Moscou, 14 déc 2018 (AFP) - Le Kremlin a une nouvelle fois dénoncé vendredi des accusations américaines "infondées" contre la Russe Maria Butina, qui a plaidé coupable la veille aux Etats-Unis d'avoir agi au profit de la Russie.

"Nous répétons encore une fois que nous considérons toutes les accusations à son encontre comme tout à fait infondées", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Il n'a toutefois pas souhaité commenter "à ce stade" le procès visant Maria Butina et sa stratégie de défense.

Arrêtée en juillet dernier à Washington et inculpée pour "complot" en vue de "promouvoir les intérêts de la Russie", Maria Butina, 30 ans, a reconnu jeudi avoir cherché à ouvrir dès 2015, au profit des autorités russes, "des canaux de communication officieux avec des Américains influents".

En plaidant coupable, elle espère une peine allégée. Elle encourt jusqu'à six mois de prison et risque d'être expulsée à l'issue de sa peine.

Pour sa part, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a dénoncé vendredi les conditions de détention de Maria Butina aux Etats-Unis qui visent selon lui "à briser sa volonté et à la forcer à avouer des choses qu'elle n'a probablement pas faites".

"Elle est détenue dans les conditions les plus dures (...), celles qui sont créées d'habitude pour des récidivistes dangereux", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse publique russe RIA Novosti, en précisant que des diplomates russes avaient rendu une visite à Maria Butina dans sa cellule jeudi.

Dans ce contexte, M. Lavrov a confié "comprendre" la décision de la jeune Russe de plaider coupable.

"C'est sa décision, et nous allons tout faire pour que les droits de notre citoyenne soient respectées et pour qu'elle revienne à la maison le plus vite possible", a-t-il ajouté.

Publié le 14/12/2018 10:56
Abidjan, 14 déc 2018 (AFP) - Henri Konan Bédié, président du principal parti d'opposition de Côte d'Ivoire, le PDCI, a affirmé avoir l'accord de l'ex-président Laurent Gbagbo pour une alliance en vue de l'élection présidentielle de 2020, dans une interview sur France 24.

"Je l'ai informé, il m'a donné son accord, récemment, pour contacter le FPI", le parti fondé par M. Gbagbo, en vue de former une "plateforme" réunissant leurs forces contre le camp du président Alassane Ouattara, a déclaré M. Bédié dans cette interview diffusée dans la nuit de jeudi à vendredi par la chaîne d'information continue.

Le Front populaire ivoirien (FPI) est considéré comme le troisième parti politique de Côte d'Ivoire, même s'il a boycotté les élections depuis 2011.

"Il y a des contacts entre le PDCI et le FPI, au stade préliminaire. Les discussions vont se poursuivre", a réagi vendredi un porte-parole du FPI, Franck Anderson Kouassi, se refusant pour le moment à parler d'alliance.

Le PDCI était jusqu'au mois d'août l'allié du parti au pouvoir, le Rassemblement des Républicains (RDR) du président Ouattara, mais l'alliance a volé en éclats. Un renversement d'alliance, deux ans avant le scrutin présidentiel, marquerait un tournant dans la politique ivoirienne.

Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien (2000-2010), est emprisonné et jugé à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, mais il a repris récemment, à distance, les rênes de son parti. La CPI doit statuer ce vendredi sur une demande de libération provisoire.

"J'espère vivement qu'il soit libéré et qu'il rentre en Côte d'Ivoire". "Cela fait sept ans que Laurent Gbagbo est en prison. Quels que soient les crimes qu'il a commis, cela suffit pour la justice", a déclaré M. Bédié.

- "Main tendue" à Soro -

Lui-même ancien président de la République (1993-99), M. Bédié a également invité une autre figure de proue de la politique ivoirienne, le président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, à rejoindre sa plateforme.

"Il n'y a pas de raisons de l'exclure s'il désire rejoindre cette formation". "La main est tendue", a-t-il déclaré.

Guillaume Soro est membre du parti au pouvoir, mais réputé en froid avec le président Ouattara. On lui prête des ambitions présidentielles et une certaine popularité parmi la population.

