Abuja, 10 jan 2019 (AFP) - L'armée nigériane a fait son retour dans une ville stratégique sur les bords du lac Tchad après des attaques de Boko Haram ayant forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers, selon des sources civils et militaires jeudi.

Des combattants de la faction de Boko Haram soutenue par le groupe Etat islamique, l'ISWAP, avaient pris temporairement fin décembre le contrôle d'une base navale et d'une base de la force armée régionale (Nigeria, Niger, Cameroun, Tchad) déployée contre le groupe jihadiste à Baga, un port de pêche important.

Selon l'ONU, plus de 30.000 personnes se sont réfugiées dans la ville-garnison de Monguno et à Maiduguri, la capitale du Borno, alors que l'armée préparait une contre-offensive.

"Nos soldats sont entrés hier soir (mercredi) dans Baga. Ils ont le contrôle total de la ville que les terroristes avaient quittée", a affirmé à l'AFP un officier militaire sous couvert d'anonymat.

"Ils sont entrés dans la ville vers 19H00 locales (18h00 GMT) après avoir pris le contrôle de Kuros-Kauwa, située à 15 km", a-t-il expliqué.

Ces informations ont été confirmées par un habitant s'exprimant lui aussi sous couvert d'anonymat.

"J'ai quitté Baga vers 17h30 et j'ai croisé un très grand convoi militaire se dirigeant vers la ville depuis Kuros-Kauwa", a-t-il dit.

"Ils sont entrés dans Baga sans problème. Les combattants de Boko Haram ne restaient pas la nuit à Baga, sachant que l'armée se préparait à lancer une attaque massive".

Selon lui, plusieurs bâtiments, dont les maisons de politiciens locaux et chefs communautaires avaient été incendiés lors de l'assaut jihadiste à Baga et dans une localité voisine, Doron Baga. Un hôpital, une clinique et des écoles ont été entièrement rasées.

L'armée n'avait pas commenté dans l'immédiat jeudi le retour de ses troupes.

Baga et Doron Baga ont été attaquées à plusieurs reprises depuis le début de l'insurrection en 2009. Au total, plus de 27.000 personnes ont été tuées et 1,8 million d'autres ont fui leurs foyers.

Des centaines de personnes, sinon des milliers, avaient perdu la vie lorsque les insurgés avaient envahi ces localités en 2015, lors d'une attaque considérée comme l'une des plus sanglantes depuis le début du conflit.

La situation sécuritaire s'était améliorée grâce aux opérations de contre-insurrection de la force régionale, mais les jihadistes ont ces derniers mois intensifié les attaques contre des cibles militaires face à une armée qui semble dépassée.

Des dizaines d'attaques ont été revendiquées par - ou attribuées à - l'ISWAP contre des bases ou des positions militaires dans la région.

Mercredi, des hommes ont attaqué des positions militaires près des villages de Bulabulin et de Delwa, dans la région de Konduga (Etat du Borno), avant d'être repoussés, selon des sources sécuritaires.

L'armée nigériane a par ailleurs affirmé jeudi que les jihadistes forcent les civils à quitter leurs foyers.

Le porte-parole de l'armée Onyema Nwachukwu a dit avoir des "informations crédibles" selon lesquelles les jihadistes ont "infiltré des villages" aux alentours de la capitale régionale, Maiduguri, sommant les habitants de partir.

Un membre des milices civiles, qui combattent Boko Haram aux côtés de l'armée, avait expliqué plus tôt cette semaine que les combattants avaient prévenu les civils d'une attaque majeure sur le village de Jakana, ainsi qu'à Mainok, sur la route entre Maiduguri et Damaturu (Etat de Yobe).

Publié le 10/01/2019 04:11
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