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Monsieur le Président, vous demandez aux entrepreneurs de vous faire confiance mais ne devriez-vous pas commencer par nous faire confiance ?

Publié le 16 mai 2013
Alors que François Hollande vient de terminer sa deuxième grande conférence de presse présidentielle, son discours semble loin d'avoir convaincu tous les Français. Lettre ouverte de Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ethic, Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance.
Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)
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Alors que François Hollande vient de terminer sa deuxième grande conférence de presse présidentielle, son discours semble loin d'avoir convaincu tous les Français. Lettre ouverte de Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ethic, Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance.

Monsieur le Président,

Nous  vous écrivons cette lettre avant qu’il ne soit trop tard. Votre conférence de presse ne nous a pas convaincu et pourtant nous ne demandions que cela, comme tous les entrepreneurs qui ne font pas de politique et ne se réjouissent pas des couacs et des erreurs.

Nous sommes en récession. Certes, la crise mondiale en est plus ou moins responsable mais certains pays ont mieux réagi que d’autres, et  la France a tout fait pour s’enfoncer un peu plus : alourdissement des impôts et des charges, attaques médiatiques contre la finance, déconsidération des entrepreneurs, augmentation des dépenses publiques… et surtout ce mensonge incessant  fondé sur une idéologie nuisible selon laquelle la dette est saine parce qu' elle permet d'assister ceux qui en ont besoin, et les autres et toujours selon laquelle la rigueur est malsaine et serait la cause de toutes nos misères.

Contrairement à ce que vous affirmez , rien n’a vraiment été fait pour encourager l’investissement et l’embauche, malgré un net rétropédalage concernant certains taux d'imposition et des éléments de langage flatteurs pour les entrepreneurs (démentis le lendemain par des actes). Au contraire ... et ce n’est pas en taxant et surtaxant que l’on crée un climat de confiance que ce soit pour les particuliers, riches ou pas, ou pour les chefs d’entreprise. Il vous faut aujourd’hui mener une vraie politique favorisant les entreprises, et surtout les petites, qui contribuent très largement à la production, à l’investissement et à l’emploi du pays. Toutes les politiques menées depuis 30 ans n’ont fait qu’aggraver la situation de la France, alors il faut se résoudre à faire autrement ; non par conviction, mais par pragmatisme, pour que la situation de la France se rétablisse.

Nous avons guetté dans votre conférence de presse, le signal, la volonté nouvelle qui témoignerait  que vous abandonniez l'idée de satisfaire votre électorat ou plutôt de l'oublier pour être le président de la France celui qui prend la hauteur nécessaire pour tracer un chemin clair  pour le bien du pays .

Vous êtes hélas contraint de trahir vos amis, sans pour autant satisfaire vos ennemis. Vos seuls alliés aujourd'hui, les seuls qui pourront vous tirer d'affaire sont les chefs d'entreprises ! Hé oui ! Car d'eux seuls dépendent les fameux chiffres du chômage. Difficile pour vous bien sûr d'intégrer  cette composante fondamentale et pourtant elle est incontournable. L'armée qui sauvera le pays c'est l'armée des 2,8 millions entrepreneurs... Pensez-vous que vous les mobilisiez lorsque, comme aujourd'hui, vous nous demandez avec une telle inconscience de "ne pas licencier" ?!  Naïveté ou cynisme politique ? Vous souhaitez ancrer dans la conscience de l'opinion publique qu'il dépend de notre bon vouloir de licencier ou pas, un caprice ? Une simple question de bonne volonté ? Vous pensez ce que vous dites?

Bien sûr la politique à mener est contraire à celle que réclame votre majorité, mais nous avons connu des revirements spectaculaires par le passé, y compris de la part d’un président qui suscite votre admiration François Mitterrand !  Alors, de l’audace Monsieur le Président, prenez les bonnes décisions pour inverser la tendance et ce n' est pas en rappelant ce que vous avez mis en place et qui ne nous aide pas vraiment que vous allez redonner de l'oxygène et de l'espoir : le CICE est plutôt le contraire du choc de simplification que vous annoncez et justement parlons en : où ? Quand ? Comment ? Pour qui ?

La BPI ? Pourquoi pas, mais nous étions plutôt contents d'OSEO et nous voyons mal ce qu'une banque "politique "  peut faire de mieux... Bref, une  boite à outils dont nous comprenons mal le mode d'emploi avec la peur en permanence de nous faire taper sur les doigts. Nous en avons assez de bricoler, nous visons la réussite et pourquoi pas la richesse !

Il faut redonner confiance aux citoyens, aux travailleurs, aux entrepreneurs, aux contribuables et aux chômeurs, toutes les forces vives de la nation. Il faut encourager les entreprises à investir pour reconquérir des marchés, internes et externes ; il faut faciliter la vie des PME et des TPE qui sont aujourd’hui à la peine : peine de trésorerie, peine de tracasseries, peine de contraintes, peine de tout… Leurs dirigeants sont désespérés, redonnez leur confiance tout de suite, et ce n'a pas été le cas lors de votre conférence de presse : des mots, des mots ... Sur des maux.

Vous voulez que nos ayons confiance ? Mais faites-nous d'abord confiance à nous qui risquons tous les jours, du boulanger au petit patron en passant par les professions libérales, sans filets. Faites nous confiance ! Et songez à ceux qui dans votre gouvernement, comme nous, ont déjà "gagné leur vie", c 'est à dire qui ont eu peur du lendemain, ont investi leurs économies, cotisé, investi encore .