M. Bédié, surnommé "le sphinx de Daoukro", est resté comme d'habitude énigmatique sur son éventuelle candidature à la prochaine présidentielle. Alassane Ouattara entretient lui aussi le suspense sur ses intentions.

C'est sur cette question de leadership pour 2020 que leur coalition électorale, baptisée Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et qui avait duré 13 ans, a éclaté.

Le PDCI avait soutenu l'élection de M. Ouattara en 2010, puis sa réélection en 2015, et demandait un retour d'ascenseur pour la présidentielle de 2020: que le RDR soutienne un candidat PDCI. Ce que le RDR s'est refusé à faire, voulant à la place fusionner les deux mouvements, à son profit, en transformant le RHDP en un grand "parti unifié".

Plusieurs élections municipales et régionales doivent se dérouler dimanche, opposant notamment des candidats RHDP et PDCI.

Publié le 14/12/2018 10:12
Paris, 14 déc 2018 (AFP) - La Bourse de Paris perdait du terrain (-0,98%) vendredi matin, les investisseurs restant sur la défensive après un message prudent de la BCE et des données chinoises décevantes, et gardant toujours un oeil sur Pékin et Washington.

A 09H20 (08H20 GMT), l'indice CAC 40 reculait de 48,13 points à 4.848,79 points. La veille, il avait fini en léger recul de 0,26%.

"Les statistiques chinoises décevantes et les doutes sur la capacité de Washington et de Pékin à s'entendre relancent la baisse des marchés", a analysé dans une note Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

"L'annonce ce (vendredi) matin d'une nouvelle chute des immatriculations automobiles en Europe ne fait rien pour améliorer le sentiment", a-t-il ajouté.

Dans un contexte déjà lourd d'incertitudes politiques et économiques, les investisseurs se montraient par ailleurs prudents après un message jugé plus inquiet de la Banque centrale européenne (BCE) sur les perspectives économiques de la zone euro.

Très attendu, tant les inquiétudes économiques s'accumulent depuis des mois, le président de l'institution Mario Draghi s'est livré à un numéro d'équilibriste: confiant dans les perspectives d'inflation, le banquier italien s'est toutefois montré plus pessimiste sur la croissance, évoquant notamment des "risques orientés à la baisse".

Sur le front du Brexit, la Première ministre britannique Theresa May a demandé jeudi à Bruxelles de nouvelles garanties pour l'aider à obtenir la ratification de l'accord par les députés britanniques, mais elle a fait face à des Européens ouvertement agacés par des exigences jugées trop vagues.

Du côté des indicateurs, les ventes de détail et la production industrielle en Chine ont ralenti en novembre, tempéré par un rebond des investissements en capital fixe.

En Europe, le marché automobile a reculé de 8% en novembre sur un an, sa troisième baisse mensuelle consécutive.

Les investisseurs s'intéresseront aussi aux indices PMI pour décembre en zone euro, aux ventes de détail et à la production industrielle pour novembre aux Etats-Unis, ainsi qu'aux stocks des entreprises.

Ils scruteront par ailleurs les prévisions d'automne sur la croissance de l'économie allemande, livrée par la Banque centrale allemande.

En matière de valeurs, LVMH reculait de 2,54% à 249,35 euros après avoir annoncé la conclusion d'un accord pour le rachat du spécialiste de l'hôtellerie de luxe Belmond, sur la base d'une valeur d'entreprise de 3,2 milliards de dollars, selon un communiqué publié vendredi.

jra/vac/mcj

EURONEXT

Publié le 14/12/2018 10:10
Pékin, 14 déc 2018 (AFP) - Un réacteur nucléaire EPR construit à Taishan, dans le sud de la Chine, a été mis en service, une première mondiale pour cette technologie française de la troisième génération, ont annoncé vendredi l'électricien français EDF et le chinois CGN.

