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Que les abattages soient halal ou non, les contrôles sanitaires sont effectués avec la même rigueur

Publié le 21 février 2013
Pour le ministère de l'Agriculture, les fantasmes sur les dangers supposés de la viande halal n'ont aucun fondement scientifique.
Patrick Dehaumont est inspecteur général de la santé publique vétérinaire et directeur général de l'alimentation au ministère de l'agriculture et de agroalimentaire.
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Pour le ministère de l'Agriculture, les fantasmes sur les dangers supposés de la viande halal n'ont aucun fondement scientifique.

Atlantico : L'abattage rituel est-il une exception ou pas ?

 

Patrick Dehaumont : La législation européenne prévoit une exception à l’obligation d’étourdissement des animaux seulement dans les cas où l’abattage relève d'une prescription religieuse, ainsi que pour la chasse et l’abattage d’urgence.

 

La dérogation est strictement encadrée par des dispositions européennes sur la bien traitance animale, auxquelles s'ajoutent désormais un nouveau dispositif réglementaire: d'une part, le recours à l’abattage sans étourdissement préalable doit être justifié par des commandes commerciales précises. D'autre part, toute dérogation délivrée par le Préfet de département nécessite une autorisation administrative qui impose des règles techniques précises: matériel adapté, personnel dûment formé, procédures garantissant des cadences et un niveau d'hygiène adaptés.

Les abattoirs pratiquant déjà des abattages sans étourdissement et souhaitant poursuivre cette activité ont ainsi dû obtenir cette autorisation avant le 1er juillet 2012, date d'entrée en vigueur du décret.

 

La viande issue d'un abattage rituel est-elle dangereuse?

 

Tous les opérateurs sont responsables des produits qu'ils mettent sur le marché. Les services d’inspection présents en permanence dans les abattoirs veillent à ce que les produits mis à la consommation soient sains quel que soit le mode d’abattage, conventionnel ou rituel.

 

L’animal vivant doit être en bonne santé et le plus propre possible. Lors de l'abattage, les points où la vigilance la plus importante doit s’exercer sont notamment la saignée, la dépouille (risque lié aux poils de la peau), et l’éviscération (risque lié au contenu digestif).

 

La législation européenne impose de prendre toute mesure pour éviter le déversement du contenu du tube digestif pendant et après l'éviscération. En pratique, la ligature de l’œsophage après sa section rituelle est dans ce cas une mesure prise pour atteindre cet objectif.

 

Il est possible techniquement de ligaturer l’œsophage après sa section lors de l’abattage rituel. Les guides de bonnes pratiques d’hygiène et de parage de la plaie de saignée, établis à l’intention des professionnels de l’abattage, mentionnent d’ailleurs la nécessité de pratiquer cette ligature dans le cas de l’abattage rituel.

 

Les risques sur ces trois points, au même titre que tous les autres risques identifiés en abattoir, doivent être intégrés dans le plan de maîtrise sanitaire de l'exploitant et font l'objet de contrôles de la part des équipes d'inspection des services vétérinaires, au sein des directions départementales en charge de la protection des populations.

 

Quelles sont les sanctions en cas de non respect de ces règles d'hygiène?

 

Lorsque les services vétérinaires en charge du contrôle s'aperçoivent que l'un ou plusieurs de ces points ne sont pas respectés l'abattoir perd immédiatement son agrément et doit se mettre en conformité.

 

Un important travail de mise aux normes des établissements d’abattage et de découpe est conduit depuis 2006, tant en termes de pression de contrôle de la part des services vétérinaires qu’en termes d’amélioration des structures et du fonctionnement des outils de la part des professionnels.

 

L'étiquetage, comment ça marche?

 

Rien n'empêche dès à présent les opérateurs qui le souhaitent de répondre, de manière volontaire, aux demandes d'informations exprimées par les consommateurs.

En revanche la question d’une éventuelle obligation d’étiquetage relève d'une discussion communautaire. Cette question spécifique sera traitée dans le cadre de la stratégie européenne sur le bien-être animal ; une étude est ainsi en cours au niveau européen sur la nécessité ou pas d'un tel étiquetage, dont les résultats seront disponibles courant 2013.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (21)
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joel5632
- 22/02/2013 - 10:57
L'abattage rituel n'est malheureusement pas une exception
En fait l'abattage rituel, en l'occurence principalement halal, est devenu la norme.

Je cite le magazine Le Point:

Un rapport du conseil général de l'alimentation pointe les dérives de l'abattage rituel

Le rapport, publié par Le Point, pointe le décalage entre les besoins réels en viande halal et le nombre de bêtes abattues. "Alors que la demande en viande halal ou casher devrait correspondre à environ 10% des abattages totaux, on estime que le volume d'abattage rituel atteint 40% des abattages totaux pour les bovins et près de 60% pour les ovins. Ce qui ne devrait être qu'une dérogation s'est généralisée", indique le rapport.
MARVILLE
- 22/02/2013 - 08:45
PLUS DE VIANDE FRANCAISE
A l'instar de @13960, je ne mange plus de viande abattue en France, excepté le cochon que je découvre avec délectation. Surtout pas de mouton systématiquement hallal (sauf celui de Nouvelle Zélande quand c'est indiqué), et l'amateur de steak tartare a définitivement arrêté son pêché mignon. Je respecte toutes les religions mais je ne vois pas pourquoi je mangerai une viande bénie par un rabbin ou un imam, et que les gouvernements acceptent que les Autres (les chrétiens, les animistes, les athées...) s'estiment heureux de manger les restes (la partie arrière de l'animal) sans le savoir et de claironner, "ce n'est pas grave", nous avons les meilleurs vétérinaires du monde.
WhiteWalker
- 22/02/2013 - 06:09
Ma liberté de conscience vaut celle des musulmans et des juifs
Je n'appartiens à aucune religion formellement organisée, je ne souhaite pas participer à un rituel religieux (la consommation de viande sacrificielle) et c'est mon droit le plus strict. Si la Laïcité était respectée, le mode d'abattage serait indiqué obligatoirement. On a le droit de ne pas avoir de religion, on a le droit de ne pas vouloir participer à un rituel, on a le droit de ne pas vouloir financer des cultes sans le savoir. Ma liberté de conscience vaut bien celle des juifs et des musulmans, et devrait être protégée au même titre.