Kamal al-Lafi al-Hijouji a été condamné ce mois à 20 ans de prison pour trafic de drogue par un tribunal tunisien, selon cette même source.

Les 14 otages tunisiens ont été enlevés à Zawiya, à une cinquantaine de km à l'ouest de la capitale Tripoli, alors qu'ils se rendaient en bus à la raffinerie dans laquelle ils travaillent.

Selon une source de sécurité de Zawiya, un groupe armé leur a bloqué la route avant de les conduire vers une "destination inconnue".

Le chauffeur libyen du bus a été libéré, d'après la même source.

Les otages "sont toujours retenus à Zawiya, ils sont en bonne santé (et) pas maltraités", a de son côté commenté dimanche Limam Bouraoui, responsable de la communication au ministère tunisien des Affaires étrangères. "Les négociations continuent", a-t-il ajouté.

Le ministère libyen de l'Intérieur a indiqué samedi avoir créé une "cellule de crise" à Zawiya pour "garantir la sécurité des (Tunisiens) enlevés et leur libération sans conditions".

Si ce type d'incident est récurrent, il s'agit de la plus importante prise d'otages depuis l'enlèvement, le 12 juin 2015, de dix agents consulaires tunisiens par une milice armée qui voulait arracher la libération d'un de ses chefs détenu en Tunisie dans le cadre d'une enquête pour "terrorisme".

Les Tunisiens avaient été libérés au bout de quelques jours et le chef en question avait été expulsé vers Tripoli.

Peuplée de 200.000 habitants, la ville de Zawiya est contrôlée par des groupes armés locaux, dont certains sont actifs dans des trafics comme l'immigration clandestine et la contrebande de carburant.

Depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, de nombreuses milices et deux autorités se disputent le pouvoir en Libye.

Le consul tunisien à Tripoli est en contact à la fois avec le Gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et avec les dignitaires de Zawiya, selon une source diplomatique tunisienne.

Les enlèvements sont monnaie courante en Libye: des migrants, travailleurs étrangers mais aussi des Libyens sont régulièrement enlevés et détenus par des groupes armés exigeant des rançons.

Publié le 17/02/2019 02:49
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Retour des moustiques tigre : voilà comment s'en protéger efficacement cet été
02.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
03.
Vol MH370 : "le pilote se serait envolé à 12 000 mètres pour tuer l'équipage dans la cabine dépressurisée ", selon un nouveau rapport
04.
L'homme qui combat la bien-pensance pour sauver le monde agricole
05.
Dents de la mer : les grands requins blancs remontent vers le Nord aux Etats-Unis, faut il redouter la même chose en Europe ?
06.
Meghan & Harry : all is not well in paradise; Mariage sous couvre-feu pour Laura Smet; Laeticia Hallyday, délaissée ou entourée par ses amis ? Voici & Closer ne sont pas d’accord; Taylor Swift & Katy Perry se câlinent vêtues d’un burger frites de la paix
01.
L'Ordre des médecins autorise Jérôme Cahuzac à exercer la médecine générale en Corse
02.
Amin Maalouf et Boualem Sansal, deux lanceurs d'alerte que personne n'écoute. Est-ce parce qu'ils sont arabes ?
03.
Ce piège dans lequel tombe le gouvernement en introduisant le concept d’islamophobie dans le proposition de loi Avia sur la lutte contre les contenus haineux
04.
Et la banque centrale américaine publia une bombe sur les "méfaits" du capitalisme financier
05.
Acte II : mais comment définir la ligne suivie par le gouvernement en matière de politique économique ?
06.
Cash Investigation : pourquoi le traitement des semences par les multinationales est nettement plus complexe que le tableau dressé par l’émission de France 2