Raccordé en juin avec succès au réseau électrique chinois, le premier des deux réacteurs EPR construits à Taishan, dans la province du Guangdong, a depuis passé toute une phase d'essais et de simulations d'incidents, et a été déclaré prêt à entrer en service jeudi soir, ont-ils précisé lors d'une conférence de presse.

EDF est actionnaire à hauteur de 30% de la coentreprise chargée de construire et d'exploiter le réacteur. Les groupes chinois CGN et Yuedian sont actionnaires respectivement à hauteur de 51% et de 19%.

Le réacteur "a réuni l'ensemble des conditions de sa mise en service commerciale. C'est un jalon majeur de la coopération d'EDF avec CGN (...) et démontre que la technologie EPR est une promesse d'avenir pour l'ensemble des technologies nucléaires", a estimé Fabrice Fourcade, président d'EDF Chine.

"Le succès du projet montre la performance technologique de l'EPR. C'est une technologie totalement fiable", a renchéri Guo Limin directeur général de la coentreprise franco-chinoise Taishan Nuclear Power Joint Venture Company.

L'EPR, d'une puissance de 1750 MW, se fonde sur la technologie des réacteurs à eau sous pression, la plus utilisée dans le monde.

Le président du conseil d'administration de la coentreprise, Gao Ligang s'est pour sa part félicité de "40 ans de coopération franco-chinoise dans l'électro-nucléaire", rappelant que cette coopération avait commencé avec la centrale de Daya Bay, dont la construction avait démarré en 1985.

La construction du premier réacteur EPR de Taishan avait commencé en 2009, le troisième à être mis en chantier dans le monde. Le second réacteur du site devrait être opérationnel en 2019.

jg/jug/

AREVA

EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

CGN POWER

Publié le 14/12/2018 10:10
Beyrouth, 14 déc 2018 (AFP) - Une force syrienne dominée par des combattants kurdes et soutenue par les Etats-Unis a chassé vendredi le groupe jihadiste Etat islamique (EI) de Hajine, principale localité de son ultime réduit dans l'est de la Syrie en guerre, a rapporté une ONG.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) avaient lancé en septembre une offensive contre le bastion jihadiste dans la province orientale de Deir Ezzor, près de la frontière irakienne. L'EI ne contrôle plus que les villages de Soussa et al-Chaafa dans ce réduit.

"Au bout d'une semaine de combats acharnés et de raids aériens, les FDS sont parvenues à chasser l'EI de Hajine", a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'opération s'est achevée à l'aube, a-t-il précisé, au lendemain du déploiement des FDS dans ce grand village de la vallée de l'Euphrate.

Les derniers combattants de l'EI étaient confinés jeudi dans un réseau de tunnels et la lisière de Hajine, localité située à une trentaine de km de la frontière irakienne.

Le secteur contrôlé par l'EI dans cette région de Syrie, également appelé "la poche de Hajine", est le dernier réduit du "califat" autoproclamé en 2014 par le groupe jihadiste sur des régions conquises en Syrie et en Irak.

Selon M. Abdel Rahmane, quelque 17,000 combattants des FDS sont impliqués dans l'offensive pour chasser l'EI de son ultime bastion.

Publié le 14/12/2018 08:46
Washington, 14 déc 2018 (AFP) - La dernière exécution de l'année aux Etats-Unis a eu lieu jeudi soir en Floride (sud), portant à 25 le nombre de condamnés à mort exécutés en 2018 dans l'ensemble du pays.

Jose Jimenez, 55 ans, a été déclaré mort par les autorités à 21H48 (02H48 GMT), après avoir reçu une injection létale à base de produits controversés dans le pénitencier de Starke.

Il avait été condamné à la peine capitale en 1994 pour un meurtre particulièrement violent.

Deux ans plus tôt, il s'était introduit dans l'appartement d'une de ses voisines, dans le nord de Miami, probablement pour la cambrioler.

Phyllis Minas, greffière dans un tribunal âgée de 63 ans, était chez elle. L'intrus l'avait battue et poignardée à de multiples reprises.

