Prague, 23 nov 2018 (AFP) - Le gouvernement tchèque du Premier ministre milliardaire Andrej Babis a survécu vendredi, sans surprise, à une motion de censure déposée par l'opposition à la suite d'accusations retentissantes portant sur son fils et une possible affaire de fraude.

Mis en examen depuis 2017 pour un détournement de fonds européens présumé, M. Babis a été accusé la semaine dernière par un site d'information d'avoir envoyé en 2017 son fils en Crimée, annexée par la Russie, pour l'écarter de l'enquête sur cette affaire.

L'opposition de droite n'a réuni que 92 voix sur les 200 sièges de la chambre basse, entrainant l'échec de cette tentative d'obtenir le départ du gouvernement minoritaire du mouvement populiste ANO de M. Babis (78 sièges) et des sociaux-démocrates CSSD (15), soutenu par les communistes KSCM (15).

Opposés à l'idée de faire chuter un gouvernement dont ils font partie mais en même temps vigilants face aux affaires qui concernent du Premier ministre, les élus du CSSD ont quitté la salle au moment du vote.

"Depuis un an et demi, nous devons nous occuper des affaires liées au Premier ministre", a constaté lors du débat de sept heures le chef du parti de droite ODS, Petr Fiala, l'un des initiateurs du vote de défiance.

Il a aussi dénoncé ce qui était selon lui un "conflit d'intérêts énorme digne d'un pays en voie de développement" de la part du chef de l'exécutif.

"Je n'ai pas l'intention de démissionner, à cause de cette pseudo-affaire mensongère. Je l'ai déjà dit à maintes reprises", a de son côté lancé M. Babis, deuxième fortune du pays, fondateur du géant agroalimentaire Agrofert qui comprend aussi deux grands quotidiens et la principale radio privée du pays.

L'affaire est partie d'une enquête journalistique explosive publiée lundi 12 novembre sur le site d'information www.seznamzpravy.cz, dont deux reporters ont rencontré le fils de M. Babis en Suisse, où il vit actuellement, et enregistré un entretien en caméra cachée.

Andrej Babis jr - souffrant de schizophrénie selon son père - y affirme avoir été conduit contre sa volonté en Crimée par des collaborateurs du Premier ministre.

Cette opération aurait eu pour but de le tenir à l'écart de l'enquête sur l'abus présumé par M. Babis de subventions européennes lors de la construction du complexe hôtelier de luxe "Nid de Cigogne" près de Prague en 2007-2008.

Andrej Babis jr, 35 ans, est mis en examen dans cette affaire, de même que son père.

Le Premier ministre qui bénéficie de l'appui ferme du président Milos Zeman, rejette toutes les allégations, qualifiant le séjour de son fils en Crimée d'"excursion".

Les détracteurs du Premier ministre lui reprochent aussi son appartenance au parti communiste et sa collaboration présumée - qu'il nie - avec la police secrète communiste StB, avant 1989.

Dans la soirée, environ 8.000 protestataires contre le gouvernement de M. Babis, selon une estimation de l'AFP, se sont rassemblés dans le centre de Prague à l'issue d'un défilé à travers la ville, baptisé "Marche pour un gouvernement crédible", par les organisateurs de l'ONG "Million de moments pour la démocratie".

"Démission!", "Krim za Krym!" (en tchèque: "prison pour Crimée!"), "Tchéquie n'est pas Russie!", "Babis dans la poubelle!", ont notamment scandé les manifestants, rassemblés sous les drapeaux tchèques et ceux de l'Union européenne.

Le mouvement populiste ANO de M. Babis continue toutefois à dominer les sondages d'intention de vote, bénéficiant du soutien d'environ 30% des Tchèques.

Publié le 23/11/2018 09:17
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