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Culturellement incorrect : De l'illégitimité de l'intervention publique en matière culturelle
Auteur : Bertrand Allamel
Audiovisuel, spectacle vivant, patrimoine, arts visuels, etc. Au total, 21 milliards d'euros investis en 2012 dans la culture par les autorités publiques selon un récent rapport du ministère de la Culture (janvier 2014). Un interventionnisme peu efficace au regard des résultats de cette politique. S'interroger sur "l'exception culturelle" française s'avère désormais nécessaire.
Publié le 02 avr 2014
35 pages
60min de lecture
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Bertrand Allamel
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Etat, région, département, commune: impossible aujourd'hui de concevoir la culture en France sans le concours de la collectivité. La recherche de subventions publiques pour le financement de projets culturels est désormais un "sport national" français. 

Bâtir une société cultivée et pacifiée: tel est l'objectif assigné par les Lumières à la culture. En 2014, cet objectif est toujours le même, et le rôle de l'Etat demeure inchangé: œuvrer à la diffusion et à la protection de la culture. Une conception de la culture que l'on ne retrouve nulle part ailleurs et qui justifie l’appellation d' "exception culturelle"

Dans son ouvrage, Bertrand Allamel déconstruit les arguments généralement brandis pour défendre notre "exception culturelle" : le marché nuit à la création artistique; l'Etat garanti l'accès à la culture du plus grand nombre; le libéralisme est l'ennemi de la culture ; l'intervention publique permet à la culture d'être libre et indépendante, et sert au développement intellectuel de la population. 

Une production de qualité discutable, une culture élitiste qui tend vers la standardisation selon des "critères officiels", une jeunesse de plus en plus inculte, etc. Les différents rapports du ministère de la Culture illustrent l’inefficacité de cet interventionnisme. Dans le contexte actuel de la compétition internationale, interroger notre modèle culturel est indispensable si la France veut conserver son rang culturel. 

L'intervention de la puissance publique dans le domaine culturel est justifiée par une certaine conception de la culture et du rôle qu'on lui attribue. Cette conception est héritée du courant de pensée des Lumières, qui tend à considérer que la culture assure une " interaction harmonieuse ", développe le " vouloir-vivre ensemble " maintient la " cohésion sociale " et la paix dans la société. Par extension et dans des formulations plus modernes, il est admis et courant de dire que la culture garantit la démocratie. J. Rigaud, dans son célèbre rapport sur la refondation de la politique culturelle considère que " le développement culturel est l’une des conditions de l’existence et de la pratique effective de la démocratie en même temps qu’il est le garant de la cohésion et du lien social. " 

C'est principalement sur cette conception idéaliste, héritée de la tradition philosophique des Lumières, que repose la légitimité des politiques publiques de la culture : on reconnaît à la collectivité la compétence d’assurer ce qui s'apparente à une mission d'intérêt public. Puisque la culture est un bien exceptionnel car collectif et pacifiant, il revient à la puissance publique d'en assurer une large et équitable diffusion, que ne peuvent assurer seuls l'initiative privée et le marché. Cette conception de la culture, et cette nécessité d'une intervention publique qui semble logiquement en découler, sont aujourd’hui largement partagées, à tel point qu'il est désormais quasiment impossible en France de penser la culture autrement qu'avec le concours ou le soutien de la collectivité. La recherche de subventions publiques pour le financement d'actions ou de projets culturels est devenue un automatisme, voire un sport national : la réalisation d'un projet culturel s'organise d'abord généralement autour de la recherche d'aides ou de financements publics, les apports privés et même les recettes propres étant envisagées comme une source de revenus parmi d'autres. Personne ne trouve rien d’anormal à solliciter un soutien financier de l’État, de la Région, du Département ou de la Ville pour mettre en œuvre un projet ou une action culturelle. De même, tout le monde ou presque s’accorde à dire que l’Etat doit intervenir pour défendre " l’exception culturelle ".

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Mots-clés
France, culture, e-book, série télé, Inégalité, élites, Nouvelle Star, exception culturelle, Atlantico éditions, Eyrolles, A-book, Bertrand Allamel
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