Plusieurs procédures judiciaires ont retardé son exécution. Ses avocats ont plaidé, entre autres, que son addiction à la drogue n'a pas été suffisamment prise en compte dans le procès.

Ils avaient tenté jeudi un recours de la dernière chance devant la Cour suprême.

Ils contestaient l'usage par la Floride d'etomidate, un médicament censé rendre le détenu inconscient quand deux autres drogues paralysent ses muscles puis causent un arrêt cardiaque.

Mais le précédent condamné exécuté en Floride, Eric Branch en février, avait crié à plusieurs reprises lorsque le produit létal avait été introduit dans ses veines, selon les défenseurs de M. Jimenez.

Ils ont toutefois échoué à convaincre la plus haute juridiction du pays que la méthode retenue pour son exécution constituait un "traitement inhumain".

Publié le 14/12/2018 04:52
Brasilia, 14 déc 2018 (AFP) - Un juge de la Cour suprême brésilienne a ordonné jeudi l'arrestation "en vue d'une extradition" de l'ancien militant d'extrême gauche italien Cesare Battisti, réclamé par la Justice de son pays après une condamnation par contumace pour quatre homicides.

"J'intime l'ordre de placer en détention en vue d'une extradition le ressortissant italien Cesare Battisti", a écrit le juge Luiz Fux, dans une ordonnance dont l'AFP a obtenu copie.

Cesare Battisti, 63 ans, a été condamné en 1993 à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970. Il clame aujourd'hui son innocence.

Après s'être évadé de prison en 1981, il avait fui d'abord au Mexique, en France à partir de 1990. Le président socialiste François Mitterrand s'était en effet engagé à n'extrader aucun militant d'extrême gauche renonçant à la lutte armée.

Mais son successeur Jacques Chirac n'étant aussi bien disposé, l'Italien avait rejoint le Brésil en 2004. Au terme d'un séjour en prison et d'un long processus judiciaire pour l'extrader, le président de gauche de gauche Luiz Inacio Lula da Silva avait décidé en 2010 de ne pas livrer le fugitif à l'Italie. Battisti y vit libre depuis 2011.

La décision judiciaire de jeudi va dans le sens des promesses électorales du président élu d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui souhaite une extradition.

"Nous montrerons au monde notre engagement dans la lutte contre le terrorisme", avait-il dit en octobre, critiquant un personnage "adoré par la gauche brésilienne".

Cette promesse avait été saluée par le ministre de l'Intérieur et vice-Premier ministre nationaliste italien Matteo Salvini.

Publié le 14/12/2018 02:43
Bruxelles, 14 déc 2018 (AFP) - La Commission européenne va intensifier ses préparatifs en cas d'absence d'accord (ou "no deal") avec le Royaume-Uni sur sa sortie de l'UE, a affirmé jeudi son président Jean-Claude Juncker à l'issue d'un sommet européen consacré au Brexit.

"Nos amis britanniques doivent dirent ce qu'ils veulent au lieu de nous faire dire ce que nous voulons", a-t-il déclaré, avant d'annoncer que l'exécutif européen publierait mercredi 19 décembre "toutes les informations généralement utiles qui concernent la préparation d'un +no deal+".

Selon le président du Conseil européen Donald Tusk, la Première ministre britannique Theresa May, qui s'est exprimée en début de soirée devant les dirigeants européens, a fait part de "ses difficultés" à faire ratifier par son Parlement l'accord de retrait conclu avec l'UE et a demandé "des assurances supplémentaires".

M. Juncker a jugé "assez inconcevable" qu'au Royaume-Uni on pense que c'est à l'UE de "proposer des réponses".

"C'est plutôt au gouvernement britannique de nous dire ce qu'ils veut exactement", a-t-il insisté visiblement las, disant avoir "des difficultés pour comprendre les états d'âme des députés britanniques".

Selon une source européenne, l'ambiance au dîner était "très mauvaise".

"Theresa May a été incapable de formuler ce qu'elle voulait" et a été régulièrement interrompue par la chancelière allemande Angela Merkel qui lui demandait ce qu'elle attendait exactement, a affirmé cette source.