Tout de suite, vous pourriez  réagir pour nous aider à passer cette période de vaches maigres et pas avec des effets d'annonce, vite. Pour les chefs d’entreprises  : plus de production et moins de charges obligatoires.

  1. Plus de production pour améliorer la compétitivité, cela implique d’augmenter le temps de travail. Le temps « des loisirs avant tout » est terminé et il faut que ceux qui produisent, puissent produire plus pour le même coût. Ainsi nous pourrons améliorer la compétitivité et les marges des entreprises. Lorsque celles-ci auront réalisé suffisamment de bénéfices pour rétablir leur trésorerie, elles pourront investir, embaucher, distribuer des dividendes aux actionnaires (ce qui n’est pas un gros mot) et de l’intéressement aux salariés. Le vrai contrat à passer avec les partenaires sociaux, c’est celui de l’augmentation du temps de travail ; plus le temps d'argumenter d'ailleurs on a tout dit au moment des 35h fatidiques. Et si vous supprimiez 2 jours fériés ? Ce ne serait pas la fin du monde ! C'est juste, facile, logique. Les français comprendront. Mais c'est vous seul, Monsieur le Président, qui pouvez mener une telle réforme, seul, vous serez forcement seul si vous décidez de tirer la France de son sommeil économique.
  1. Moins de dépenses obligatoires pour alléger les charges des contribuables (personnes physiques et entreprises) et des consommateurs. A ce jour aucun signe réel en ce sens n’est perceptible, et c’est plutôt le contraire que nous ressentons. Il faut que les dépenses publiques et sociales diminuent ; d’autres pays l’ont fait avant nous, et en plus, sous des gouvernements socialistes ou de gauche. Alors, si d’autres ont réussi à réformer leurs finances publiques, pourquoi pas la France ? Pour cela le plus difficile est de choisir quelles économies il faut faire, mais il y a l’embarras du choix et les pistes ne manquent pas. Il revient au gouvernement de mettre en œuvre une certaine justice devant le travail, et à ce propos, quel mauvais signal que celui de la journée de carence du secteur public qui leur a été offerte! Et après cela on parle de "cadeaux faits aux entreprise"? Et si cette entrée en récession était une chance ? Une chance pour vous de prendre quelques décisions drastiques ? Car il y a la bonne et la mauvaise rigueur, la mauvaise c'est de faire crouler " votre peuple " sous les impôts comme au temps du sel et de la gabelle.
  2. Remettre à plat la fiscalité, vous l'aviez promis non ? Un peu d'air : et vous nous donniez un moratoire sur  nos prélèvements ? Voilà qui pourrait prévenir des licenciements. Un salarié sans charge ? Si c'est un chômeur de plus de 6 mois. Rapide, pas cher et peut rapporter gros... En emplois créés et vous économisez en chômage ce que vous perdez en charges sociales .

Des idées de bon sens nous en avons, écoutez nous ; nous ne voulons pas profiter de la situation, ni nous mettre dans la poche le crédit d'impôt pour acheter une nouvelle bagnole ! C'est nous insulter que de penser cela. La méthode consistant lorsque il y a un nouveau problème à créer une commission, demander un rapport et faire une nouvelle taxe est un travers que vous n'avez pas su éviter, mais c'était hier, demain est un autre jour n'est ce pas monsieur le Président ?

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (14)
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Before
- 17/05/2013 - 18:40
Amen !
Pour compléter les propositions de Mme de Menthon :
http://h16free.com/2013/05/15/23295-ces-10-pratiques-a-cesser-durgence-pour-amoindrir-la-catastrophe-francaise
Tholar
- 17/05/2013 - 10:32
@jerem
Ah ce jerem, toujours la même succession de posts pour nous faire rire.
Et ce qui est important pour jerem, pour appuyer ses thèses gauchistes, c'est de balancer des chiffres à tort et à travers, faux bien évidemment, pour tenter de convaincre un éventuel autre gauchiste qui passerait par là.
Eh jerem, le taux d'endettement du Pays Bas n'est pas de 180 %, mais de 66 % selon le FMI (source autrement plus crédible que vous, sans vouloir vous offenser) et pointe à la 47ème place, loin derrière la France, fière de 19 ème position et de ses presque 90 %.http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pays_par_dette_publique

Roxy
- 17/05/2013 - 10:08
Hollande commente l'actualité. Il ne dirige pas encore
Donnons lui crédit d'assumer un peu mieux sa politique sociale démocrate. C'est déjà un progrès.
Le problème avec Hollande , c'est de confondre leadership et esprit de décision. Il a beau décider, personne ne comprend le pourquoi, car le cap n'est pas clair.
Il assume en creux: la gauche n'est pas sadique, ne veut pas par plaisir augmenter les impôts, il n'est pas masochiste.Il ne veut pas passer aux générations futures le poids de la dette, etc..
Le grand malentendu revient a la façon dont il a été élu, sans vouloir affirmer clairement sa ligne politique.
Il a peut être un travail ingrat, qui est de faire évoluer le parti socialiste, et leur faire faire leur aggiornamento.
Bien. Mais un vrai chef fixe la direction,clairement, et obtient l'assentiment du pays. On n'y et pas encore.
Affirmer: Je suis président donc je décide, c'est encore très loin du compte.
Il decide, mais personne ne le suit.