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Depuis le début du quinquennat de François Hollande, les ministres enchaînent les bourdes.
Editorial

Plus que des maladresses de ses ministres, c'est de leur sottise que François Hollande devrait se méfier

Publié le 12 mars 2013
Depuis le début du quinquennat de François Hollande, les ministres - de Laurent Fabius à Manuel Valls en passant par Victorin Lurel - enchaînent les bourdes. Le symptôme d'une équipe gouvernementale souvent inexpérimentée... voire, pour certains de ses membres, totalement sotte.
Pierre Guyot est journaliste, producteur et réalisateur de documentaires. Il est l’un des fondateurs et actionnaires d’Atlantico.  
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Depuis le début du quinquennat de François Hollande, les ministres - de Laurent Fabius à Manuel Valls en passant par Victorin Lurel - enchaînent les bourdes. Le symptôme d'une équipe gouvernementale souvent inexpérimentée... voire, pour certains de ses membres, totalement sotte.

"Le président de la République le répète depuis des semaines : il nous demande de maîtriser notre communication". Ce témoignage il y a quelques jours d’une ministre qui fait ses premiers pas dans des fonctions gouvernementales montre bien que François Hollande a pleinement conscience du manque d’expérience de nombre de ses ministres.

Dans un concert de "couacs-couacs", l’opposition souligne cette faiblesse à chaque décalage ou dérapage. Certes, ces derniers ne manquent pas ces dernières semaines. Mais ce genre de gaffes n’a jamais été l’exclusivité d’un camp plutôt que d’un autre. Il n’est pas besoin d’une mémoire d’éléphant socialiste pour se souvenir du choc provoqué dans l’opinion par le "Casse-toi pauv’ con" de Nicolas Sarkozy ou par les sourires gênés lorsque le secrétaire d’Etat au commerce Frédéric Lefebvre expliquait que son roman préféré était "Zadig et Voltaire"…

Dans bien des cas, les prétendus "dérapages" commis par de vieux briscards de la politique comme Laurent Fabius ou Vincent Peillon doivent bien moins au hasard qu’à une stratégie bien réfléchie pour placer ses pions sur l’échiquier des forces en présence au sein de la majorité.

Il n’est pas non plus incompréhensible que des propos moins aseptisés qu’à l’accoutumée soient échangés à l’occasion de débat passionnés sur des sujets importants. A ce titre, les dérapages verbaux qui ont émaillé le débat sur le mariage pour tous à l’Assemblée nationale (qui en a vu et en verra d’autres…) ne sont pas si graves.

Surtout, une erreur de communication est-elle si terrible, lorsqu’on attend de responsables gouvernementaux qu’ils soient avant tout compétents et efficaces dans leurs attributions plutôt que dans l’art et la manière de présenter leurs résultats ou leur absence de résultats ?

Voilà pour l’analyse dépassionnée et qui renvoie dos à dos gauche et droite.

Sauf que quelques incidents rendent difficile de garder un flegme total. D’abord l’annonce, il y  trois semaines à l’Assemblée nationale, par le ministre aux Anciens combattants Kader Arif, de la libération des otages français au Cameroun. En regardant les images télévisées, on en a d’abord presque mal pour lui qui semble se rendre compte combien le bâton avec lequel il joue est boueux ("Avec la prudence d’usage… mais je viens d’avoir comme information… à confirmer… mais il semble qu’elle est confirmée…"), avant de souffrir pour les proches des parents et des quatre enfants qui sont séquestrés. On imagine la douleur qui a suivi le faux espoir suscité par l’annonce gouvernementale.

Dans un genre moins dramatique, mais tout aussi délirant, la sortie du ministre de l'Outre-mer, Victorin Lurel, aux obsèques du président vénézuélien Hugo Chavez (en passant, qui a décidé et pourquoi d’envoyer un ministre de l'Outre-mer aux obsèques d’un chef d’Etat étranger ?). Inutile de revenir sur ce qu’il y a de dérangeant à entendre un ministre de la République expliquer : "le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu'on prétend que c'est un dictateur". Par contre quelle mouche a-t-elle donc piqué Victorin Lurel pour que ce dernier affirme que "Hugo Chavez, c'est de Gaulle plus Léon Blum" ? Certes, citer Léon Blum à tout bout de champ est un vieux réflexe pavlovien dans les discours socialistes et répéter "le Général de Gaulle" de façon systématique à toutes les questions du Trivial Pursuit permet d’obtenir, en fin de compte, deux ou trois bonnes réponses. Mais plus qu’offensante pour les deux hommes d’Etat, la déclaration de Victorin Lurel est surtout complètement idiote.

Plus que des maladresses de certains de ses ministres, c’est de leur sottise que François Hollande devrait se méfier.

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Commentaires (26)
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Calmos
- 12/03/2013 - 22:32
Belle brochette de ministricules
Aux sourires niais, contente d'être là

L'incompétence le dispute au carrièrisme

Mais la pire du lot est quand même la Duflot
Hugues001001
- 12/03/2013 - 21:37
Surtout
Si on n'avait pas un régiment de 38 membres, il y aurait moins d'occasion d'avoir des couacs. Malheureusement, nous sommes plongés dans la crise, ruinés et incapables de nous réformer, mais on trouvera toujours suffisamment d'argent pour justifier l'existence de gouvernements prolifiques. Il faut bien récompenser les amis...
sam75
- 12/03/2013 - 20:54
Pire gouvernement
On ne pouvait faire pire, c'est d'une part le résultat d'une politique stupide de parité et de diversité. Certains sont la parce que issus de minorités ou parce que femmes mais n'ont pas la compétence. D’autre le chef du gouvernement et le chef de l’état n'ont ni l’autorité ni le discernement pour mettre un d'ordre.En conséquence nous avons une équipe de bras casses alors qu'il nous faudrait avoir les meilleurs.