Selon une autre source européenne, l'aide des 27 ne pourra être envisagée que si Mme May revient dans les prochaines semaines avec des propositions précises.

Le gouvernement britannique a fixé au 21 janvier la date limite pour que l'accord soit voté au Parlement.

Dans ses conclusions, le Conseil européen réaffirme que le filet de sécurité (ou "backstop") destiné à éviter une frontière dure sur l'île d'Irlande et qui inquiète les partisans britanniques d'une rupture nette n'a vocation à s'appliquer que temporairement.

Il se dit "fermement déterminée à travailler rapidement" sur une solution alternative d'ici au 31 décembre 2020, c'est-à-dire avant la fin de la période de transition qui doit suivre le départ britannique, pour éviter la mise en place de ce filet de sécurité.

"Si le filet de sécurité devait néanmoins être déclenché (...) l'Union ferait tout ce qui est en son pouvoir pour négocier et conclure rapidement un accord ultérieur qui (le) remplacerait".

Publié le 14/12/2018 01:15
Prague, 13 déc 2018 (AFP) - Le gouvernement tchèque a annoncé jeudi avoir suivi un conseil de l'UE et suspendu l'envoi à Bruxelles de demandes de fonds "liées à Agrofert", un groupe fondé par le Premier ministre Andrej Babis, impliqué dans un conflit d'intérêts présumé.

Quelques heures auparavant, les députés européens avaient appelé l'UE à une enquête poussée après les accusations à l'encontre de M. Babis, afin de "protéger l'argent de l'UE".

À Prague, le ministère des Finances a déclaré avoir arrêté "à titre préventif" et "par précaution" d'envoyer à Bruxelles des demandes de remboursement des subventions "liées à Agrofert". Ce conglomérat agro-alimentaire fondé par M. Babis comprend aussi deux grands quotidiens et la principale radio privée du pays.

Selon la ministre tchèque des Finances, Alena Schillerova, le commissaire européen au Budget Günther Oettinger avait "recommandé" dans une lettre adressée la semaine dernière au gouvernement tchèque que les sociétés de la holding Agrofert soient retirées de la liste de demandes de remboursement.

"Nous le respectons", a déclaré Mme Schillerova, à la télévision en ligne TV Seznam, précisant que son ministère avait déjé retiré une telle demande, d'un montant de 116.000 euros. "Nous ne savons pas encore de combien de demandes il s'agira", a-t-elle observé.

Selon elle, Bruxelles enverra début janvier à Prague une équipe d'auditeurs chargés d'examiner l'état du respect des règles concernant l'attribution des subventions européennes.

M. Babis est le chef du mouvement populiste ANO, vainqueur des législatives d'octobre 2017. Après l'échec d'un premier cabinet composé de membres d'ANO et de ministres sans étiquette, il dirige depuis juin un gouvernement minoritaire formé avec les sociaux-démocrates et soutenu par les communistes.

Le vote des eurodéputés, bien que non contraignant, contribue à accentuer la pression sur M. Babis. Le milliardaire avait survécu le mois dernier à une motion de défiance au parlement tchèque à la suite de précédentes accusations de fraudes aux subventions européennes.

Deuxième fortune de la République tchèque selon Forbes, il est soupçonné de conflit d'intérêts entre son rôle de chef du gouvernement et ses activités économiques.

Dans une résolution adoptée par 434 voix (64 contre et 47 abstentions), les eurodéputés ont demandé à la Commission européenne de publier tous les documents relatifs au dossier et d'expliquer les mesures qu'elle entend prendre pour remédier à la situation.

Dans une note confidentielle datée du 19 novembre, révélée dans la presse, les avocats de l'Union européenne affirment que la double casquette de M. Babis contrevient au droit européen et pourrait déboucher sur une demande au gouvernement tchèque de restituer les subventions de l'UE.

Le Parlement européen note que M. Babis est le propriétaire bénéficiaire d'Agrofert, et que les entreprises du groupe ont reçu des montants entre 42 et 82 millions d'euros via les fonds structurels et d'investissement européens entre 2013 et 2017.

