Paris, 23 jan 2019 (AFP) - Bercy a évoqué mercredi soir un "désengagement" en cours des actionnaires chinois de l'aéroport de Toulouse, sur fond d'inquiétude des collectivités locales, quatre ans après une opération de privatisation controversée.

"L'Etat n'est pas partie prenante à cette opération en cours de désengagement des actionnaires de Casil. Donc cette transaction ne concerne pas les 10% de l'Etat", a indiqué à l'AFP le ministère de l'Economie, à la suite d'informations de presse faisant état de la volonté des actionnaires chinois de vendre leur part.

En avril 2015, l'État avait vendu 49,99% du capital de la société de gestion de l'aéroport de Toulouse à Casil Europe, holding française créée par le groupe d'État chinois Shandong High Speed Group et le fonds d'investissement hongkongais Friedmann Pacific Asset Management.

Début 2018, l'État a décidé de conserver les 10,01% du capital qu'il possédait encore et sur lesquels Casil avait une option.

Les autres actionnaires, à hauteur de 40%, sont la Région, le département, la métropole de Toulouse et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI).

Plus tôt mercredi, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, avait une nouvelle fois appelé mercredi au maintien d'une "majorité publique" au sein du capital de l'aéroport.

"S'il s'avérait que Casil vendait prochainement ses actions, ce serait de sa part une très mauvaise manière, légale mais fort désinvolte, envers nous, les actionnaires locaux minoritaires", a-t-il indiqué à l'AFP.

"Car lors des réunions de conseils du mois dernier, jamais Casil n'a évoqué pareille hypothèse", a assuré le maire LR.

"Dans l'immédiat, le plus important à mes yeux est de maintenir une majorité publique (Etat et les quatre actionnaires locaux) au sein de la société d'exploitation de l'aéroport", selon M. Moudenc.

"Tous les quatre (CCI, Métropole, Région, Département), nous sommes fermes sur ce point majeur et le redisons solennellement au gouvernement. L'Etat ne doit donc pas vendre les parts qu'il détient encore et qui assurent cette majorité", a-t-il conclu.

Un différend avait opposé en 2017 les actionnaires publics locaux à Casil Europe, les premiers reprochant au groupe Casil sa volonté de "maximiser le versement de dividendes".

Dans un rapport, la Cour des comptes avait critiqué en novembre "un acquéreur dont le profil soulève des inquiétudes" quant à "son manque d'expérience en matière de gestion aéroportuaire", "son manque de transparence financière" et ses "liens avec la puissance publique chinoise".

La "privatisation demeure donc inaboutie" selon le rapport qui soulignait "la situation, ambiguë et instable d'une entreprise dont le capital est majoritairement public, mais dont le contrôle appartient à l'actionnaire privé par l'effet du pacte d'actionnaires qu'il a conclu avec l'État".

Publié le 23/01/2019 11:30
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Statistiques du ministère de l’intérieur : Christophe Castaner ou l’imagination au pouvoir
02.
14 tonnes d’aide humanitaire française pour le Venezuela confisquées à Caracas par la Garde nationale
03.
Ce que le projet de loi Dussopt sur la fonction publique indique des renoncements d’Emmanuel Macron
04.
Un président étranger à son peuple mais aussi de plus en plus étranger à la communauté internationale
05.
Ces inquiétants progrès de l’idéologie décoloniale en France
06.
+ 4,2% des prix de la grande distribution en raison de la loi Alimentation ? Comment les autorités démontrent leur impuissance à soutenir les agriculteurs
07.
Une mystérieuse créature sème la panique dans un parc chinois
01.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre
02.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
03.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
04.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
05.
Statistiques du ministère de l’intérieur : Christophe Castaner ou l’imagination au pouvoir
06.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
01.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
02.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
03.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
04.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
05.
Derrière le complotisme, l’énorme échec de 50 ans d’égalitarisme et de progressisme à marche forcée impulsés par l’Education nationale comme par la culture dominante
06.
Flambée d’antisémitisme et de violences politiques : ces erreurs politiques et macroéconomiques à ne pas reproduire pour enrayer la crise