Vienne, 8 jan 2019 (AFP) - La Poste autrichienne a reconnu mardi collecter et commercialiser des données sur les "affinités politiques" présumées de ses clients, assurant ne rien voir d'illégal à cette pratique alors que des révélations de presse l'ont placée sous le feu des critiques dans la foulée du scandale Facebook.

L'entreprise a "développé un modèle permettant d'établir l'affinité partisane probable d'une personne", a admis la société dans une déclaration à l'AFP mardi, soulignant que "ce calcul sert exclusivement à limiter les pertes inutiles dans les envois de courrier" des partis auxquels ces données sont vendues.

Révélée lundi par le site d'investigation autrichien Addendum dans un contexte d'inquiétudes croissantes à travers le monde concernant la protection des données personnelles, cette pratique a suscité une vive controverse en Autriche.

L'ONG Epicenter Works a qualifié de "scandaleux" les agissements de la Poste, estimant qu'ils violent la réglementation européenne.

L'association de défense des droits des consommateurs VKI a elle aussi dit douter que la diffusion de telles "données sensibles" soit conforme au droit, invitant les usagers à porter plainte. Le parti Liste Jetzt (écologiste, opposition), a également jugé la pratique "inacceptable", appelant à un renforcement de la législation.

L'Autorité pour la protection des données (DSB) a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête.

Selon Addendum, la Poste autrichienne a commercialisé des données portant sur le nom, l'âge, l'adresse et le sexe de quelque 3 millions de personnes, soit plus du tiers de la population du pays. Concernant 2,2 millions d'usagers, ces données ont également comporté une affinité politique présumée.

La Poste, une entreprise cotée en Bourse depuis 2006 mais contrôlée à 52,8% par l'Etat autrichien, a reconnu que la collecte d'informations à des fins de marketing était pour elle "une pratique courante depuis des années". Elle a toutefois assuré qu'elle s'effectuait dans le cadre de la loi.

Les données sur les affinités politiques supposées résultent du croisement de données concernant "l'âge, le sexe, l'adresse, les résultats du bureau de vote" mais ne trahissent "en aucun cas le comportement (électoral) effectif des personnes", s'est-elle défendu.

Le commerce des données rapporte à la société quelque 10 millions d'euros par an, selon Addendum.

Aux Etats-Unis, le géant des réseaux sociaux Facebook est dans la tourmente pour avoir notamment laissé la firme britannique d'analyse Cambridge Analytica exploiter les données privées de dizaines de millions d'usagers au profit de la campagne de Donald Trump en 2016.

pmu-phs/nas

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Publié le 08/01/2019 03:51
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