M. Babis a fermement réfuté les accusations, arguant qu'il ne gère ni ne contrôle plus Agrofert, ayant laissé ces responsabilités à un fonds indépendant.

Le Parlement européen mentionne également le revenu de 3,5 millions d'euros reçu au premier semestre 2018 par M. Babis de la part du groupe Agrofert via sa fiduciaire, alors qu'il était président du "conseil pour les fonds structurels et d'investissement européens" dans son pays.

Bruxelles avait commencé à enquêter sur Agrofert après que des militants tchèques de Transparency International eurent relevé qu'Andrej Babis restait propriétaire de facto du conglomérat, malgré les mesures qu'il a prises pour s'en désengager.

"Tout ce théâtre est l'oeuvre de l'opposition qui abuse du Parlement européen pour mener une lutte politique contre moi", a affirmé M. Babis jeudi soir à la télévision publique tchèque CT.

Publié le 14/12/2018 12:21
Nations unies (Etats-Unis), 13 déc 2018 (AFP) - L'accord conclu jeudi en Suède entre belligérants yéménites pour un cessez-le-feu à Hodeida devrait se traduire, selon une source onusienne, par le déploiement de 30 observateurs de l'ONU dans cette ville de l'ouest du Yémen, porte d'entrée de l'aide humanitaire dans le pays.

Le Conseil de sécurité tiendra vendredi matin une réunion sur le Yémen pour entendre un compte-rendu des consultations tenues en Suède, a annoncé jeudi soir l'ONU.

Selon des diplomates, l'émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths, et le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, informeront les 15 membres du Conseil du résultat des discussions tenues à Rimbo, près de Stockholm.

Le Conseil de sécurité devrait adopter la semaine prochaine une résolution pour entériner ce résultat et autoriser le déploiement d'observateurs de l'ONU à Hodeida, selon des sources diplomatiques.

"Mon souhait est qu'il y ait une résolution robuste du Conseil de sécurité sur l'accord obtenu, afin de permettre un mécanisme de surveillance (de son application) très efficace", a déclaré en Suède le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres lors d'une conférence de presse.

Au terme de l'accord conclu pour Hodeida, un "cessez-le-feu" doit entrer en vigueur "dans les prochains jours" dans cette ville.

Les forces gouvernementales, appuyées par l'Arabie saoudite sunnite, et les combattants Houthis, appuyés par l'Iran chiite, doivent se retirer de la ville et du port. Celui-ci est contrôlé jusqu'à présent par les insurgés et subit les assauts de la coalition progouvernementale.

La guerre a fait environ 10.000 morts depuis quatre ans et menace jusqu'à 20 millions de personnes de famine, selon l'ONU.

Publié le 14/12/2018 12:15
Washington, 13 déc 2018 (AFP) - Les Etats-Unis ont salué l'accord conclu jeudi en Suède entre les belligérants yéménites, estimant que la paix était désormais "possible" au Yémen après quatre années de guerre.

"Ces consultations entre le gouvernement de la République du Yémen et les Houthis marquent un premier pas crucial", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

"La paix est possible", a-t-il ajouté dans un communiqué, alors que le conflit a fait environ 10.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

Il n'a fait en revanche aucun commentaire sur la résolution adoptée un peu plus tôt par le Sénat américain, contre l'avis de l'administration de Donald Trump, pour qu'elle cesse tout soutien militaire à l'Arabie saoudite, qui intervient aux côtés du gouvernement yéménite contre les rebelles Houthis appuyés par l'Iran.

Après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi début octobre, alors que de lourds soupçons pèsent sur le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, des voix de plus en plus nombreuses parmi les parlementaires américains ont réclamé la fin de cette aide à Ryad. L'administration a elle-même changé de ton, réclamant la fin des hostilités.

Sous pression du Congrès, Mike Pompeo a appelé jeudi à ce que la fin de ce round de consultations de paix en Suède sous l'égide de l'ONU soit "le début d'un nouveau chapitre pour le Yémen".

