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Sortir l'Europe de la crise : le modèle japonais
Et si l’Europe s’apprêtait à connaître, comme le Japon il y a quinze ans, une longue crise économique ? Cela semble bien parti en raison de la politique monétaire menée par la BCE. A la différence de l’Europe, le Japon a compris que cette politique devait être revue. Quels verrous faire sauter sur le Vieux continent pour que la BCE puisse enfin s’attaquer à la reprise de la croissance ?
Publié le 21 déc 2013
46 pages
58min de lecture
Grand Public
Nicolas Goetzmann
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La crise économique qui frappe le monde depuis 2008 perdure en Europe. Et ce, alors même que d’autres zones économiques en sortent progressivement. Les différents gouvernements européens sont aujourd’hui confrontés à un manque évident de résultats qui permet de mettre en doute la validité du diagnostic établi durant la crise. En se reposant sur des politiques de lutte contre les déficits publics, l’Europe ne parvient pas à obtenir d’amélioration de sa situation, aussi bien concernant le chômage que concernant les niveaux de dettes des Etats.

Pourtant, un diagnostic alternatif a pu voir le jour. Ce dernier met directement en cause les méthodes employées par la Banque centrale européenne dans la conduite de sa politique monétaire. Afin de prendre conscience d’un tel phénomène, le Japon nous offre un précédent. Ce pays a été traversé par une crise d’une exceptionnelle dureté depuis plus de vingt ans. L’analyse des causes, et surtout des conséquences à long terme du déni japonais face à cette expérience, permet de dresser une cartographie de ce qui attend l’Europe si celle-ci ne réagit pas.

Il est ainsi nécessaire d’explorer le cas japonais, ses causes et ses conséquences, et ce jusqu’à la prise de conscience du nouveau gouvernement élu en décembre 2012. Depuis lors, une politique de sortie de crise a été mise en place et celle-ci offre d’ores et déjà de probants résultats.

 

Le concept de désinflation compétitive aura été efficace jusqu’en 2008. La croissance nominale française progresse sur un rythme parfaitement stable de 4% depuis la création de l’euro. La stabilité des prix est véritablement consacrée comme la formule magique du développement économique. Son caractère fondateur de la construction européenne en fait une icône qui ne souffre aucune critique.

Depuis 2008, la réalité de la Grande Récession marque la nécessité de réformer une doctrine monétaire incomplète. Alors que la lutte contre l’inflation fut le premier volet de la politique monétaire européenne, il est aujourd’hui indispensable d’ajuster celle-ci aux circonstances actuelles. La stabilité des prix, finalement, n’était pas la fin de l’histoire. C’est ce que nous prouve le Japon aujourd’hui.

Il serait faux d’imaginer que la responsabilité de l’inertie européenne incombe uniquement à l’Allemagne. Bien que la rigidité de la Bundesbank,  la puissance fondatrice du deutschemark soient des obstacles certains, il convient de prendre en compte le mythe français de la désinflation compétitive. Sa mise en cause est d’autant plus délicate que les trente dernières années ont incontestablement profité de cette doctrine, qui n’aura atteint ses limites qu’à l’aube d’une situation à tendance déflationniste.

Chaque pays européen serait susceptible de profiter d’une telle refonte monétaire, même l’Allemagne. Ce pays, où 8 millions de personnes travaillent sous le seuil du smic horaire français, où le nombre d’heures travaillées est le plus faible de la zone euro, et où 5 millions de personnes ne vivent que grâce à un mini job. Ce potentiel d’offre de travail laisse une marge de manœuvre importante à un pays, qui pourrait ainsi en finir avec une politique tendant à précariser les travailleurs les moins qualifiés.

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Mots-clés
Euro, europe, BCE, Japon, inflation, zone euro, crise économique, Nicolas Goetzmann, Shinzo Abe, abenomics, Atlantico éditions, A-book
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