Lagos, 20 jan 2019 (AFP) - L'ancien président nigérian Olusegun Obansanjo a accusé dimanche le chef de l'Etat Muhammadu Buhari, candidat à un deuxième mandat, de préparer des fraudes massives pour remporter les élections générales du 16 février.

M. Obasanjo, qui avait soutenu l'actuel président lors de son élection en 2015, n'a cessé ces derniers mois de critiquer son bilan, et a cette fois apporté son soutien au principal candidat de l'opposition à la présidentielle, Atiku Abubakar.

"Personnellement, j'ai des doutes sérieux quant à l'intégrité, à l'impartialité et à la compétence actuelles de l'INEC (Commission électorale nationale, ndlr) pour organiser des élections justes, libres et crédibles", affirme Obasanjo dans une cinglante lettre ouverte.

Il s'en est ensuite pris directement à M. Buhari, l'accusant de recruter des agents pour falsifier les résultats des élections avant le scrutin.

"Ses hommes de main travaillent jour et nuit avec la sécurité et les responsables des élections pour perfectionner leur plan en calculant les résultats, de la commune au gouvernement local, des États à l'échelle national, pour lui attribuer ce qui ressemblera à une victoire écrasante", a-t-il dénoncé.

M. Obasanjo a ensuite comparé le chef de l'Etat à l'ancien dictateur Sani Abacha, qui a dirigé le Nigeria d'une main de fer entre 1993 et 1998, affirmant qu'il était prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. "Dans un désespoir fou, Buhari poursuit le même chemin", a-t-il estimé.

La présidence nigériane a vivement réagi dimanche soir dans un communiqué, estimant que ces accusations sont à la fois "farfelues et scandaleuses".

"Nous ne trouvons les mots pour décrire ce menteur de 90 ans, sauf pour dire que par la publication de ce tissu de mensonges (...) Obasanjo, et non le président (Buhari), perdra l'estime de tous", poursuit le communiqué avant de critiquer le bilan d'Obasanjo, l'accusant à mots à peine voilés de corruption massive lorsqu'il était aux affaires.

"Les élections qui commenceront en février seront libres et équitables, comme promis par le président Buhari à la nation et à la communauté internationale", ajoute-t-il.

MM. Obasanjo et Buhari sont tous deux d'anciens généraux ayant accédé au pouvoir à la suite de coups d'Etat dans les années 70 et 80, avant de devenir des présidents démocratiquement élus.

Le principal rival de Buhari à la présidentielle, Atiku Abubakar, fut le vice-président d'Obasanjo pour le Parti démocratique du peuple (PDP) en 1999, mais leurs relations sont devenues exécrables quand Abubakar a voulu se présenter contre son mentor à la présidentielle de 2007.

Toutefois, la volonté d'Obasanjo de faire barrage à Muhammadu Buhari semble l'avoir emporté sur les vieilles rancoeurs.

Obasanjo avait déjà déclaré dans une lettre ouverte en janvier 2018 que Buhari ne devrait pas se présenter une deuxième fois et qu'il était temps pour lui de "prendre un repos mérité".

Le bilan sécuritaire et économique du président Buhari, 75 ans, qui représente le Congrès des progressistes (APC), est très critiqué dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Face à lui, Abubakar, 71 ans, est un autre vétéran de la politique qui a déjà tenté à quatre reprises de se présenter à la présidentielle au Nigeria.

C'est un homme d'affaires richissime dont la carrière a été ternie par de nombreuses allégations de corruption même s'il n'a jamais été poursuivi dans son pays.

Publié le 20/01/2019 10:51
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes
02.
Gilets jaunes : les états-majors des grandes entreprises imaginent trois scénarios de sortie de crise possibles
03.
Le mystérieux contrat de 7,2 millions d'euros décroché par Alexandre Benalla
04.
Alain Finkelkraut étrille Marlène Schiappa après ses propos sur la Manif pour tous
05.
L’affaire Benalla, ou la preuve qu’Emmanuel Macron est lui-même son pire ennemi politique
06.
Pour la mairie de Paris, la capitale serait salle à cause du réchauffement climatique
07.
Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français
01.
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes
02.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
03.
Statistiques du ministère de l’intérieur : Christophe Castaner ou l’imagination au pouvoir
04.
Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français
05.
Mais quelle est la part de responsabilité d'Alain Juppé dans l'état "délétère du pays qu'il dénonce ?
06.
Le mystérieux contrat de 7,2 millions d'euros décroché par Alexandre Benalla
01.
Mais quelle est la part de responsabilité d'Alain Juppé dans l'état "délétère du pays qu'il dénonce ?
02.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
03.
Ces lourdes erreurs politiques qui fragilisent la lutte contre l’antisémitisme
04.
Antisémitisme: voilà pourquoi je n'irai pas manifester le 19 février
05.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
06.
Derrière les faits divers dans les Ehpad, la maltraitance que l’ensemble de la société française inflige à ses vieux