Il a félicité les belligérants et l'émissaire de l'ONU Martin Griffiths pour les "progrès" réalisés, "bien que de nombreux détails aient été repoussés à d'ultérieures discussions".

"Toutes les parties" doivent "cesser les hostilités en cours", a-t-il insisté, "c'est la meilleure manière de donner à ces consultations et aux prochaines une chance de réussir". "Le travail qui reste à faire ne sera pas facile, mais nous voyons prendre forme ce que beaucoup jugeaient improbable."

Publié le 13/12/2018 11:41
Washington, 13 déc 2018 (AFP) - L'auteur de l'attentat au marché de Noël de Strasbourg (est de la France), qui a fait trois morts et treize blessés mardi soir, est un "soldat" du groupe Etat islamique (EI), a annoncé jeudi son média de propagande Amaq.

Selon ce communiqué, cité par le groupe de surveillance des réseaux extrémistes SITE, Chérif Chekatt "faisait partie des soldats de l'Etat islamique et il a mené cette opération en réponse à l'appel à viser les citoyens (des pays) de la coalition internationale" qui combat l'EI en Syrie et en Irak.

Le groupe EI lance des appels réguliers à viser les pays, dont la France, qui sont membres de cette coalition dominée par les Etats-Unis.

Cherif Chekatt a été localisé et tué jeudi par la police française après deux jours de traque.

Mardi soir, cet ancien détenu au passé judiciaire lourd, signalé pour sa radicalisation islamiste en prison, avait pénétré dans le centre historique de Strasbourg au milieu du marché de Noël.

Criant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand, en arabe) selon des témoins, il avait ouvert le feu à plusieurs reprises sur les passants, en frappant d'autres à coups de couteau.

Après des échanges de tirs avec des militaires, qui l'ont blessé au bras, il avait réussi à s'enfuir en prenant un taxi pour se rendre dans un quartier proche, le Neudorf, où a eu lieu un nouvel échange de tirs avec la police, avant qu'il ne disparaisse.

Publié le 13/12/2018 11:11
Strasbourg, 13 déc 2018 (AFP) - Chérif Chekatt, l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, a tiré sur trois policiers avant d'être abattu jeudi soir dans le quartier du Neudorf, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Le suspect a été repéré vers 21H00 par un équipage de la "brigade spécialisée de terrain", alors qu'il "déambulait" dans la rue. Ils ont tenté de l'interpeller mais il "s'est retourné, faisant face aux fonctionnaires de police en tirant. Ils ont alors immédiatement riposté et ont neutralisé l'assaillant", a précisé M. Castaner depuis la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg.

Le ministre de l'Intérieur a indiqué avoir informé le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre, Edouard Philippe, ainsi que le procureur de Paris, Rémy Heitz, qui "se rend sur site pour confirmer l'identité du suspect".

Peu avant, Christophe Castaner avait annoncé la réouverture, prévue vendredi à 11H00, du marché de Noël de Strasbourg, après deux jours de fermeture.

Mardi soir, peu avant 20H00, Chérif Chekatt avait pénétré dans le centre historique de la ville au milieu du marché de Noël et avait ouvert le feu à plusieurs reprises sur des passants. Porteur d'une arme de poing et d'un couteau, il avait ensuite échangé des tirs avec les forces de l'ordre, qui l'avaient blessé au bras, avant de réussir à s'enfuir en prenant un taxi.

Trois personnes sont mortes dans cette attaque, cinq personnes sont gravement blessées et huit légèrement, selon le dernier bilan.

Publié le 13/12/2018 10:41
Chicago, 13 déc 2018 (AFP) - Un jeune homme armé a mis fin à ses jours jeudi dans un collège de l'Indiana, dans le nord des Etats-Unis, après un échange de tirs avec la police intervenue pour le neutraliser, ont indiqué les forces de l'ordre.

L'incident n'a fait aucun blessé dans l'établissement, qui a été évacué, ont précisé les autorités locales.

La police n'a pas précisé si le tireur, un adolescent, était un élève de cet établissement de la ville de Richmond.

Selon la police d'Etat de l'Indiana, "de nombreuses forces de police sont intervenues dans ce collège, qui était déjà placé en confinement" peu après 08H00 locales, après une alerte concernant la présence d'un suspect armé à proximité de l'établissement.

Après un premier échange de coups de feu avec la police à l'extérieur du bâtiment, le tireur est entré dans les locaux, où de nouveaux tirs ont éclaté.

"L'adolescent suspect est décédé, des suites d'une blessure par balle qu'il s'était infligée", a expliqué la police d'Etat dans son communiqué, sans préciser s'il avait été blessé avant de mettre fin à ses jours.

"Grâce à cette alerte (...), le collège a instauré un confinement qui a empêché de façon certaine que les élèves et l'encadrement soient touchés", a souligné la police.

Les fusillades en milieu scolaire sont fréquentes aux Etats-Unis. Le 14 février, un jeune homme de 19 ans avait tué 17 personnes dans son ancien lycée de Parkland, en Floride.

Un élève de 17 ans, muni des armes de son père, avait lui tué 10 personnes dans son lycée à Santa Fe, au Texas, le 18 mai.

Les Américains sont très attachés au deuxième amendement de leur Constitution, qui autorise le port d'arme, et un tiers des foyers possède une arme à leur domicile.

Mais la tragédie de Parkland a entraîné une mobilisation nationale demandant des mesures restrictives à l'achat d'une arme, notamment une vérification poussée des antécédents des acheteurs.

Publié le 13/12/2018 10:29
Dublin, 13 déc 2018 (AFP) - Le parlement irlandais a adopté jeudi le projet de loi légalisant l'avortement, sept mois après un référendum historique lors duquel les Irlandais s'étaient prononcé contre l'interdiction constitutionnelle de l'IVG.

Le texte avait commencé à être examiné par le Parlement en octobre dernier et a été adopté jeudi par le Parlement. Il prévoit d'autoriser l'IVG sans conditions jusqu'à 12 semaines ou dans les cas de "risque pour la vie" ou de "grave danger pour la santé" de la femme enceinte.

Il permet aussi l'avortement en cas d'anomalie du foetus qui pourrait conduire à sa mort in utero.

Le Premier ministre Leo Varadkar a salué un "moment historique pour les femmes irlandaises", via son compte twitter.

Le 25 mai dernier, les Irlandais avaient approuvé par référendum à plus de 66% la libéralisation de l'avortement, un nouveau séisme culturel dans ce petit pays de 4,7 millions d'habitants de tradition fortement catholique, trois ans après la légalisation du mariage homosexuel.

"Il y a un peu plus de 200 jours, vous, le peuple d'Irlande, avez voté pour abroger le 8e (amendement de la Constitution irlandaise, qui en 1983 gravait dans le marbre le tabou de l'avortement en Irlande, ndlr) pour que nous traitions les femmes avec compassion. Aujourd'hui nous avons voté la loi qui transformera (ce voeu) en réalité" a déclaré sur twitter le ministre irlandais chargé de la Santé, Simon Harris.

Il a salué "un vote qui met fin aux voyages solitaires, à la stigmatisation et soutient les choix des femmes dans notre pays".

Dans un communiqué distinct, il a rendu hommage aux "militants qui se sont battus pendant 35 ans". "Je veux remercier la minorité qui s'est battue quand il était pratique pour la majorité d'ignorer" la situation, a-t-il ajouté.

Les femmes qui souhaitaient avorter étaient jusqu'à présentes contraintes de se rendre au Royaume-Uni.

"C'est un progrès important pour les droits fondamentaux des femmes, mais des obstacles demeurent dans le projet de loi", a déclaré Amnesty International dans un communiqué. L'ONG regrette en particulier les "délais obligatoires d'attente" et la "poursuite de la criminalisation des professionnels de santé".

La loi doit encore être signée par le président Michael Higgins avant d'entrer en vigueur.

Publié le 13/12/2018 10:23